Participation du président de la République à la visioconférence des membres du Conseil européen

Le président de la République a participé les 25 et 26 février 2021 à la visioconférence des membres du Conseil européen.

Le 25 février, les membres du Conseil européen se sont réunis par vidéoconférence pour débattre de la situation actuelle concernant la pandémie de COVID-19 et de la préparation face aux menaces sanitaires.

Ils se sont à nouveau réunis par vidéoconférence le 26 février et se sont concentrés sur la sécurité et la défense, et sur les relations avec les pays du voisinage méridional.

Déclaration du président de la République à l’issue du premier jour de la visioconférence du Conseil européen (25 février 2021)

Le président de la République  : "Bonjour à toutes et tous,

Nous nous sommes retrouvés pour un Conseil européen dont la première partie s’est tenue cet après-midi et qui se poursuivra demain dans la matinée, et qui nous a permis pour les heures qui viennent de s’écouler de poursuivre les efforts de coordination que nous avons engagés sur la lutte contre le virus. S’agissant de la situation actuelle, nous nous sommes accordés sur l’urgence de la lutte contre les variants du virus et avons soutenu le lancement par la Commission d’une sorte de Barda européenne, HERA, qui va réunir laboratoires, chercheurs, acteurs industriels, régulateurs, et s’appuyer sur des financements européens, afin que nous puissions être au rendez-vous de l’innovation, de la production et de la livraison de produits de santé en Europe. Nous avons aussi échangé sur les nouvelles commandes de la Commission européenne auprès de Pfizer et Moderna et appelé à accélérer les livraisons en cours, tout comme les négociations pour les futurs vaccins, tout particulièrement pour ce qui concerne les laboratoires Novavax et Valneva.

L’approche européenne, vous le savez, je la défends parce que c’est le seul moyen d’organiser une campagne vaccinale efficace en Europe et elle porte ses fruits. Nous avons pu nous appuyer sur plusieurs types de vaccins avec différentes technologies, pour que tous les États membres puissent déployer leur stratégie de vaccination de manière parallèle depuis fin décembre. Partir en ordre dispersé aurait été inutile, nous le voyons aujourd’hui alors que la problématique des variants est ressentie précisément partout en Europe.

Notre objectif est de sécuriser les commandes passées, de continuer à produire davantage en Europe, et nous avons encore vu cette semaine l’annonce de plusieurs laboratoires qui ont accepté de convertir des sites de production pour produire des vaccins existants et homologués et préparer la production future. A cet égard, nous avons également eu un échange sur le renforcement de la production sur le sol européen, en identifiant les capacités encore disponibles de certains industriels qui pourraient aider à la production du vaccin et d’autres produits de santé, la poursuite aussi des vaccins de deuxième génération qui arriveront à l’automne ainsi que l’identification de nos besoins en termes d’intrants avec des cartographies très claires. Je veux à cet égard remercier la Commission pour le travail important qui a été réalisé ces dernières semaines sur ce sujet par la présidente VON DER LEYEN et la Task force pilotée par le commissaire BRETON avec une équipe dédiée.

L’Union européenne se met en capacité de produire, comme l’a dit la Commission européenne, de manière beaucoup plus autonome à partir de la fin d’année, et de manière durable car il est vraisemblable que nous aurons à vivre avec ce virus dans la durée et donc à poursuivre des campagnes vaccinales. Il faudra renforcer précisément cette autonomie européenne.

Il nous faut aussi disposer d’une information transparente sur ce que les entreprises basées en Europe produisent et exportent. C’est l’objet du mécanisme de contrôle et d’autorisation des exportations que nous avons souhaité poursuivre. J’ai aussi attiré l’attention sur l’importance d’avoir un mécanisme comparable sur l’ensemble des composants pour les vaccins mais aussi les traitements ou les diagnostics.

