Un rendez-vous pour la planète : le "One Planet Summit"

Deux ans, jour pour jour, après l’Accord de Paris, le "One Planet Summit", qui s’est tenu le 12 décembre, entend poursuivre l’effort en rassemblant les acteurs de la finance publique et privée. L’objectif était de réfléchir aux moyens pour innover, soutenir et accélérer notre lutte commune contre le changement climatique.


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Cet événement a été organisé autour de 4 panels de réflexion. Jean Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a participé au premier panel de réflexion qu’il a co-présidé aux côtés de Rémi Rioux, Président du club mondial des banques de développement et Kristalina Georgieva, Directrice générale de la Banque mondiale.

Discours du Président de la République - Tech for Planet (Paris, 11 décembre 2017)

"Madame la Ministre,
Monsieur le Ministre,

Merci de nous accueillir ; merci à NUMA pour l’organisation ; à Station F une fois encore et à la ville de Paris pour l’accueil dans ces lieux,
Bonjour à vous parce qu’il y a beaucoup de travailleurs un peu partout dans les box et tout autour de nous,

Je ne vais pas vous faire un long discours parce que ce qui compte, c’est l’action et c’est ce que vous êtes en train de faire et le choix que vous avez fait.

(Partie du discours en anglais) ….

Ce qu’on vient de voir et ce que cette journée véritablement consacre, c’est l’engagement collectif pour plus d’action. Il y a eu énormément de débats, des choses importantes qui ont été faites ; l’accord de Paris il y a presque deux ans jour pour jour, a été une étape fondamentale ; mais on est maintenant dans une nouvelle phase, dans la phase de l’action. Moi je ne suis pas persuadé que dans les années qui viennent, on aura de nouveaux grands textes diplomatiques. On en pousse un - la France l’a lancé avec le Pacte mondial pour l’environnement et on va se battre pour - mais la priorité, c’est de faire le maximum au niveau français, européen, international pour être au rendez-vous de nos engagements et pour que celles et ceux qui sont là - notre génération parce que nous sommes tous contemporains - fassent ce qu’il faut pour tenir les engagements pris. Je vous rappelle que l’engagement pris, c’est 1,5 degrés d’augmentation moyenne de la température mondiale, pas plus. Aujourd’hui, si on continue sur la tendance, on est à au moins 3,5. Donc ça veut dire que maintenant, tout de suite, on doit agir pour changer profondément les choses. Et en même temps, il faut agir pour celles et ceux qui viendront et qui eux n’ont pas le choix, qui hériteront d’une planète qui est peut-être déjà condamnée, qui naîtront peut-être dans un pays, dans un archipel, dans un continent où c’est déjà peut-être décidé parce qu’on n’aura pas agi. Et je pense que c’est profondément la responsabilité, pas simplement des gouvernants, des financeurs, des entrepreneurs, des universités, de toutes celles et ceux qui ont une part de l’action collective, d’agir.

C’est l’objectif de ce « One Planet Submit » de demain avec une douzaine de grandes actions que nous expliquerons et sur lesquelles nous allons nous engager collectivement, avec une surveillance étroite de nos concitoyens mais c’était aussi l’objectif des initiatives que nous avons voulu prendre au niveau français. Et donc ce soir, je veux vraiment saluer ces deux initiatives : la première - « Tech for planet » - celle que vous avez prise et je veux vraiment féliciter vos trente lauréats, féliciter et remercier toutes les entreprises françaises qui ont à vos côtés, aux côtés de NUMA, décidé de faire la sélection, de s’engager pour mettre en lumière justement ces entreprises qui sont soit dans des phases d’incubation, soit dans des phases d’accélération ou des phases déjà de commercialisation et qui, grâce à cette initiative, vont aller plus loin, plus fort, plus vite pour aider aujourd’hui à la lutte contre le réchauffement climatique, pour permettre - qui avec de la mayonnaise, d’autres avec des bulles d’eau ou des machines à laver - de participer à cette transformation et de faire qu’on apporte une réponse aujourd’hui en créant de l’activité, en créant des emplois. Donc félicitations à tous les lauréats véritablement de l’initiative « Tech for planet ».

La deuxième initiative, « Make our planet great again », c’est la sélection de ces 18 projets qui viennent du monde entier, avec des chercheurs de toutes les nationalités, y compris des chercheurs et des chercheuses françaises qui décident ce faisant de revenir, dont le but est en effet de dire : si on veut préparer ces entreprises de demain, si on veut préparer ces changements collectifs, si on veut mieux comprendre ce qui se passe, adapter nos comportements, on a besoin de la science. Vous l’avez dit, on a besoin des étudiants, on a besoin des chercheurs ; c’est pour ça que la France d’ailleurs s’est engagée - je l’ai annoncé à Bonn il y a quelques semaines - à remplacer la part que les Américains ont abandonnée dans le financement du GIEC et on sera là au rendez-vous pour financer - Français, Européens - la part du GIEC qui a été laissée par les Etats-Unis d’Amérique pour qu’il n’y ait pas un centime en moins et que donc tout ce que fait le GIEC pour mieux comprendre les changements climatiques, soit financé comme c’était prévu. Mais derrière, il y a l’initiative qui a été prise et il y a surtout l’immense travail et je veux vraiment vous remercier, remercier l’équipe du CGI - cher Louis SCHWEITZER - vous remercier, Madame la Professeure, pour le travail qui a été accompli, l’expertise scientifique, technique qui a été mis au service de ce projet pour que les meilleurs soient ici sélectionnés.

