Visite d’État du Président de la République en République populaire de Chine

Le Président de la République s’est rendu à Shanghai puis à Pékin, en République populaire de Chine, du lundi 4 novembre au mercredi 6 novembre 2019.

Les enjeux de la visite d’État du Président Emmanuel Macron à Pékin et Shanghai

En mars 2019, nous célébrions le 55e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine. Dans le cadre de la visite d’Etat du Président chinois en France, les Présidents XI Jinping et Emmanuel Macron avaient plaidé pour un multilatéralisme fort, des règles communes entre les États et une coopération renforcée :

La France et la Chine estiment que dans le contexte actuel, l’attachement au multilatéralisme est la meilleure façon de promouvoir la coopération internationale face à la multiplication des risques et des défis communs, et de préserver la paix et la prospérité dans le monde"

Extrait de la déclaration conjointe entre la France et la Chine sur la préservation du multilatéralisme et l’amélioration de la gouvernance mondiale.

Lors de son premier déplacement en Chine, en janvier 2018, le Président de la République a exposé sa vision de ce que devait être la relation franco-chinoise (revoir le discours à Xi’an). Une feuille de route bilatérale avec des actions et des projets concrets a alors été établie. Mais, entretenir des liens réguliers avec nos partenaires chinois est indispensable pour avancer. Fort de ce constat, le Président Emmanuel Macron s’est engagé à s’y rendre une fois par an, et les échanges se sont multipliés : visites, rencontres en marge des grands sommets comme le G20, ou encore points réguliers par téléphone.

En mars 2019, le Président XI est à son tour venu en visite d’Etat en France. Le Président de la République avait tenu à l’accueillir à l’Elysée avec la Chancelière allemande Angela MERKEL et le Président de la Commission européenne, Jean-Claude JUNCKER, afin de montrer un front européen uni dans le dialogue noué avec la Chine.

Un an après son premier voyage officiel en Chine, et sept mois après la visite d’État en France du Président XI Jinping, le chef de l’État effectue sa deuxième visite en Chine, avec deux étapes : Shanghai et Pékin. Au cœur du programme et des échanges avec nos partenaires chinois : la défense des intérêts économiques et commerciaux français et européens, la culture et la protection de l’environnement.

Un pas en avant très concret pour développer une approche européenne unie face à la Chine

Dans le concert des Nations, c’est avec l’ensemble des membres de l’Union européenne que la France peut le mieux porter les projets communs. Cette voix unie de l’Union européenne est essentielle dans la relation avec la Chine. Les 28 États membres ont récemment pris conscience de la nécessité d’adapter le logiciel de l’Union européenne aux nouvelles réalités du monde. Le Conseil européen des 21 et 22 mars 2019 était d’ailleurs consacré à cet enjeu majeur.

Ainsi, le 26 mars 2019, lors de la visite d’État en France du Président chinois, le Président Emmanuel Macron a tenu à organiser une rencontre à dimension européenne : c’est avec la Chancelière Angela Merkel et le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qu’il a accueilli le Président XI au palais de l’Élysée. Des points de convergence ont été trouvés entre la Chine et l’Union européenne sur des sujets majeurs : sur la paix et la sécurité internationale, sur la lutte contre le changement climatique sur la nécessité de réformer les règles du commerce mondial.

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Le voyage du Président de la République en Chine s’inscrivait dans cette volonté de renouveler la relation entre l’Union européenne et la Chine, en ayant une approche coordonnée entre États membres.

Ce voyage a revêtu en effet une dimension européenne forte. Le Président de la République était accompagné de Phil HOGAN, représentant de la Commission européenne et actuel commissaire à l’Agriculture, ainsi que de Anja KARLICZEK, Ministre de l’Éducation et de la Recherche allemande. Ils ont échangé dès leur arrivée à Shanghai avec une délégation composée d’acteurs économiques français et allemands, sur les conditions d’accès au marché et de concurrence pour les entreprises européennes souhaitant se développer sur le marché chinois. Phil HOGAN assurera prochainement une mission essentielle au sein de la nouvelle Commission, en devenant commissaire européen au commerce. Sa présence, aux côtés de la France et des représentants allemands est un signal important pour la défense des intérêts économiques et commerciaux européens en Chine.

Pour une relation commerciale basée sur l’équilibre et la réciprocité

Le protectionnisme, la guerre commerciale entre pays, génèrent des déséquilibres économiques qui desservent les acteurs économiques, les consommateurs et les citoyens. Ils constituent notamment un frein au développement de nos entreprises et, in fine à la création d’emplois.

Le Président de la République s’est rendu, en tant qu’invité d’honneur, à la deuxième édition de la Foire internationale des importations à Shangaï, le CIIE (China International Import Expo). Cette Foire annuelle a été lancée par le Président XI Jinping pour marquer sa volonté d’organiser l’ouverture de l’économie chinoise, afin de permettre aux près de 1,4 milliard de consommateurs chinois de bénéficier de produits de qualité. Ce grand évènement s’adresse donc aux entreprises étrangères qui souhaitent promouvoir leurs exportations vers la Chine.

Sous l’impulsion du Président chinois, cet évènement est un rendez-vous majeur en Chine pour les investisseurs. Il a eu lieu dans le plus grand centre d’expositions du monde. Lors de l’édition précédente, la foire a accueilli plus de 150 000 acheteurs chinois et 5 000 exposants de 100 pays.

La participation du Président de la République à la Foire de Shanghai a été l’occasion d’aborder, au bénéfice de nos entreprises – notamment issues des secteurs agricole et agroalimentaire – le sujet de l’accès au marché chinois. L’objectif pour la France et pour l’Europe est d’obtenir une meilleure ouverture du marché chinois pour ses entreprises.

Pour y parvenir, deux accords sont actuellement en cours de discussion entre l’Union européenne et la Chine. Le premier concerne les indications géographiques protégées (IGP), qui certifie la qualité des produits européens entrant sur le marché chinois. Cet accord concerne 26 IGP françaises, notamment des vins et des fromages français, qui pourront ainsi bénéficier d’une protection à leur entrée sur le marché chinois. Le second accord concerne la protection des investissements et l’accès au marché.

La France a porté un message de défense du multilatéralisme en poussant les principes d’accès au marché, de conditions de concurrence équitable, de réciprocité et de baisse des tensions commerciales. La Chine doit à ce titre accompagner son discours d’actions concrètes et des résultats tangibles.

Durant sa visite, le Président de la République était accompagné de grands groupes, mais également de petites et moyennes entreprises françaises afin d’illustrer différentes facettes du savoir-faire français et la richesse de son écosystème économique. A l’instar de son appel lors de l’événement BIG en octobre dernier, il souhaite encourager les entreprises qui souhaitent se développer à l’ international, quelle que soit leur taille, à s’exporter sur le marché chinois.

Renforcer encore davantage notre partenariat culturel

Un lien particulier s’est noué entre les artistes et écrivains chinois et la France, en particulier depuis le début du XXème siècle. Dans les années 1920, on parlait chinois dans les couloirs des Beaux-Arts et l’écrivain Pa Kin écrivait ses premiers romans en France. Dans les années 1950, Zao Wou-ki était l’une des grandes figures de la nouvelle Ecole de Paris. Dans les années 1980, une nouvelle génération d’artistes talentueux profitait de l’ouverture pour se rendre en France, s’y former, créer et parfois y faire leur vie. Ils ont vite été adoptés par la France et ont nourri la culture française de leur regard différent.

Témoignage vivant de ce lien particulier : Yan Pei-Ming. Cet artiste plasticien contemporain chinois, a appris l’Art à Dijon, y est resté fidèle. Son exposition en hommage aux œuvres de Gustave Courbet, à Ornans où le Président de la République s’est rendu, et au Musée d’Orsay, démontre à elle seule la force de ce lien culturel historique qui perdure aujourd’hui.

Yan Pei-Ming accompagnait en Chine le Président Emmanuel Macron, aux côtés d’autres artistes qui ravivent de par leurs histoires, leurs œuvres, ou leurs expositions en France et en Chine, ce lien culturel partagé, comme Gong Li, Jean-Michel Jarre, Annette Messager, Sophie Calle, Dai Sijie, ou encore – par Toutatis ! – Guillaume Canet qui prépare le prochain film Astérix en Chine.

Concrétisation de l’annonce conjointe du 9 janvier 2018 à Pékin : le Président de la République a inauguré le Centre Pompidou de Shanghai. Il s’agit de la première antenne du Centre Georges Pompidou en dehors de l’Europe (deux antennes existent déjà à Malaga et Bruxelles)

Le Centre Pompidou West Bund Museum – dessiné par l’architecte britannique David Chipperfield, ce qui souligne une dimension européenne – permettra à la France de faire rayonner jusqu’à Shanghai sa collection d’art moderne et contemporain. Après celle du très célèbre MoMa à New York, c’est la deuxième plus importante au monde.

Le thème choisi pour démarrer le premier cycle de cinq ans d’exposition : « The Shape of Time », la forme du temps.

Prochaine grande étape du renforcement de notre partenariat culturel avec la Chine : l’organisation en 2021 d’une année franco-chinoise du tourisme culturel. Un évènement inédit, pour le plaisir des touristes, qui auront l’occasion de découvrir toute la richesse, notamment architecturale, muséale, théâtrale, de nos deux pays.

Des engagements communs pour le climat et la biodiversité

Les déclarations franco-chinoises sur le changement climatique, adoptées en marge des Sommets du G20 de Buenos Aires puis d’Osaka ont permis de marquer l’ambition partagée par la France et la Chine sur la question climatique et la biodiversité. Ensemble, nos deux pays ont la capacité de créer un effet d’entrainement d’autres pays pour qu’ils s’engagent davantage pour le climat et la biodiversité.

Dès 2017, la France et la Chine ont porté ensemble la nécessité de préserver l’Accord de Paris, à la suite de la sortie des États-Unis. Au G20 d’Osaka, nos deux pays ont signé un texte auquel le secrétaire général de l’ONU s’est associé, qui mentionne la nécessité d’être au rendez-vous pour le relèvement de l’ambition climatique (réduction de nos émissions) en 2020.

