Voyage officiel du Président de la République et G20 au Japon

Le Président de la République s’est rendu au Japon du 26 au 29 juin 2019. Avant de retrouver ses homologues des pays du G20 à Osaka, il a effectué une visite officielle à Tokyo et Kyoto.

Ce déplacement au pays du soleil levant est le premier depuis le début du mandat, mais les liens de confiance avec le Japon ne sont pas nouveaux et se sont renforcés au cours des derniers mois notamment à l’occasion des deux visites à Paris du premier ministre japonais Shinzo ABE.

Le renforcement de l’axe Indo-Pacifique était à l’agenda des échanges entre le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre Shinzo ABE. Il s’agit d’un partenariat qui va de l’Inde à l’Australie, en passant par le Japon et les îles françaises du Pacifique, dans trois domaines prioritaires : la sécurité maritime, l’environnement et la biodiversité, les infrastructures. Des contrats et des accords seront signés au cours de la visite dans ces différents domaines.

L’innovation et la culture étaient également à l’ordre du jour. Tout d’abord lors de la rencontre avec le maître d’art MORIGUCHI perpétuant un art ancestral japonais : la peinture sur kimono. Puis au Miraikan (Musée national des sciences émergentes et de l’innovation) où le Président de la République a échangé sur l’innovation au service des biens communs (environnement, inégalités) avec 500 représentants d’entreprises technologiques japonaises.

La France et le Japon partagent des responsabilités croisées sur la scène internationale avec la présidence du G20 par le Japon et celle du G7 par la France, à Biarritz en août. Il s’agit de conjuguer les efforts, de créer des synergies positives entre ces deux grands rendez-vous internationaux, de porter cette vision de la coopération multilatérale autour de défis mondiaux majeurs comme la protection de l’environnement, la mise en place de politiques commerciales équitables, ou encore la lutte contre les inégalités.

Source : Présidence de la République

Discours du Président de la République à la communauté française au Japon (26 juin 2019)

Seul le prononcé fait foi

"Bonjour à toutes et tous et pardon de vous avoir fait attendre. Je suis très heureux d’être là parmi vous, très heureux, de retrouver cette maison et merci Monsieur l’ambassadeur de nous accueillir.

Je remercie les ministres, les parlementaires, les chefs d’entreprise qui constituent cette délégation. Heureux de vous retrouver parce que c’est une communauté française que je connais et qui a toujours porté avec vitalité la relation bilatérale et c’est pour ça que je souhaitais d’abord et avant toute chose, avant de commencer un programme dont je vais vous parler vous retrouver si je puis dire et passer ces instants avec vous. Pour certains ça fait quelques mois, pour d’autres des années, pour certains des décennies que le Japon est une histoire d’entreprise, d’investissement ou d’amour, parfois tout ça ensemble. Cette communauté de 10 à 15 000 Français qui est installée là c’est celle qui fait vivre la relation bilatérale, qui porte ce lien et je voulais vous dire tout notre engagement à vos côtés. D’abord c’est une communauté qui est un peu particulière et tous ceux qui s’engagent de manière forte dans cette solidarité en sont le témoignage et je voulais les en remercier. Autour de l’ambassadeur, de son équipe, de l’ensemble des consuls et de tous les services de l’ambassade, avec les parlementaires ici présents, les conseillers consulaires ici présents aussi et que je remercie, il y a véritablement un travail collectif remarquable, le travail de nos lycées français aussi, je sais tous les projets qui sont prévus pour le lycée de Tokyo compte tenu de la dynamique de la communauté et c’est un sujet auquel nous tenons beaucoup avec le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves LE DRIAN, et un très gros travail qui a été fait avec Jean-Michel BLANQUER pour continuer aussi à accompagner vos enfants, les enseignants et continuer à porter l’ambition française. J’annoncerai dans quelques semaines des nouvelles perspectives pour qu’on continue à faire rayonner partout l’enseignement français pour nos compatriotes et leurs enfants mais plus largement pour que nous fassions aussi rayonner notre pays un peu partout dans le monde parce que c’est je crois ce qui est attendu de nous.

Et puis parler de cette communauté française, de vous c’est aussi parler de la dynamique des entrepreneurs. On a, je crois, la deuxième CCI à l’étranger la plus grosse au monde qui a fêté il y a pas longtemps son centenaire. J’ai pu apprécier par le passé sa force et son dynamisme. L’engagement de la Chambre de commerce et d’industrie franco-japonaise, les conseillers du commerce extérieur, de tous les entrepreneurs, l’esprit d’initiative qu’il y a eu ici avec Business France et toutes les structures pour mettre en place tout de suite une équipe française de la compétitivité, de l’attractivité, est un exemple pour beaucoup de nos communautés à l’étranger et je voulais vous en remercier. Je ne mésestime pas pour autant les difficultés que certains vivent et je voulais aussi avoir un mot de cela. Je sais les difficultés des pères français séparés de leurs conjointes japonaises et la souffrance qu’ils vivent pour retrouver, partager la vie de leurs enfants, là-dessus il y a un très gros travail qui est fait par l’ambassade que nous menons aussi sur le plan consulaire pour, au-delà des pratiques, des habitudes qui sont parfois installées dans les mœurs, que les droits de chacun puissent être défendus et je voulais leur dire que nous sommes aussi à leurs côtés et que nous continuerons à mener ce combat. Et puis je veux également avoir une pensée pour notre compatriote Tiphaine VEYRON ainsi que pour les parents de celle-ci et toute la famille, je sais d’ailleurs que beaucoup ici ont aidé la famille pour venir sur les lieux, nous nous sommes déployés, j’en ai parlé avec le premier ministre ABE lorsqu’il est venu il y a quelques mois, il y a une coopération exemplaire qui s’est mise en place, la police française a pu coopérer. C’est une tragédie mais je veux ici dire à sa famille et ses amis que nous poursuivrons tout ce qui est en notre pouvoir, en notre mesure d’être fait pour avancer.

C’est vrai qu’une communauté comme la vôtre, la nôtre elle est faite d’ambitions, de joies, de conquêtes et parfois de drames mais c’est tout ça qui la lie et c’est à ses côtés que nous sommes. Alors être ici parmi vous aujourd’hui c’est évidemment faire vivre cette relation bilatérale, essayer de lui donner avec le ministre, les parlementaires et l’ensemble des entrepreneurs qui sont avec nous comme des artistes une nouvelle force parce que ce lien, celui dans lequel vous avez inscrit votre vie, votre engagement ou quelques années c’est un lien très profond, je crois pouvoir le dire, qui unit nos deux pays. Et ça n’est sans doute pas un hasard si la visite que nous effectuons aujourd’hui est la seconde de l’ère Reiwa, la seconde que donne le nouvel empereur après la visite il y a quelques semaines du président TRUMP et elle montre la force, la vitalité de nos liens et le caractère stratégique de ceux-ci. D’abord parce que je pense que nous sommes deux peuples très résilients qui avons pu connaître des drames dans nos existences mais qui à chaque fois avons su relever avec force ceux-ci et qui marient la capacité à innover, la force du projet politique et des sociétés politiques très structurées et un goût prononcé pour ce qui est la culture et la résonance entre celles-ci. C’est CLAUDEL qui disait, amoureux du Japon qu’il était comme d’ailleurs de tout le continent, que nos âmes peut-être plus qu’ailleurs étaient en résonance. Alors la résonance entre la France et le Japon n’est pas la ressemblance et il y a même un goût pour l’étrangeté qui nous unit mais je crois pouvoir dire qu’il y a une forme de fascination réciproque et qui se lit d’ailleurs à travers l’histoire même de nos cultures de nos arts, la fascination que les artistes japonais ont pu avoir pour l’art occidental et en particulier l’art français, que nos artistes ont pu avoir dans d’autres temps – les impressionnistes ont été ô combien inspirés par les artistes japonais et on revoit même dans leurs tableaux la présence des estampes d’HOKUSAI et de quelques autres – et il y a comme ça des traces et des personnalités de proche en proche de ces échanges, de ces liens, au fond de cette correspondance d’âme qui est la nôtre. Et elle a vécu dans la peinture, elle vit de manière constante dans l’architecture, le prix Pritzker a été remis à Paris il y a quelques semaines et à nouveau c’était un japonais, et beaucoup d’architectes français essaient aussi de plus en plus de travailler ici, certains ont déjà été récompensés, et il y a dans nos littératures, dans nos gastronomies, dans la culture entrepreneuriale qui est la nôtre quelque chose de ces correspondances.

C’est aussi pour ça que j’ai voulu que ce voyage soit marqué par la reconnaissance de la profondeur de ce lien et donc nous aurons un temps demain économique très fort avec les entrepreneurs qui sont là, les entreprises et je les en remercie qui ont passé du temps et de l’engagement à m’accompagner, avec les investisseurs et nous irons développer notre vision, nos ambitions pour aller plus loin dans le lien bilatéral de l’agroalimentaire aux nouvelles technologies, des services bancaires aux structures de transport, des entreprises de l’énergie et des services. Mais nous avons aussi une forte délégation culturelle et créative. Nous irons à Kyoto dans l’atelier de maître MORIGUCHI, un autre de ces points de passage, trésor vivant mais ami de BALTHUS et élève de celui-ci qui illustre la force et la vitalité de cette relation. Je passerai un long moment aussi avec la délégation culturelle qui m’accompagne à justement aller au contact des architectes, des artistes japonais parce qu’il y a une part de la réponse commune aux défis contemporains qui se jouent dans ce dialogue. J’en suis très profondément convaincu parce que nos deux nations sont des nations de créativité, d’innovation et que les partenariats que nous pouvons nouer sur le plan culturel comme sur le plan économique peuvent porter, je le crois très profondément, une part de la réponse aux défis contemporains qui sont les nôtres et c’est cela aussi qui s’inscrit pleinement dans l’agenda que je veux ici développer et sur lequel je reviendrai.