Ces variants, donc, doivent nous conduire à la plus grande vigilance et coordination, en particulier avec nos voisins. Je l’ai rappelé, des mesures de contrôle peuvent être nécessaires à certaines frontières internes à l’Union européenne, en particulier pour combattre la propagation des variants. Mais le principe général doit rester celui de la préservation des mouvements des frontaliers et des transporteurs, tout simplement pour éviter de fragmenter les bassins de vie et de rompre les chaînes d’approvisionnement. Nous pouvons concilier la cohérence de nos vies avec la lutte contre le virus et la diffusion des variants.

Cette même unité et coordination sont nécessaires s’agissant des certificats de vaccination. Je pourrai y revenir dans les questions si vous le souhaitez, ces certificats sont à distinguer des mécanismes que nous sommes en train de préparer dans chacun dans nos pays. Ils permettront simplement, une fois les campagnes vaccinales faites dans l’Union européenne, de réorganiser la circulation entre Etats membres de manière plus fluide. Je comprends à cet égard l’espoir de retour à une vie normale que suscite le développement d’un tel outil. Mais là aussi, nous devons trouver un équilibre. Nous devons éviter que chaque pays développe son propre système, et donc travailler à une certification médicale commune. Et dans le même temps, alors que nos populations n’ont pas encore toutes eu accès au vaccin qui est administré sur une base, je le rappelle, volontaire, et pour le moment avec des critères d’âge, un tel document ne saurait ouvrir des droits spécifiques aux personnes vaccinées. Il y a donc des questions sanitaires mais également éthiques, juridiques importantes sur lesquelles nous devons travailler dans les prochains mois.

Enfin, et c’est un point sur lequel je suis longuement revenu, l’Europe doit prendre toute sa part dans la solidarité internationale pour lutter efficacement contre cette pandémie mondiale. Il y a un an, nous avions lancé l’initiative ACT-A, solidarité pour l’Afrique, et il est clair que nous avons besoin de bâtir cette solidarité à l’égard de nos voisins, qu’il s’agisse des Balkans, de l’Afrique en particulier. Cette solidarité repose sur une aide sanitaire pour les vaccins, les traitements, le diagnostic, le soutien au système de santé primaire, la production aussi de l’ensemble de ces matériels, mais également un soutien économique, comme nous avons déjà commencé à le faire et comme nous continuerons de le faire.

Sur ce qui est des vaccins, j’ai eu l’occasion de défendre l’idée portée par la France en G7 la semaine dernière et de répondre, ce faisant, à l’appel que l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Union africaine et le Parlement européen nous ont lancé aujourd’hui. En effet, nous ne vaincrons durablement ce virus que si nous parvenons à développer une campagne de vaccination partout sur la planète, et en particulier chez nos voisins et amis africains. Nous le savons, il y a 6,5 millions de soignants sur le continent africain, ce qui signifie mobiliser 13 millions de doses. Ces doses représentent 0,43% de celles qui ont été commandées par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Canada et le Japon. C’est un effort minime mais qui doit pouvoir s’organiser dans les prochaines semaines et les prochains mois. C’est ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord, sans que cela vienne d’ailleurs perturber en quoi que ce soit nos campagnes de vaccination domestiques. Cette solidarité est extrêmement importante et sera la condition de crédibilité du mécanisme dit COVAX.

Nous reprendrons demain matin nos travaux sur deux thématiques également importantes : celle de l’Europe de la défense et celle de notre voisinage sud. Sur l’Europe de la défense, nous l’avons rappelé le 5 février avec la chancelière MERKEL, nous devons continuer à travailler au renforcement de notre analyse collective, des menaces et de nos capacités. C’est ce à quoi doit contribuer le nouveau projet de boussole stratégique initié par la présidence allemande du Conseil et qui devrait se clore sous présidence française au premier semestre 2022.