Cet engagement est partagé par de plus en plus d’États, notamment au sein de l’Union européenne.

La France et la Chine ont également un agenda commun pour la biodiversité. La Chine organisera en octobre 2020 la COP15 à Kunming. En accueillant à Marseille, en juin 2020, le Congrès Mondial de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), la France contribuera à préparer la COP15. Le Président de la République avait également reçu à l’Elysée les experts de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, à l’occasion de la publication du premier rapport scientifique de référence sur la biodiversité. Il s’était alors engagé à agir pour la préservation de la biodiversité, sujet qui était au cœur du G7 de Biarritz.

Source : Présidence de la République

Rencontre du Président du Président de la République avec les acteurs économiques français et allemands en Chine (Shanghai, République populaire de Chine, 4 novembre 2019)

Dans le concert des Nations, c’est avec l’ensemble des membres de l’Union européenne que la France peut le mieux porter les projets communs. Cette voix unie de l’Union européenne est essentielle dans la relation avec la Chine.

Le voyage du Président Emmanuel Macron en Chine s’inscrit dans cette volonté avec une approche coordonnée entre États membres.

À ses côtés en Chine, Phil HOGAN, représentant de la Commission européenne et actuel commissaire à l’Agriculture, ainsi que Anja KARLICZEK, Ministre de l’Éducation et de la Recherche allemande.

Ensemble, ils ont échangé dès leur arrivée à Shanghai avec une délégation d’acteurs économiques français et allemands, sur les conditions d’accès au marché chinois.

Discours du Président de la République à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’Exposition internationale des importations de Shanghai (Shanghai, République populaire de Chine, 5 novembre 2019)

Le Président Emmanuel Macron s’est rendu à la Foire internationale des importations à Shangaï, le CIIE (China International Import Expo), en tant qu’invité d’honneur.

Cette Foire annuelle a été lancée par le Président XI Jinping pour marquer sa volonté d’organiser l’ouverture de l’économie chinoise, afin de permettre aux près de 1,4 milliard de consommateurs chinois de bénéficier de produits de qualité.

Au cours de sa visite, le Président de la République a rappelé l’ambition française et européenne :

  • défense du multilatéralisme en poussant les principes d’accès au marché ;
  • mise en œuvre des conditions d’une concurrence équitable et réciproque ;
  • baisse des tensions commerciales.
"Aujourd’hui comme hier, la Chine a besoin de son ouverture au monde comme le monde a besoin de son ouverture."

Emmanuel Macron, le 5 novembre 2019 à Shanghai.

Seul le prononcé fait foi

"Monsieur le président de la République populaire de Chine, Mesdames et Messieurs les chefs d’État et de gouvernement, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les dirigeants d’organisations internationales, Mesdames et Messieurs les commissaires, Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprises, chers amis.

Je suis heureux d’être parmi vous, aujourd’hui, pour honorer l’engagement pris auprès de vous, cher Président, d’être à vos côtés, pour cette seconde édition de la Foire de Shanghaï. Nous poursuivons ici un dialogue engagé il y a presque 2 ans, à Xi’an, dans l’antique capitale des Routes de la Soie, itinéraire terrestre des caravaniers chargés de marchandises, reliant la Chine à l’Europe, en passant par l’Asie Centrale et le Moyen-Orient. Et ce n’est pas un hasard, si ce chemin se poursuit aujourd’hui à Shangaï. Cet autre lieu de rencontre, entre la Chine et le monde, entre la Chine et l’Europe, par la mer qui a donné son nom à cette cité continentale, à l’embouchure du fleuve Bleu. Shanghaï, ville symbole de l’ouverture de la Chine, de son dialogue avec l’Occident, qui connut les heures sombres des ambitions prédatrices, comme les pages glorieuses de la découverte de soi, dans le dialogue avec l’autre. Shanghaï, d’où il y a 100 ans cette année, partirent à quelques mois de distance, 2 étudiants ouvriers, Zhou Enlai et Deng Xiaoping, sur un bateau, à destination de Marseille.

Voilà un peu plus de 40 ans, la Chine s’engageait, sous leur impulsion, dans l’ouverture et la réforme. Ce mouvement progressif et pragmatique fut l’un des points de bascule de l’ordre mondial contemporain. L’une des immenses forces de la Chine est la conscience, précisément, du temps long, et il faut, je crois, toujours y revenir, pour comprendre les ressorts profonds des défis que nous avons aujourd’hui à relever ensemble, pour maintenir ce choix de l’ouverture au XXIème siècle, que le président XI vient une nouvelle fois de confirmer pour la Chine, et qui est très profondément celui de l’Europe. Je tenais ici, en m’inscrivant dans ce temps long, et dans la confiance résolue et déterminée dans l’époque que nous traversons, partager trois messages. Le premier, c’est la reconnaissance de ce que l’ouverture de la Chine a représenté pour le monde, et l’importance qu’elle poursuive dans cette voie, au travers d’avancées tangibles. Et je vous remercie, Monsieur le Président, d’avoir un instant partagé, non seulement, les avancées des 12 derniers mois, entre la première et la deuxième édition de ce Forum, mais d’avoir confirmé cette vision et ce cap pour votre pays, et plus largement, la région. Ce choix, en effet, a révélé le génie de son peuple, de ses travailleurs, de ses étudiants, de ses penseurs. Il a permis, ce qui est sans nul doute le changement économique et social le plus rapide et le plus massif de l’histoire de l’humanité. Une croissance réelle de 9 % par an en moyenne, une multiplication par 25 du revenu par habitant, près de 800 millions de personnes sorties de la pauvreté. C’est cela, le résultat de cette politique d’ouverture. Ce succès, la Chine le doit à ses propres forces. Elle le doit aussi à la mondialisation contemporaine, dont elle a bénéficié, autant qu’elle l’a façonnée, tirant parti de sa main-d’œuvre abondante, des investissements étrangers, des exportations de biens manufacturiers, en particulier depuis son accession à l’Organisation Mondiale du Commerce, en 2001, déplaçant le centre névralgique de l’économie mondiale vers l’Asie, tirant la croissance mondiale vers le haut, montrant la voie à nombre de pays en développement.

Aujourd’hui comme hier, la Chine a besoin de son ouverture, de cette ouverture au monde, comme le monde a besoin de l’ouverture de la Chine. L’économie chinoise s’est certes profondément transformée. La Chine n’est plus aujourd’hui l’atelier du monde pour la production de produits à bas coûts. Elle entend, à juste titre, développer son marché domestique, offrir des perspectives à ses classes moyennes, occuper les premiers rangs dans la compétition mondiale sur les produits à haute valeur ajoutée technologique. Elle compte sur ses propres forces, mais elle a aussi besoin des compétences et des savoir-faire que les entreprises étrangères, présentes à cette foire, peuvent lui apporter. Pour assurer la sécurité alimentaire de plus de 20 % de la population mondiale, sur 7 % de la surface arable du globe. Pour relever le défi du vieillissement démographique, la prise en charge de la dépendance, les enjeux de la santé. Pour réussir la transition énergétique, son objectif de civilisation écologique, construire des villes durables, dans un contexte où la population urbaine chinoise augmente de près de 18 millions de personnes chaque année. Pour l’innovation enfin, même si la Chine a rattrapé aujourd’hui une très grande partie de son retard et acquiert un leadership dans plusieurs technologies de rupture, car la Chine est un pays d’inventeurs : hier la poudre à canon et la boussole, aujourd’hui l’intelligence artificielle et le calcul quantique. Nous aussi, nous avons besoin d’une plus grande ouverture de la Chine et de son marché domestique.

Prenons l’agroalimentaire, c’est le 3ème poste des exportations françaises en Chine, le 1er marché à l’export pour la viande porcine en dehors de l’Europe et de très nombreuses entreprises françaises m’accompagnent ici, des grands groupes comme des petites et moyennes entreprises, dans tous les secteurs de l’énergie, de l’environnement, des transports, de la santé, du numérique, du tourisme, des industries culturelles et créatives. Toutes, toutes ces entreprises allemandes, françaises, européennes, et elles nous l’ont rappelé hier à quelques-uns, attendent beaucoup des promesses de la Chine qui sont ici portées. Beaucoup, beaucoup, a été fait ces dernières années, avec deux révisions des listes négatives pour les investissements étrangers, des programmes de réforme dans le secteur financier, la levée dans de nombreux secteurs, des obligations de co-entreprises. D’importantes réductions tarifaires ont également été consenties, nous appelons à leur consolidation et à leur approfondissement. Toutes ces mesures, s’inscrivent très précisément, dans le cadre défini par le Président Xi JINPING, dès le discours de Davos en janvier 2017. Vous y aviez fait aussi Monsieur le Président, le constat d’une contestation montante de l’ordre commercial international, en citant Charles DICKENS au lendemain de la révolution industrielle “It was the best of times, it was the worst of times”. Et je crois qu’il y a une profonde sagesse dans cette référence, pour décrire la période que nous vivons, car d’un côté nous vivons encore sur les bénéfices de l’ordre économique et commercial dans lequel nous avons évolué au cours des dernières décennies et d’un autre côté, nous voyons aussi monter partout une fracturation profonde de cet ordre.