La visite au fond ici à trois principaux objectifs d’abord établir une feuille de route de notre partenariat pour les 5 prochaines années. Beaucoup d’entre vous la font déjà vivre par votre activité, votre présence, votre force mais nous voulons des coopérations plus fortes et concrètes dans le domaine économique, de l’Innovation, de la transition écologique, de la sécurité de la défense, de l’éducation et de la culture. Nos acterons tout à l’heure avec le premier ministre ABE de nombreux accords dans ce domaine et je pense que c’est un élément important pour l’image de la France au Japon qui doit correspondre à ce que nous sommes très profondément et à ce que beaucoup d’entre vous font vivre terres d’innovation, d’attractivité, d’entrepreneuriat, de culture de part et d’autre. Et dans ce cadre-là évidemment je passerai aussi des messages très clairs et forts sur les grands projets structurants de notre amitié industrielle. A ce titre, j’ai eu l’occasion de le rappeler un instant devant la télévision japonaise, mais l’alliance Renault-Nissan est évidemment un fleuron auquel nous tenons beaucoup, et le président Sénart sait bien ici. Je souhaite que tout le monde soit pleinement engagé et je le dis parce que pour les salariés du groupe qu’ils soient japonais ou français ils tiennent à cette histoire industrielle comme nous, ils tiennent à ce qu’elle a apporté à nos deux pays. Je crois qu’ils se souviennent tous du fait que c’est une grande entreprise française qui a sauvé cette entreprise japonaise et qui l’a sauvé avec le respect des traditions et des équilibres et qu’on a constitué ainsi un géant et une force qu’il nous faut non seulement préserver mais dont il faut développer les synergies et les alliances dans tous les sens du terme pour la rendre plus forte face à la concurrence internationale. Et donc c’est ensemble que nous devons faire.

De la même manière nous devons faire face au défi de l’intelligence artificielle, du numérique – et là aussi la feuille de route sera engageante sur ce point –, des nouveaux services énergétiques et nous aurons des engagements communs sur le plan culturel. Je souhaite aussi que vous soyez pleinement associés et engagés dans la saison culturelle française au Japon en 2021. Nous avons eu “Japonismes” qui a été un vrai succès et qui a permis de consacrer tous ces liens que j’évoquais tout à l’heure. Cette saison culturelle française au Japon en 2021 elle doit nous permettre de faire rayonner justement cette liberté, cette inventivité française des artistes, des métiers d’art et en particulier celles et ceux qui m’accompagnent aujourd’hui qui sont un autre point de passage du développement de la relation.

Dans cette feuille de route nous aurons aussi un lien tout particulier sur le plan sportif parce qu’évidemment il y a la préparation des Jeux olympiques de Tokyo en 2020 et de Paris en 2024 et ce relais, si je puis dire, est aussi un élément qui doit nous permettre de développer les partenariats sportifs, organisationnels mais aussi économiques parce que c’est de l’activité et c’est pour nous des coopérations qui doivent permettre aussi sur le plan technique, sur le plan de la Francophonie de réussir dès 2020 à faire davantage au Japon et aussi à pouvoir pleinement tirer les enseignements de ce que le Japon aura fait en 2020 pour 2024 chez nous. Donc vous le voyez cette feuille de route bilatérale elle est extrêmement riche. Le but c’est de nous donner une nouvelle impulsion à ce que l’on a commencé à consolider, de garder la force entrepreneuriale de la communauté que vous constituez, sur laquelle je vais envoyer un message clair je le ferai demain matin et de pouvoir donner de nouveaux caps, de nouvelles ambitions.

Le deuxième élément important c’est de mettre en place un partenariat franco-japonais dans l’axe indo-pacifique. Depuis un peu plus d’un an c’est un axe que je développe avec beaucoup de force et qui, il me semble, est totalement légitime pour la France et que nous avons jusqu’à présent trop peu joué. La France, au-delà des communautés d’expatriés que vous représentez dans tous les pays de la région, ce sont des territoires indo-pacifiques. De la Réunion à Mayotte en passant par la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les Terres australes et antarctiques et j’en oublie, nous avons plus d’un million de citoyens français, des terres françaises, plus de 8 000 soldats français qui sont déployés, nous avons une vraie force maritime présente (nous sommes la deuxième marine à nous déployer dans la région proche ici) et donc une vraie légitimité à dire, faire, proposer dans un contexte où, il faut bien le dire, l’inquiétude a parfois été là, les oppositions allaient croissantes, où la présence chinoise inquiétait d’autres puissances. Et ce dialogue productif que nous avons avec la Chine dans lequel nous investissons beaucoup eh bien ne doit pas nous empêcher d’être et de devenir pleinement un partenaire stratégique dans la région des autres puissances. Cet axe indo-pacifique présenté dès mars 2018 à Delhi, en mai 2018 à Sydney c’est celui que nous allons poursuivre et décliner pleinement ici et qui avec le Japon, l’Inde, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et toutes les autres puissances de la région qui souhaitent s’y associer doit nous permettre de bâtir des partenariats sur le plan militaire, sur le plan des équipements, de la présence et du maintien des équilibres dans la région mais aussi des partenariats économiques, technologiques, des partenariats culturels, créatifs et c’est dans tous les domaines une feuille de route que nous devons décliner et c’est celle des équilibres de la région indo-pacifique. Et la France doit être un des acteurs de cet équilibre par le dialogue bilatéral, par le respect qui est le nôtre de chacune des cultures et ce que nous voulons justement construire. Et je crois que cette place très particulière qui est la nôtre de consolider ces équilibres, de nous assurer qu’il n’y a pas d’hégémonie dans cette région mais bien par des projets concrets une sécurité maritime pour tous, des infrastructures équilibrées, une 5G qui ne soit pas monopolistique sur le plan technologique, une protection de l’environnement et de la biodiversité qui permette de répondre aux ambitions de chacune et chacun c’est un élément clé de notre propre stratégie, de nos intérêts mais de ceux de nos partenaires et amis.

Et puis le troisième objectif de ce déplacement c’est d’organiser enfin les échéances majeures à l’international qui sont les nôtres. Et je remercie aussi beaucoup de membres de la délégation qui m’accompagnent sur ce point. En effet nous aurons après cette visite bilatérale un G20 qui se tient à Osaka et la France elle-même est en année de présidence de son G7 qui sera organisé à Biarritz à la fin du mois d’août. Et donc nous devons articuler nos positions mais nous devons ensemble porter une véritable ambition et je crois que le défi pour le Japon comme pour la France c’est dans un monde de fracas où le duopole sino-américain, la tension commerciale qui s’y joue, où les tensions dans la région du Levant en particulier autour de la situation iranienne pourrait nous faire oublier tout le reste c’est de là aussi bâtir un multilatéralisme fort auquel je crois et construire ensemble les réponses collectives aux défis qui sont les nôtres. Et donc pour moi la bataille que je vais mener dans ce G20 et ce que nous voulons pour le G7 c’est d’abord que ces réunions internationales soient crédibles pour construire la sécurité collective et la paix, ça ne peut pas être des réunions inutiles ou des réunions où on constate les tensions. Je souhaite donc que l’on ait des échanges sur évidemment la dénucléarisation de la péninsule coréenne et justement la réponse à la crise en Iran et donc sur ce point les dialogues bilatéraux ont commencé mais je souhaite qu’on puisse très concrètement avancer. Ensuite c’est que nous puissions sur les sujets fondamentaux qui nous lient avoir une ambition commune réaffichée, sur le commerce où cette tension commerciale que j’évoquais ne doit pas être une fatalité. Le G20 comme le G7 doivent réaffirmer la nécessité du multilatéralisme commercial et convaincre tout le monde de se remettre autour de la table, de se remettre autour de la table de l’OMC et de sortir des batailles commerciales et d’intégrer à notre agenda commercial premièrement la renonciation au protectionnisme ; deuxièmement une véritable ambition pour répondre aux défis de respect de la propriété intellectuelle, la lutte contre les surcapacités ; mais troisièmement avoir un agenda cohérent où on dit on veut ouvrir le commerce mais on veut qu’il soit respectueux socialement et environnementalement de nos agendas. Cet agenda complet, cohérent, celui que j’ai défendu il y a quelques semaines devant l’Organisation internationale du travail c’est celui que je veux porter dans ce G20 et qui est un élément indispensable.

