Plus que jamais l’éducation et la formation doivent être des remparts contre le fanatisme

Conférence de presse conjointe de la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Najat Vallaud-Belkacem, du ministre luxembourgeois de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, M.Claude Meisch et du Commissaire à l’Éducation, à la Culture, à la Jeunesse et aux Sports, M. Tibor Navracsics

Merci beaucoup,

Bonjour à toutes et à tous,

D’abord, merci cher Claude et merci cher Tibor de m’accueillir parmi vous, je sais que ce n’est pas la tradition, pour cette conférence de presse mais je suis sensible à l’attention que vous portez ainsi une fois de plus à la France. Et je voudrais commencer ce propos en rappelant ici qu’après les attentats de janvier dernier, contre Charlie Hebdo, contre l’Hyper Casher, contre des policiers, la France avait très vite ressenti le besoin de réunir ses homologues européens, sous différentes formes bien sûr, dans différents conseils européens qui traitaient de sécurité, de défense, mais très vite aussi d’éducation. Et c’est ce qui m’a poussé, le 17 mars dernier, à réunir 26 ministres européens de l’éducation à Paris pour que nous puissions échanger sur la nécessité pour l’éducation, aussi d’être au rendez-vous et de faire en sorte, non pas d’éviter à elle toute seule que de tels drames se reproduisent- on est tous d’accord pour dire que ce n’est pas à l’école seule de porter le poids de cette responsabilité là-, mais en tout cas de faire son maximum, cette éducation, pour prévenir la tentation de la radicalisation, et puis pour faire en sorte aussi pour le plus grand nombre de jeunes qui n’auraient jamais été tentés par la radicalisation, que le vivre ensemble, les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité signifient encore quelque chose, et qu’on ne se retrouve pas dans cette situation à laquelle on aurait pu s’attendre après les attentats d’une telle violence de repli sur soi communautaire où chacun se méfie de son voisin et où on cherche le bouc-émissaire.

Donc, nous nous sommes retrouvés le 17 mars dernier à Paris et nous avons adopté la Déclaration de Paris. L’un des sujets à l’ordre du jour de ce conseil européen de l’éducation, qui était bien sûr programmé de longue date, c’était notamment de nous faire avancer sur la mise en œuvre des principaux points de cette déclaration de Paris. Je remercie vraiment à cet égard la Présidence luxembourgeoise et le Commissaire qui ont beaucoup travaillé sur ce sujet et qui auront des annonces fortes à nous faire sur ce point.

Je n’aurai pas cru que, venant à ce Conseil européen, on se retrouve à nouveau dans une situation où, quelques jours avant, un nouvel attentat a frappé Paris dans les conditions que vous savez, absolument abominables, qui une fois de plus s’est attaqué, on dit en France, à un des points de notre devise républicaine : la Fraternité. Mais tous les pays européens pourront se reconnaître dans ce que l’on dit par-là, c’est-à-dire à ce qui fait la marque de l’Europe, d’une Europe qui vit en paix, qui vit dans sa diversité, d’une Europe qui est capable de faire cohabiter, comme on le voit aujourd’hui d’ailleurs à travers l’accueil des réfugiés, des populations de différentes origines et d’espérer leur offrir le meilleur à toutes, et notamment grâce à l’éducation. Donc, ce qui a été attaqué, vendredi 13 novembre à Paris, c’est cette capacité, tout simplement, à cohabiter, à coexister pacifiquement.

Et, aujourd’hui, dans ce Conseil européen, une fois de plus, ce que nous voulons dire, nous, Ministres de l’Education, c’est que l’éducation et la formation doivent être un rempart contre le fanatisme et un vecteur d’ouverture, de respect mutuel, de fraternité. Il faut l’affirmer haut et fort, il faut nous en donner les moyens. Il faut faire en sorte que l’école, dans nos différents pays, soit bien sûr, d’abord, un vecteur de connaissance, de savoir, mais aussi un vecteur de citoyenneté, un lieu où on apprend à vivre ensemble puisque le constat que nous faisons tous, dans nos différents pays, c’est que c’est bien le seul lieu où toute une génération, toute une classe d’âge, se croise, véritablement, rares sont les lieux sociaux qui offrent cette possibilité. Un lieu donc où on doit apprendre les valeurs qui nous sont si chères sur le sol européen et que la jeune génération vient d’apprendre, de façon sanguinaire, qu’elle aura malheureusement à devoir les défendre. Les défendre ces valeurs, car elle ne sont pas acquises. Et donc, pour pouvoir les défendre, il faut d’abord les comprendre, en acquérir la conviction, les partager, le plus largement possible, se sentir appartenir à une communauté nationale, à une communauté européenne. C’est à tout cela que les Etats européens et les Ministres de l’Education, en particulier, veulent contribuer.

Voilà ce que je pouvais dire en quelques mots, Messieurs, en vous remerciant de m’avoir donné la parole./.

Dernière modification : 19/09/2016

Haut de page