Et donc vous allez maintenant venir vous installer, développer des projets, fertiliser la recherche française, européenne avec vos projets parce qu’on a décidé de vous donner des moyens encore démultipliés et de reconnaître pleinement ce que vous êtes en train de faire. Et le fait qu’il y ait ce bouillonnement avec des entreprises, des investisseurs - start-up, grands groupes - des chercheurs, des étudiants, c’est la clé de ce succès et de la transformation que je veux pour notre pays et pour le continent. C’est montrer que la lutte contre le réchauffement climatique, ça n’a rien de défensif ; c’est une bataille pour préparer l’avenir ; c’est un choix de société ; c’est un choix dans l’émergence des nouveaux savoirs que nous voulons voir advenir ; c’est le choix d’une vie en commun ; ce sont des emplois qui seront créés ; ce sont des développements nouveaux. Donc ce sont de formidables opportunités et non pas des choses à subir.

Alors oui, il faut un peu changer les réflexes passés ; oui, il faut se réorienter vers des priorités, oui il faut faire émerger de nouveaux acteurs plus vite mais somme toute, c’est un peu l’esprit du lieu, non, il m’a semblé ?! Donc c’est ce que vous allez aider à faire et je vous en remercie.

Donc je veux féliciter les 18 projets, féliciter aussi les étudiants qui viendront, à travers le projet « Make our planet great again », ce qui va donner de la vitalité justement à cet écosystème français d’innovations dont on a terriblement besoin.

Ce soir même, alors que nous nous parlons, une initiative est en train d’être signée avec le CNES, l’ensemble de ses partenaires, qui va permettre justement d’installer un système d’observation à l’international pour regarder justement les évolutions du climat. Cette initiative qui se fait au siège du CNES alors même que nous nous parlons ici, c’est la traduction que chaque minute en ce moment à Paris, il y a des initiatives qui sont en train d’être prises pour lutter contre le réchauffement climatique, pour innover, pour mieux comprendre. Et donc ce soir même, par cette initiative, on va mettre en place un système d’Observatoire mondial justement du réchauffement climatique par le partenariat du CNES avec ses partenaires alors même que le CNES a déjà fait en franco-allemand une initiative qui permettra justement, dès 2020, d’avoir les premières initiatives et les premiers satellites d’observation sur les phénomènes du réchauffement climatique.

Ce que je veux vous faire toucher du doigt, c’est que l’innovation la plus radicale, la recherche fondamentale, la recherche appliquée, tous les projets que vous menez, la recherche technologique et les innovations entrepreneuriales que vous conduisez, sont un continuum : celui qui nous permettra de gagner cette bataille contre le réchauffement climatique, celui qui nous permettra de « Make our planet great again » mais celui qui nous permettra aussi de faire de la France et de l’Europe le lieu où l’on décide de ce monde de demain.

Moi je refuse une double fatalité : celle qu’il y aurait forcément un réchauffement contre lequel on ne peut rien faire et celle qui fait qu’en quelque sorte le monde nous serait imposé et nous ne pourrions pas faire des choix profonds. Ce que vous êtes en train de montrer ici, ce soir, par votre engagement, par ces projets qui ont été sélectionnés, par votre engagement au quotidien, c’est exactement l’inverse : nous ne voulons pas du réchauffement climatique et on peut produire, créer des emplois, faire autrement si on le décide. Il n’y a pas de fatalité. Et nous, nous ne voulons pas détruire d’emplois, nous ne voulons pas se voir imposer des solutions pour répondre à ce défi demain, on veut les choisir, en créant des entreprises, des start-up, des projets de recherche, en ayant notre place et en ayant les vrais équilibres économiques, sociaux, environnementaux d’innovation qui font que ce monde de demain, ce sera celui qu’on aura choisi parce qu’on l’a fait.

Donc pour toutes ces raisons, merci d’être là, merci pour votre énergie, pour votre engagement ; pour votre énergie en tant que chercheurs, en tant qu’étudiants, en tant qu’investisseurs, en tant qu’entrepreneurs, en tant que grands groupes. Merci à vous pour cela ! Mais surtout, mois après mois, année après année, faites tout pour qu’on gagne cette bataille contre le réchauffement climatique et pour que nous changions ainsi profondément le visage de la France pour en faire le pays leader dans cette bataille parce que c’est notre vocation et que nous avons décidé de le faire !

Merci à vous !"./.

Discours introductif du Président de la République, One Planet Summit (La Seine Musicale - Ile Seguin, 12 décembre 2017)

"Mesdames et Messieurs,

Je veux d’abord saluer à nouveau et remercier les chefs d’État et de gouvernement qui sont présents avec nous, qui ont fait l’effort de venir alors que certaines et certains ont des actualités chargées, ont des difficultés, je le sais, à la maison et ils ont montré, en venant, en étant présents ici, que le sujet que nous évoquons aujourd’hui est absolument essentiel.

Je voulais remercier mes deux co-présidents, Antonio GUTERRES et Jim KIM, d’être présents parce que depuis longtemps, leur engagement pour la lutte contre le réchauffement climatique, pour la cause qui nous occupe aujourd’hui, est réelle, fondamentale et eux aussi ont des actualités que je sais très chargées et leur présence à Paris dit beaucoup.

Surtout je voulais en quelques mots – parce que ce qui compte, ce sont les engagements qui vont être pris et tout ce qui va se dire durant les trois panels –, je voulais vous dire que ce qui est en train de se jouer ici est une nouvelle étape de notre combat collectif. Et je le dis devant beaucoup de jeunes qui sont présents dans cette salle et que je veux aussi saluer, nous sommes en train de perdre la bataille. Il ne faut pas se tromper, on passe un très bon moment, tout est formidable parce qu’on se retrouve. Il y a beaucoup de gens qui s’apprécient ou qui se découvrent et ça peut paraître un très bon moment, mais on est en train de perdre la bataille.