Mon premier message donc, est un message pour que ce travail d’ouverture, ce choix stratégique, soit consolidé, renforcé et que tous et toutes, nous puissions y prendre notre part. Mon second message c’est que si nous voulons préserver cette mondialisation ouverte, dont nous avons tous ici bénéficié, nous n’avons pas d’autre choix, que de redéfinir ensemble, un ordre commercial ouvert, plus équitable et plus coopératif. La crise actuelle, les tensions contemporaines, ne sont, malheureusement, sans doute pas un phénomène conjoncturel et strictement passager. Les racines de ces tensions se trouvent dans les déséquilibres que nous n’avons pas su collectivement corriger : déséquilibres liés à une mondialisation qui n’a pas su endiguer la montée des inégalités au sein de chacun de nos pays, la concentration des richesses dans les mains des plus riches et dans certains territoires, les désindustrialisations, la déstabilisation des classes moyennes dans beaucoup d’économies. Nous n’avons pas toujours su créer les régulations nécessaires, face aux bouleversements climatiques et numériques en cours. Je sais que cette question des inégalités est très présente en Chine, notamment entre les régions urbaines et rurales, et que c’est l’une des priorités des autorités, tout autant que le défi environnemental. Mais ces déséquilibres sont liés aussi, au fait que les progrès considérables des dernières décennies ont dans le même temps engendré des transformations et des tensions dans nos sociétés, du fait la désindustrialisation de nombreuses régions, des emplois détruits, des déficits commerciaux qui ont pu s’installer. Ces évolutions ont entraîné, aux Etats-Unis, en Europe, dans de nombreuses régions du globe, des peurs, parfois un besoin de protection, qui a pu se traduire par une tentation de repli. Alors, que devons-nous faire ? Considérer que, le système commercial que nous avons bâti ensemble, au sein de l’Organisation mondiale du commerce, au motif qu’il n’a pas su apporter une réponse aussi efficace que nous le souhaitions aux distorsions du commerce international, devrait être liquidé ? Qu’il n’y aurait pas d’autre choix que de recourir à l’action unilatérale, à l’utilisation de l’arme tarifaire, à la loi du plus fort ? Je ne le crois pas.

Ce n’est pas le choix de la France, ce n’est pas le choix de l’Europe. La guerre commerciale ne fait que des perdants. Nous en voyons les effets. Les tensions commerciales entre les deux principales puissances économiques, pèsent d’ores et déjà sur la croissance mondiale. Des discussions sont actuellement en cours et je souhaite qu’elles puissent aboutir à un accord de nature à apaiser les tensions et qui préserve les intérêts des autres grands partenaires commerciaux de la Chine et des États-Unis, à commencer par l’Union européenne. Nous devons donc agir, de manière très concrète et résolue. D’abord dans chacun de nos pays et pour chacun de nos pays. La Chine a subi lors de la crise de 2008, les conséquences de l’effondrement de la demande extérieure, dans une économie fondée sur un modèle de rattrapage. Elle a engagé, lors du 19ème congrès, un important mouvement de réforme du côté de l’offre, qui s’est traduit par une politique financière de contrôle des risques, un souci de mieux soutenir le financement du secteur privé, l’accélération de l’ouverture du marché chinois et une réduction de l’excédent courant, c’est un choix important et ambitieux, mais nous devons agir aussi ensemble. Nous ne pourrons pas répondre avec les cadres d’hier, aux réalités d’aujourd’hui. Le système commercial multilatéral est un bien commun qu’il nous faut préserver, mais il n’a pas été construit pour répondre aux déséquilibres actuels que j’ai décrits et qui l’ont fracturé. Agir d’abord, en construisant le cadre d’une concurrence plus équitable. Nous avons beaucoup discuté au cours des derniers mois sur le point de savoir si nous étions ou non des rivaux. La réalité, c’est que l’Europe et la Chine sont des partenaires, de premier plan, dans les échanges internationaux, et en même temps des concurrents, du fait du succès de la Chine dans son rattrapage, et que c’est ce cadre qu’il nous faut organiser.

Créer de nouveaux liens d’équilibre suppose que les procédures d’entrée sur le marché chinois soient accélérées, rendues plus transparentes, pour permettre aux entreprises étrangères, notamment aux entreprises innovantes, de s’installer en Chine avec confiance. C’est la poursuite de l’agenda que vous avez décrit et des premiers résultats obtenus. Cela suppose que nos entreprises puissent bénéficier de voies de recours, d’un traitement égal dans l’accès aux subventions et aux marchés publics. En juin, lors du sommet du G20, le président Xi JINPING a annoncé la mise en place de mécanismes de plaintes pour permettre aux investisseurs étrangers de mieux faire valoir leurs droits et assurer une égalité de traitement pour tous les investisseurs. Je salue ces annonces, qui sont importantes et les résultats, les réalisations concrètes, qui s’inscriront dans la foulée de celle-ci. Nous devons aussi, poursuivre le travail partagé, de réforme de l’Organisation mondiale du commerce pour répondre, dans un cadre coopératif, aux questions de transparence, de surcapacités, de subventions d’Etat. Ces questions sont toutes à discuter et pour toutes, il existe des solutions qui sont à bâtir dans un cadre multilatéral transparent, efficace, rapide. Je me félicite de la ministérielle de cet après-midi, mais je nous appelle tous collectivement : Chinois, Européens, Américains, puissances du monde entier présentes ici, à œuvrer et à prendre nos responsabilités pour parachever ce travail de modernisation et de transformation de l’OMC. Nous devons aussi démontrer ensemble, que l’esprit de coopération permet d’obtenir des résultats, plus que l’esprit de confrontation. La conclusion positive des négociations entre l’Union européenne et la Chine, sur l’accord sur les indications géographiques, signé demain à Pékin, est à cet égard une étape décisive, car il s’agit pour l’Union européenne d’un accord d’intérêt systémique, longtemps recherché. Nous devons poursuivre sur cette dynamique positive, dans le cadre des négociations en cours entre l’Union européenne et la Chine, pour la conclusion d’un accord global d’investissement ambitieux en 2020. 2020 doit marquer la finalisation d’un tel accord. Le sommet entre la Chine et l’Union européenne doit permettre de consacrer un tel cadre d’investissement bilatéral qui soit positif, exigeant de part et d’autre et prenne précisément en considération les défis stratégiques de propriété intellectuelle, de cadres d’investissement auxquels nous tenons. Je crois très profondément, que nous pouvons saisir l’opportunité offerte par les prochains mois, pour bâtir justement le cadre d’investissement et de commerce entre l’Union européenne et la Chine, qui soit mutuellement bénéfique et ainsi œuvrer à la modernisation, la transformation du cadre commercial mondial.

Enfin, et c’est le troisième message que je voulais porter. Nous ne parviendrons à cela que si la Chine et l’Union européenne bâtissent aussi et dans le même temps, un ordre international d’équilibre durable. Je crois en effet que l’ouverture, que la consolidation et la poursuite de ce mouvement du commerce international, ne peuvent persister dans le temps que si nous parvenons ensemble à mieux maîtriser le cours du monde et ses conséquences sur nos peuples. C’est pourquoi notre agenda d’ouverture, d’échange, ne peut être durable que s’il est harmonieux, que s’il permet à chacun de faire face à ses défis et s’il permet à chacun de mieux maîtriser son destin et retrouver un peu le sens de celui-ci ; c’est-à-dire, si nous parvenons par nos coopérations, nos échanges, à répondre aux désordres économiques, sociaux, climatiques que j’évoquais il y a un instant. Quel jeune Chinois peut être convaincu de l’intérêt de l’ouverture de la force du commerce international, si cela ne l’aide pas à vivre mieux, à se nourrir mieux ? Quel jeune Français peut être convaincu de l’intérêt de l’ouverture, si elle le rend plus dépendant de choix technologiques faits ailleurs et moins maître de son destin ? Quel habitant, de Marseille ou Shanghaï, peut penser que l’ouverture, le commerce international sont de bonnes choses, si ça ne lui permet pas de respirer chaque jour un air meilleur. C’est cela, la question aussi qui nous est posée. Et cette ouverture que nous prônons, cet agenda de poursuite du commerce international plus équitable, plus équilibré, plus ouvert, suppose aussi que nous parvenions à en bâtir les règles harmonieuses et donc que nous ne perdions pas de vue qu’il ne s’agit pas simplement d’entreprises, d’argents, de biens et services, mais d’échanges, de femmes et d’hommes. Et donc, au final, d’un agenda de confiance et d’équilibre à bâtir. De confiance et d’équilibre, oui, en particulier entre l’Union européenne et la Chine. Et ce sont ces nouvelles règles de la confiance, qu’il nous faut entre nous, consolider. Elles sont la base, le fondement, de cette ouverture et du commerce. Confiance d’abord pour nourrir la planète de manière durable. L’Agenda alimentaire sera structurant pour les décennies à venir. C’est un défi démographique et sanitaire. Et nous avons, par nos partenariats, par notre exigence, par nos politiques sanitaires, par nos innovations, nos exigences et nos savoir-faire, la possibilité d’y répondre. Cet agenda de confiance alimentaire, est un pilier de cette relation harmonieuse. Agenda ensuite technologique et d’innovation. Vous l’avez dit, Monsieur le Président, vous croyez dans l’innovation et la poursuite de celle-ci. Je l’ai dit tout à l’heure. La Chine d’aujourd’hui n’est pas celle de 1978. Elle a plus que comblé son retard et, par l’ouverture, dépassé largement dans de nombreux domaines ses concurrents internationaux. Mais là aussi, il nous faut bâtir les règles d’un nouveau dialogue de confiance. Nous avons besoin, partout, de construire par l’innovation, les collectivités contemporaines, qu’elles soient portuaires, par les câbles, par les réseaux technologiques nouveaux. L’innovation et la technologie sont au cœur de nos défis contemporains. Notre coopération, la coopération entre l’Union européenne et la Chine, est décisive, pour permettre le déploiement accéléré de ces nouvelles technologies, pour permettre premièrement leur diffusion la plus rapide et la plus harmonieuse, vous l’avez dit, pour permettre, deuxièmement, le juste respect de la propriété intellectuelle, sans laquelle il n’y a plus d’innovation, parce qu’elle vient récompenser celui ou celle qui a inventé, mais de manière juste et équitable. Et enfin, sans la construction d’un cadre de confiance transparent de souveraineté.