Et évidemment nous avons la bataille climatique. Et là-dessus je le dis avec beaucoup de force, j’ai entendu beaucoup dire "j’ai des lignes rouges", il y a beaucoup de gens maintenant qui ne veulent plus signer des communiqués en G7 ou en G20 parce qu’il y a des lignes rouges, moi j’en ai une : si on ne parle pas de l’Accord de Paris et si pour se mettre d’accord dans une salle à 20 on n’est plus capable de défendre l’ambition climatique ce sera sans la France. C’est simple. Ce sera sans la France parce qu’on ne peut pas chez nous être sous la pression de notre jeunesse à juste titre, faire de plus en plus sur ce sujet, dire on a des débats très importants au niveau européen et quand on se retrouve à 20 dire “excusez-nous de vous demander pardon, nous avons vu que cela vous chagrinait qu’on ait les Accords de Paris, que la communauté internationale à l’exception de quelques-uns soit engagée…” Non. Si l’un ou l’autre ne veulent pas signer qu’ils se désignent eux-mêmes mais nous ne devons pas collectivement perdre de notre ambition ensemble. Et donc c’est cela que je porterai avec force et nous installerons ce faisant aussi ce que doit être le cœur de notre ambition. Croire au multilatéralisme ça n’est pas prendre le fardeau de ceux qui le font dysfonctionner, c’est dire comment on va faire avancer les choses plus avant. Et donc dès demain avec les entreprises présentes nous porterons aussi cet agenda que nous voulons porter ensuite au G7 en France et à l’Assemblée générale des Nations Unies qui est de savoir comment nous pouvons collectivement inventer une nouvelle organisation collective, une nouvelle manière de produire qui soit socialement respectueuse et environnementalement respectueuse.

Le G7 français est un G7 qui devra lutter contre les inégalités, inégalités sociales et climatiques. Et donc je souhaite engager le maximum d’Etats qu’ils voudront bien et nous bâtirons le maximum de coalitions utiles. Si certains du G7 ne veulent pas suivre, nous irons en chercher ailleurs dans d’autres démocraties mais nous avons aussi besoin des entreprises, des investisseurs et c’est ce que nous avons commencé à lancer depuis l’année dernière dans le cadre du One Planet Summit avec un laboratoire qui s’est mis en place, plusieurs entreprises qui se sont mobilisées et je les remercie de leur présence avec l’initiative du B for IG en particulier et demain des entreprises japonaises joindront ce club et c’est cette volonté qui consiste à dire on peut produire différemment, on peut produire avec un véritable agenda social sur lequel on s’engage, on peut produire avec un agenda respectueux des droits humains et on peut produire en menant le combat contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité et donc c’est un agenda qu’on va décliner, nous en tant que gouvernement mais qu’avec nos entreprises et avec les investisseurs, nous allons collectivement décliner et donc plusieurs groupes présents en particulier DANONE qui est avec nous ici iront démarcher les entreprises japonaises qui se joindront à ce groupe, et à Biarritz, nous aurons cette coalition qui sera installée avec la volonté de la communauté internationale justement de pousser derrière et d’investir. Je veux que en marge du sommet des Nations Unies, nous ayons un nouveau rendez-vous sur ce point. Et vous le voyez, en quelque sorte cette vision que nous nous portons c’est celle qui correspond à notre histoire. Nous croyons à la capacité de produire, d’innover. Nous sommes un grand pays de producteurs d’innovateurs dans tous les domaines. Qu’il s’agisse des métiers d’art à la gastronomie en passant par le numérique, les grandes industries traditionnelles qui se réinventent.

Mais nous avons toujours été conscients que cela ne pouvait se faire qu’avec des équilibres sociaux dans nos pays et équilibres planétaires. Et donc ce que nous avons à inventer, nous Français avec nos partenaires, ce n’est pas d’essayer de préserver le cadre d’un multilatéralisme ou d’un capitalisme qui vacille et qui est en train d’être perforé par ses propres tensions ou celles qu’il a générées, c’est de défendre une force productive qui est la nôtre, de savoir créer des emplois, développer notre influence, notre présence, notre force mais de le faire en inventant une grammaire nouvelle, celle des équilibres sociaux dans l’entreprise et dans nos pays comme nous l’avons fait avec la raison d’être Cher Jean-Dominique, ce que la France est en train de commencer à porter et que nous voulons décliner et de le faire sur le plan social et environnemental en engageant les entreprises, les investisseurs les gouvernements dans cette nouvelle dynamique. Voilà ce que je suis venu porter durant ce G20 mais ce que la France aura apporté dans ce G7 et donc il y a dans ce passage, si je puis dire au Japon aussi, un moment important d’explication de cet agenda et un moment aussi où nous voulons embarquer une partie de la communauté d’affaires et des entreprises dans cet agenda commun pour Biarritz, pour New York et dans ce que nous voulons faire parce que tout ce que je suis en train de vous dire, de ce que vous faites ici, de ce que je suis venu faire avec ces 3 grands axes bilatéraux indo-pacifiques et international, de ces réunions du G7 et du G20 où nous passons beaucoup de temps, c’est aussi ce qui est éminemment cohérent avec l’agenda que nous menons en France et en Europe et je conclurais en vous disant un mot du pays.

Ce que nous avons à faire, ce n’est pas simplement réparer, essayer de nous adapter au monde, de dire la France doit faire telle ou telle réforme, nous avons à inventer une nouvelle France. C’est ce que nous sommes en train de faire. C’est ce que nos concitoyens veulent. Partout en Europe, quand on regarde la situation politique/économique, nous avons des opinions publiques de plus en plus divisées, de plus en plus divisées entre des projets progressistes, démocrates avec des nuances, des discussions, des sensibilités mais c’est la réalité. Et des projets nationalistes certains très xénophobes et antisémites d’autres qui le masquent de plus en plus mais qui sont là, qui dirigent certains pays d’Europe, qui sont des partenaires de coalition dont de plus en plus d’autres et qui ont mis en tête, la France au premier chef, ces partis aux dernières européennes. Que ceux qui disent que ce clivage serait de circonstance regardent la réalité en face et la regardent pour notre pays la France depuis les dernières européennes. Depuis 2014, c’est ce qui se passe en France. La France dès 2014, avait placé en tête aux élections européennes le Front national. Alors, on ne voulait pas le voir c’est une réalité. Il ne s’agit pas de traiter ce problème de manière morale, il s’agit de dire comment on en est arrivé là. Nous avons été pendant trop longtemps trop peu efficaces ne menant pas les réformes qui étaient indispensables et nous installant dans un chômage de masse étant le seul grand pays de l’Europe à rester en chômage de masse pendant plus de 30 ans. Nous avons laissé la désindustrialisation se faire et au fond, nous n’avons pas reconstruit le projet collectif. Ce que je veux que nous conduisions pour le pays, ce que nous avons commencé à faire depuis 2 ans, ce n’est pas nous adapter au monde tel qu’il va, ce n’est pas ça le destin de la France. C’est d’être suffisamment leader pour inventer le monde tel qu’il est à se construire, le monde tel qu’il va, le monde des 20 dernières années. On n’a peut-être pas pris le maximum de ce qu’on pouvait prendre parce qu’on n’a pas fait toutes les réformes. Mais ce monde-là est en train de passer. Celui de la suraccumulation des dividendes et d’un capitalisme glouton, il a connu sa crise il y a 10 ans. On n’a pas su en tirer toutes les conséquences mais les conséquences démocratiques, sociales, elles sont en Europe dans la montée des populismes. Elles sont partout à travers le monde elles sont dans le Brexit, elles sont dans l’élection de Donald TRUMP, elles sont dans l’émergence des tensions partout. Donc, nous avons à inventer une nouvelle économie sociale de marché d’innovation qui répond aux défis climatiques et qui remet la créativité au cœur. C’est ça le défi du 21ème siècle. Moi j’ai une conviction profonde, c’est un défi français. C’est un défi français. Nous sommes un des pays les plus créatifs au monde, des plus inventifs. Nous sommes un pays qui a su à chaque fois être à l’avant-garde. Donc, il ne faut pas nous demander de nous adapter mais il faut nous donner collectivement les moyens de réussir dans le monde tel qu’il s’ouvre et donc ce 21ème siècle, c’est un 21ème siècle où il faut de la créativité dans tous les domaines et le succès ira aux créatifs. De l’industrie la plus classique aux industries dites justement culturelles et créatives, en passant par le champ politique lui-même ou la finance. Il faudra partout de la créativité, de l’art à la gastronomie et nous avons ces capacités et ces ressources et de c’est continuer à les former, à les sélectionner. C’est pour ça que nous avons tant investi sur la connaissance, l’éducation mais les porter pour déployer justement ce modèle d’attractivité et d’expansion française. Ensuite, il nous faudra répondre au défi climatique et donc partout, il nous faut être dans une logique d’adaptation, de transformation de nos modèles d’affaires comme des réponses qui sont les nôtres et là aussi, c’est de la créativité mais c’est comment on invente d’autres manières de financer et de prendre la part de responsabilité climatique et pour la biodiversité qui doit s’intégrer dans les modèles d’affaires, comment on s’alimente différemment, comment on construit un autre modèle agro-alimentaire, comment on transporte différemment et on repense nos chaînes logistiques, comment on crée différemment et on repense notre urbanisme et notre architecture dans nos pays. Il y a un potentiel de création là-aussi de richesses, d’emplois qui est absolument unique mais qui est au cœur du défi qui est le nôtre. Ce n’est pas un agenda de rattrapage. Et puis, ce monde ne pourra se construire que dans des équilibres sociaux et territoriaux. Nos sociétés explosent d’inégalités et donc nous avons à penser l’inclusion dans les entreprises et par les entreprises, par nos stratégies territoriales, la place que les entreprises prennent que les gouvernements se donnent. C’est ça que nous sommes en train de faire dans l’agenda de réformes qui est le nôtre. Et je vous donne à dessein cette vision qui peut paraître pour certains ironiques, c’est le cœur du projet. Ce que j’appelle le projet progressiste, c’est ça.