Ceux qui étaient avant nous avaient une chance, ils pouvaient dire : « On ne savait pas. » Et c’était vrai. Depuis une vingtaine d’années, on sait et on sait à chaque fois un peu plus, parce qu’il y a eu les travaux remarquables du GIEC qu’on va continuer à financer, à protéger, les travaux d’énormément de scientifiques internationaux grâce à qui il y a encore quelques semaines, un appel de 15 000 scientifiques a été lancé quand on était ensemble à la COP à Bonn présidée par Fidji. Maintenant, on sait très bien.

On sait et il y a deux ans jour pour jour, un accord a été signé à Paris pour la première fois où la quasi-totalité de la communauté internationale a décidé de prendre des engagements. Alors, certains avaient dit : « Ce n’est pas assez. Ces engagements ne sont pas fermes. » Il y avait déjà un début, c’était la première fois. Nous sommes deux ans après cet Accord de Paris donc on sait, on sait chaque jour un peu plus la gravité de ce qui se passe. On a signé un accord et qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ?

Il y a des décisions ou des velléités de quitter cet accord. Très mauvaise nouvelle. Mais si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que beaucoup ont décidé de ne pas forcément accepter la décision du gouvernement fédéral américain de quitter l’Accord de Paris et ont dit : nous allons nous engager à travers l’« America’s Pledge ». Merci à vous d’avoir lancé cette initiative et je veux remercier le… Vous pouvez les applaudir …

(Applaudissements)

… le gouverneur BROWN de Californie, Mike BLOOMBERG et tous leurs amis qui ont dit : « Nous, on va remplacer ce qu’allait faire le gouvernement fédéral américain et nous, les États, les villes, les acteurs du privé, on va prendre notre part. » Très bien. Néanmoins, l’accord est fragilisé. Mais deuxièmement, on ne va pas assez vite et c’est ça le drame ! On ne va pas assez vite ! Si on continue sur notre lancée, on est… Là où on s’est engagés à une augmentation d’en moyenne 1,5° C, on est à 3-3,5° C. Enfin, ça n’a rien à voir avec ce à quoi on s’est engagés ! Rien !

Donc, quand je dis qu’on est en train de perdre la bataille aujourd’hui, je veux que vous preniez conscience que derrière moi, il y a des chefs d’État et de gouvernement. Dans 50, 60 ou 100 ans, il y en a cinq, 10, 15 Etats qui ne seront plus là tout simplement, si nous ne faisons rien. Ça veut dire ça ce qu’on est en train de faire. Et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. C’est ce qu’on est en train de décider à ne pas changer. On décide juste qu’il y en a plusieurs autour de cette table qui vont disparaître, leurs populations avec eux. Et donc la question pour les dirigeants qui sont aujourd’hui présents, c’est de savoir si on veut accompagner ça parce qu’on ne pourra plus expliquer à qui que ce soit qu’on ne savait pas.

Cette situation, elle a mis des décennies et des décennies à advenir et, normalement, on ne devrait pas bouger parce que nous, on est élus pour un temps donné et le temps où on est élus, normalement, on ne verra pas les conséquences. La communauté d’affaires, elle ne devrait pas bouger parce que le temps de gestion de son entreprise n’est pas du tout celui que je viens d’évoquer, de la disparition de ces îles, de ces pays vulnérables. Mais on doit tous bouger parce qu’on aura tous à rendre compte.

Donc, ce sommet, le One Planet Summit, c’est pour moi le début d’une nouvelle génération. Non pas un sommet où on va négocier une déclaration, mais un sommet d’abord où il y a les gouvernements – il y a 127 États qui sont représentés –, où il y a les régions, les villes, c’est-à-dire toutes les entités publiques non gouvernementales parce qu’elles sont des acteurs essentiels de ce changement, où il y a les fonds souverains, les assurances, les banques, les philanthropes, c’est-à-dire tout ce qui représente l’argent privé, notre capacité à le mobiliser, à le réguler et où il y a les entreprises privées, les ONG, la société civile, la jeunesse, les scientifiques, c’est-à-dire tous les acteurs de cette transformation, parce que ce n’est pas une seule personne dans un seul pays qui change les choses.

Donc, ce que nous devons faire dans les heures qui viennent, c’est très concrètement chacune et chacun expliquer les engagements que nous prenons fermement pour changer ce qui est devenu aujourd’hui comme une fatalité, pour choisir la vie et la planète qu’on va avoir et pour dire : « Voici ce que je veux changer concrètement et j’en réponds devant vous. » Pour la première fois, beaucoup de chefs d’État et de gouvernement ont accepté de ne pas parler et je les en remercie parce que faire le déplacement, venir et ne pas parler, c’est très rare dans nos sommets. C’est vrai !

Mais parce qu’ils sont là, engagés, et qu’ils veulent aider tous les acteurs dans leurs pays. Je le dis avant qu’on commence, tous ceux qui ont une annonce, un engagement fort à prendre auront le droit à la parole en plus de ce qui est prévu. Mais je le dis aussi à tous ceux qui ont prévu de parler – acteurs privés, financiers, philanthropes, etc. –, vous allez vous exprimer pour prendre un engagement et à l’issue à de cette réunion, nous suivrons cet engagement les uns et les autres.

On a pris le Plan Climat avec des engagements de fermeture de capacités, des engagements d’ouverture de renouvelables, tout sera suivi, évalué, vérifié parce que ce que nous entamons aujourd’hui, c’est le temps de l’action. L’urgence est devenue permanente. Et le défi de notre génération, c’est d’agir, agir plus vite et gagner cette bataille contre le temps, cette bataille contre la fatalité, pour mettre en œuvre des actions concrètes qui vont changer nos pays, nos sociétés, nos économies pour que nos enfants et peut-être même nous-mêmes, nous puissions choisir notre avenir, choisir notre planète et pas subir le réchauffement, le dérèglement climatique, la disparition de pays vulnérables et une transformation profonde.

Alors, merci beaucoup pour votre engagement, merci d’être là pour continuer à mettre la pression sur tout le monde et je cède maintenant la parole à mes deux co-chairmen.