Soyons clair : nous devons savoir, faire en matière technologique, ce que nous avons parfois su faire en matière de nucléaire civil, ou d’autres technologies. Construire un véritable agenda de confiance transparent où nous saurons distinguer ce qui relève de l’innovation, du commercial et de ce qui est souverain, le plus stratégique, où nous décidons de faire ensemble pour développer plus vite, mais en étant conscients et lucides, sur ce que nous devons préserver pour nous-mêmes, car il en est de nos intérêts stratégiques vitaux les plus existentiels. L’ouverture ne peut pas aller avec l’abolition des différences. Elle va dans le juste respect des perceptions stratégiques et des positions stratégiques de chacun. Cet agenda de technologie et d’innovation doit donc être tout à la fois un agenda scientifique, mais aussi un agenda stratégique et de souveraineté, entre la Chine et l’Union européenne, qui donnera le cadre de nos développements conjoints, le cadre de nos coopérations maîtrisées, le cadre de nos volontés présentes et futures, pour faire ici davantage. C’est, je crois très profondément, la clé pour un développement harmonieux des technologies et éviter ou les blocages ou les antagonismes ou les empiètements de souveraineté, qui ne seraient bons pour personne dans la durée. Cet agenda technologique doit être décisif au sein de l’Union européenne et discuté entre l’Union européenne et la Chine dans les prochains mois. Enfin, cet agenda d’ouverture harmonieuse, est aussi écologique et climatique. Je le disais tout à l’heure, c’est l’un des défis contemporains et c’est l’une des clés de notre ouverture. Nos manières de produire doivent apporter des réponses concrètes au réchauffement climatique. L’Organisation de nos villes et nous sommes ici, vous me disiez hier, Monsieur le président, dans la plus grande ville de Chine, qui, chaque jour, a inventé des technologies, des solutions contemporaines pour faire face aux défis des mobilités, tenant compte de celui du réchauffement climatique, nos modes de déplacements, nos manières de consommer, tout dans notre quotidien, nos innovations, doivent prendre en compte le défi climatique qui est le nôtre. Nos politiques industrielles, nos normes, nos diplomaties, doivent mettre au cœur de leur agenda d’une part, la lutte pour la biodiversité, d’autre part, la lutte contre le réchauffement climatique. Et je le dis ici avec beaucoup de force et de confiance parce que ça n’est pas un agenda qui serait séparé de l’agenda commercial ou économique. Il est en son cœur. Il est ce que lui rendra l’agenda économique durable et acceptable pour nos peuples. Il passe, là aussi, par de l’innovation et une organisation collective. L’année 2020 sera à ce titre vitale. Nous avons commencé à porter ensemble deux premiers projets de développement conjoint, en particulier en Afrique, pour mettre en cohérence votre agenda de développement, notre agenda de développement et la préoccupation climatique.

Je me félicite de ces premières signatures d’accord. Mais en 2020, nous avons plusieurs rendez-vous qui nous attendent à cet égard. Si nous voulons être dans le respect de l’accord de Paris, il nous faudra l’année prochaine, rehausser nos engagements en matière de réduction d’émissions. Il nous faudra l’année prochaine confirmer de nouveaux engagements pour 2030 et 2050. Et la coopération, à ce titre, entre la Chine et l’Union européenne est décisive. La place que la Chine, le gouvernement, l’ensemble des provinces, l’ensemble des investisseurs et des entreprises ont joué, a été décisif ces deux dernières années. Il nous faut l’année prochaine que dans l’agenda de réhaussement, nous soyons aussi collectivement au rendez-vous. Et puis, le deuxième élément clé, c’est la lutte pour la biodiversité. La Chine aura à accueillir la COP 15 et nous aurons, communauté internationale, à prendre des engagements inédits en la matière. Cette COP doit être un succès. Et nous devons vous y aider. Et c’est essentiel pour toutes les entreprises et investisseurs ici présents, car c’est la condition d’une alimentation saine, durable, soutenable. C’est la condition de la stabilité de nombreux pays ici présents, de nos écosystèmes, productifs et de vie. Et le fait que la Chine ait pris cette responsabilité, ce leadership est décisif, et nous vous aideront à y réussir. C’est pourquoi je souhaite que l’année 2020 soit marquée par une coopération aussi accrue, en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de lutte pour la biodiversité et que d’ici au sommet entre l’Union européenne et la Chine, nous ayons un agenda très concret des résultats à construire ensemble. Cet ordre international d’équilibre et d’harmonie, c’est au fond celui de nos dépendances, choisies dans le respect de l’autre et la cohérence de nos fins. Viser l’autarcie n’est une bonne solution pour personne et n’est pas possible pour tout le monde, et c’est la racine des conflits de demain. Viser de rendre l’autre totalement dépendant, ou trop dépendant d’une technologie, ou d’un secteur, crée les déséquilibres de demain qui généreront la frustration, les tensions, choisir des dépendances partagées, concertées, dans un cadre harmonieux. C’est sur le plan technologique, sur le plan alimentaire, sur le plan climatique, cet agenda d’harmonie que je souhaite que nous puissions bâtir ensemble, en particulier, entre la Chine et l’Union européenne. Voilà quelques messages et quelques convictions, monsieur le président, Mesdames et Messieurs, que je voulais partager avec vous aujourd’hui. L’ouverture, le commerce et cet agenda de coopération et d’harmonie, pour notre planète et nos économies. Il n’y a qu’une méthode pour cela : la coopération, le dialogue, le respect, l’écoute. Les choses prennent parfois du temps. Nous avons des différences. Elles sont parfois profondes. Chercher à les réduire, ou les supprimer trop vite, chercher à les nier, ou en quelque sorte à les résoudre par le conflit est, je pense, une erreur. Non.

Nous avons besoin, dans le temps et en nous donnant une visibilité pleine et entière, de poursuivre ce lent travail, de compréhension, d’ouverture, de construction. Nous avons besoin d’avoir d’autres jeunes étudiants qui prendront le bateau, de Shanghai à Marseille et de Marseille à Shanghai et qui quelques décennies plus tard, bâtiront les nouvelles ouvertures et les nouvelles compréhensions communes. Parce qu’il n’est d’ouverture, d’échange, que dans ces histoires humaines, que dans ces voyages au long cours, que dans la patience, de la compréhension réciproque, de la part d’altérité et de la part de commun. C’est pourquoi, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, les chefs d’État et de gouvernement, je vous souhaite une excellente deuxième édition de ce forum et qu’au fond, au-delà des investissements, des importations, du commerce, nous parlons bien là, d’histoires de femmes et d’hommes qui décident parfois de voyager et qui décident de prendre des années ou des décennies, pour récolter les fruits de ces voyages, parce que nous parlons là d’histoires de respect et d’amitié profonde. Je vous remercie"./.

Discours du Président de la République à l’occasion de l’inauguration du centre Pompidou de Shanghai (Shanghai, République populaire de Chine, 5 novembre 2019)

Au cours de l’Histoire et encore plus depuis le début du XXième siècle, un lien particulier s’est noué entre les artistes et écrivains chinois et la France.

Ce lien se concrétise par l’inauguration du Centre Pompidou West Bund Museum à Shanghai. Il s’agit de la première antenne du Centre Georges Pompidou en dehors de l’Europe.

Ce musée permettra à la France de faire rayonner jusqu’en Chine sa collection d’art moderne et contemporain. Après celle du très célèbre MoMa à New York, c’est la deuxième plus importante au monde.

Plan d’action pour les relations Franco-chinoises (6 novembre 2019)

Déclaration

À l’invitation de M. Xi Jinping, Président de la République populaire de Chine, M. Emmanuel Macron, Président de la République française, a effectué, du 4 au 6 novembre 2019, une visite d’Etat en République populaire de Chine. Cinquante-cinq ans après l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, les deux chefs d’Etat sont convenus, dans la continuité des déclarations conjointes adoptées le 9 janvier 2018 et le 25 mars 2019, d’approfondir le partenariat global stratégique franco-chinois, d’ouvrir de nouvelles perspectives à la coopération entre les deux pays et de créer de nouvelles opportunités pour les échanges entre les deux peuples.

Dans cet esprit, la France et la Chine décident de mener des actions communes notamment dans les domaines suivants :

Renforcer le dialogue politique et promouvoir la confiance mutuelle

  • Les deux chefs d’Etat maintiendront des rencontres à un rythme annuel.
  • La France et la Chine s’engagent à continuer à valoriser le dialogue stratégique, le dialogue économique et financier de haut niveau et le dialogue de haut niveau sur les échanges humains. Les deux parties entendent accroître leurs échanges militaires de haut niveau, maintenir les mécanismes de consultations et de dialogue et partager les expériences notamment dans le domaine des opérations de maintien de la paix.
  • Les deux chefs d’Etat encouragent les échanges de haut niveau sur l’ensemble des sujets d’intérêt commun afin de favoriser le développement de leur coopération bilatérale.
  • La France et la Chine poursuivront leur dialogue en faveur du multilatéralisme et la préservation d’un système international qui place l’ONU en son centre, et fondé sur le droit international.

Protéger la planète

  • Forts de l’expérience acquise lors de la COP 21 à Paris, et de la préparation de la conférence du secrétaire Général des Nations Unies « Action Climat », du 23 septembre 2019, la France et la Chine sont déterminées à poursuivre leur coopération dans le combat contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité, notamment dans la perspective de la COP 15 de Kunming en 2020. Les deux chefs d’Etat ont adopté à cette fin l’Appel de Pékin. Ils saluent le lancement d’un dialogue conjoint sur le cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020.
  • La France et la Chine encouragent leurs institutions de développement à mettre en conformité leurs pratiques avec les objectifs de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, de l’Accord de Paris et de la Convention sur la diversité biologique. Elles soutiennent également la promotion et le développement de la finance verte et durable.
  • La France et la Chine souhaitent développer leur partenariat dans les domaines de la transition énergétique et du développement des technologies dé carbonées. Elles poursuivront également leur coopération sur l’urbanisation durable, avec la poursuite du développement des projets pilotes franco-chinois de ville durable à Wuhan, et de l’éco-quartier durable à Chengdu.
  • Les deux pays affirment leur souhait de renforcer, dans un cadre bilatéral comme dans les instances multilatérales, leurs échanges et leur coopération en matière de gestion des risques industriels, de prévention et réduction des catastrophes naturelles.