Depuis 2017, nous avons fait faire beaucoup de chemin à cette Europe de la défense. Avec la coopération structurée permanente avec certains Etats, le lancement du Fonds européen de défense, de la Facilité européenne pour la paix, le lancement de l’Initiative européenne d’intervention, nous avons structuré quelque chose de profondément nouveau qui, d’ailleurs, va se décliner aussi à travers des coopérations industrielles mais également une plus grande souveraineté technologique. Nous ouvrons à présent un nouveau chapitre qui doit nous aider à nous projeter à l’horizon 2030 pour adapter nos opérations aux défis actuels et anticiper les nouvelles formes de menaces : cyber, maritimes, spatiales, aériennes. Et c’est seulement en poursuivant sur cette voie que l’Europe pourra prendre sa juste part dans la sécurité collective et être un allié fiable et crédible, notamment à travers le pilier européen de l’OTAN.

Enfin, nous aborderons le sujet de notre coopération avec nos partenaires majeurs au sein du voisinage sud dans cet espace partagé qu’est la Méditerranée. La Commission a proposé récemment un nouvel agenda commun pour que nous puissions investir conjointement jusqu’à 7 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Nous devons nous saisir de ce nouveau programme pour apporter notre appui à la jeunesse de ces pays, aux investissements dans les technologies vertes, au dialogue entre nos sociétés civiles. C’est pourquoi il est important aussi que les chefs d’Etat et de gouvernement puissent discuter ensemble de ces perspectives ambitieuses avec nos voisins du sud de la Méditerranée. Et vous savez combien je tiens et crois aussi à ce format. Le Sommet des deux rives aura vocation d’ailleurs à décliner l’agenda français et européen en la matière en impliquant profondément les sociétés civiles.

Voilà les quelques mots que je souhaitais partager avec vous ce soir à l’issue de cette première partie du Conseil européen et avant de répondre à vos questions"./.

Communiqué du Conseil européen : principaux résultats

Le 25 février, les membres du Conseil européen se sont réunis par vidéoconférence pour débattre de la situation actuelle concernant la pandémie de COVID-19 et de la préparation aux situations d’urgence sanitaire. Ils se sont à nouveau réunis le 26 février et se sont concentrés sur les questions de défense et de sécurité ainsi que sur les relations avec le voisinage méridional.

COVID-19

Les dirigeants de l’UE ont fait le point sur la situation épidémiologique. Ils continueront à travailler ensemble et à coordonner leur action pour lutter contre la pandémie de COVID-19, à suivre de près la situation générale et à prendre les mesures nécessaires.

La situation épidémiologique reste grave et les nouveaux variants posent des défis supplémentaires. Nous devons donc maintenir des restrictions strictes tout en intensifiant les efforts visant à accélérer la fourniture de vaccins.

Déclaration des membres du Conseil européen

Restrictions en matière de déplacements

Les dirigeants sont convenus de la nécessité de limiter pour l’instant les déplacements non essentiels.

Ils sont salué l’adoption des deux recommandations du Conseil sur les déplacements vers l’UE et en son sein. Ces recommandations prévoient que des restrictions peuvent être introduites conformément aux principes de proportionnalité et de non-discrimination et compte tenu de la situation particulière des communautés transfrontalières. Il faut assurer la circulation des biens et des services au sein du marché unique, y compris en recourant à des voies réservées aux points de passage frontaliers.

Vaccins

Les dirigeants ont souligné qu’il fallait accélérer d’urgence l’autorisation de vaccins, leur production et leur distribution, ainsi que la vaccination. Ils ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de surveillance et de détection afin d’identifier les variants le plus tôt possible, de manière à en maîtriser la propagation.

Les dirigeants de l’UE ont soutenu les efforts fournis par la Commission pour collaborer avec les entreprises et les États membres afin d’accroître la capacité de production de vaccins et d’adapter les vaccins aux nouveaux variants.

Ils se sont également félicités des efforts que déploie actuellement la Commission pour :

  • accélérer la mise à disposition des matières premières
  • faciliter les accords entre fabricants tout au long des chaînes d’approvisionnement
  • examiner les installations existantes afin de contribuer à l’accroissement de la production dans l’UE
  • poursuivre les travaux de recherche et de développement

Les entreprises doivent assurer la prévisibilité de la production de vaccins et respecter les délais de livraison contractuels.