Merci à vous"./.

Communiqué de presse : Les Ministres de l’environnement et du climat de France, Allemagne, Royaume-Uni, Suède et des Pays-Bas s’engagent à examiner la mise en place d’un prix du carbone significatif (12 décembre 2017)

Les Ministres de l’environnement et du climat de France, Allemagne, Royaume-Uni, Suède et Pays-Bas considèrent que le prix de la tonne de CO2 est un outil de décarbonation efficace de l’économie mondiale lorsqu’il est intégré dans un ensemble cohérent de mesures et de politiques publiques.

Ils ont souligné aujourd’hui au Sommet Mondial pour la Planète à Paris que le prix du carbone devait être prévisible et augmenter afin que l’objectif de limitation de réchauffement climatique à 2°C puisse être atteint.

Ils ont salué le Rapport du Groupe de Haut Niveau sur les Prix du Carbone (High Level Commission on Carbon Prices) présenté par M. Joseph Stiglitz et Lord Nicholas Stern lequel identifie des corridors de prix qui pourraient être utilisés pour guider l’élaboration d’instruments de tarification du carbone et d’autres politiques climatiques, règlements et mesures pour stimuler l’action climatique.

Ils ont aussi salué le récent accord au niveau du Conseil sur la réforme du marché d’échange de permis d’émission européen.

Néanmoins, ils ont souligné que des réformes supplémentaires seraient nécessaires au niveau européen pour inciter les investisseurs et les entreprises à développer des modèles économiques compatibles avec un scenario de limitation à 2 degrés du réchauffement climatique.

Ils se sont ainsi engagés à examiner la mise en place d’un prix du carbone significatif, voire, pour certains, à le mettre en place, dans les secteurs pertinents./.

Discours de clôture du Président de la République, One Planet Summit (La Seine Musicale - Ile Seguin, 12 décembre 2017)

"Merci à vous,
Merci, Eva, pour cette lettre.

Je voulais, de manière très pragmatique et la plus concrète possible, récapituler les engagements de ce sommet au nom de mes deux co-chairmen, Antonio et Jim, avec lesquels nous sommes très fiers d’avoir présidé le sommet d’aujourd’hui.

Je ne sais pas si on résoudra tous les sujets levés par Eva dans sa lettre, mais je suis sûr d’une chose, c’est qu’elle a apporté un début de réponse. Nous sommes tous acteurs. Et tant qu’on pense que le sujet du changement climatique est le problème de l’autre parce qu’il est plus concerné, parce qu’il est plus vulnérable, parce qu’il peut agir lui-même, on est en quelque sorte moins enclin à le faire, on n’y arrivera jamais. Donc tout le monde est acteur, c’est la seule manière de gagner cette bataille avec laquelle j’ouvrais ce sommet.

Aujourd’hui, nous avons lancé la coalition des coalitions, celles des acteurs, la coalition de celles et ceux qui ont décidé d’agir ensemble. Et ce que je vous propose, c’est de créer à l’issue de ce sommet la « One Planet Coalition ». Vous en êtes tous membres, parce que vous y avez travaillé, parce que vous avez commencé à vous engager et à conduire des actions. Un site sera mis en place dans les prochaines semaines, où nous mettrons en transparence complète les engagements de chaque pays et de chaque acteur.

Chacun a pris ici des engagements, certains très forts, et je les en remercie, et je souhaite qu’il puisse y avoir, pays par pays, une publication des engagements pour qu’on puisse les suivre. Ce sont ceux par exemple que Nicolas HULOT au titre de la France a présenté encore ce matin sur lesquels nous nous sommes engagés. Je ne serai pas plus long sur la France mais je veux que pour chaque pays qui a pris des engagements, on puisse les vérifier, que chaque entreprise puisse rendre compte de ses actions, que le R20, le C40, toutes ces grandes structures que je remercie d’être présentes, puissent aussi le faire.

Et puis, il y a aujourd’hui 12 nouveaux engagements internationaux, 12 familles d’engagements qui ont été prises pour ce sommet du 12 décembre 2017, et celles-là, je veux rapidement les récapituler devant vous. Parce que c’est, au-delà des engagements de chaque pays, notre action commune.

La première, c’est de faire face aux événements extrêmes dans les états insulaires, avec une première action très concrète qui est la reconstruction dans les Caraïbes et la création d’un fonds public-privé pour la première « Climate Smart Zone ». C’est la création de la « Caribbean Climate Smart Coalition », et ça a été un engagement très clair, avec trois milliards de dollars d’ores et déjà mobilisés. Tout cela sera donc mis en lumière sur le site et on en suit l’application à partir de début 2018.

Sur les cinq prochaines années… je ne vais pas vous demander d’applaudir à chaque fois, vous applaudirez à la fin parce que sinon vous allez applaudir à chaque action… je voyais certains qui commençaient ! … Donc, l’idée c’est de commencer le processus de reconstruction dans les Caraïbes avec ce fonds. Evidemment nous y contribuerons puisque les Pays-Bas, Cher Mark, comme la France ont été fortement touchés, le Royaume-Uni aussi, je vois l’ambassadeur, et la Commission européenne sera derrière nous dans cette initiative.

Il y a, sur ce premier engagement, un point qui manque, sur lequel nous ne sommes pas au rendez-vous, je le dis collectivement, c’est sur la zone Pacifique. Et je pense que dans les prochaines semaines il faut qu’on fasse beaucoup plus sur le Pacifique, je vais en même temps dire tout ce qui ne va pas, pour réussir à faire la même chose que ce qu’on fait sur les Caraïbes. Je le dis parce qu’en plus, ici, il y a plusieurs Etats du Pacifique, il y a deux régions françaises qui sont dans le Pacifique où il y a une grande vulnérabilité. On doit au moins arriver à faire la même chose. Et donc je souhaite que dans les prochaines semaines et les prochains mois on ait le même type de coalition. Nous ne sommes aujourd’hui pas au même niveau.