Comment on invente cette France nouvelle ? Par une série de transformations que nous sommes en train de faire en remettant l’éducation, l’investissement sur la personne, des mille premiers jours jusqu’au supérieur et au-delà madame la ministre et tout au long de la vie pour former. Ces sociétés sont des sociétés apprenantes tout au long de la vie. L’agenda français est d’abord un agenda éducatif. Ensuite, en remettant le travail au cœur parce que pour faire tout ça, pour financer aussi tout ce que j’évoquais, et bien il faut remettre tout le monde au travail, former ceux qui étaient loin du travail, responsabiliser ceux qui étaient parfois à ses marges et avoir un modèle suffisamment incitatif pour que le travail paye et que chacun retrouve sa place dans et par le travail. C’est l’ensemble de l’agenda mené depuis 2 ans et qui va se poursuivre à travers la réforme de l’assurance chômage et c’est ensuite créer un modèle inclusif tout au long de la vie. C’est la transformation que nous avons lancée avec le plan pauvreté, c’est ce que nous avons lancé avec la réforme des retraites et de la dépendance parce qu’il nous faut penser les nouveaux équilibres et les nouvelles solidarités, les nouvelles protections individuelles pour chacun. On a la protection santé, on est en train d’en réformer l’offre. On a la protection chômage, on l’a responsabilisée dans son financement. On est en train de la réformer. On a la protection retraites et dépendance, c’est celle-là qui sera, si je puis dire, mise sur l’établi à partir de la mi-juillet et qui sera un grand sujet de travail pour les mois à venir. Et donc vous voyez, l’agenda français c’est un agenda de transformation, de modernisation mais si je puis dire de re-création de ce que sont les grands équilibres à venir pour notre pays équilibres sociaux territoriaux et je crois qu’il faut le faire avec beaucoup d’ambition, beaucoup d’humanité en sortant aussi parfois des clivages ou des réactions auxquelles on s’était habitué. Moi, je l’ai souvent dit qu’on m’explique que la réforme de l’éducation qu’on mène est de droite ou de gauche. Si elle est bonne pour les gens et en particulier les plus modestes, je pense qu’elle est bonne pour le pays et qu’elle est progressiste et il en va de même pour chacun des chantiers que nous aurons à ouvrir. Il faut que ce soit efficace et juste à chaque fois parce que de toute façon, si c’est juste en étant inefficace, ça devient rapidement injuste pour quelqu’un parce qu’il a toujours quelqu’un qui paye et généralement l’inefficacité d’un modèle, son premier sacrifié, ce sont les plus jeunes ou les moins bien formés et un modèle injuste et efficace ne dure pas longtemps parce qu’il n’est plus soutenu. Voilà l’agenda français que nous allons continuer à poursuivre dans les prochaines semaines les prochains mois avec beaucoup de force, avec cette humanité, cette proximité que j’ai voulu pour l’acte 2 et donc avec aussi un travail d’explication permanente. Mais notre pays a besoin constamment de se redonner ce cap et de montrer qu’il ne s’adapte pas à des voisins mais qu’on est bien en train d’inventer quelque chose de nouveau. Comme je le disais pour ce qui est au cœur de l’agenda du G7 qui est le nôtre et c’est à cette condition que nous pourrons porter notre part dans l’agenda européen.

La France ne réussira pas s’il n’y a pas une Europe forte. C’est ce que je mène depuis 2 ans avec entrain. L’Europe, elle est percluse de divisions, de tensions. On le sait bien, de peur mais réussir face aux défis climatiques, migratoires, numériques, c’est réussir dans et par l’Europe. On aura une vraie stratégie, une vraie ambition climatique. Si on a un vrai marché du CO2 et une taxation aux frontières. On aura une vraie politique et une vraie réussite digitale avec des champions du numérique. Si on a un vrai marché unique intégré une vraie protection individuelle de nos données, une vraie capacité à investir dans les nouveaux modèles, on aura une Europe qui protège ses concitoyens. Si on a une Europe qui investit massivement dans un pacte avec l’Afrique, de développement et qui fait de manière commune protéger ses frontières et homogénéiser son droit d’asile. C’est par l’Europe qu’on luttera contre les peurs contemporaines et pas dans les divisions ou les replis nationalistes. D’abord ils mènent à la guerre et ils sont inefficaces parce qu’au fond, dans l’Europe, personne n’est véritablement une île et même ceux qui étaient des îles ont voulu oublier de l’être en s’intégrant dans le marché unique et ceux qui veulent parfois redevenir une île en pensant que c’était très simple voient toutes les turpitudes à quoi cela conduit. Nous avons besoin d’une Europe forte, plus démocratique, plus unie, plus souveraine et ça c’est l’agenda que la France continuera de mener dans les prochains mois et les prochaines années.

Voilà mes amis. Quelques mots que je voulais vous dire de vous et du rôle important que vous jouez ici et des remerciements que j’ai à votre égard et je connais bien cette communauté pour y être venu depuis plus de 10 ans dans toutes les conditions qui ont été les miennes. Même si c’est mon premier voyage comme Président.

Un mot de vous, un mot de ces quelques jours et un mot sur tout ce que nous sommes en train de faire en France, en Europe et dans notre agenda international. Pour ça, j’aurai besoin de vous constamment et je sais que la mobilisation qui est la vôtre chaque jour pour la France, pour l’amitié entre la France et le Japon mais aussi pour cette vision positive et ambitieuse du monde contemporain, j’en aurai besoin aujourd’hui et demain encore.

Donc, je compte sur vous.
Merci à vous.

Vive la France !
Vive le Japon !
Vive l’amitié entre le Japon et la France !
Vive la République et vive la France !"./.

Conférence de presse du Président de la République et M. Shinzō ABE, Premier ministre du Japon (26 juin 2019)

Seul le prononcé fait foi

"Merci beaucoup Monsieur le Premier ministre, cher Shinzo ABE. Je voulais d’abord et avant toute chose te remercier pour cet accueil chaleureux et les très bonnes relations de travail et d’amitié que nous partageons depuis maintenant un peu plus de 2 ans. Je suis aussi heureux et honoré d’effectuer cette visite au Japon au commencement de l’ère Reiwa et dans un moment de coopération entre nous absolument essentiel. Le Premier ministre l’a dit, il y a bien 3 axes qui ont rythmé notre discussion : le travail conjoint sur l’agenda du G7 et du G20, nos approches stratégiques communes sur l’indopacifique et la relation bilatérale. Je vais très rapidement revenir sur chacun de ces points.

Sur le G20 qui s’ouvre sous la présidence japonaise, notre souhait est qu’il y ait une très forte articulation entre cette présidence japonaise du G20 et la présidence française du G7. Beaucoup de priorités portées par le Premier ministre ABE, nous les soutenons et les soutiendrons pendant ce G20 et nous essaierons de les faire fructifier durant le G7. La reconnaissance par le G20 d’un principe justement de libre circulation des données sur Internet consacrant cette liberté de données mais avec le respect des règles sur la protection de la vie privée et la sécurité conformément en particulier au cadre européen, la diffusion de normes ambitieuses en matière d’investissement et de développement, ce qui est essentiel pour donner tout particulièrement à l’Afrique un cadre stable de développement de ces infrastructures et respectueux de la souveraineté et de la transparence, la nécessité d’avancer sur les questions de fiscalité internationale, sur la taxation du numérique et l’imposition minimale sur laquelle nos ministres de l’Économie et des Finances ont fortement avancé, les enjeux du développement durable et de la lutte contre les inégalités sur les déchets plastiques marins, l’égalité entre les femmes et les hommes, la mise en place d’une couverture santé universelle. Autant d’initiatives que nous soutiendrons.

Il y a pour moi 2 sujets très importants dans ce G20 qui s’annonce. Le premier c’est le commerce international. Nous sommes à un moment de tensions très fortes entre les États-Unis et la Chine, et donc je souhaite que nous arrivions, avec les conclusions du G20, à une discussion qui permettent l’apaisement de ces tensions. Pour moi, la solution aux difficultés que nous rencontrons n’est pas dans des accords bilatéraux, n’est pas dans le contournement des règles internationales, n’est pas dans le protectionnisme. Elle est très clairement dans la modernisation du cadre multilatéral de commerce et donc je souhaite qu’on puisse avoir un point très précis sur le sujet des surcapacités, la protection de la propriété intellectuelle et la modernisation de l’organe de règlement des différends qui sont les piliers justement d’une organisation mondiale du commerce qui peut fonctionner et je veux qu’on ait le texte le plus ambitieux à ce G20 pour le commerce, parce que c’est le seul moyen de sortir par le haut des tensions et des conflictualités qui existent. Le deuxième sujet c’est le climat et là-dessus, le premier ministre ABE l’a parfaitement dit. Moi, je tiens très clairement à ce que nous ayons une ambition climatique forte. Pourquoi ?

