"Solidarité avec la Grèce et fermeté sur la bonne application de l’accord de 2016 entre l’UE et la Turquie"

Le ministre de l’Intérieur, M. Christophe Castaner, a participé le 5 mars 2020 à une réunion extraordinaire avec ses homologues européens afin d’échanger sur la situation aux frontières extérieures de l’UE.

Déclaration de M. Christophe Castaner à son arrivée à la réunion extraordinaire du Conseil justice et affaires intérieures (Bruxelles, 4 mars 2020)

M. Christophe Castaner : "Une déclaration rapide, Mesdames, Messieurs,

Vous savez que la France a souhaité la réunion des ministres de l’Intérieur de l’Europe pour aborder ce sujet de préoccupation qui concerne la frontière turque vers l’Europe.

D’abord, je voudrais penser à ce qui se passe en Syrie. Je pense à ces 900 000, 1 million de personnes qui, ces deux dernières semaines, notamment dans la poche d’Idlib, ont été déplacées et vivent dans des conditions extrêmement difficiles, et donc, j’ai d’abord cette pensée humanitaire pour celles et ceux qui sont dans ce conflit qui ne les concerne pas et dont ils sont les premières victimes.

Ensuite, je voudrais vous dire pourquoi la France a souhaité que cette rencontre ait lieu. C’est d’abord un message de solidarité avec la Grèce qui connaît un mouvement migratoire important, mais surtout une inquiétude migratoire particulièrement importante. De solidarité aussi avec Chypre et avec la Bulgarie qui peuvent être impactées par les discussions internationales que porte la Turquie aujourd’hui.

Je souhaite aussi, au nom de la France, porter un message de fermeté, celui de la volonté de la pleine et bonne application de l’accord de 2016 entre l’Europe et la Turquie. Il est nécessaire que chacun assume ses engagements et porte ses engagements, et on ne joue pas avec la vie de femmes et d’hommes qui, dans une volonté migratoire vers l’Europe, peuvent prendre tous les risques. Il est indispensable que nous trouvions un cadre de discussion avec la Turquie pour poursuivre la bonne application de l’accord de 2016 et que nous ne cédions rien sur ce sujet.

Et puis, un message d’exigence aussi dans notre engagement de solidarité, celui de la France au sein de l’Europe vis-à-vis des pays directement concernés, mais d’exigence aussi dans la responsabilité que nous avons au niveau européen pour garantir nos frontières européennes. Il y a la volonté du déploiement du dispositif Frontex à la frontière entre la Grèce et la Turquie, et c’est absolument indispensable. Nous ne pouvons pas aujourd’hui considérer que l’Europe est celle du libre déplacement en son sein, si nous ne sécurisons pas dans de bonnes conditions les frontières européennes.

Nous sommes confrontés à un moment peut-être historique sur notre responsabilité pour garantir aux citoyens européens le respect de nos frontières et c’est tout le sens du message que nous porterons aujourd’hui. Un message de solidarité avec la Grèce. Un message d’exigence pour le respect et la pleine application de l’accord de 2016 avec la Turquie. Et un message d’ambition et de rendez-vous avec notre propre histoire européenne pour que l’Europe puisse se montrer en capacité de faire respecter ses frontières et faire en sorte que nous puissions déployer la libre-circulation intra-européenne en sécurisant nos frontières européennes.

C’est tout le sens du message que nous porterons aujourd’hui devant les autorités européennes. Nous avons déjà pu évoquer cela avec elles depuis le début de ce week-end. Le Président de la République, Emmanuel Macron, a échangé avec les différentes autorités européennes mais aussi avec les responsables politiques grecs et turcs et nous sommes très attentifs à la bonne exécution de ces conditions que je viens de poser.

Monsieur le ministre, quelle va être la contribution de la France à l’opération Frontex ?