Déclaration des membres du Conseil européen

Les dirigeants ont appelé à la poursuite des travaux menés sur une approche commune concernant les certificats de vaccination. Ils reviendront sur cette question.
Solidarité avec les pays tiers

Les dirigeants de l’UE ont réaffirmé leur solidarité avec les pays tiers et souligné leur détermination à renforcer la riposte au niveau mondial face à la pandémie. Ils ont salué les premiers plans du mécanisme COVAX visant à distribuer des vaccins à 92 pays à revenu faible et intermédiaire.

Nous restons résolus à améliorer l’accès aux vaccins pour les groupes prioritaires dans les pays de notre voisinage et au-delà, sur la base de principes communs, et à soutenir une approche globale au moyen du mécanisme COVAX.

Déclaration des membres du Conseil européen

Santé

Bien que la crise de la COVID-19 ne soit pas encore terminée, les dirigeants sont convenus de commencer d’ores et déjà à renforcer la résilience future de l’UE en matière de santé. Ils s’emploieront à améliorer la coordination de l’UE pour :

  • assurer une meilleure préparation et de meilleurs systèmes de prévention
  • s’assurer de disposer d’outils pour réagir
  • disposer des moyens de garantir à tous les États membres des vaccins et des fournitures critiques en quantités suffisantes
  • soutenir le processus de mise au point de vaccins et de médicaments sûrs et efficaces, y compris par des investissements à un stade précoce dans les capacités de production
  • tirer le meilleur parti des mégadonnées et des technologies numériques au bénéfice de la recherche médicale et des soins de santé
  • assurer l’accès aux médicaments dans tous les États membres

Les dirigeants ont invité la Commission à présenter d’ici juin 2021 un rapport sur les enseignements qui auront été tirés, à ce stade, de la pandémie de COVID-19. Le rapport, qui fera l’objet d’un suivi au cours du second semestre de 2021, devrait également porter sur :

  • le partage d’informations
  • la coordination
  • la communication
  • la passation conjointe de marchés
  • la manière d’assurer une capacité de production adéquate dans l’UE et de constituer des réserves stratégiques, tout en soutenant la diversification et la résilience des chaînes d’approvisionnement médicales mondiales

Les dirigeants ont également débattu des moyens de renforcer la solidarité internationale et la coopération en matière de santé, ce qui est essentiel pour faire face aux menaces sanitaires d’aujourd’hui et de demain. À cet égard, les dirigeants veulent renforcer l’Organisation mondiale de la santé et œuvrer à l’élaboration d’un traité international sur les pandémies dans le cadre de cette organisation.

Sécurité et défense

Les membres du Conseil européen ont procédé à un échange de vues sur les relations entre l’UE et l’OTAN avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Les dirigeants de l’UE ont ensuite tenu un débat stratégique sur la politique européenne en matière de sécurité et de défense. Ils ont réaffirmé leur détermination à renforcer la capacité de l’UE à agir de manière autonome, ainsi que la nécessité pour l’UE d’assumer une plus grande responsabilité pour ce qui est de sa sécurité.

Les dirigeants se sont déclarés déterminés à coopérer étroitement avec l’OTAN et à renforcer les partenariats avec les Nations unies et les principaux partenaires régionaux. Ils ont souligné qu’ils se réjouissaient à la perspective de coopérer avec la nouvelle administration américaine sur un programme transatlantique fort et ambitieux comprenant un dialogue étroit sur la sécurité et la défense.

Les membres du Conseil européen ont pris acte des mesures importantes prises pour renforcer les politiques, outils et instruments de l’UE en matière de sécurité et de défense. Ils ont fait référence aux objectifs visant à approfondir encore la coopération en matière de sécurité et de défense entre les États membres, à accroître les investissements dans la défense et à renforcer les capacités civiles et militaires et l’état de préparation opérationnelle.

