Participation de Michel Sapin aux réunions de l’Eurogroupe et du Conseil Ecofin

Le Ministre des finances et des comptes publics, M. Michel Sapin, a participé lundi 11 mai à une réunion des membres de la zone euro (Eurogroupe) puis mardi 12 mai à une réunion du Conseil « affaires économiques et financières » de l’UE à Bruxelles. La situation de la Grèce était à l’ordre du jour des deux rencontres.

Déclarations de M. Michel SAPIN, Ministre des Finances et des Comptes publics, à l’issue du Conseil "Affaires économiques et financières" (Bruxelles, 12 mai 2015)

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Conférence de presse de M. Sapin à l’issue du Conseil "Affaires économiques et financières"
crédit photo : RP de la France auprès de l’UE

QUESTION  : M. le Ministre, êtes-vous inquiet ou pas inquiet pour le fonds européen d’investissement ?

MICHEL SAPIN : Non, ça démarrera en temps et en heure, tel que prévu. Il y a encore une discussion, comme vous le savez, qui est là, qui est toujours compliquée avec le Parlement, qui a des préoccupations parfaitement légitimes qui touchent principalement au financement puisque si on prend quelque part, ça veut dire qu’il y a moins autre part. Tout ceci fera l’objet de discussions avec la Commission qui fera certainement des propositions de compromis pour que, c’est ça le plus important pour nous, nous ayons en juin un dispositif opérationnel qui soit simple, qui soit efficace et qui permette de financer des projets qui sinon, n’auraient pas été financés. Ce que dans le jargon d’ici on appelle de l’additionnel, ce qui est totalement incompréhensible, mais c’est ça : il faut qu’on puisse financer des projets qui sinon ne le seraient pas par appel au simple marché ou aux investisseurs privés.

QUESTION : Et ça vous paraît bien parti ?

MICHEL SAPIN  : Oui, c’est bien parti.

QUESTION : Et demain, vous vous attendez à quoi ? La Commission va présenter ses recommandations pays par pays.

MICHEL SAPIN : Oui, donc ces recommandations, comme vous le savez, comporteront deux aspects : l’aspect budgétaire et l’aspect touchant aux réformes. Ce à quoi je m’attends, sans en connaître bien sûr le contenu, c’est premièrement, je disais l’autre jour, avec le sourire, c’est à des recommandations amicales, qui prennent en compte, en particulier ce que nous avons fait, ce que la France a fait, ce que la France a obtenu, ce qu’elle a obtenu par ses propres efforts, par ses propres décisions, du point de vue budgétaire en 2014 et ce qu’elle a décidé pour 2015 et, du point de vue des réformes, compte tenu des réformes déjà faites, engagées qui sont en train d’être mises en œuvre et des réformes qui sont en cours de discussion au Parlement ou qui viennent d’être adoptées au Conseil des Ministres et qui vont bientôt être discutées au Parlement. Je pense en particulier à la loi sur les seuils, celle qu’on a appelé « simplification des seuils sociaux ». Donc, je pense des recommandations amicales qui prendront en compte ce qui a été fait et des recommandations qui, comme pour tous les pays, seront des recommandations qui demanderont à la France d’aller jusqu’au bout de ce qu’elle a déjà engagé et décidé. Et, en particulier pour 2016, du point de vue budgétaire, je pense que la Commission, c’est parfaitement légitime, sera attentive à nous dire « Vous avez engagé des économies pour 2016, il faut que ces économies soient au rendez-vous, celles que vous avez-vous-même décidées doivent être au rendez-vous. De même que pour les réformes, les réformes que vous avez décidées doivent être au rendez-vous ». Voilà, ce que je crois être l’équilibre de cette recommandation mais qui tranchera, je pense, dans le ton, avec ce que la France recevait comme recommandations habituelles ces dernières années.

QUESTION  : Est-ce-que peut imaginer de voir une accélération de certaines réformes qui sont déjà dans les tuyaux ?

MICHEL SAPIN  : Nous sommes déjà à un rythme très important de réformes. Nous avons dit, le Premier Ministre l’a dit, les ministres l’ont dit, moi-même je l’ai dit, on ne ralentit pas le rythme des réformes. Ce qui est craint par certains, on peut le comprendre, c’est qu’à l’approche d’une période électorale, 2017, on se dise, le plus confortable serait de ne plus réformer. La position de la France et du gouvernement, c’est l’inverse. Le plus efficace, c’est de continuer à réformer. Et je dirais que le plus efficace, évidemment pour l’économie française, pour la société française mais je pense aussi, politiquement, le plus efficace, c’est de continuer à réformer.

QUESTION : Donc, vous n’attendez aucune recommandation nouvelle sur un domaine dans lequel vous n’auriez engagé aucune réforme ou peu de réformes ?