M. Christophe Castaner : La France a déjà, dans le premier niveau d’intervention de Frontex qui peut mobiliser jusqu’à 1 500 personnes, prévu sa quote-part, sa contribution. Evidemment, nous nous adapterons en fonction des demandes de la Grèce. Nous sommes déjà disposés à mobiliser une douzaine de personnes qui sont expertes sur certains sujets pour répondre positivement à la demande de la Grèce. Nous sommes prêts à aller au-delà pour jouer notre pleine et entière responsabilité au sein de Frontex, en lien avec les autorités grecques et puis, en fonction des demandes qui pourraient venir, en lien avec les autorités de Chypre ou de la Bulgarie.

Qu’est-ce que vous pensez du fait que la Grèce a suspendu les demandes d’asile pendant un mois ? Est-ce que l’Union européenne respecte encore les droits fondamentaux ?

M. Christophe Castaner  : Je crois que la Grèce a voulu porter un message politique d’appel à l’aide européenne. Nous n’avons pas toujours été à la hauteur de la solidarité au sein de l’Europe avec les pays de première entrée, et notamment la Grèce, donc j’entends cela comme un message politique, pas comme un message de défiance.

Est-ce que la France est prête à accueillir des réfugiés d’iles grecques ?

M. Christophe Castaner : D’abord, la France est avec l’Allemagne au premier rang des pays européens en matière d’accueil de demandeurs d’asile, et nous savons que d’autres pays jouent également un rôle important sur ce sujet. Donc, c’est aussi dans cet esprit que nous voulons montrer notre solidarité avec la Grèce. Mon Secrétaire d’Etat, Laurent Nunez, était, il y a quelques semaines, en Grèce et a proposé la relocalisation de 400 migrants immédiatement. Evidemment, nous sommes prêts à travailler dans le cadre d’une solidarité européenne qu’il faut construire, construire tous les jours, à ce que la France prenne sa part de responsabilité./.

Statement on the situation at the EU’s external borders, 4th March 2020

The EU Ministers of Home Affairs met today, together with the Ministers of the Schengen Associated Countries, for an extraordinary Council meeting to discuss the situation at the EU’s external borders with Turkey.

In line with the strong statements of the four presidents of EU institutions during their recent visit to the Greek-Turkish border, the Council expresses its solidarity with Greece, with Bulgaria and Cyprus and other Member States, which might be similarly affected, including in efforts to manage EU’s external borders. The EU will also continue to closely cooperate with the Western Balkans partners in managing migratory flows.

While the Council acknowledges the increased migratory burden and risks Turkey is facing on its territory and the substantial efforts it has made in hosting 3,7 million migrants and refugees, it strongly rejects Turkey’s use of migratory pressure for political purposes. This situation at EU’s external borders is not acceptable. The Council expects Turkey to implement fully the provisions of the 2016 Joint Statement with regard to all Member States. This Statement produces tangible results, including by supporting Turkey’s significant efforts in hosting migrants and refugees. Both the EU and Turkey stand to benefit from the continuation of this cooperation and commitment.

The EU and its Member States remain determined to effectively protect EU’s external borders. Illegal crossings will not be tolerated. In this regard, the EU and its Member States will take all necessary measures, in accordance with EU and international law. Migrants should not be encouraged to endanger their lives by attempting illegal crossings by land or sea. The Council calls upon the Turkish government and all actors and organisations on the ground to relay this message and counter the dissemination of false information. The EU will continue to actively fight human smuggling.

All Member States, the European Commission and EU Agencies stand ready to strengthen their support to areas under pressure, including through the deployment of FRONTEX’s rapid border intervention and additional technical assistance. Member States will swiftly provide the support necessary to ensure the immediate deployment of the relevant teams and assets. The Commission will play an active role in coordinating Member States’ support.

The Council welcomes the European Commission’s additional support to Greece, notably its commitment to make immediately available EUR 350 million, and the proposal for an additional EUR 350 million to support migration and integrated border management. The Council also welcomes the Commission’s efforts to coordinate the rapid delivery of assistance via the Union Civil Protection Mechanism.

The Council (Justice and Home Affairs) will meet on 13 March to further develop the EU’s response to needs expressed by Greece. The Council and the Commission will continue to monitor the situation and coordinate the EU action, including through the Integrated Political Crisis Response mechanism and other possible coordinating measures, as appropriate.

Dernière modification : 05/03/2020

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