À cette fin, les dirigeants se sont engagés à :

  • renforcer l’engagement civil et militaire de l’UE, notamment au moyen de la facilité européenne pour la paix
  • encourager les États membres à mieux mettre à profit l’examen annuel coordonné en matière de défense (EACD) et à tirer pleinement parti de la coopération structurée permanente (CSP)
  • renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne, notamment au moyen du Fonds européen de la défense
  • donner à l’Europe un accès sûr à l’espace au cyberespace et à la haute mer et améliorer la mobilité militaire dans toute l’UE

Les dirigeants ont invité la Commission à présenter, d’ici octobre 2021, une feuille de route technologique visant à stimuler la recherche, le développement technologique et l’innovation et à réduire leurs dépendances stratégiques dans les technologies critiques et les chaînes de valeur stratégiques. Ils ont également invité la Commission et le haut représentant, Josep Borrell, à rendre compte de la mise en œuvre de la stratégie de cybersécurité d’ici juin 2021.

Le haut représentant, Josep Borrell, a informé les dirigeants de l’UE des travaux en vue de la mise au point d’orientations stratégiques ("boussole stratégique") destinées à orienter l’action future de l’UE en matière de sécurité et de défense. Les dirigeants ont invité le haut représentant, en liaison avec les États membres, à faire avancer les travaux sur cette initiative en vue de son adoption d’ici mars 2022.

Voisinage méridional

Les dirigeants ont débattu du partenariat politique et stratégique avec le voisinage méridional et ont réaffirmé les conclusions du Conseil européen de décembre 2020

Déclaration des membres du Conseil européen

I. COVID-19

1. Nous sommes déterminés à continuer de travailler ensemble et de coordonner notre action pour lutter contre la pandémie et ses conséquences. La situation épidémiologique reste grave et les nouveaux variants posent des défis supplémentaires. Nous devons donc maintenir des restrictions strictes tout en intensifiant les efforts visant à accélérer la fourniture de vaccins.

2. Pour l’instant, les déplacements non essentiels doivent être limités. Nous saluons l’adoption des deux recommandations du Conseil sur les déplacements vers l’UE et en son sein, qui prévoient que des restrictions peuvent être introduites conformément aux principes de proportionnalité et de non-discrimination et compte tenu de la situation particulière des communautés transfrontalières. Il faut assurer la circulation sans entrave des biens et des services au sein du marché unique, y compris en recourant à des voies réservées aux points de passage frontaliers.

3. La vaccination a maintenant commencé dans tous nos États membres et notre stratégie en matière de vaccins a fait que tous les États membres ont accès aux vaccins. Il n’en demeure pas moins que nous devons, d’urgence, accélérer l’autorisation de vaccins, leur production et leur distribution, ainsi que la vaccination. Nous devons également renforcer nos capacités de surveillance et de détection afin d’identifier les variants le plus tôt possible, de manière à en maîtriser la propagation, ainsi qu’il est indiqué dans la communication de la Commission intitulée "L’incubateur HERA : anticiper ensemble la menace des variants du virus de la COVID-19". Nous soutenons les efforts supplémentaires fournis par la Commission pour collaborer avec les entreprises et les États membres afin d’accroître la capacité de production actuelle de vaccins et d’adapter les vaccins aux nouveaux variants en tant que de besoin. Nous soutenons également les efforts que déploie actuellement la Commission pour accélérer la mise à disposition des matières premières, faciliter les accords entre fabricants tout au long des chaînes d’approvisionnement, examiner les installations existantes afin de contribuer à l’accroissement de la production dans l’UE, et poursuivre les travaux de recherche et de développement. Les entreprises doivent assurer la prévisibilité de la production de vaccins et respecter les délais de livraison contractuels. Il convient de renforcer la transparence en ce qui concerne l’ensemble des efforts déployés.

4. Nous appelons à la poursuite des travaux menés sur une approche commune concernant les certificats de vaccination et reviendrons sur cette question.

