Sommet UE-Turquie sur les enjeux migratoires

Le Sommet qui s’est tenu le 29 novembre à Bruxelles a permis de renforcer la coopération entre l’UE et la Turquie avec l’adoption d’une déclaration et le lancement d’un plan d’action pour enrayer le flux de migrants irréguliers qui quittent la Turquie pour rejoindre l’Union européenne.

I-Déclarations du Président de la République à son départ du Sommet UE-Turquie (Bruxelles, 29 novembre 2015)

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"Je n’ai pas pu être présent au Conseil européen jusqu’à son terme puisque je dois accueillir le Président chinois Xi Jinping à Paris, mais pour ce qui concerne la France, l’essentiel était d’obtenir un plan d’action avec la Turquie pour que l’Europe puisse avoir, sur la question des réfugiés, sur la nécessaire lutte contre le terrorisme, et sur le règlement politique concernant la Syrie, les garanties nécessaires venant de la Turquie. C’était cela l’objectif. Et cet objectif pourra être atteint avec le respect des engagements, avec une évaluation étape par étape, et ce sera le rôle de la Commission européenne que d’y veiller.

Dès lors que la Turquie fait un effort pour accueillir des réfugiés -ceux-là mêmes qui ne viendront pas en Europe-, pour protéger la frontière turque, mais également pour fermer la frontière entre la Turquie et la Syrie, il est légitime que la Turquie reçoive une aide de l’Europe pour l’accueil de ces réfugiés.

Enfin, il y a une nécessité d’avoir des vérifications sur les personnes qui passent à travers le territoire turc. Nous savons qu’il y a des combattants étrangers qui utilisent cet itinéraire. Et d’autre part il y a des terroristes qui pourraient s’infiltrer. On l’a vu, y compris dans les attentats de Paris. Donc à partir de là il est très important qu’il puisse y avoir cette coopération entre l’Europe et la Turquie. La France y est particulièrement attentive.

Voilà ce que je voulais faire valoir dans cette réunion du Conseil européen –réunion exceptionnelle puisque la Turquie y était invitée-, mais moi je suis essentiellement préoccupé par ces 3 sujets :

- le règlement de la situation politique en Syrie.

- la lutte contre le terrorisme,

- et la coopération par rapport aux réfugiés.

Monsieur le Président, quand la Turquie va-t-elle adhérer à l’Union européenne ?

La question n’a pas changé. Les conditions n’ont pas été modifiées. Le processus est engagé depuis des années. Il n’y a pas de raison ni de l’accélérer, ni de le ralentir.

Est-ce que les 3 milliards d’euros seront réévalués en fonction des besoins de la Turquie ? Le calendrier n’est pas très clair pour le moment.

Pour l’instant il y a trois milliards qui ont été dégagés. Et ce sera au fur et à mesure des engagements de la Turquie pour les réfugiés que ces sommes seront versées.

M. le Président, un mot des heurts à Paris cet après-midi. Est-ce que vous craignez que la COP21 soit perturbée par des manifestations hostiles ?

Ces manifestations ne sont pas autorisées. Nous savions qu’il y avait des éléments perturbateurs, qui n’ont rien à voir d’ailleurs avec les défenseurs de l’environnement ou ceux qui veulent que la Conférence réussisse, et qui sont là uniquement pour créer des incidents. C’est pour ça qu’il y avait eu des assignations à résidence.

Et c’est doublement regrettable, je dirais même scandaleux : place de la République, là où il y a toutes ces fleurs déposées ? Ces bougies en mémoire de ceux qui sont tombés sous les balles des terroristes ? Et scandaleux également par rapport à l’enjeu de la conférence sur le climat, qui doit permettre au monde de décider de l’avenir de la planète afin d’éviter que nos enfants, et nos petits-enfants, vivent dans une planète dégradée.

Ces individus n’ont pas leur place et c’est pourquoi tout sera fait pour les écarter.

Merci./.

II-Déclarations du Président de la République à son arrivée au Sommet UE-Turquie sur les enjeux migratoires (Bruxelles, 29 novembre 2015)

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M. le Président, qu’attendez-vous de l’accord prévu aujourd’hui ?

"Il faut qu’il y ait un accord qui permette d’engager un plan d’action entre l’Europe et la Turquie pour que les réfugiés puissent être accueillis en Turquie, au plus près de leur pays d’origine, et de façon à ce que l’Europe puisse aider la Turquie, et que la Turquie puisse prendre un certain nombre d’engagements pour que les frontières puissent être davantage contrôlées.

Donc c’est l’intérêt de tous : l’intérêt des réfugiés, qui doivent rester au plus près de leur pays d’origine ; l’intérêt de la Turquie, qui recevra un soutien de la part de l’Europe ; et l’intérêt de l’Europe, pour ne pas accueillir des réfugiés en plus grand nombre qu’aujourd’hui, parce qu’on sait maintenant les questions qui sont posées et les problèmes que certains pays ont exprimés.

Donc je veux qu’il y ait un accord pour que la Turquie prenne des engagements, pour que l’Europe apporte un soutien, et pour que les réfugiés puissent être accueillis.

Quelles solutions pour que les données et le renseignement soient mieux échangés ?

Nous devrons avoir une coopération avec la Turquie pour lutter contre les trafics, pour agir contre le terrorisme. Il y a nécessité à le faire et aussi pour trouver une solution en Syrie. Je viens également dans cet esprit-là.

Merci"./.

Dernière modification : 11/03/2016

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