D’abord parce que dans tous nos pays, les scientifiques les plus émérites, indépendants le disent : le réchauffement climatique est là. La disparition de notre biodiversité aussi et donc des réponses s’imposent. Nous avons commencé à bouger et déjà pris des engagements internationaux sur le premier sujet, le réchauffement, avec les accords de Paris. Sur le second, la biodiversité : l’année 2020 sera capitale et nous sommes en train, en quelque sorte, de trop tarder à les mettre en œuvre. Nous sommes dans une année absolument clé. Je dirais dans des mois qui sont clés. Il y a le G20 aujourd’hui et le G7 à Biarritz et il y aura le sommet sur le climat aux Nations Unies en septembre. C’est le moment pour, véritablement, être enfin au rendez-vous de l’histoire et de notre propre responsabilité. J’entends partout à travers le monde des gens qui disent « j’ai des lignes rouges ». Si on parle de ceci ou de cela, je ne signe pas. J’ai une ligne rouge. Si on ne va pas plus loin sur notre ambition climatique, ça veut dire qu’on se réunit pour rien et nous le partageons avec le Premier ministre ABE. Nous tenons au G20 et donc nous nous battrons pour avoir un texte ambitieux. Si certains s’en désolidarisent ce qui, je pense, n’est pas souhaitable, ils prendront leurs responsabilités mais nous nous battrons pour avoir ce que nos concitoyens attendent et ce que nous nous devons à nous-mêmes, c’est-à-dire la réitération de notre engagement derrière l’accord de Paris, la volonté de mettre en œuvre des mesures qui permettent d’y arriver. Ce sera une première étape au G20 où il y a un cercle plus large mais pour le G7, je l’ai dit au Premier ministre ABE, c’est cette même ambition que nous poursuivrons. Nous avons discuté de cette ambition de la présidence française pour le G7 qui est la lutte contre les inégalités et elle sera au premier chef sur le climat là aussi avec des coalitions que nous souhaitons mettre en place pour mettre en œuvre les accords de Paris, coalition autour de la neutralité carbone en 2050, coalition autour justement de la disparition du HFC - qui est, comme vous le savez, un gaz qui émet particulièrement des particules et qui est l’un des premiers responsables du réchauffement climatique, - coalition pour réduire les émissions dans différents secteurs qu’il s’agisse du textile ou d’autres secteurs industriels, coalition en matière de transports. C’est ce que nous mettrons au cœur justement de ce G7 avec l’objectif de rallier le maximum de pays mais aussi des entreprises et des investisseurs pour mettre en œuvre les engagements que nous avons pris sur le moyen et long termes. La lutte contre le réchauffement climatique et la protection de la biodiversité seront donc des éléments absolument essentiels de la présidence française du G7. De la même manière et en complément de ce que nous commencerons au G20 et qui est au cœur de notre coopération, le partenariat avec l’Afrique sera un élément important de ce G7 dans le cadre de la lutte contre les inégalités et dans ce contexte-là, nous soutiendrons des initiatives très concrètes l’une en particulier pour l’entrepreneuriat féminin, le développement du numérique en Afrique et un ensemble de dispositifs pour soutenir le Sahel, et je veux remercier tout particulièrement le premier ministre ABE pour sa décision de rejoindre l’alliance pour le Sahel en tant qu’observateur, mais qui marque son engagement et sa volonté de nous aider et de faire dans la région. C’est aussi la même ambition de lutte contre les inégalités dans le cadre de notre agenda que nous porterons au G7 en adoptant un bouquet législatif pour l’égalité entre les femmes et les hommes, en nous battant également pour avoir un numérique plus inclusif et renforcer la gouvernance de l’intelligence artificielle et protéger nos démocraties contre les ingérences et tout ce qui peut les déstabiliser. Je ne veux pas être ici plus long mais, vous le voyez, sur plusieurs sujets internationaux nous avons besoin de rehausser nos ambitions mais également d’avoir un agenda très concret d’action et le G7 que la France présidera au mois d’août aura pour but de bâtir des coalitions concrètes d’action avec le maximum de membres du G7, mais aussi des partenaires privilégiés sur certaines thématiques en associant des entreprises et la société civile. Sur le numérique, nous associerons les grands acteurs du numérique en leur demandant des engagements concrets ; sur le sujet de l’égalité femmes/hommes, nous engagerons les sociétés civiles pour leur demander de s’engager à nos côtés ; et pour la lutte en faveur de la biodiversité nous réunirons, ce que d’ailleurs nous lancerons aussi demain ici, des entreprises qui sont prêtes à s’engager pour produire différemment et pour avoir un engagement extrêmement concret aux côtés des Etats.

Le deuxième axe de nos échanges a été le lancement aujourd’hui d’un partenariat franco- japonais dans l’Indopacifique. J’avais évoqué à Delhi en mars 2018 puis à Sydney en mai 2018 et nous avons beaucoup travaillé ensemble avec le premier ministre ABE sur ce point. C’est en quelque sorte permettre à toute cette région indopacifique de développer des synergies propres, des coopérations sans hégémonie et pour respecter la liberté de souveraineté de chacun de ses composants, de chacune de ses composantes. La France est une puissance de l’Indopacifique. Par nos territoires ultramarins – Réunion, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Terres australes et antarctiques françaises et plusieurs autres – nous sommes présents dans la région, nous avons 8000 soldats, nous sommes la deuxième marine à être présente dans la région et donc nous souhaitons développer notre coopération. Et nous avons la volonté d’avoir plusieurs feuilles de route : d’abord une feuille de route en matière de sécurité maritime, la France a annoncé sur ce sujet ses propositions au mois d’avril, la ministre de la défense ayant présenté sa stratégie indopacifique déclinant les annonces ; mais également un agenda en termes d’infrastructures que nous devons développer dans toute la région, infrastructures maritimes de câbles sous-marins, de technologies de communication ; et puis un agenda également de lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement climatique. C’est ce dialogue, principalement autour de ces trois axes sans exclusivité du reste, que nous souhaitons développer de manière inclusive et donc très étroite avec nos partenaires australiens, indiens et toutes celles et ceux qui voudront se joindre. Et un dialogue maritime global franco-japonais tiendra sa première session le 20 septembre prochain à Nouméa afin d’identifier les premiers projets concrets même si nous avons déjà lancé plusieurs initiatives et que nous complétons en ce moment même ces dernières. Le troisième et dernier sujet de nos échanges a porté sur la feuille de route bilatérale. Nous avons en effet conclu une feuille de route qui va permettre de structurer sur les 5 années à venir la relation bilatérale entre nos deux pays, relation qui est déjà extrêmement vivace : la France est le deuxième investisseur européen au Japon, et le Japon le premier investisseur asiatique en France, et l’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon entré en vigueur le 1er février dernier développe encore davantage cette dynamique d’échange et nous permet dans beaucoup de secteurs - je pense en particulier à l’agro-alimentaire - d’améliorer encore nos résultats et nous veillerons à ce que cela se poursuive dans les prochains mois. Nous souhaitons d’abord développer encore davantage nos coopérations industrielles, les diversifier, consolider celles qui existent et en matière automobile comme en matière de nucléaire civil nous tenons aux grandes coopérations qui sont les nôtres. Et il y a dans la vie des affaires, des vicissitudes, mais il y a le respect que nous devons à nos travailleurs japonais et français et il y a la solidité de l’amitié que nous nous portons et c’est à l’aune de ces deux piliers – le respect pour nos travailleurs qui sont dans les usines et la force de notre amitié qui a permis de bâtir ces partenariats – que nous serons les garants de la bonne coopération : bonne coopération au sein de l’alliance entre Renault et Nissan qui doit se consolider, qui pour gagner la bataille du véhicule autonome comme du véhicule électrique doit sortir plus forte ; bataille aussi que nous voulons mener ensemble en matière de nucléaire civil. L’énergie est là aussi un axe de notre coopération et ce qui a été signé en matière de transition écologique et d’énergie renouvelable en est le témoignage. Nous avançons aussi en termes de recherche, d’innovation, d’intelligence artificielle. Nos agences de recherche s’apprêtent à lancer un appel d’offres commun : nous faisons de plus en plus ensemble et intégrons de manière croissante. Et en matière de recherche spatiale, nous avons aujourd’hui signé un nouveau texte important qui solidifie cet axe qui depuis plusieurs décennies maintenant a été consolidé entre nos deux pays mais est un des éléments extrêmement forts de la bonne coopération scientifique et technologique entre nos deux pays que cette feuille de route vient consolider. Cette feuille de route permet aussi d’avancer dans plusieurs autres domaines, dans le domaine agricole et agroalimentaire où nous souhaitons ouvrir progressivement les marchés et faciliter justement les échanges et je vous remercie pour tous les efforts qui ont été faits : le bœuf, nous travaillons encore sur le porc mais là aussi nous avons une feuille de route extrêmement ambitieuse pour avancer de manière très concrète. Nous avons également en matière de sécurité et de défense engagé une dynamique forte, nouvelle avec là aussi des déploiements, des opérations communes mais une stratégie d’équipement mutuel renforcée. Nous sommes également convaincus avec le premier ministre ABE que l’accélération de nos coopérations en matière d’industries de défense dans les domaines de détection des mines, de surveillance maritime et terrestre par satellites et d’opérations amphibies, est absolument essentielle et nous en portons l’ambition dans cette feuille de route. Et puis enfin dans les domaines sportif, culturel, linguistique nous marquons aussi une ambition nouvelle. Nous sommes en train de renforcer l’enseignement du japonais en France et en partenariat de faire de même pour l’enseignement du français au Japon ce qui est pour nous un élément indispensable pour développer les pleines synergies face au rendez-vous qui sont les nôtres. Il y a beaucoup d’événements sportifs et culturels entrecroisés qui vont renforcer notre compréhension réciproque et nos ambitions croisées : la saison culturelle “Japonismes” a été un succès éclatant en 2018 qui a permis à beaucoup de nos concitoyens de mieux comprendre la culture japonaise et ce que nous lui devons ; nous préparons une saison culturelle française en 2021 où nous coopérons très étroitement ; le Mondial de rugby commencera à l’automne au Japon lequel sera dans son édition de 2023 accueilli par la France avec là aussi des partenariats que nous sommes en train de nouer ; et c’est le Japon qui accueillera les Jeux Olympiques de 2020 que la France aura à accueillir en 2024. L’entrelacement de tous ces événements rend encore plus significative cette feuille de route et montre la force de l’ambition linguistique commune que nous portons mais aussi de faire davantage sur le plan culturel, sur le plan sportif en vue de ces années. C’est une nouvelle génération qu’on va former à des cultures communes, des sportifs à des performances communes et des artistes qui vont ainsi mieux se connaître. C’est aussi pour ça que j’ai beaucoup tenu pour ce déplacement à être accompagné de plusieurs artistes et métiers d’art parce que je pense que c’est un élément qui est au cœur de notre relation et c’est ce que nous ferons pleinement vivre demain à Kyoto. Enfin le premier ministre l’a abordé, nous avons évoqué la Corée du Nord et l’Iran. J’aurai l’occasion d’y revenir sans doute pendant les questions et tout au long de ce G20, je ne serai pas plus long pour ce point presse. Mais nous avons, je crois pouvoir le dire, une vraie communauté de vues sur ces sujets et une vraie volonté dans les deux cas d’arriver à la sécurité collective par la non-acquisition de l’arme nucléaire ou la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible et nous avons la volonté d’assurer la stabilité de ces régions et donc de faire œuvre utile sans qu’aucune escalade ne soit poursuivie. Et je veux remercier à nouveau le premier ministre ABE pour son accueil et surtout la communauté de vues sur ces nombreux sujets que je viens d’évoquer"./.