Deuxième engagement, protéger les terres et les ressources en eau face aux effets du dérèglement climatique. Là, plusieurs mesures très concrètes sont prises, 300 millions de dollars pour activer le « Land degradation neutrality fund », c’est-à-dire le fonds de lutte contre la dégradation des terres et de la désertification. France, Canada, d’autres partenaires annoncent des financements pour enclencher justement cette action avec une cible qui est la neutralité de dégradation des terres d’ici à 2030, ce qui est un objectif atteignable si nous arrivons dès les prochaines semaines à lever ces 300 millions et à ensuite enclencher le financement.

C’est le lancement du programme de financement des zones tropicales avec un accord signé entre le PNUE, BNP Paribas, l’ICRA, ADM Capital et d’autres acteurs pour lever des fonds privés en vue de financer la croissance verte et durable dans les pays en développement. L’objectif est de mobiliser d’ici 2025 10 milliards de dollars pour financer les projets. C’est un début et nous devons maintenant accélérer.

Bill GATES a annoncé avec la Fondation Gates, la Commission européenne et d’autres pays la décision de mettre 650 millions de dollars pour aider la réforme d modèle agricole pour s’adapter aux changements climatiques, en particulier dans les pays en développement. Nous allons compléter cela pour le porter à un milliard de dollars, le reste sera pris par la France pour soutenir l’adaptation et accélérer ce transfert de l’innovation agronomique sur le terrain dans les pays en développement.

Enfin, dans ce deuxième engagement il y a la création de la plateforme de financement de 100 projets « eau et climat pour l’Afrique » avec la mobilisation de deux banques de développement, cinq alliances représentant plus de 450 signataires issus de 94 pays, 47 entreprises qui s’engagent pour ces 100 projets sur cinq ans. Cela fait en moyenne 20 projets par an. Je connais trop nos réflexes habituels qui est toujours de dire « on fera les 100 dans les deux dernières années ». Cela veut dire que dès l’année prochaine on doit pouvoir rendre compte de 20 projets si on veut être sur le bon rythme dans le cadre de cette initiative.

Sur ce deuxième engagement il y a une chose sur laquelle nous ne sommes pas bons et pas au rendez-vous, c’est le « Desert to power initiative ». On a fait des vraies choses pour l’Afrique, l’accélération de l’électrification mais sur cette initiative « Desert to power », nous ne sommes pas au rendez-vous collectif des financements, et donc là aussi je souhaite qu’on puisse avancer beaucoup plus rapidement qu’on ne l’a fait ces derniers temps.

Troisième engagement, mobiliser la recherche et la jeunesse en faveur du climat avec entre autres le « One planet laureates program » et des bourses pour les jeunes chercheurs. La Fondation Gates et la Fondation BNP Paribas unissent leurs efforts à hauteur de 15 millions de dollars sur cinq ans pour financer des bourses universitaires. La Commission européenne finance le lancement d’un service solidarité européen pour le climat doté de 40 millions d’euros pour encourager les jeunes volontaires européens à participer à des projets liés à l’action climatique en Europe et à l’international.

Et nous avons annoncé hier les 18 premiers lauréats du projet « Make our planet great again » avec un financement de 28 millions d’euros pour encourager les chercheurs à œuvrer dans le sens du climat et récupérer tous les projets qui parfois étaient abandonnés par les financements fédéraux américains qui leur étaient coupés. Il y a eu plusieurs milliers de réponses, des centaines de projets sélectionnés et les 18 qui sont, comme on dit en français, « la crème de la crème ».

Quatrième engagement décidé aujourd’hui et grâce à tout votre travail de ces jours précédents, les marchés publics et l’accès des collectivités aux financements climat avec l’initiative « Global Urbis » qui est la création d’un cadre commun entre les villes pour simplifier leur accès aux financements climat. Et là sous l’impulsion de la BERD, du Global Covenant of Mayors, de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement, ce programme permettra aux villes et aux régions européennes et du bassin méditerranéen d’accéder plus facilement à des fonds publics et privés pour mettre en œuvre leurs plans Climat.

Dans ce même engagement, il y a l’initiative mondiale des villes et des régions pour lancer des marchés publics propres. C’est l’initiative, je la salue fortement, du C40, réseau aujourd’hui de plus de 90 métropoles, du Global Covenant of Mayors, du CGLU et de l’ICLEI qui s’allient pour lancer des commandes publiques vertes dans un cadre concerté.

Cinquième engagement pris ici, l’objectif zéro émission avec d’abord l’amplification de la coalition neutralité carbone menée par les Iles Marshall et la Nouvelle-Zélande. La coalition « Towards Carbon neutrality » s’élargit aujourd’hui à 33 acteurs, régions et entreprises et pays. L’ensemble de ces acteurs s’engage à publier dès 2018 et au plus tard en 2020 une trajectoire de neutralité carbone à l’horizon 2050.

C’est aussi dans le cadre de cet objectif zéro émission qu’est lancé le « Paris collaborative on green budgeting » qui, dans un souci de transparence, va conduire à analyser les budgets de l’ensemble des pays de l’OCDE, par un travail nourri par l’OCDE, et je remercie Angel GURRIA pour sa contribution dans ce cadre, et à permettre justement d’avoir une présentation budgétaire lancée par un groupe de pays pilotes. Nous y contribuerons évidemment, pour montrer la répartition du budget chaque année en fonction des objectifs climatiques.

C’est aussi, pour cet objectif zéro émission, la création d’un Observatoire spatial du climat à l’initiative du CNES, un Observatoire spatial du climat a en effet été créé hier soir afin de mettre à disposition des Etats et de la communauté scientifique toutes les données spatiales utiles à la surveillance de l’état de santé de notre planète, initiative qui regroupe de nombreux pays ici présents.

