Réunion informelle des ministres de l’Economie et des Finances

M. Bruno Le Maire a participé les 10 et 11 septembre 2021 à l’Eurogroupe et à la réunion informelle des ministres de l’Economie et des Finances qui se sont déroulés à Brdo, en Slovénie.

Déclaration de M. Bruno Le Maire à son arrivée à l’Eurogroupe (10 septembre 2021, Brdo, Slovénie)

M. Bruno Le Maire : "I am happy to be here in Slovenia by this very beautiful weather. First of all, maybe a quick point about the current economic situation in Europe. Growth is back and that’s good news for all of us. Growth is back in France. We should have a level of a growth in 2021 of 6% and we should come back to the pre COVID economic situation, no later than the end of 2021, in December 2021. Growth is back in Europe too with an average level of growth of around 4.8%,. That’s also very good news. And I think that we should all be very proud of what has been decided by the 27 Member States all along this COVID crisis. We took the right economic decisions. We had the right economic strategy with a very strong support to the salaries and a really strong support to the private companies. And the consequence of that is that growth is back and the solid economic recovery we are experimenting in Europe is due to the protection of our economy and a quick implementation of the economic recovery plans, everywhere in Europe.

So now, what remains to be done for the end of 2021 and the beginning of 2022 - we will have the discussion this morning in the Eurogroup and then in the Ecofin :

First of all, we need to have the quickest implementation as possible of the economic recovery plans. That’s of course of the utmost importance. And we should come from the very strong support to all the salaries and all the companies to a support that must be most targeted on the sectors that have been the most severely hit by the crisis. In France, the choice that has been made is very clear : it is the end of the “whatever it costs”, it is the beginning of a tailor-made support. That’s the strategy we have decided with the French President. This is the end of the “whatever it costs”. This is the beginning of a tailor-made support to the sectors that have been the most severely hit by the crisis, for instance restaurants, hotels, tourism and so on.

The second key point is investment : there is a need for investment in Europe, for very strong investment for two key reasons. The first one is the fight against climate change. The fight against climate change will be very costly, it will require a lot of new investments. We need money for climate. We need money to fight climate change. We need money to have access to the technologies that will allow us to be the continent which is the most successful in the world in the reduction of CO2 emissions. But let’s be clear : there is a need for a lot of money, and we need to invest in the fight against climate change. The second reason why it is time to invest is the need for investment, sovereignty and independence. If Europe wants to be independent, we need to invest in key technologies. If we want to be a sovereign and independent continent between China and the United States, we need to invest in artificial intelligence, we need to invest in hydrogen, we need to invest in quantic calculation, we need to invest in semiconductors. The lack of semiconductors has a direct effect on the sovereignty of Europe and the possibility for the automotive car industry to deliver.

The third point after the questions of the economic recovery and the question of investment will be the return to sound public finances. I want to be very clear about that : we need to return to sound public finances, but we need to have a progressive return to sound public finances. We should not kill growth. We should have in mind and bear in mind, that if we want to have a eurozone, there is a need for common rules and there is a need to come back progressively to sound public finances. And that’s exactly what we are doing now in France. I just presented the budget for 2022 : we will reduce the level of public debt from 116% in 2021 to 114% in 2022. We will reduce the level of public deficit from 9% to around 5% which means that we are clearly on the road to sound public finances. Once again there is no contradiction between our determination to have a very strong growth in France and in Europe and the necessity to progressively come back to sound public finances.

Monsieur le Ministre, quelques pays ont peur et disent que la France, c’est la France et que certains pays peuvent faire comme ils veulent. Je pense notamment à la réforme des retraites qui va être reportée pour longtemps. Comment pouvez-vous retrouver cette confiance avec les pays qui ont, par exemple, signé une lettre pour dire qu’ils veulent les principes sauvegardés sur la consolidation ?