Débat sur l’innovation au service du bien commun, (27 juin 2019)

Le deuxième jour de son déplacement au Japon, le Président Emmanuel Macron a échangé avec 500 représentants de la Tech japonaise, issus de grands groupes mais aussi de petites entreprises ou de start-ups.

Au cœur des échanges, une vision que la France porte tout particulièrement dans le cadre du G7 Biarritz et du Sommet Tech For Good. Cette vision consiste à considérer que l’innovation doit être un outil au service du bien commun.

Lors de cet échange, le chef de l’État mettra en avant trois thématiques prioritaires de la présidence française du G7, au service desquelles nous devons mettre l’innovation :

  • La lutte contre le réchauffement climatique ;
  • L’intelligence artificielle au service de l’humain ;
  • La réduction des inégalités.

Le premier constat est simple : aujourd’hui plus que jamais auparavant, nos entreprises et nos sociétés font face aux mêmes défis, au premier rang desquels : la lutte contre les inégalités et la protection de notre environnement. C’est en conjuguant les efforts de chacun que ces défis seront surmontés : les solutions innovantes s’inventent et se portent ensemble.

Le deuxième constat est tout aussi fort : l’immobilisme n’est en aucun cas la solution, car l’urgence climatique est là, les citoyens du monde entier attendent de nous tous – gouvernants, chefs d’entreprises, acteurs de la société civile – des actions concrètes et coordonnées. Il est de notre responsabilité à tous de nous engager.

Fort de ce constat, le Président Emmanuel Macron entend mobiliser, créer des coalitions d’acteurs pour porter des solutions à l’occasion de ce G20 à Osaka, mais surtout du prochain G7 qui se tiendra à Biarritz en août 2019 et au Sommet pour le Climat de l’ONU qui aura lieu à l’automne.

Le lieu de cet échange avec les chefs d’entreprises est symbolique, le Miraikan – « Mirai » qui signifie futur en japonais – est le Musée des sciences émergentes et de l’innovation. Il est situé dans le district d’Odaiba, dans la baie de Tokyo. L’une des attractions phares de ce musée est un globe terrestre géant (dit « géo-cosmos ») qui affiche en temps réel les données météorologiques du monde entier. Cette œuvre scientifique et artistique rappelle que nous sommes « une seule planète », mais aussi que nous pouvons travailler ensemble pour obtenir des résultats.

Lors de cette rencontre avec les représentants de la Tech japonaise, les témoignages de chefs d’entreprises se sont succédés. Masaki Takao, CEO de la start-up JEPLAN, a présenté son projet de recyclage de textiles et plastiques. Tatsuya Tanaka, Président de Fujitsu, a détaillé la stratégie de son entreprise pour placer l’intelligence artificielle au service de l’humain. Emmanuel Faber, CEO de Danone, est intervenu sur l’innovation sociétale et le rôle des entreprises dans la réduction des inégalités./.

Source : Présidence de la République

À Kyoto, un G20 pour réaffirmer nos positions sur le climat, le commerce, la lutte contre les inégalités

Six mois après le sommet du G20 à Buenos Aires, les États membres ainsi que les pays invités se sont retrouvés pour un sommet à Osaka.

Durant ce G20, il était primordial pour la France et ses partenaires – notamment européens – de réaffirmer leurs positions sur le climat et le commerce. À ces deux sujets traditionnellement au cœur des discussions, s’ajoutent deux thématiques choisies par le pays hôte : la mobilisation pour l’emploi des femmes, la transformation numérique et la lutte contre les inégalités, thèmes structurant de la présidence française du G7.

Les priorités à Osaka :

  • Priorité numéro 1 : maintenir une ambition écologique forte et bâtir le cadre d’une régulation internationale à la hauteur de l’enjeu climatique

La première priorité de ce sommet du G20 est de porter et de partager avec le plus grand nombre l’ambition climatique :

Défendre les principes de l’Accord de Paris, et en particulier la neutralité carbone : de plus en plus d’États portent cet engagement essentiel pour notre protéger planète, ils étaient une poignée il y a trois mois, 24 États membres de l’Union le sont depuis le 21 juin dernier

Respecter le rapport du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Lors de sa rencontre avec les scientifiques en mai 2019 à Paris, le Président Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures pour aller encore plus loin pour protéger la biodiversité, au niveau national, européen et mondial.

  • Priorité numéro 2 : pour le commerce, un multilatéralisme équitable

Dans la continuité des réformes amorcées au G7 de Charlevoix et au G20 de Buenos Aires, la modernisation de l’OMC et la défense des règles d’un multilatéralisme équitable forment le second volet de l’agenda du Sommet. La France s’inscrit dans un cadre européen coordonné qui défend des priorités précises, telles que la lutte contre les distorsions commerciales et le protectionnisme.

  • Priorité numéro 3 : réduire les inégalités entre les femmes et les hommes

À l’instar de l’initiative Business for inclusive growth (B4IG) lancée par une coalition d’acteurs privés et institutionnels, la croissance inclusive et l’emploi des femmes, seront également au centre des discussions du G20.

De manière plus générale, le thème de la lutte contre toutes les formes d’inégalités, fil conducteur de la présidence française du G7, permettra de créer une dynamique positive entre Osaka et Biarritz et de lier les actions menées par la communauté internationale au cours de ces deux grands rendez-vous multilatéraux de l’année 2019.

  • Priorité numéro 4 : renforcer la lutte contre les contenus terroristes et l’extrémisme violent en ligne

Dans la continuité de « l’Appel de Christchurch » lancé en mai 2019 à Paris par le Président de la République et la Première ministre néozélandaise, Mme Jacinda ARDERN, le Sommet du G20 abordera la question du numérique au travers de la lutte contre les contenus terroristes et l’extrémisme violent en ligne.

« L’Appel de Christchurch » avait regroupé des acteurs numériques privés, des organisations internationales et des États pour agir plus efficacement contre cette menace en ligne. Après avoir porté ce combat au niveau national (Loi Avia), la réunion des membres du G20 doit permettre de développer un cadre de coopération internationale pour faire face à ces enjeux qui seront également à l’agenda de la présidence française du G7 à Biarritz./.

Source : Présidence de la République

Conférence de presse du Président de la République à l’issue du Sommet du G20 (Osaka, Japon, 29 juin 2019)

Le Président Emmanuel Macron s’est exprimé à l’issue du G20 réuni à Osaka. Les priorités de ce sommet étaient multiples : climat, commerce, inégalités, transformation numérique.

Seul le prononcé fait foi

"Messieurs les ministres. Mesdames, messieurs. J’ai souhaité, à l’issue de ce G20 et avant, de cette visite bilatérale au Japon, vous rendre compte de nos travaux et des avancées, des discussions. Je veux avant toute chose remercier la présidence japonaise pour l’organisation de ce G20 et les avancées conduites dans les différents domaines.

Il y a en effet des sujets sur lesquels des avancées tangibles ont été observées. L’égalité femmes/hommes, la pollution des océans par les plastiques et plusieurs autres sujets. Je ne vais pas tous ici les égrener. Le communiqué a été rendu public et le Premier ministre Abe est lui même revenu sur chacun de ces points. Le Premier ministre Abe s’est attaché à maintenir l’esprit de consensus et de coopération internationale malgré les vents mauvais.

Et en effet, nous venons de tenir ce G20 à Osaka dans un contexte difficile pour le multilatéralisme. Je pense qu’il nous faut tous être lucides. Et c’est pourquoi nous devons aussi regarder le contexte dans lequel nous opérons. Parce que le multilatéralisme est attaqué par plusieurs d’entre nous. Parce qu’il a pu parfois se montrer défaillant ces dernières années notamment pour affronter le dumping commercial par exemple. Et parce qu’aussi nous sommes dans un contexte de crise régionale extrêmement structurante. Je pense à la Corée du Nord, à l’Iran et je reviendrai sur chacun de ces points.