5. Nous réaffirmons notre solidarité avec les pays tiers et soulignons notre détermination à renforcer notre riposte au niveau mondial face à la pandémie. Nous restons résolus à améliorer l’accès aux vaccins pour les groupes prioritaires dans les pays de notre voisinage et au-delà, sur la base de principes communs, et à soutenir une approche globale au moyen du mécanisme COVAX. Nous saluons les premiers plans du mécanisme COVAX visant à distribuer des vaccins à 92 pays à revenu faible et intermédiaire. Nous nous engageons à ce que l’UE apporte sa juste contribution au financement de l’accélérateur ACT.

6. Nous continuerons à suivre de près la situation générale et à prendre les mesures nécessaires.

II. SANTÉ

7. Bien que la crise de la COVID-19 ne soit pas encore terminée, il est temps de commencer à renforcer notre résilience future en matière de santé, dès à présent.

8. Nous nous emploierons à améliorer la coordination de l’UE, conformément aux compétences de l’Union en vertu des traités, afin d’assurer une meilleure prévention des futures situations d’urgence sanitaire, de mieux nous y préparer et de mieux réagir face à celles-ci. Il convient de s’attacher en priorité à faire en sorte que l’UE dispose des moyens nécessaires pour garantir à tous ses États membres des vaccins et des fournitures critiques en quantités suffisantes, pour soutenir l’ensemble du processus de mise au point de vaccins et de médicaments sûrs et efficaces, y compris par des investissements à un stade précoce dans les capacités de production, et pour tirer le meilleur parti des mégadonnées et des technologies numériques au bénéfice de la recherche médicale et des soins de santé. Il convient également de faire avancer les travaux sur les propositions relatives à l’union de la santé et sur la stratégie pharmaceutique, y compris en ce qui concerne l’accès aux médicaments dans tous les États membres.

9. Nous invitons la Commission à présenter d’ici juin 2021 un rapport sur les enseignements qui auront été tirés, à ce stade, de la pandémie de COVID-19. Ce rapport devrait également porter sur le partage d’informations, la coordination, la communication et la passation conjointe de marchés, ainsi que sur la manière d’assurer une capacité de production adéquate dans l’UE et de constituer des réserves stratégiques, tout en soutenant la diversification et la résilience des chaînes d’approvisionnement médicales mondiales. Ces travaux devraient faire l’objet d’un suivi au cours du second semestre de 2021.

10. La coopération multilatérale mondiale est essentielle pour faire face aux menaces sanitaires d’aujourd’hui et de demain. Nous sommes déterminés à faire progresser la sécurité sanitaire mondiale, notamment en renforçant l’Organisation mondiale de la santé et en œuvrant à l’élaboration d’un traité international sur les pandémies dans le cadre de cette organisation. Dans ce contexte, nous attendons avec intérêt le sommet mondial du G20 sur la santé, qui se tiendra à Rome.

III. SÉCURITÉ ET DÉFENSE

11. Nous restons déterminés à mettre en œuvre le programme stratégique 2019-2024 en suivant une ligne d’action plus stratégique et en renforçant la capacité de l’UE à agir de manière autonome. En particulier dans le domaine de la sécurité et de la défense, nous voulons promouvoir les intérêts et les valeurs de l’UE et favoriser sa résilience et son degré depréparation afin de faire face efficacement à l’ensemble des menaces et défis qui pèsent sur la sécurité. Nous réaffirmons que, face à une instabilité accrue dans le monde, l’UE doit assumer une plus grande responsabilité pour ce qui est de sa sécurité.

12. Nous sommes déterminés à coopérer étroitement avec l’OTAN, dans le plein respect des principes énoncés dans les traités et de ceux que le Conseil européen a adoptés, et à renforcer nos partenariats avec les Nations unies et les principaux partenaires régionaux. Nous nous réjouissons à la perspective de coopérer avec la nouvelle administration américaine sur un programme transatlantique fort et ambitieux comprenant un dialogue étroit sur la sécurité et la défense. Une UE plus forte dans le domaine de la sécurité et de la défense sera un atout pour cette coopération au niveau mondial.