M. Bruno Le Maire : Alors, aucun pays ne fait comme il veut quand il appartient à une même zone monétaire. Notre intérêt, c’est que l’euro soit solide et que la zone euro soit solide. On voit bien que l’euro nous a protégés pendant cette crise, qu’il nous a permis de faire face à la crise, de lever de la dette en commun et de nous permettre de financer des plans de relance qui, aujourd’hui, donnent des résultats spectaculaires en matière de croissance. La croissance aujourd’hui, c’est la relance. Ne l’oublions jamais : la croissance, c’est la relance. La deuxième chose, c’est que, tout au long du quinquennat d’Emmanuel Macron, nous avons montré que la bonne tenue des finances publiques faisait partie de l’ADN de cette majorité et je ne veux laisser aucune ambiguïté sur ce sujet. La bonne tenue des finances publiques fait partie de l’ADN de la majorité et fait partie des orientations du président de la République. Dans les trois premières années du quinquennat, quand il n’y avait pas encore de crise économique, nous sommes repassés sous la barre des 3% de dépenses publiques, nous avons sorti la France de la procédure pour déficit public excessif, et pour la première fois depuis plus de 10 ans, nous avons réduit la part de la dette publique par rapport à notre richesse nationale. Donc nous avons un acquis en la matière et nous avons une crédibilité en la matière. Nous avons ensuite pris la décision, face à la crise, de protéger massivement notre économie, salariés et entreprises. C’était la bonne stratégie parce qu’il est beaucoup moins coûteux de protéger ses salariés et ses entreprises que de devoir ensuite massivement réparer les dégâts de la crise. Si nous redémarrons fort aujourd’hui avec une croissance forte, c’est parce que nous avons dépensé intelligemment l’argent, en investissant dans nos compétences et dans les entreprises. Vient ensuite le troisième temps, et je veux être très clair sur ce sujet-là, nous réduirons les dépenses publiques et nous sommes engagés à réduire notre dette publique. Et nous avons une stratégie : la stratégie c’est la croissance, elle est là. C’est bien la preuve que notre stratégie est solide. Elle est là de manière plus forte qu’attendu. Notre stratégie, c’est en deuxième lieu des réformes. Nos partenaires européens peuvent voir que nous avons décidé avec le président de la République, avec le premier ministre Jean Castex, d’appliquer au premier octobre la réforme de l’assurance chômage. C’est une décision courageuse, ce n’est pas une décision facile à prendre, de faire une réforme de l’assurance chômage au moment où nous sortons d’une des crises économiques les plus graves de notre histoire. Nous avons pris cette décision. Le président de la République a aussi été très clair sur le fait que, le moment venu, nous aurions besoin d’une réforme des retraites. Je pense que nous faisons preuve d’une très grande clarté vis-à-vis de nos partenaires européens sur notre détermination à continuer des réformes de structure. Enfin, en troisième lieu, il faudra aussi de nouvelles règles sur la gestion des finances publiques. J’ai proposé, comme vous le savez, une règle d’or en la matière. Tout ça, je crois, consolide la crédibilité de la France vis-à-vis de nos partenaires européens.

Vous avez parlé de l’importance de l’investissement contre le changement climatique. Est-ce que, selon vous, ça doit être exclu du calcul, dans l’Union Européenne, de la dette nationale ?

M. Bruno Le Maire  : Je pense que ça mérite débat, je pense que chacun doit prendre conscience que la lutte contre le changement climatique ne fait que commencer, qu’elle va être très coûteuse et que la clé de notre succès en matière environnementale, c’est le financement. Il va falloir mettre beaucoup d’argent sur les nouvelles technologies, sur le stockage des énergies renouvelables, sur les énergies renouvelables elles-mêmes, sur l’énergie nucléaire pour ce qui concerne la France car l’énergie nucléaire émet peu de CO2 et qu’elle est un des instruments pour lutter contre le réchauffement climatique. Donc regardons déjà quel est le volume d’investissement dont nous avons besoin. Il va être beaucoup plus important que ce que nous anticipions, beaucoup plus important. Et à partir de là, quelles sont les règles que nous décidons tous ensemble ? Et ayons un débat sur ces règles du pacte de stabilité et de croissance, qui soit un débat apaisé ! La France est très claire sur le sujet : il faut des règles communes, il faut des règles communes ! Il ne peut pas y avoir de zone monétaire commune s’il n’y a pas de règles communes que chacun puisse respecter. Ensuite, il y a des règles qui sont visiblement obsolètes. Prenez le niveau de dette publique, lorsqu’il y a 10 ou 20 points d’écart entre les dettes publiques d’un Etat membre et d’un autre, ça ne pose pas de difficultés. Aujourd’hui, sur la seule dette publique, il y a des écarts de niveaux qui sont parfois de 100 points, entre des Etats qui sont près de 60% de dette publique, et d’autres qui sont à plus de 160% de dette publique. Donc il va falloir trouver une méthode différente, des règles différentes, un retour à l’équilibre budgétaire qui soit différent. Et c’est de cela dont nous allons discuter, mais très franchement, je pense que nous pouvons avoir un débat constructif et apaisé sur le sujet. Je n’ai aucun doute là-dessus"./.

Dernière modification : 15/09/2021

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