L’option que la France retient depuis le début et que, dans ce contexte de défaillance, on peut retenir sur le plan commercial ou économique ou de tension, l’hégémonie ou l’unilatéralisme ne conduisent nulle part ; ou plus exactement, à fracturer davantage l’ordre international qui est le nôtre. Et donc, ce que nous avons veillé à défendre ici comme depuis le début, c’est un multilatéralisme fort, efficace en réformant les règles en profondeur et en essayant de répondre aux problématiques fondamentales qui nous sont posées. A cet égard il y avait deux sujets principaux qui touchaient nos conclusions qui ont fait l’objet de négociations jusque dans les dernières minutes. Le commerce d’une part et le climat d’autre part.

Sur ces deux sujets, il y a des désaccords autour de la table. Sur ces deux sujets, nous avons réussi à obtenir ou des avancées ou de lutter contre des reculs. Est-ce pour autant satisfaisant ? Non. Mais je considère que la ligne rouge ou les lignes rouges que nous avions pu définir n’ont pas été franchies à l’occasion de ce G20. Sur le commerce, les discussions se sont tenues sur le plan bilatéral entre la Chine et les États-Unis. J’ai pu en discuter un instant avec le président Xi Jinping. Des discussions vont manifestement reprendre mais le cœur de la réponse sur le plan commercial, c’est de restaurer un cadre multilatéral efficace. J’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises. Notre avenir ne peut dépendre d’un bon accord bilatéral entre deux puissances- fussent-elles les deux premières. Parce que le monde dans lequel nous vivons ne dépend pas de deux sites de production mais de l’interdépendance entre tous les pays justement qui sont autour de la table.

Et à cet égard, nous sommes trop lents pour réformer le multilatéralisme commercial. Nous avons néanmoins abouti à un texte de conclusion qui clairement réaffirme notre volonté de réformer l’Organisation Mondiale du Commerce dans toutes ses fonctions. L’édiction des règles, l’application de celle-ci et la sanction de ces règles. Très concrètement, nos ministres auront à poursuivre le travail en lien avec l’OCDE pour précisément bâtir les règles d’un commerce ouvert et plus équitable, dans ces conditions de concurrence. Et ce à quoi nous tenons est très simple. Lutter contre les politiques de subventions non contrôlées. Lutter contre toutes les formes de distorsions du commerce international. Avoir un organisme de règlement des différends plus efficace.

Nous avons ensuite eu une longue discussion sur la question des surcapacités d’acier. Je rappelle que sous présidence chinoise, une avancée avait été obtenue mettant en place un forum permettant de suivre justement ces surcapacités. La tentation était forte de mettre fin à celui-ci ou de le laisser mourir en fin d’année. Nous avons donc demandé aux ministres compétents, avant le mois de novembre, de pouvoir bâtir les conditions pour la poursuite de ces travaux. Nous avons absolument besoin sur le plan international de suivre la question des surcapacités dans l’acier comme dans tous les domaines où cela apparaît. Je le dis très simplement, parce que du point de vue européen, quand vous avez une tension commerciale sino-américaine et des surcapacités d’acier, la victime s’appelle l’Europe. Et c’est ce que nous voyons sur nos marchés de l’acier. Et nos entreprises comme nos travailleurs dans ces secteurs subissent les conséquences de ces distorsions alors même qu’on ne peut rien leur reprocher en termes de mobilisation, d’investissements ou de compétitivité. Donc c’est très directement des emplois de la justice commerciale et sociale qui sont en question derrière cette réforme essentielle.

Le texte a permis des avancées cette fois-ci concrètes sur deux sujets d’importance : la fiscalité du numérique et la régulation des plateformes. Sur la régulation des plateformes, il a été réitéré sous ce format les engagements que nous avons tenu à Paris en mai dernier lors de l’appel de Christchurch pour une régulation plus forte des plateformes numériques et une lutte contre les discours de haine ou l’utilisation de l’espace numérique pour, soit défendre le terrorisme ou conduire au terrorisme, soit développer les discours de haine. Sur le numérique, un engagement clair a été pris pour mettre en place une fiscalité minimale sur les sociétés numériques. Et donc, en donnant au ministre des Finances en lien là aussi avec l’OCDE un programme de travail qui sera d’ailleurs repris dans le cadre du G7 Finances puis du G7 que préside la France. Voilà sur les sujets commerciaux et économiques. Nous voyons les tensions qui se poursuivent. Néanmoins, je considère que pour certains sujets, le pire a été évité. Pour d’autres, nous avons su avancer. Maintenant, très concrètement, ce qu’il nous faut réussir à faire c’est cette réforme en profondeur de l’OMC sans laquelle nous ne pourrons concrètement faire progresser les questions multilatérales sur ce point.

Sur le climat. Je l’avais dit avant ce sommet. Je pense que nous sommes de plus en plus déconnectés du reste du monde. Les scientifiques, chaque jour nous rappellent à nos devoirs en matière de réchauffement climatique comme en matière de biodiversité. Notre jeunesse, chaque semaine, dans beaucoup de pays, nous rappellent à notre devoir.

Et on continue à avoir des débats pour savoir si on a le droit de nommer encore l’accord de Paris. Je pense que si on veut collectivement gagner en crédibilité, il nous faut passer une étape. Grâce au travail de la présidence japonaise, un engagement de plusieurs négociateurs, nous avons réussi à obtenir des éléments dans le cadre du communiqué du G20 qui permettent de maintenir le niveau d’ambition tel qu’il avait été affirmé à Hambourg et Buenos Aires, en améliorant même sur le plan technique quelques formulations. Je veux ici remercier les négociateurs qui ont passé beaucoup d’heures de leur nuit et qui n’ont fini que ce matin dans les dernières minutes. Très concrètement, nous avons réitéré une déclaration à 19, actant précisément l’engagement de tous les membres du G20 à l’exception des États-Unis d’Amérique pour la mise en œuvre de l’accord de Paris. De l’irréversibilité de cet accord et de sa mise en œuvre et donc de continuer à progresser sur cela. Nous avons aussi intégré des engagements en matière de lutte contre les HFC, vous le savez, ces gaz particulièrement utilisés dans les climatiseurs qui sont extrêmement polluants. D’autres techniques existent, qui sont d’ailleurs en cours de développement et qui permettent de répondre à ce point. Sur ce sujet, c’est notre responsabilité, nous ne pouvons pas revenir en arrière.

Nous avons eu avec le président TRUMP un échange sur ce point. Encore ce matin, après celui d’hier qui a permis de convaincre les États-Unis d’Amérique de nous laisser fonctionner à 19 et de ne pas demander un texte moins ambitieux pour être plus consensuel. Et c’est aussi l’objet de la discussion que j’ai eue hier sur le plan bilatéral avec le président BOLSONARO qui m’a confirmé son engagement contrairement aux inquiétudes qu’on pouvait avoir sur l’accord de Paris et le combat en faveur de la biodiversité. Nous serons maintenant engagés à la fois pour le suivi de ces engagements concrets et nous même pour mener des opérations claires en la matière. Mais grâce à l’engagement de la France, la mobilisation européenne et des partenaires engagés comme le Canada, nous avons pu confirmer cet engagement ; Et là aussi, éviter que les choses ne soient détricotées. Mais nous devons aller plus loin. Et c’est tout l’enjeu des prochains mois sur ce sujet.

La présidence française du G7 s’attachera à mettre en œuvre des coalitions d’actions concrètes en matière de lutte contre le réchauffement climatique comme en faveur de la biodiversité. Nous souhaitons tout particulièrement, sur les HFC, avoir justement un engagement concret d’industriels comme des gouvernements dans le cadre du G7 mais avec des puissances de bonne volonté que nous souhaitons rallier. Cela a été l’objet de discussions entre autres avec le Premier ministre MODI.

Et nous souhaitons très concrètement avancer sur des coalitions d’actions de gouvernement et d’acteurs là aussi industriels pour avancer sur cet agenda. Aller plus loin, c’est aussi dans les prochaines semaines ce que nous allons concrétiser au niveau européen pour défendre la neutralité carbone à horizon 2050. Nous l’avons obtenu à 24 lors du dernier Conseil européen. Je souhaite qu’à l’issue de l’été, on puisse avoir l’unanimité sur ce point. Je pense que c’est totalement atteignable. En tout cas, nous avons ce matin une coalition de plusieurs acteurs internationaux ; pays Européens, Sud Américains, Nord Américains autour de cette ambition. Et nous réitérons lors de notre G7.

Nous aurons ensuite, au mois de septembre, un sommet des Nations Unies qui est précisément consacré au climat où nous devrons là aussi être clairs sur le rehaussement de nos engagements, puisque c’est la condition pour être au rendez-vous de l’accord de Paris et sur entre autres, les sujets de finances où la France, je le rappelle avec la Jamaïque a été mandatée par le Secrétaire Général des Nations Unies. Nous aurons ensuite la reconstitution du Fonds climat à l’automne. Puis la COPE 25 au Chili en décembre où je me rendrai. Cet agenda climatique, c’est celui sur lequel la France s’engagera très fortement, qu’il s’agisse de lutte contre le réchauffement comme de lutte pour la biodiversité. Et d’ailleurs, notre volonté est aussi d’élargir à cet égard l’agenda. C’est ce que j’ai commencé à faire à la suite de la remise du rapport de l’IPBES en mai dernier en marge de la ministérielle G7 des ministres de l’Environnement. C’est ce que j’ai rappelé hier au président BOLSONARO.