13. Des mesures importantes ont été prises pour renforcer les politiques, outils et instruments de l’UE en matière de sécurité et de défense. En vue d’approfondir encore la coopération en matière de sécurité et de défense entre les États membres, d’accroître les investissements dans la défense et de renforcer le développement des capacités civiles et militaires et l’état de préparation opérationnelle au sein de l’Union, nous sommes déterminés :

  • à renforcer l’engagement opérationnel civil et militaire de l’Union, notamment en améliorant la constitution de forces, en rendant la planification et le commandement de l’UE plus efficaces et en mettant en œuvre de manière énergique la facilité européenne pour la paix, qui devrait être rendue opérationnelle rapidement ;
  • à encourager les États membres à mieux mettre à profit les possibilités de collaboration recensées dans le cadre de l’examen annuel coordonné en matière de défense (EACD) et à tirer pleinement parti de la coopération structurée permanente (CSP) pour renforcer les investissements, l’état de préparation et le développement collaboratif des capacités ;
  • à renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne, notamment par l’adoption, l’entrée en vigueur et la mise en œuvre opérationnelle rapides du Fonds européen de la défense et en favorisant les synergies entre les industries civile, spatiale et de la défense, y compris dans le domaine de l’intelligence artificielle et des technologies de rupture, ainsi que la participation des PME. Ces efforts devraient contribuer à notre résilience dans le cadre des technologies critiques et des chaînes de valeur stratégiques. À cette fin, nous invitons la Commission à présenter, d’ici octobre 2021, une feuille de route technologique visant à stimuler la recherche, le développement technologique et l’innovation et à réduire nos dépendances stratégiques dans les technologies et les chaînes de valeur critiques ;
  • à donner à l’Europe un accès sûr aux biens communs mondiaux (y compris l’espace, le cyberespace et la haute mer) et à améliorer la mobilité militaire dans toute l’Union.

14. Compte tenu de la multiplication et de la complexité croissante des cybermenaces, nous entendons renforcer la résilience et la capacité de réaction de l’Europe dans le domaine cyber et améliorer le cadre de gestion des crises en matière de cybersécurité. Dans le prolongement de la stratégie de cybersécurité présentée en décembre 2020, nous invitons la Commission et le haut représentant à rendre compte de la mise en œuvre d’ici juin 2021. En outre, nous invitons les colégislateurs à faire avancer rapidement les travaux, en particulier concernant la directive révisée sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (directive SRI 2). Nous appelons également à renforcer la coopération et la coordination afin de prévenir les menaces hybrides, notamment la désinformation, et d’y répondre, y compris en associant le secteur privé et les acteurs internationaux concernés.

15. Le haut représentant a exposé les efforts qui sont actuellement déployés pour mettre au point des orientations stratégiques ambitieuses ("boussole stratégique") destinées à orienter la suite des travaux visant à atteindre le niveau d’ambition de l’UE en matière de sécurité et de défense. Nous invitons le haut représentant, en liaison avec les États membres, à faire avancer les travaux consacrés à la boussole stratégique, en utilisant tout l’éventail des outils dont dispose l’UE, en vue de l’adoption de cette boussole d’ici mars 2022.

16. La sécurité et la défense feront l’objet d’un examen régulier par le Conseil européen.

IV. VOISINAGE MÉRIDIONAL

17. Nous avons débattu de la nature politique et stratégique du partenariat de l’UE avec le voisinage méridional. Nous réaffirmons les conclusions du Conseil européen de décembre 2020 et invitons le Conseil à prendre en charge la mise en œuvre de la communication conjointe de la Commission et du haut représentant sur un partenariat renouvelé et renforcé avec le voisinage méridional en vue de relever les défis communs et de tirer parti des possibilités communes grâce à un renforcement de la coopération

***

Nous condamnons fermement l’attentat perpétré contre une délégation qui effectuait une visite de terrain dans le cadre du Programme alimentaire mondial dans l’est de la République démocratique du Congo. Nous exprimons notre plus profonde sympathie à l’Italie et adressons nos condoléances aux familles des victimes.

Dernière modification : 01/03/2021

Haut de page