MICHEL SAPIN : Non. Nous regarderons dans les détails, mais je pense que ce que la Commission souhaitera souligner, c’est que la France a annoncé des réformes ou est en cours de réformes sur un certain nombre de points. Je vais prendre la loi sur les seuils par exemple. La Commission pourrait considérer que c’est bien de l’avoir adoptée en Conseil des Ministres, mais que ce sera encore mieux le jour où elle sera adoptée définitivement ou rentrera en application. Donc, de ce point de vue là, elle peut être pushy mais, légitimement pushy, comme nous le sommes nous-mêmes. Non, je ne pense pas qu’elle nous dise qu’il y a telle nouvelle réforme à faire. Je vais prendre un autre exemple dont j’ai beaucoup discuté avec les membres de la Commission : la question dite des retraites mais des retraites « complémentaires ». Vous savez qu’il y a aujourd’hui une négociation qui est ouverte sur les retraites complémentaires. Les gens n’ont pas beaucoup ça en tête mais les retraites complémentaires, c’est quasiment la moitié des retraites en France. On parle toujours des retraites de base mais les retraites complémentaires c’est presque aussi important en masse financière que les retraites de base. Là, il y a une réforme qui est en cours et qui est une réforme qui est entre les mains des partenaires sociaux mais ils sont décidés à aboutir. Je suis sûr qu’il y aura un accord. Cette réforme ira dans le sens que nous pouvons souhaiter, c’est-à-dire un mécanisme mieux équilibré, qui assure l’équilibre pour le moyen et long terme du système mais avec des changements importants. Donc, voilà peut-être un sujet sur lequel la Commission pourra dire « Bon, vous dites que les réformes sont en cours, très bien. On souhaite qu’elles aboutissent ».

QUESTION : Depuis hier, on entend ici que les choses sur la Grèce s’accélèrent. Est-ce-que ça veut dire qu’on verra dans la semaine, dans les deux semaines à venir, un aboutissement ? Est-ce-qu’il y aura une réunion d’urgence ?

MICHEL SAPIN  : Nous n’avons pas de calendrier en tête. Nous n’avons pas sur ce sujet de calendrier en tête. La seule chose que je puisse dire, c’est que chaque semaine passe et que les semaines qui restent sont plus précieuses que les précédentes parce qu’elles deviennent de plus en plus rares, voilà. Donc, nous avons besoin d’accélérer encore le processus. Il a accéléré, il est positif, je crois vraiment que vous avez ressenti ce message extrêmement positif sur les changements dans la manière de faire, dans les processus, dans la précision apportée, mais pas encore sur tous les éléments. Donc, nous avons besoin de plusieurs semaines. Nous n’avons pas de calendrier précis en tête mais le plus vite sera le mieux.

QUESTION : Il semble que la Grèce a puisé dans son fonds de réserve au FMI et à Athènes pour rembourser la tranche aujourd’hui. Ça a été mentionné hier soir par le ministre grec ?

MICHEL SAPIN  : Nous n’avons pas à savoir comment la Grèce fait face à ses échéances du moment qu’elle fait face à ses échéances.

QUESTION : Ca indique que le calendrier devient de plus en plus serré. Est-ce-que ça change quelque chose ?

MICHEL SAPIN : Nous n’avons pas à savoir quelle est la manière pour les Grecs de mobiliser les disponibilités nécessaires. Hier, la Grèce a annoncé qu’aujourd’hui elle serait au rendez-vous.

QUESTION : Est-ce-que le Royaume-Uni, Monsieur Osborne, a fait part aujourd’hui de nouvelles revendications ?

MICHEL SAPIN : Non, non, Monsieur Osborne était présent et nous l’avons tous félicité pour, à la fois, son élection, sa reconduction dans son poste et pour les responsabilités qui allaient être les siennes mais évidemment, nous n’avons, à aucun moment, abordé les sujets à venir sur les questions dites de « renégociation ». Il y en aura pour demain. Les semaines vont s’enchaîner : il y aura les semaines grecques et puis les semaines britanniques. Elles ne sont pas de même nature.

QUESTION  : Est-ce-que vous avez eu une réunion sur la taxe sur les transactions financières ?

MICHEL SAPIN : Comme à chaque réunion de l’Eurogroupe ou de l’ECOFIN nous avons eu un moment de rencontre, hier, qui a été très efficace, qui a montré que la nouvelle méthode était une méthode efficace. Donc la présidence autrichienne fait parfaitement son travail, les techniciens autrichiens et portugais animent le groupe technique de manière très efficace et nous avons pu constater, hier, des convergences. On n’est pas encore du tout au moment de la décision mais nous avons réaffirmé notre volonté de faire en sorte qu’en juin prochain, comme nous l’avons toujours dit, nous puissions prendre des décisions qui nous permettent de mettre en œuvre dans les mois qui suivront la taxe sur les transactions financières. Le modèle retenu sera le dispositif qui pourra faire consensus entre les onze. Vous connaissez la position de la France : base large, taux faible.

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Dernière modification : 25/02/2016

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