Promouvoir l’interconnexion

  • La France et la Chine réaffirment leur soutien à la promotion d’une connectivité durable entre l’Europe et l’Asie. Elles soutiennent les travaux en cours entre l’UE et la Chine pour le développement de synergies entre les initiatives de connectivité, notamment la stratégie de l’UE sur la connectivité eurasiatique et l’initiative chinoise « La Ceinture, la Route ». Elles s’engagent à respecter les normes et standards internationaux, ainsi que la législation des pays bénéficiant des projets, tout en prenant en compte leurs politiques et situations individuelles, en matière de financement des infrastructures afin d’assurer un financement soutenable du développement. Elles saluent l’adoption des principes opérationnels du G20 en la matière et appellent à leur suivi.
  • Sur la base de listes de projets pilotes, la France et la Chine poursuivront l’identification de projets portés conjointement sur les marchés tiers notamment en Asie et en Afrique. Conformément à la déclaration intergouvernementale du 30 juin 2015, elles se félicitent des échanges entre les acteurs économiques, pour définir et faire aboutir des projets concrets pour le bénéfice de tous avec le consentement des pays concernés, et dans le respect des règles et normes internationales universellement acceptées.

Promouvoir le commerce bilatéral et les investissements croisés

  • Les deux pays préconisent l’amélioration de la gouvernance économique internationale, l’évolution de la mondialisation économique vers un système plus ouvert, plus transparent, plus inclusif, non discriminatoire pour préserver le système commercial multilatéral fondé sur des règles et centré sur l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils préconisent le respect par tous les membres de l’OMC de leurs engagements et obligations au sein de l’OMC, afin de maintenir la solidité et la crédibilité du système multilatéral. La France et la Chine entendent poursuivre leurs efforts communs pour bâtir une économie mondiale ouverte et combattre toute forme de protectionnisme, en assurant un cadre de concurrence équitable. Dans cet objectif, elles soutiennent une réforme nécessaire de l’OMC pour renforcer son efficacité et son autorité et mieux faire face aux défis actuels et futurs. Les deux pays appellent au progrès des discussions sur les propositions soumises aux membres de l’OMC sur le renforcement des trois fonctions essentielles de l’OMC que sont le règlement des différends, le contrôle et les négociations. Ils appuient les travaux du groupe de travail UE-Chine sur la réforme de l’OMC qui doivent permettre des avancées, les deux parties ayant des attentes élevées dans ce domaine.
  • La France et la Chine souhaitent rééquilibrer par le haut leurs échanges économiques bilatéraux. L’invitation de la France par la Chine à la Foire internationale des importations de Shanghai montre la disponibilité de la Chine à voir les entreprises françaises accroître leurs exportations vers le marché chinois. Les deux parties s’engagent à accorder des conditions de concurrence équitables et non discriminatoires aux entreprises des deux côtés. Elles encouragent l’ouverture mutuelle des marchés financiers des deux pays et soutiennent le développement des activités des institutions financières qualifiées d’un pays dans l’autre. Elles conviennent de renforcer la coopération agricole sur tous les plans qui favorisera les exportations de produits agricoles français vers la Chine.
  • Les deux Chefs d’Etat se félicitent de la signature, dans le contexte de cette visite, de plusieurs accords importants qui concourent à cet objectif, dans des domaines aussi variés que la certification, le domaine aéronautique, l’industrie, la finance et l’agro- alimentaire. La Chine et la France vont engager des échanges techniques en vue de la conclusion d’un accord sur le zonage dans la lutte contre la peste porcine africaine. Les deux Chefs d’Etat s’accordent à considérer l’établissement d’une feuille de route à cette fin comme prioritaire et feront en sorte que celle-ci aboutisse à des résultats concrets en 2020 sur la base du principe de réciprocité. Ils se félicitent également de la signature de 24 contrats entre des entreprises françaises et chinoises.
  • Dans la continuité des engagements pris lors du sommet Chine/UE du 9 avril 2019, la France et la Chine se félicitent de l’importance de l’achèvement des négociations sur l’accord sur la coopération et la protection des indications géographiques (IG) entre l’UE et la Chine. Elles ne ménageront pas leurs efforts pour que des progrès décisifs soient constatés à brève échéance afin d’envisager la conclusion en 2020 d’un accord global sur les investissements (AGI) qui soit ambitieux et conforme aux ambitions énoncées lors du sommet Chine/UE du 9 avril 2019.
  • Les deux parties se félicitent de la signature du protocole franco-chinois sur la coopération en matière d’indications géographiques et poursuivront leur travail sur l’enregistrement des 86indications géographiques françaises et des indications géographiques chinoises.

Promouvoir la coopération dans les secteurs structurants et émergents

  • La France et la Chine réaffirment l’importance de leur partenariat stratégique dans le domaine de l’aéronautique, en préservant un équilibre d’ensemble. Les deux parties soutiennent le renforcement de l’empreinte industrielle d’Airbus en Chine et la poursuite d’achats d’avions Airbus par les compagnies aériennes chinoises, dans les conditions envisagées par les parties. Elles promeuvent le projet de centre de finition et de livraison d’A 350. Elles se félicitent des discussions en cours pour renforcer la présence industrielle et commerciale d’Airbus en Chine. Elles souhaitent favoriser le développement de la coopération franco-chinoise dans le domaine des hélicoptères,notamment en matière de moteur et de formation des pilotes. Elles se félicitent de la volonté de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) et l’Administration de l’aviation civile de Chine (CAAC) de renforcer leur coopération pour finaliser le processus de certification de l’avion ATR 42-600 et de l’hélicoptère H175. Elles approfondiront également leur coopération dans le secteur de la gestion du trafic aérien.
  • La France et la Chine entendent poursuivre le renforcement de la coopération dans le domaine spatial au niveau institutionnel et industriel, en facilitant notamment les démarches en vue du développement conjoint du satellite d’astronomie SVOM prévu en 2021 ; comme sur les satellites de télécommunications pour le très haut débit. Elles développeront également de nouvelles coopérations sur l’exploration spatiale, l’astrophysique et la surveillance du climat, conformément à la lettre d’intention entre le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) adoptée le 25 mars 2019.
  • Le partenariat sur la coopération nucléaire civile est depuis 35 ans un des grands succès de la relation franco-chinoise. Les deux Chefs d’Etat saluent la signature du « Mémorandum d’entente sur la coopération pour la construction d’une usine de traitement-recyclage des combustibles nucléaires usés ». Ils souhaitent désormais que les négociations entre les industriels soient conclues au plus vite. Ils réaffirment leur volonté de conclure dans les mêmes délais l’AIG encadrant ce projet. Ils se félicitent du démarrage réussi des deux premiers réacteurs EPR à Taishan qui sont les deux premiers EPR mis en opération commerciale dans le monde. Forts de ce succès, ils encouragent CGN et EDF à initier de nouvelles discussions pour poursuivre leur coopération en Chine et sur les marchés tiers, sur des bases équilibrées, transparentes et mutuellement bénéfiques. La France et la Chine s’engagent à faire avancer activement la coopération électronucléaire au Royaume-Uni, notamment la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C et la certification GDA par les autorités de sûreté britannique du réacteur UK-HPR1000 ainsi que la préparation des projets de Sizewell C et Bradwell B.
  • Les deux Chefs d’Etat encouragent les administrations compétentes à leur faire des propositions pour approfondir le partenariat franco-chinois dans le domaine des technologies du futur afin de promouvoir la coopération industrielle dans de nouveaux secteurs. Ils se félicitent à cet égard des échanges et de la coopération entre les pôles d’industrie manufacturière moderne et technopôles chinois et les pôles de compétitivité français.
  • La France et la Chine s’engagent à poursuivre leur coopération scientifique et technologique en lien avec les thématiques prioritaires définies lors de la Commission mixte scientifique et technologique franco-chinoise du 25 février 2019, et celles associées à la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité.

Promouvoir la création culturelle et les échanges humains

  • La France et la Chine réaffirment la priorité qu’elles attachent au développement de leur partenariat culturel. Elles se réjouissent à ce titre du partenariat durable conclu entre le Centre Pompidou et le Shanghai West Bund Museum et soutiennent l’organisation conjointe de l’exposition « La Chine à Versailles » au Musée du Palais impérial et d’une exposition sur les « Routes de la Soie » par le Musée national de Chine et l’Institut du monde arabe à Paris. Elles s’engagent à faciliter l’organisation des expositions conjointes ou croisées entre leurs musées.
  • La France et la Chine s’engagent à intensifier leur coopération bilatérale dans le domaine de la protection, de la restauration et de la valorisation du patrimoine culturel. Elles prévoient la mise en œuvre de nouveaux programmes de coopération, notamment sur le site de l’armée de terre cuite à Xi’an et sur le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Elles se félicitent également de la coopération en cours au sein de la Fondation ALIPH pour la protection et la restauration du patrimoine en danger dans les zones de conflit armé. Les deux parties travailleront à renforcer leurs échanges en matière de lutte contre le trafic illicite des biens culturels, la prévention du vol, de l’excavation clandestine, de l’entrée et de la sortie illicite des biens culturels, en vue de la conclusion d’un éventuel accord intergouvernemental en la matière qui viendrait renforcer la « Convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels ».
  • Soucieuses de promouvoir le respect de la diversité culturelle dans le monde, les deux parties réaffirment leur volonté de renforcer leur coopération dans le domaine des industries culturelles et créatives, et de leur potentiel de diffusion au public le plus large, en particulier dans les secteurs du cinéma, de l’édition, de la musique, de l’architecture, du jeu vidéo et du numérique, au travers de coproductions, d’accords de distribution, de cessions de marques, de commandes d’œuvres et de concours, d’échanges d’artistes.
  • Les deux parties réaffirment la priorité qu’elles attachent au renforcement de la coopération éducative et linguistique, notamment par la formation des enseignants de français en Chine et d’enseignants de chinois en France. La France et la Chine soutiennent la présence des « Alliance française » en Chine, selon les modalités agréées entre les deux parties, comme celle des institutions d’enseignement du )chinois en France.
  • Elles réitèrent leur attachement au renforcement de la coopération universitaire et de la mobilité étudiante, notamment en promouvant le développement des partenariats entre les établissements d’enseignement supérieur. Elles sont prêtes à élargir leur coopération pour la formation des talents de haut niveau.
  • La France et la Chine ont décidé d’organiser une année franco-chinoise du tourisme culturel en 2021 et soutiennent le jumelage de sites et monuments historiques chinois et français.
  • Les deux pays soulignent l’importance, pour le développement de chaque pays, de la promotion et de la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies. Ils réaffirment l’importance de poursuivre le dialogue et les échanges entre l’Union européenne et la Chine sur les droits de l’Homme sur la base de l’égalité et du respect mutuel.
  • Poursuivre la coopération engagée dans le cadre du Dialogue franco-chinois en matière de droit et de justice, notamment par la mise en œuvre du programme quadriennal de coopération technique en matière juridique. Favoriser, dans une démarche d’égalité et de réciprocité, l’entraide policière et judiciaire en matière civile et pénale, notamment s’agissant de la lutte contre la criminalité transnationale.
  • Alors que la France et la Chine accueilleront respectivement les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2024 et d’hiver 2022, elles souhaitent faire du sport un élément important de la relation bilatérale, notamment en matière d’échanges de jeunes sportifs, de développement d’infrastructures sportives et le partage d’expertise en matière d’industrie du sport. Elles souhaitent promouvoir l’esprit olympique en France et en Chine, les échanges de bonne pratique entre les équipes et la coopération linguistique et culturelle dans le cadre de l’accord conclu entre les deux comités d’organisation des Jeux olympiques et les modalités de l’utilisation du français en tant que langue officielle des Jeux Olympiques.