Sixième engagement, c’est celui relatif aux révolutions sectorielles vers une économie décarbonée avec, Teresa en parlait tout à l’heure, la coalition « Powering past coal » lancée par le Royaume-Uni et le Canada lors de la COP 23. La coalition rassemble un large éventail d’entreprises, d’organisations et a décidé d’accélérer justement l’élimination des centrales de charbon traditionnelles de façon durable et économiquement inclusive. Plusieurs pays de la coalition ont aujourd’hui pris des engagements concrets d’accélération, Royaume-Uni, Portugal et plusieurs autres. La France évidemment s’est engagée à cesser dans les quatre prochaines années toute activité de production d’électricité à partir du charbon et nous récapitulerons donc tous les engagements pris dans ce cadre.

C’est aussi le lancement d’un fonds de reconversion de la Commission européenne pour les régions intensives en charbon, ce qui a été annoncé à l’instant, avec le fléchage de crédits européens pour accompagner les régions, les entreprises là où de l’emploi va être détruit ou des requalifications doivent être faites vers les nouveaux emplois conformes à nos engagements.

Et puis, c’est l’Alliance solaire internationale qui a réussi, le ministre indien l’évoquait il y a un instant. C’est la mobilisation de l’Inde et de la France qui ont dévoilé cette initiative lors de la COP 21 et l’Alliance solaire internationale est entrée en vigueur ce mois-ci, ces derniers jours. Sur les 121 pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne qu’elle vise à regrouper, 47 ont signé l’accord-cadre et 19 l’ont déjà ratifié. Cette alliance a pour but de contribuer à mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030 auprès d’investisseurs publics et privés. C’est un gros travail qui a été fait et qui continuera justement à être poursuivi pour donner les résultats concrets attendus avec les premiers projets qui sortiront dès l’année 2018.

Septième engagement, les transports sans pollution avec la coalition pour les transports dé-carbonés. Les transports représentent en effet 15 % des émissions anthropiques mondiales de CO2 et face à cette urgence huit pays dont le Portugal, les Pays-Bas, le Costa Rica, la France avec l’appui des acteurs de la plateforme PPMC créent une alliance pour travailler ensemble à des feuilles de route de décarbonation des transports et accroître les investissements dans les transports propres. Cette alliance doit obtenir de premiers résultats dès 2018 avec la contribution d’Etats comme celui du Colorado, la ville de Paris et de nombreuses autres collectivités.

C’est aussi l’engagement de 34 pays pour la réduction des émissions du transport maritime qui a été présenté tout à l’heure avec pour ces pays autour de l’Office maritime international la planification des transformations nécessaires pour réguler les émissions de transport maritime et procéder à des actions concrètes. C’est enfin le partenariat de huit régions de l’ouest américain, Monsieur le Gouverneur, vous l’évoquiez, en faveur des véhicules électriques, huit Etats fédérés qui mettent en commun des investissements, des réseaux, le déploiement des infrastructures pour faire face à leurs engagements.

Le huitième engagement pris ici, c’est celui d’aller vers un prix du carbone compatible avec l’Accord de Paris. Avec l’initiative « Carbon pricing in the Americas » présentée par le président mexicain, qui permettra notamment de lancer un marché de quotas d’émissions carbone ayant pour but d’être connecté avec les différents marchés carbone existants en Amérique du nord. C’est l’annonce faite par le vice-Premier ministre chinois à l’instant de la consolidation du marché carbone en Chine et du lancement d’un véritable là aussi prix unique du carbone et d’un marché carbone avec des quotas, ce qui est un changement extrêmement structurant en Chine. Je remercie la Chine de cet effort et de cette annonce importante du jour. Ce sont les engagements de plusieurs pays enfin pour un prix du carbone européen plus significatif.

Et là, de manière très concrète, l’Europe ces dernières semaines a été au rendez-vous avec la décision sur l’ETS qui est le marché européen d’émissions et de quotas. Nous devons au niveau européen l’année prochaine passer à une nouvelle étape avec un prix plancher du CO2 qui conduira au vrai changement. Plusieurs pays se sont engagés en ce sens ici, les ministres de l’Environnement ont pris un engagement pour aller dans cette direction. L’Europe doit prendre le leadership sur ce sujet et prendre des engagements très clairs. Enfin, c’est aussi l’appel des entreprises avec plus de 40 entreprises qui ont appelé à la mise en place d’un prix plancher du carbone.

Le neuvième engagement, nous venons d’en parler, c’est celui de l’action des banques centrales et des entreprises, avec l’engagement de plus de 200 entreprises pour suivre les recommandations du réseau « Task Force on Climate-related Financial Disclosure ». Cette action volontariste de ces 200 entreprises visera à faire la transparence sur l’action climatique avec une pression collective. Je souhaite qu’à la fois les gouvernements, les régulateurs et tous ceux qui font la transparence internationale puissent mettre une pression sur les entreprises qui ne se joignent pas au club. Il faut faire cette fois-ci de la « peer pressure », du « people pressure », du « name and shame » et demander à chaque entreprise « pourquoi vous n’êtes pas dans le club, pourquoi vous n’avez pas rejoint les recommandations du réseau « Task Force on Climate-related Financial Disclosure » ?

C’est le lancement ensuite du réseau « finance verte » des banques centrales et autorités de marchés financiers avec la fédération qu’évoquait le gouverneur de la Banque de France qui va dans ses travaux orienter la régulation pour favoriser l’allocation des crédits et de nos capacités de financement vers la finance verte, et un travail qui devra ensuite se décliner au niveau du G20 dans le cadre du FSB et des décisions concrètes que nous devons prendre.

