S. Royal demande à concrétiser la signature et la ratification de l’Accord de Paris

Mme Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, a participé vendredi 4 mars au Conseil Environnement à Bruxelles, avec comme point important de l’ordre du jour le changement climatique avec les suites de la COP 21.

En sa qualité de présidente de la CoP, elle a appelé ses collègues européens à poursuivre l’ambition démontrée par l’Europe lors de la Conférence de Paris et à être représentés à haut niveau lors de la signature de l’Accord de Paris, le 22 avril prochain à New York. Elle a également souligné l’importance d’entreprendre rapidement les procédures de ratification de cet accord, en vue d’un dépôt conjoint et dès que possible des instruments de ratification des Etats membres et de l’Union européenne.


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Déclarations de Mme Ségolène Royal à son arrivée au Conseil Environnement du 4 mars, à Bruxelles, sur le point climat/COP21

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JPEG Q : Qu’est-ce que vous attendez de ce rendez-vous aujourd’hui sur la signature et sur la ratification de l’Accord de Paris, qui sont deux temps différents ?

La Ministre : Ce Conseil Environnement arrive au bon moment parce que nous sommes maintenant à quelques jours du 22 avril, c’est-à-dire de la date de signature à New York de l’Accord de Paris, et je vais m’adresser à mes homologues en tant que présidente de la COP 21 pour leur demander trois choses.

La première, c’est que bien évidemment nous attendons les chefs d’Etat et de gouvernement les plus nombreux possible, le Président de la République française d’ailleurs aura l’occasion de leur redire au Conseil européen du 18 mars ; c’est le souhait aussi de Ban Ki moon que vraiment l’enthousiasme de l’Accord de Paris se prolonge et soit visible le 22 avril. Et les pays européens qui ont été très à l’offensive, qui ont assumé un leadership très important pour la réussite de la COP de Paris, doivent continuer à assumer ce leadership, il faut qu’ils donnent aussi le signal de la ratification.

La France, en tant que présidence de la COP, a décidé de montrer l’exemple puisque je présenterai mercredi prochain le projet de loi de ratification en Conseil des ministres, et à partir de là, nous avons décidé, dès la signature, de passer en ratification le texte au Parlement, ce qui fait que tout sera fait avant l’été. Je vais proposer à l’ensemble de mes collègues européens de faire la même chose dans leur pays.

La deuxième chose, c’est la mise en place de l’Agenda des solutions, des grandes coalitions. Donc je vais redonner les thématiques des grandes coalitions pour dire que c’est très important que les pays qui ont adhéré à ces coalitions aident la France concrètement à donner du contenu à ces coalitions, ce qu’ils ont déjà fait, pour que l’on puisse le 22 avril commencer à faire un bilan de ce qui s’est passé entre Paris, dans la dynamique de Paris, et le 22 avril, en particulier la coalition du le prix du carbone. Donc là, je vais redire les propositions sur le prix du carbone, notamment le corridor carbone. Il est très important que dans la réforme du marché des ETS, proposé par la Commission et qui va dans la bonne direction, l’Union européenne là-aussi fasse un pas en avant et soit très unie sur la problématique du prix du carbone.

Je vais aussi évoquer la priorité qui est la mienne sur les énergies renouvelables en Afrique, pour dire que le continent africain, c’est le partenaire privilégié de l’Europe, qu’il y a là des enjeux considérables de l’accès de l’Afrique au développement, à la sécurité alimentaire, à la sécurité sanitaire grâce à l’accès aux énergies renouvelables. Et donc lancer aussi un appel à l’ensemble des pays européens pour qu’ils renforcent la coopération bilatérale avec l’Afrique.

Et enfin, il y a toutes les problématiques du financement, là aussi où l’Europe est quand même le premier bailleur mondial, avec ses 15 milliards. Donc il est important de maintenir cette priorité parce que c’est l’Europe qui a fait le lien entre les objectifs du développement durable et le climat, les objectifs de développement et la lutte contre la pauvreté. Cet enjeu-là est aussi très important.


Q : Et au niveau européen, notamment pour tout ce qui est secteur hors ETS, est-ce que vous allez commencer à discuter du partage de l’effort, on en est où à ce niveau-là ?

La Ministre : Ces discussions sont en cours, c’est un sujet très important et ce sujet s’inscrit dans une dynamique. Plus la dynamique sera positive, plus le partage de l’effort sera facile ; donc c’est dans une dynamique positive de co-construction que l’on pourra résoudre le problème du partage de l’effort. Si on est statique, c’est très difficile de partager l’effort. Si on est dans une dynamique de progrès, à ce moment-là, le partage de l’effort est beaucoup moins problématique. Ce dont il faut prendre conscience, c’est de la nécessité d’accélérer cette dynamique.
L’Europe avec son engagement d’octobre 2014 avait été à l’avant-garde, cet objectif s’est renforcé pendant la COP 21. L’Europe doit garder une initiative, c’est d’ailleurs l’un des souhaits très forts du Secrétaire général des Nations unies, que j’ai rencontré récemment et qui m’a dit : « Vraiment, je compte sur l’Europe pour aider la communauté mondiale à garder une initiative et une dynamique sur la question de la coalition climatique »./.

Résultats de la session du Conseil

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Dernière modification : 20/05/2016

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