Déclaration conjointe du Président de la République et de XI Jinping, Président de la République populaire de Chine (6 novembre 2019

À l’issue de la visite d’État en Chine, le Président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé auprès de la presse sur sa volonté de renouveler et de préserver la relation entre l’Union Européenne et la Chine. Lors de sa visite qui a eu lieu du 4 au 6 novembre, de nombreux sujets ont été abordés tels que la défense des intérêts économiques et commerciaux français et européens, la culture avec l’inauguration du Centre Pompidou de Shanghai, ou la protection de l’environnement avec l’accord sur les indications géographiques.

La conclusion de l’accord sur la protection des indications géographiques entre l’Union Européenne et la Chine est à cet égard, un aboutissement décisif qui bénéficiera très directement à nos producteurs et qui ouvre une dynamique pour permettre de nouveaux chantiers. Je souhaite que lors du sommet Union Européenne - Chine en 2020, nous puissions signer un accord ambitieux sur la protection des investissements. Sur cette dimension économique et commerciale, nous avançons donc là aussi dans ce cadre sino-européen »

Emmanuel Macron, le 6 novembre 2019 au Grand Palais du Peuple à Pékin

Appel de Pékin sur la conservation de la biodiversité et le changement climatique (6 novembre 2019)

1. Rappelant les engagements pris par la République française et par la République populaire de Chine dans la Déclaration conjointe du 25 mars 2019 sur la préservation du multilatéralisme et l’amélioration de la gouvernance mondiale et les deux communiqués de presse trilatéraux sur les changements climatiques, auxquels était associé le Secrétaire général des Nations Unies, publiés en marge des Sommets du G20 d’Osaka et de Buenos Aires ;

  • Rappelant les objectifs, les principes et les engagements du Programme de développement durable à l’horizon 2030, les trois Conventions de Rio (Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ou CCNUCC), le Protocole de Kyoto et son Amendement de Doha ainsi que l’Accord de Paris, et saluant les résultats du Sommet Action Climat des Nations Unies, qui soulignent les enjeux des changements climatiques et de la perte de biodiversité ;
  • Réaffirmant leur forte détermination à améliorer la coopération internationale sur les changements climatiques pour assurer une mise en œuvre de l’Accord de Paris totale, efficace et guidée par les principes de la CCNUCC, notamment le principe de l’équité et des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, ainsi qu’à faire respecter le multilatéralisme et à insuffler un élan politique à la coopération internationale visant à combattre ensemble les changements climatiques et à promouvoir conjointement des relations internationales fondées sur le respect mutuel, l’équité, la justice et une coopération mutuellement avantageuse ;
  • Réaffirmant leur ferme soutien à l’Accord de Paris, qu’ils considèrent comme un processus irréversible et une boussole pour une action forte sur le climat ;
  • Réaffirmant l’engagement pris ensemble dans le cadre du G20 au sujet de la rationalisation et de l’élimination progressive à moyen terme des subventions inefficaces aux énergies fossiles, qui encouragent le gaspillage, tout en apportant une aide ciblée aux plus pauvres ;
  • Soulignant que les accords commerciaux doivent être compatibles avec les objectifs de la CCNUCC, de l’Accord de Paris et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ;
  • Rappelant que la perte de biodiversité et les changements climatiques menacent la paix et la stabilité internationales, la sécurité alimentaire, le développement durable et la santé humaine, et sont étroitement liés à l’état des océans et des forêts et à la dégradation des terres, et soulignant la nécessité de gérer de façon durable les forêts tropicales, puits de carbone et hauts lieux de biodiversité au niveau mondial ;
  • Saluant la publication du Rapport 2019 d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, ainsi que de deux rapports spéciaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’un sur les terres et l’autre sur l’océan et la cryosphère, et reconnaissant la nécessité de promouvoir et de réaliser des changements profonds pour combattre les principaux facteurs de perte de biodiversité, notamment les changements d’utilisation des terres et des mers, l’exploitation directe des organismes, les changements climatiques, la pollution et la propagation des espèces exotiques envahissantes ;
  • Déterminés à travailler ensemble sur le lien entre changements climatiques et biodiversité, ainsi qu’à apporter leur soutien et à travailler de concert avec d’autres dirigeants politiques pour proposer une réponse internationale et efficace aux changements climatiques et à la perte de biodiversité lors de la COP15 de la Convention sur la diversité biologique qui aura lieu à Kunming (Chine) en 2020 ;

2. Résolus à réaliser des efforts sans précédent pour assurer l’avenir des prochaines générations, à intensifier les efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques et à accélérer la transition vers un développement vert, sobre en carbone et résilient face au climat, nous, Emmanuel Macron, président de la République française, et Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, réunis à Pékin le 6 novembre 2019, appelons tous les pays et, le cas échéant, les autorités infranationales, les entreprises, les ONG et les citoyens, à :

  • Accueillir favorablement les initiatives internationales visant à lutter contre les changements climatiques et stopper la perte de biodiversité.
  • Communiquer ou actualiser leurs contributions déterminées au niveau national, en progression par rapport à leur niveau actuel et reflétant le niveau d’ambition le plus élevé possible, et publier d’ici à 2020 leurs stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre pour le milieu du siècle dans le contexte du développement durable.
  • Ratifier aussitôt que possible et mettre en œuvre l’amendement de Kigali au protocole de Montréal, considérant que ce dernier pourrait empêcher jusqu’à 0,4 °C de réchauffement d’ici à la fin du siècle et que des efforts coordonnés pour améliorer l’efficacité énergétique des systèmes de climatisation et des autres appareils de refroidissement auront d’autres effets bénéfiques sur l’environnement, notamment la réduction des émissions, ainsi que sur la santé publique et la sécurité alimentaire, et prendre des mesures pour améliorer l’efficacité énergétique dans le secteur de la réfrigération partout dans le monde.
  • Valoriser, conserver, restaurer et utiliser avec sagesse la biodiversité, pour encourager la mobilisation de tous les acteurs et toutes les parties prenantes et pour appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 ambitieux et réaliste.
  • Encourager des engagements et des contributions concrets et vérifiables des acteurs et des parties prenantes de tous les secteurs en faveur de la conservation de la biodiversité, afin de stimuler et de soutenir l’action publique en matière de promotion d’un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 solide, dans le contexte de l’agenda de l’action « de Charm El Cheikh à Kunming pour la nature et les peuples ».
  • Unir leurs forces à l’approche du Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui aura lieu à Marseille en juin 2020, pour aboutir à des résultats ambitieux et réalistes permettant de contribuer à la préparation du cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020.
  • Encourager, lors de la COP15 de la Convention sur la diversité biologique sur le thème « Bâtir une civilisation écologique, un avenir commun pour toutes les formes de vie de la planète », un engagement actif des dirigeants politiques au plus haut niveau en faveur de la biodiversité, afin de concrétiser l’ambition de vivre en harmonie avec la nature d’ici à 2050, et de définir et adopter un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 ambitieux et réaliste, fondé sur les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et les enseignements tirés de la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, conforme au Programme de développement durable à l’horizon 2030 et abordant les principaux facteurs de perte de biodiversité.
  • Travailler ensemble à définir des étapes pour infléchir la courbe de la perte de biodiversité d’ici à 2030, en protégeant une part toujours croissante de la planète, notamment les zones ayant une importance particulière pour la biodiversité et les services écosystémiques.
  • S’appuyer sur la Coalition pour des solutions fondées sur la nature codirigée par la Chine et tirer profit des solutions fondées sur la nature pour traiter de façon cohérente les questions de perte de biodiversité, d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques et de dégradation des terres et des écosystèmes. Reconnaître que les solutions fondées sur la nature sont une composante essentielle de l’ensemble des efforts internationaux visant à atteindre les objectifs de la CCNUCC et de l’Accord de Paris ainsi que les Objectifs de développement durable, en soutenant les services écosystémiques vitaux, la biodiversité, l’accès à l’eau douce, l’amélioration des moyens de subsistance, une alimentation saine et la sécurité alimentaire grâce à des systèmes alimentaires durables.
  • S’engager, dans la perspective de la décennie 2021-2030 des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, à prendre des mesures adaptées et ambitieuses pour interrompre et faire reculer la dégradation des écosystèmes terrestres et marins et la perte de biodiversité, et à restaurer au moins 30 % des écosystèmes dégradés pouvant l’être, pour contribuer à l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques, à la protection de la biodiversité, à la lutte contre la désertification et la dégradation des terres, ainsi qu’à la sécurité alimentaire.
  • Lutter contre la criminalité environnementale, en particulier la contrebande et le trafic des espèces de la faune et de la flore menacées d’extinction et des produits issus de ces espèces ainsi que le transfert transfrontalier illégal des déchets solides, en interdisant l’entrée et la sortie illégales de ces objets au travers leurs frontières.
  • Protéger tous les écosystèmes essentiels, y compris montagneux, aquatiques, forestiers et de prairies, qui sont des hauts lieux de biodiversité, étudier leur rôle dans la lutte contre les changements climatiques, et diminuer notre empreinte respective sur les forêts, en particulier les effets de l’agriculture et de l’exploitation forestière.
  • Mobiliser tous les États pour élaborer un instrument international juridiquement contraignant dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (« BBNJ »).
  • Lutter contre les déchets marins, en particulier les déchets plastiques et les microplastiques, et prendre rapidement des mesures nationales appropriées pour prévenir et réduire de manière significative les rejets de déchets plastiques et de microplastiques dans les océans.
  • Promouvoir la conservation et la restauration des écosystèmes marins.
  • Promouvoir la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique, conformément à la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique, et poursuivre leurs échanges sur la conservation et l’utilisation durable des ressources biologiques marines de l’Antarctique, y compris par l’établissement d’une aire marine protégée en Antarctique.
  • Respecter l’engagement pris par les pays développés de mobiliser et d’apporter 100 milliards de dollars des États-Unis par an au profit des moyens de financement de l’action climatique d’ici à 2020 et de fixer un nouvel objectif collectif chiffré à partir d’un niveau plancher de 100 milliards de dollars des États-Unis par an d’ici à 2025, tenant compte des besoins et des priorités des pays en développement. À cet égard, le Fonds vert pour le climat joue un rôle essentiel, étant l’un des outils pour mobiliser des ressources financières plus importantes en faveur d’investissements dans les pays en développement sobres en carbone et résilients.
  • Appeler les institutions publiques de financement du développement, nationales et internationales, ainsi que leurs réseaux de coopération, comme l’International Development Finance Club, à prendre en compte les effets positifs et négatifs de leurs financements sur le climat et la biodiversité, conformément aux objectifs de la CCNUCC, de l’Accord de Paris et de la Convention sur la diversité biologique.
  • Mobiliser des ressources supplémentaires auprès de toutes les sources, publiques et privées, au niveau national et international, en faveur tant en matière d’atténuation que d’adaptation aux changements climatiques ; rendre les flux financiers compatibles avec les stratégies devant mener à un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques, et avec, entre autres, la préservation et l’utilisation durable de la biodiversité, la préservation des océans et la lutte contre la dégradation des terres ; faire en sorte que les financements internationaux, en particulier dans le domaine des infrastructures, soient compatibles avec les Objectifs de développement durable et l’Accord de Paris sur le climat.