Et nous aurons des actions très concrètes sur ce sujet en forêt amazonienne. Et c’est ce que nous avons acté aussi avec nos partenaires chinois, j’y reviendrai dans un instant, à l’occasion de ce G20. J’ai eu l’occasion de porter ces messages lors des nombreux entretiens bilatéraux que j’ai pu avoir avec le Premier ministre Abe, les présidents POUTINE, ERDOGAN, BOLSONARO, XI et le Premier ministre MODI. Et au fond, durant tous ces entretiens, c’est ce multilatéralisme fort que j’ai essayé là aussi de décliner. Alors que nous vivons le moment de tension que j’évoquais, le pire pouvait être à craindre durant ce G20, soit sur l’Iran, soit sur le commerce. Nous avons évité le pire, mais éviter le pire n’est pas suffisant. Il nous faut construire des accords féconds et réussir à bâtir la stabilité. Sur les sujets d’intérêt général et sur les grands biens communs comme le climat il nous faut être beaucoup plus ambitieux et accepter que quelques puissances de bonne volonté avancent plus vite que d’autres. Et je pense que la recherche de l’unanimité y compris dans un forum comme le G20 ne doit pas être un frein à l’ambition.

Et ensuite, sur le plan de la sécurité collective, sur chacun des sujets que nous avons pu aborder. Qu’il s’agisse de la Corée du Nord, de la Syrie comme de l’Iran, je crois que l’objectif recherché et l’objectif final de tous les interlocuteurs que j’ai pu avoir, c’est de bâtir la sécurité collective et la stabilité. Le problème c’est que souvent, les conditions concrètes conduisent à créer des tensions, qui à court terme, peuvent menacer ce résultat final. Et donc, le rôle de la France dans ce contexte, et c’est ce que j’ai fait à travers ces différentes rencontres bilatérales, c’est précisément de bâtir les conditions d’une désescalade de la tension. Ce que je souhaite que nous puissions amorcer sur la question iranienne comme ce que nous avons discuté sur la question nord coréenne. A cet égard, plusieurs rendez-vous ont été pris. Avec le président XI Jinping, nous avons discuté très longuement de la Corée du Nord et de l’Iran. Je souhaite qu’on puisse travailler ensemble sur ces deux sujets. Je me rendrai le 5 et 6 novembre prochain à Shanghai et Pékin. Et nous aurons à cet égard, la poursuite de la feuille de route bilatérale fixée ensemble à continuer. Mais nous souhaitons aussi avoir un temps fort d’engagement commun en suivi sur la biodiversité et le climat, et de pouvoir passer une étape supplémentaire sur nos engagements.

Avec le président POUTINE nous avons aussi évoqué les différentes crises que je viens de mentionner. Et au-delà de celles-ci, la situation en Ukraine. Je souhaite en effet que nous puissions avancer concrètement dans les prochaines semaines pour pouvoir au niveau des chefs d’État et du gouvernement de réamorcer une réunion en format Normandie. Je ne souhaite pas faire des réunions pour faire des réunions. Je l’ai dit très clairement au président POUTINE. Et donc, cela suppose qu’il y ait des évolutions sur les positions aujourd’hui prises. Nos équipes, comme nos ministres, se rencontreront pour poursuivre notre échange nocturne dans les prochaines semaines. Et nous aurons dans les prochaines semaines une nouvelle rencontre bilatérale avec le président POUTINE sur ces sujets. Je considère que dans le cadre de la présidence française du G7, il est indispensable que nous puissions prendre cette initiative à l’égard de la Russie qui consiste d’une part à explorer toutes les formes de coopération que nous pouvons avoir sur les grands sujets de déstabilisation ou de conflit sans naïveté mais sans que la porte ne soit fermée. Il ne s’agit pas de changer le format du G7, mais il s’agit d’aller à l’initiative pour construire des solutions utiles.

Le Premier ministre MODI sera invité dans la session élargie au G7, et nous développerons avec lui un agenda commun sur le numérique et le climat, en particulier, et il m’a réaffirmé sa volonté d’avancer sur ce point. J’ai eu aussi l’occasion, avec mon homologue coréen, d’échanger sur la sécurité dans la péninsule nord-coréenne, avec le président SISSI d’évoquer la stabilité régionale et la situation en Libye, et avec le président ERDOGAN de revenir sur le suivi de notre réunion d’Istanbul sur la Syrie et notre souhait est que nous puissions, à la fin de l’été et au début de l’automne, tenir sous le même format une réunion de suivi, mais à condition, là aussi, que des avancées soient faites, en particulier sur le plan politique dans le cadre de la réforme constitutionnelle et des engagements que les uns et les autres ont pris devant les Nations Unies.

Je veux enfin dire un mot de deux accords qui ont été signés en marge de ce G20. Le premier, c’est l’accord que nos ministres des Affaires étrangères ont signé entre la Chine et la France. En effet, il s’agit pour nous d’un texte important, qui a été préparé dans la suite de la visite du président XI Jinping à Paris, qui réitère d’une part l’engagement fort de nos deux pays dans le cadre de l’accord de Paris, dans lequel nous nous engageons ensemble à lutter contre les émissions de HFC, avec des solutions concrètes, dans laquelle nous nous engageons ensemble à agir pour le financement du Fonds vert mais aussi le changement de sa gouvernance. Nous réitérons nos engagements à horizon 2020, notre engagement aussi en vue du sommet des Nations Unies, et nous prenons des nouveaux engagements en termes de lutte en faveur de la biodiversité. Cet accord a été rendu public il y a quelques instants. Je vous renvoie à la lecture détaillée de celui-ci, mais c’est un texte important, un accord important qui permet non seulement de donner une dynamique internationale à nos propres engagements et notre action, mais d’engager avec nous la Chine, ce qui est absolument indispensable si l’on veut avoir de l’efficacité en termes d’émissions mondiales.

L’autre accord qui a été signé en marge de nos travaux, c’est l’accord sur le Mercosur, agréé hier entre la Commission européenne et le Mercosur.

Je l’ai toujours dit, un bon accord commercial est bon pour nos entreprises et nos emplois, et cet accord permettra d’ouvrir des marchés agricoles et industriels et de protéger nos indications géographiques. Je considère que cet accord, à ce stade, est bon, compte tenu du fait que les demandes que nous avions formulées ont été intégralement prises en compte par les négociateurs, mais que c’est dans la durée qu’on pourra apprécier les conditions préalables à une ratification de celui-ci et à sa mise en œuvre, d’abord parce que cet accord est celui qui reconnaît nos indications géographiques, ce qui est extrêmement important pour notre agriculture, comme aucun autre ne l’a fait précédemment.

Ensuite, parce que les trois critères que nous avons posés sont reflétés par le texte qui a été, hier, agréé. D’abord, le respect explicite de l’accord de Paris, pour la première fois à ce niveau, dans un texte commercial. C’est le cœur de la logique que nous avons, depuis plusieurs mois, mis sur la table. Je l’ai expliqué d’ailleurs il y a quelques semaines en refusant, pour ma part, la réouverture des négociations commerciales avec les États-Unis d’Amérique aussi longtemps qu’ils seraient en dehors de l’accord de Paris. La mention de l’accord et les engagements liés à celui-ci sont inclus dans le texte, et le vrai changement de cette négociation dans sa phase finale a été le changement, en tout cas l’affirmation claire que le Brésil s’engageait dans l’accord de Paris et dans la lutte pour la biodiversité.

Le deuxième critère, c’est le respect de nos normes environnementales et sanitaires. Aucun accord commercial ne saurait être signé pour dégrader les normes environnementales et sanitaires que nous imposons à nos entreprises, ce qui est, là aussi, reflété dans l’accord. Enfin, la protection de nos filières sensibles dans le cadre des quotas qui sont discutés, et sur lesquels nous avions fixé des limites. Je pense en particulier au bœuf et au sucre. Les premiers éléments dont nous disposons indiquent que toutes ces préoccupations ont été prises en compte.

À cela s’ajoute un point que nous avions demandé à la Commission, qui est extrêmement important, c’est, pour la première fois là aussi, une clause de sauvegarde qui s’applique aux produits agricoles. Que veut dire cette clause de sauvegarde ? C’est qu’en cas de déstabilisation majeure de tel ou tel secteur, il est possible d’actionner un mécanisme interrompant justement la mise en œuvre d’une telle ouverture. C’est très important pour que nous puissions piloter la mise en œuvre réelle de cet accord commercial. Néanmoins, je le disais, il faut maintenant vérifier tout cela dans les phases à venir, cela va dans la bonne direction, mais nous serons très vigilants sur toutes les rédactions finales, sur le processus de ratification et surtout sur le processus de suivi. Je souhaite, là aussi, que toute la transparence soit assurée. Comme nous l’avons fait pour le CETA, je veux lancer, dans les prochains jours, une évaluation indépendante, complète, transparente de cet accord, notamment sur l’environnement et la biodiversité, pour que justement le suivi soit effectif et partagé avec tous nos concitoyens. Voilà les quelques mots que je souhaitais dire à l’issue de ce G20"./.

Déclaration des leaders l’issue du G20, Osaka

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Déclaration des leaders l’issue du G20, Osaka
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Dernière modification : 03/07/2019

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