Le dixième engagement c’est la mobilisation internationale des banques de développement avec une déclaration commune des membres du club IDFC, 23 banques de développement nationales et régionales, et des banques multilatérales de développement, là aussi pour se mobiliser en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Ces montants s’élèveront à plus de 200 milliards de dollars destinés aux pays émergents et en développement, avec un suivi non seulement de ce qui a été dit mais des actions mois après mois qui seront faites dans ce cadre.

Onzième engagement, c’est celui des fonds souverains, ce qui là aussi est une nouveauté complète. Les fonds souverains ne s’étaient jusqu’alors pas engagés dans cette transition de manière coordonnée et active. Le groupe de travail « One planet sovereign wealth funds » est créé, les fonds souverains qui se sont réunis représentent plusieurs milliers de milliards de dollars et à l’initiative justement de la Norvège, des Emirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït et de la Nouvelle-Zélande lancent avec la France une coalition inédite de grands fonds souverains pour flécher des financements vers l’action climatique, pour en rendre compte et expliquer la réalité des opérations qui seront ainsi conduites. Et donc pour ces acteurs financiers qui sont hors des régulations classiques, qui mobilisent d’énormes masses financières, c’est une décision là aussi très structurante.

Le douzième et dernier engagement, c’est la mobilisation des investisseurs institutionnels. Avec la coalition « 100+ » lancée à l’occasion du « One Planet Summit ». La coalition « Climate action 100+ » rassemble plus de 250 grands investisseurs institutionnels représentant plus de 26 300 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour coordonner leurs actions vis-à-vis des 100 entreprises cotées les plus émettrices de gaz à effet de serre. C’est un effort collectif qui permettra d’inciter ces entreprises à mettre en œuvre les recommandations justement de la task force et de présenter une vraie stratégie.

C’est aussi l’Energy Breakthrough Coalition qui conduit à investir dans les technologies de rupture. Créée lors de la COP 21, elle regroupe 27 investisseurs en capital et monte aujourd’hui en puissance. Le fonds « Breakthrough Energy Ventures » à hauteur de 1 milliard de dollars a annoncé ses investissements dans les technologies pour la planète.

Et enfin, c’est la coalition des philanthropes et fondations pour les financements climat et adaptation. Là aussi pour la première fois ce matin à l’Elysée nous avons réuni une quinzaine de philanthropes pour lancer une task force. La première bonne nouvelle c’est qu’ils ont décidé de se mettre ensemble et donc de financer l’action climat et ils ont une vraie capacité de financement. La deuxième c’est que tous ces philanthropes sont des gens qui ont déjà très bien réussi et généralement ont eu des idées brillantes. Ce sont des innovateurs et des gens de rupture et les mettre ensemble suffit à faire naître des idées de rupture. Donc il faut simplement trouver le maximum d’occasions pour continuer à les mettre ensemble et faire émerger des initiatives concrètes.

Ils vont participer à l’effort de financement mais ce que je leur ai aussi demandé, c’est de participer à la détection des talents, des talents d’innovation et de rupture, parce que ce que je voudrais c’est que lors de notre prochain sommet il y ait avec nous encore plus de jeunes innovateurs, de jeunes patrons de startups, d’ONG, des innovateurs de rupture venant des différents pays parce que nous-mêmes nous avons en quelque sorte nos propres contraintes, on est parfois dans les carcans de nos propres habitudes. Et donc on a besoin dans ce secteur que nous sommes en train de défricher d’avoir une génération qui n’aura peur de rien, qui viendra proposer des choses qui nous paraissent folles, qu’on n’aurait pas osé proposer nous et il y aura des gens assez fous pour les financer.

La bonne nouvelle, c’est qu’on a rassemblé les gens assez fous pour les financer et maintenant ils sont là, donc il faut trouver ces talents, les faire émerger beaucoup plus vite et nous être ceux qui leur donnons un cadre et permettons d’accélérer les choses.

Pardon, c’était un peu fastidieux, Mesdames, Messieurs, mais comme on a dit qu’on parlait d’actions, les listes d’actions c’est toujours fastidieux ! J’en ai terminé. Ces 12 engagements c’est votre travail, c’est le travail des chefs d’Etat, de gouvernement, des entreprises, des collectivités, donc ce sont des choses très concrètes, donc elles vont être diffusées à tout le monde.

Ce que je vous demande maintenant, c’est de les compléter par tous les engagements que vous voudrez ajouter, nous vous laissons jusqu’à la fin de l’année, à la fin de l’année on va lancer une plateforme, un site « One Planet » où tout sera recensé et où la One planet coalition sera en charge d’administrer ce contenu et donc où les ONG, la société civile, les citoyens pourront vérifier ce qui est fait et ce qui n’est pas fait pour chaque Etat, pour les entreprises et pour les coalitions qui se sont ainsi organisées.

Nous avons commencé aujourd’hui à rattraper un peu de terrain dans ce champ de bataille, parce que des décisions concrètes sont prises, parce que nous avons été poussés justement à prendre ces engagements mais tout commence sur ce terrain-là. Et donc ce que je souhaite c’est que dans les prochaines semaines et les prochains mois nous puissions encore accélérer, que chacun cherche à avoir le leadership de cette bataille parce qu’elle n’a besoin que de leaders et que de jeunes leaders partout dans le monde qu’on ne connaît pas encore et qui vont émerger et qui vont innover.

La deuxième chose, c’est que maintenant nous avons besoin de transparence et de capacité à rendre compte et donc la plateforme mise en place servira à cela. Et ensuite je souhaite que chaque année nous nous retrouvions sous ce format, avec là aussi des initiatives nouvelles, avec des compte rendus de ce qui a été fait et de ce qui n’a pas été fait et avec un point sur nos réussites et nos échecs. Nous avons maintenant besoin chaque année d’avoir une « réunion de chantier ».