Discours du Président de la République à l’occasion de la clôture du Forum économique franco-chinois

Seul le prononcé fait foi

"Merci beaucoup Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la République populaire de Chine,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires.

Monsieur le Président, vous avez au fond tout dit. Et je me réjouis que nous trouvions le temps, une fois encore, de venir rejoindre notre forum économique. Je me souviens de janvier 2018 et de cette réunion qui s’était tenue et de la décision prise de mettre en place ce Conseil présidentiel des entreprises françaises et chinoises dans un double objectif : celui de favoriser le rapprochement entre les décisionnaires privés chinois et français et celui de renforcer la compréhension mutuelle de nos environnements d’affaires. Votre présence ici démontre que ce Conseil est devenu un outil vivant, précieux pour le renforcement des échanges économiques. Vous avez tout dit, le disais-je, Monsieur le Président, à l’instant. Je veux simplement revenir sur quelques points.

D’abord, il y a la relation bilatérale. Nous avons, en janvier 2018, décidé d’une feuille de route. Beaucoup de travail a été fait dans tous les domaines ici présents, depuis. Votre visite d’État en mars dernier en France a permis de nombreuses avancées très structurantes et nous avons aujourd’hui une fois encore signé de nombreux accords. Et constamment, depuis deux ans, nous avons levé des barrières, des verrous, des difficultés. Nous avons donné de la place à des secteurs et consolidé des secteurs historiques. La relation bilatérale sur le plan économique et notre développement d’affaires n’étaient pas au niveau de l’amitié entre nos deux peuples, je le dis très sincèrement, et quand je nous compare avec nos voisins amis - parfois concurrents - allemands, l’écart entre la France et l’Allemagne n’était pas explicable. Et donc nous n’étions pas assez mobilisés. Je crois que c’est ce que nous sommes en train de rattraper par ce travail conjoint et beaucoup de choses ont avancé. Vous le faites vivre et je le sais éminemment.

D’abord dans les secteurs historiques de coopération, nous avons décidé de redonner un cap et fixer des orientations. Dans le nucléaire civil, les avancées actées aujourd’hui sont pour moi très importantes et elles permettent justement de donner un cap à l’usine de retraitement. Mais nous avons aussi décidé, sur à la fois les marchés tiers et les prochaines tranches développement, de nous redonner dans les prochains mois de la visibilité ensemble. Sur le spatial, là aussi, nous avons constamment signé des accords qui permettent de renforcer les partenariats, et dans ces deux domaines qui sont deux domaines de coopération stratégique, nous voulons aussi continuer à renforcer la recherche. Ensuite, il y a les sujets technologiques où là, les choses ont beaucoup avancé et votre modestie vous a presque empêché de le dire. Moi, je peux le dire beaucoup plus aisément : la Chine est loin du tableau que vous avez décrit. Vous avez, comme on le dit en français, "taillé des croupières" à beaucoup de vos concurrents européens et américains. Et les entreprises technologiques chinoises sont aujourd’hui au premier plan sur notre marché, avec une place extrêmement importante. C’est ce que nous avons acté. C’est, là aussi, nous donner de la visibilité et de ne pas confondre les sujets commerciaux et les sujets stratégiques et de souveraineté qui, bien souvent, sont confondus par les uns et les autres. Et comme nous l’avions fait historiquement pour le nucléaire, de nous dire : on se donne un cadre de discussion. Les gouvernements doivent décider entre eux d’un cadre sur les sujets qui relèvent de leurs compétences et les industriels doivent pouvoir évoluer librement pour le reste. Et je crois que là aussi, l’accès aux marchés, le développement sur le plan technologique est extrêmement important.

Ensuite, vous l’avez dit : nous continuons de nous développer de part et d’autre sur des sujets extrêmement structurants que sont : l’industrie du futur, la ville durable et au fond, les mobilités de demain. Ces trois sujets, qui ont d’ailleurs beaucoup d’intrications les uns avec les autres, constituent le cœur des partenariats industriels que nous voulons nouer. Il y a une offre française qui est d’une extrême qualité. Certains groupes français sont très présents historiquement. Certains groupes français sont quasiment devenus chinois. Je le dis avec tendresse et amitié parce qu’ils sont tellement forts ici et tellement présents. Ça montre aussi les synergies qu’il y a entre nous. Et donc, nous allons poursuivre parce qu’il y a en Chine un des plus grands défis avec l’urbanisation croissante. Nous l’avons vu ensemble à Shanghai et vous m’en avez fait la description, je dirais méthodique, et vous avez des très grandes entreprises dans ce secteur. Mais nous avons ici aussi beaucoup d’entreprises présentes depuis longtemps sur le marché chinois, qui ont décidé d’investir depuis longtemps, qui, en la matière, apportent une réponse aussi à ces problématiques. Et donc, là aussi, nous nous sommes donné un cap, une force d’engagement et je crois que les prochaines années sont extrêmement propices à ce développement. Nous avons aussi consolidé, dans des domaines traditionnels et stratégiques, la force de ce partenariat. Je pense à l’aéronautique, où cette visite a permis de consolider des accords structurants dans la motorisation et les certifications, en plus de tout ce que nous avions décidé. Et puis, il y a aussi tout ce qui concerne les marchés de grande consommation, les marchés du luxe, du bien-être. Où la France a une marque, une force traditionnelle et où nous devons continuer à nous déployer. Et où, je dois le dire, le marché chinois a été un marché d’expansion ces dernières années. Je souhaite que cela continue d’être le cas avec votre bienveillance et avec aussi des grands partenaires chinois qui se sont développés en France, sur le marché français, à travers des joint-ventures, des acquisitions et qui ont montré aussi la force de ces partenariats.

Il y a des secteurs nouveaux sur lesquels nous avons avancé sur ces deux dernières années, que je voulais aussi saluer. J’en vois deux. Le premier, c’est le secteur financier. Traditionnellement, la Chine était vue comme peu ouverte en la matière. Votre décision, le changement stratégique que vous avez impulsé en début d’année 2017, a été consacrée par des effets pleinement tangibles. Nous avons signé encore des accords. Vous avez profondément décidé d’ouvrir, de multiplier les partenariats sur le secteur financier. Nous serons des partenaires fiables dans la durée parce que nous avons aussi une ambition qui est de construire la souveraineté de l’euro. Elle passe par ces partenariats et je considère que l’euro ne peut être qu’une grande monnaie qu’à la condition d’avoir des acteurs financiers qui construisent des partenariats avec toutes les places stratégiques mondiales et en particulier donc, avec la Chine. Et je crois que cette ouverture, les mécanismes de progression que nous avons décidés, que vous avez actés, qu’on a encore consacré aujourd’hui, sont une avancée très structurante, très structurante en la matière. Il y a un deuxième secteur et je ... Pardon, j’oubliais, avant de changer de secteur, qu’hier même, vous avez pris une décision structurante, je l’ai rappelé tout à l’heure, qui est de décider de nouvelles émissions en zone euro, 4 milliards d’euros, sur la place de Paris et de le faire en matière de finance verte. Et donc de dédier votre engagement dans l’ouverture financière internationale, dans le financement vert, et de le faire avec la France et je vous en remercie. Il y a un autre secteur qui s’est beaucoup développé et que nous allons continuer d’accompagner dans ces développements, c’est le secteur agroalimentaire. Là-dessus, les ouvertures en matière de porc, de viande bovine, de filière avicole ; les avancées que nous avons décidées pour 2020 sur les questions de zonage et qui sont extrêmement importantes pour nous ; la reconnaissance et l’agrément d’indications protégées, sont autant d’avancées structurantes qui ont permis d’ouvrir les choses, de permettre à la France aussi d’être une partie de la réponse au défi alimentaire chinois mais aussi de multiplier les partenariats, l’ouverture, et qui touchent toutes les régions françaises. Je salue la présence en particulier de la région Réunion qui est ici avec nous, mais toutes les régions sont concernées et c’est notre volonté de multiplier justement cette capacité de l’offre française à se déployer.