Vous êtes toujours les bienvenus à Paris mais je serai toujours heureux aussi d’aller dans les pays qui souhaitent reprendre la suite de ces réunions de chantier. En tout cas, merci d’avoir été présents pour ce « One Planet Summit », merci d’avoir décidé collectivement de ne pas accepter la défaite, de refuser le fatalisme et de dire que si aujourd’hui nous avions commencé à perdre un peu de terrain dans cette bataille, nous avons décidé aujourd’hui de la gagner avec détermination, avec force, en prenant des engagements et en les tenant !

Merci à vous et merci à Jim et à Antonio ! Merci beaucoup !"./.

Financer les solutions face au dérèglement climatique

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Panel 1 : Changer l’échelle de la finance pour l’action climat

Les investissements d’aujourd’hui dessinent le monde de demain : afin de réduire lesémissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux effets des changements climatiques, il faut investir de l’ordre de milliards de milliards de dollars. Il est donc nécessaire de changer l’échelle des financements pour l’action climat notamment grâce à l’engagement public et à son effet levier.

Panel 2 : « Verdir » la finance en faveur d’une économie durable

La mobilisation de l’ensemble des acteurs de la finance est déterminante pour lutter contre le dérèglement climatique et favoriser la transition vers une nouvelle économie émettant moins de gaz à effet de serre et capable de s’adapter aux évolutions. L’enjeu est de pousser le secteur financier vers une perspective de long terme qui prendra mieux en compte les risques climatiques.

Panel 3 : Accélérer l’action locale et régionale en faveur du climat

Partout dans le monde, les villes, les États et les régions s’engagent à combattre les effets du changement climatique et posent les jalons qui stimulent l’ambition des gouvernements nationaux. Pourtant, les financements disponibles ne sont pas encore à la hauteur des enjeux et doivent être plus accessibles à l’échelle locale.

Panel 4 : Renforcer les politiques publiques pour la transition écologique et solidaire

Les gouvernements doivent jouer le rôle de garant des objectifs de l’Accord de Paris. La mobilisation de tous est nécessaire mais les politiques publiques doivent l’accompagner et l’encourager. A la lumière des impacts déjà ressentis du dérèglement climatique, il faut développer des stratégies d’adaptation pour protéger les citoyens des phénomènes climatiques extrêmes.

Plus d’informations sur le site officiel du Sommet : https://www.oneplanetsummit.fr/fr/

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères mobilisé pour accompagner le sommet

En parallèle du One Planet Summit, de nombreux événements labellisés sont organisés par des partenaires publics, privés et associatifs afin de participer à la dynamique de mobilisation et à la mise en œuvre de solutions concrètes en faveur de l’action climat.

Dans ce cadre, parce que les femmes sont des actrices incontournables du climat, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a organisé la veille du sommet une conférence intitulée « la finance climat en action pour les femmes ». Elle a permis d’aborder les contributions des femmes à la lutte contre le dérèglement climatique et les défis liés à la prise en compte du genre dans ce domaine.

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Cinq questions sur le One Planet Summit

Quelle est la différence entre le One Planet Summit et une COP ?

Le sommet n’est pas une « COP bis » et ne cherche pas à y faire concurrence. C’est une démarche complémentaire. Une COP est un moment de négociations entre Etats dans le cadre diplomatique des Nations unies. Le One Planet Summit ne se substitue pas à une COP mais un complément, un renforcement. Si le 12 décembre est la date anniversaire de la signature de l’accord de Paris, c’est parce qu’il est important de mettre en valeur son caractère irréversible et la dynamique de soutien grandissant dont il bénéficie.

Comment ce sommet s’articule avec d’autres échéances pour le climat, notamment au sein du processus des négociations climat ?

Le sommet « One Planet » s’inscrit dans une dynamique internationale. Il ne doit pas être considéré isolément mais s’apprécie en perspective avec les autres grands rendez-vous internationaux : récemment la COP 23 à Bonn, mais aussi le « Global Climate Action Summit » qui sera organisé en Californie en septembre 2018 à l’initiative du gouverneur Jerry Brown ou encore celui qu’organisera le Secrétariat général des Nations unies en 2019. Le One Planet Summit a pour objectif de maintenir au plus haut niveau politique la mobilisation en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique.

Qui participe au sommet ?

Le One Planet Summit n’est pas un sommet étatique mais il réunit la diversité des acteurs de la lutte contre le changement climatique. Il propose de donner à chacun, Etats comme représentants de la société civile, la possibilité de s’exprimer équitablement.

Pourquoi se concentrer sur les financements ?

Parce que c’est le « nerf de la guerre ». Le développement de la finance verte était un des piliers de la COP21. C’est la base de toute action et l’assurance de mettre en œuvre des projets concrets, en plus d’être l’un des objectifs de l’accord de Paris. Il nous faut à la fois montrer notre solidarité avec les pays qui souffrent le plus du changement climatique et, pour nous mettre sur la voie des 1,5/2°C, réorienter des milliards vers des investissements bas-carbone. C’est donc aussi un moyen de redonner un « sens » à la finance en la reconnectant avec des projets transformatifs et utiles aux citoyens dans le cadre de l’action climat.

Des projets illustratifs seront présentés pendant le sommet. Quels sont-ils et comment ont-ils été sélectionnés ?

Ces projets ont pour objectif de présenter les solutions concrètes qui fonctionnent sur le terrain et qui peuvent être reproduites. Ils sont représentatifs de toutes les dimensions géographiques, de la variété des acteurs et des financements, du plus petit au plus grand. Tous les partenaires du sommet se sont mobilisés pour proposer, en fonction de ces critères de qualité et de diversité, les meilleurs exemples et projets.

Le "One Planet Summit en images"

Pour accéder aux images du "One Planet Summit", cliquez ici

Vidéo "The overview effect" - Thomas Pesquet

Dernière modification : 18/12/2017

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