Et enfin, le sujet des industries culturelles et créatives, qui est un partenariat, je dirais plus récent, mais sur lequel, je crois, nous avons beaucoup de choses à faire. Cette visite a une composante culturelle très forte. C’est un sujet évidemment régalien, si je puis dire, de gouvernement à gouvernement, mais c’est un sujet aussi qui irrigue nos industries. Nos industries culturelles et créatives sont très importantes. Vous m’avez hier dit votre ambition pour le cinéma chinois. Mon ambition, c’est qu’on multiplie les coproductions, que nous puissions aussi multiplier les partenariats entre nos établissements culturels, notre offre culturelle. Et c’est là aussi pour nous un levier de création d’emplois, d’ouverture et de meilleure compréhension. Et donc, pour tout cela, je veux ici souligner l’importance de l’engagement de nos industriels, de nos entrepreneurs chinois et français. Nous prenons des décisions, mais c’est à vous de les faire vivre, de leur donner une réalité concrète, de multiplier les échanges, de nous dire s’il y a encore des insatisfactions ou des frictions, des choses qui ne vont pas assez vite. Mais enfin de les mettre en œuvre le plus rapidement quand des décisions sont prises. Parce que nous, nous ne voyons que les signatures d’accords - donc les bonnes nouvelles et nous remontent les difficultés - mais au quotidien c’est à vous de faire vivre cette relation et la force de cet agenda bilatéral. Je crois beaucoup à celui-ci et je pense que la France peut et doit beaucoup mieux faire. Et vous savez combien cet agenda d’ouverture, pour moi, est important.

La deuxième chose, au-delà de l’agenda bilatéral sur lequel je voulais insister, c’est la composante européenne de cet agenda. Je veux vraiment que vous ayez pleinement conscience, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise chinois que lorsque vous parlez aux entrepreneurs français, au gouvernement français, à moi-même, c’est aussi le partenariat sino-européen, et je le dis en présence du commissaire HOGAN qui est ici avec nous, parce que je pense que l’Europe doit avancer groupée. C’est l’objectif de la coordination que nous avons conduite il y a deux jours avec en particulier des entrepreneurs allemands. Et je sais aussi que c’est l’approche que vous voulez avoir. Et donc, je pense que nous avons besoin de continuer à mieux intégrer nos économies et d’avoir un agenda stratégique, si je puis dire, de pleinement assumé sur le plan sino-européen. L’accord qui vient d’être signé, sur les indications géographiques est très important, ça fait des années et des années qu’on poursuit cette négociation avec le président JUNCKER, dont je salue l’engagement, et la chancelière MERKEL. En mars dernier lors de votre visite d’État, nous avions décidé tous ensemble d’apporter un effort final. Il a été signé officiellement aujourd’hui et il marque véritablement une avancée de ce cadre de confiance entre la Chine et l’Europe parce qu’il permet véritablement de donner un cadre au respect de la propriété intellectuelle, du bon cadre d’investissement entre la Chine et l’Europe.

Il y a maintenant une prochaine étape de cet agenda stratégique sino-européen qui doit se consacrer, lors du Sommet de Leipzig à la fin de l’année 2020, qui est l’accord d’investissement. Il y a maintenant un très gros travail à faire pour que nous puissions finaliser ce travail qui, depuis des années se poursuit entre la Chine et l’Europe, qui est de bâtir un cadre d’investissement, et vous l’avez parfaitement dit, équitable, loyal - on connaît les sujets de sensibilité de part et d’autre - mais qui permettra d’améliorer les accès aux marchés, de bien respecter la propriété intellectuelle, de clarifier les cadres capitalistiques d’intervention et d’avoir un cadre équitable entre nos entreprises qui permette le meilleur accès aux marchés, de part et d’autre. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour agir utilement et je sais que la présidente VON DER LEYEN est aussi pleinement engagée dans cet agenda. Et je souhaite que notre sommet de Leipzig permette de parachever ce point.

Et puis, cet agenda sino-européen, qui est très important pour notre cadre d’affaires, il est évidemment très structurant aussi en matière climatique et environnementale. On ne peut plus parler de commerce, on ne peut plus parler d’échanges comme nous le faisons aujourd’hui si nous n’intégrons pas la dynamique et la composante climatique, on le sait bien. Beaucoup d’entreprises d’ailleurs ici présentes sont engagées sur ce sujet. C’est d’ailleurs un modèle d’innovation, d’expansion. C’est une contrainte et une opportunité pour nos pays et nos peuples. Et je sais combien vous êtes engagé, je l’ai rappelé tout à l’heure dans notre déclaration de presse commune. Sans l’engagement de la Chine et la forte coordination, je dois le dire, de la Chine et de la France, de la Chine et de l’Europe, ces deux dernières années auraient sans doute eu un visage différent. Simplement, 2020 est un point de rendez-vous. Et nous devons aussi réussir à acter un approfondissement de notre partenariat sur ce sujet. Et cela concerne aussi nos femmes et hommes d’affaires et nos entreprises. Parce que nous avons à mettre en œuvre tout ce qui a été décidé dans nos stratégies nationales. La stratégie que vous avez décidée et que je saluais tout à l’heure en matière de réforme des systèmes de refroidissement qui est très structurante, de mobilité. Maintenant, il faut qu’en 2020, nous arrivions, nous Européens à prendre les décisions qui nous incombent en matière de rehaussement des objectifs 2030 et 2050. Et que le partenariat sino-européen se structure par un rehaussement de nos engagements. Et je crois que le point d’aboutissement doit être là aussi le Sommet entre l’Union européenne et la Chine à Leipzig et la COP à Glasgow qui se tiendra à peu près au même moment. C’est à ce moment-là que nous devons consacrer une nouvelle série d’engagements et donc une nouvelle série clé pour les transitions qui sont les nôtres. Parce que ça veut dire aussi coordonner le rehaussement de nos prix de carbone, coordonner la mutation de nos entreprises, coordonner la capacité à apporter le meilleur service aux entreprises en réduction de l’énergie, gestion des complexités, émergence de stratégies alternatives en mobilité ou en production d’énergie. Et donc, là aussi, c’est une coordination très forte mais sur ce sujet de la lutte contre le réchauffement climatique, je crois que nous devons continuer de nous coordonner.

Et puis enfin, cet agenda sino-européen, Président, il est évident qu’il a une composante commerciale au sens multilatéral du terme. Vous l’avez évoqué, c’est la réforme de l’Organisation mondiale du commerce. Aussi vrai que nous devons nous doter d’un cadre clair pour vous, pour pouvoir agir sur le plan bilatéral, nous doter d’un cadre clair sur le plan européen, l’accord d’aujourd’hui, celui que nous visons sur l’investissement, il faut qu’il y ait un cadre commercial stable et coopératif sur le plan international. La ministérielle que vous avez organisé en marge de la Foire de Shanghai était une étape importante mais à nous maintenant de proposer dans les prochaines semaines des réformes très profondes. Et je le dis parce que je pense que la Chine et l’Europe ont une responsabilité toute particulière. Certains n’y croient déjà plus. Ils nous regardent. Et ne pas proposer ou penser que les propositions viendront de ceux qui aujourd’hui doutent ou remettent en cause le système multilatéral est une erreur fondamentale. C’est à nous de proposer les termes de cette réforme ensemble et de dire comment on bâtit un cadre qui est plus réactif, qui règle plus rapidement les différends, qui traite plus rapidement des sujets qui ont parfois été des sujets de sensibilités que nous avons su purger entre nous sur les surcapacités, qui clarifie les questions de subventions qui donne un cadre clair à la propriété intellectuelle. Au fond, il y a ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas, mais il faut que ceux qui y croient, au commerce international, maintenant fassent concrètement et bâtissent les nouvelles règles. Je crois que ça fait partie de l’agenda qui est aussi le nôtre pour les prochains mois. Et nous nous sommes donnés comme objectif avant le prochain G20 de parachever ces travaux. Je crois que c’est indispensable.

Je ne veux pas être plus long mais je voulais vous dire d’abord, tout le chemin qui a été fait depuis janvier 2018 que je mesure. Maintenant il doit être traduit en actes et en chiffres et donc dans les résultats des entreprises. Il suppose votre mobilisation de part et d’autre. Nous, on a fait avec le Président notre travail, on va arrêter et aller déjeuner mais on continuera à surveiller et à agir. Mais aussi tout ce que cela suppose d’engagement entre l’Europe, la Chine et sur le plan international dont nous avons pleinement conscience et que nous allons poursuivre ensemble. Voilà !

Merci d’être là. Merci de poursuivre le travail lancé en janvier 2018 et merci Président pour le choix réaffirmé de l’ouverture qui est le vôtre. Je crois dans ce choix et je pense qu’il implique de poursuivre le travail sérieux qui est aussi le nôtre ensemble.

Merci à vous"./.

Conférence de presse du Président de la République à l’issue de sa visite d’Etat en Chine (Pékin, 6 novembre 2019

Dernière modification : 08/11/2019

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