PAC : Vingt Etats membres demandent un budget plus ambitieux

M. Stéphane Travert a participé au Conseil agriculture qui s’est tenu à Luxembourg le 18 juin.

Déclaration de M. Stéphane Travert à l’issue du Conseil agriculture (Luxembourg, 18 juin 2018)

Etes-vous content du soutien que vous avez reçu sur la demande de maintenir le budget de la PAC après 2020 ?

M. Stéphane Travert : "Oui très satisfait bien évidemment du soutien qui nous a été témoigné par de nombreux Etats-membres. Nous sommes partis à Madrid, nous étions six, aujourd’hui nous sommes vingt. Donc c’est le signe que la proposition qui a été faite par la Commission ne peut pas être acceptée aujourd’hui. Et j’ai eu l’occasion de rappeler dans mon propos, d’abord que ce budget était inacceptable, et ce n’est pas le moment où on demande aux agriculteurs de faire des efforts, sur la réduction des produits phytosanitaires, de faire des efforts sur la qualité de leurs productions, de monter en gamme, de réaliser des plans de filière que nous allons les priver de ce qui leur permet justement de réaliser ces efforts et de contribuer à cette montée en gamme que nous appelons de nos vœux. Et puis j’ai rappelé la présentation du mémorandum que nous avions fait ensemble à six, quels étaient les objectifs qui étaient les nôtres : une PAC simplifiée bien évidemment, une PAC qui permette de conserver les filets de sécurité nécessaires pour les agriculteurs et puis une PAC qui ne mette pas en danger la viabilité même des exploitations. Et j’ai tenu à rappeler cela et j’ai été très heureux de pouvoir constater que beaucoup d’Etats-membres, donc vingt aujourd’hui, portaient la même exigence que nous, étaient sur cette même ligne et je m’en réjouis. Maintenant nous allons continuer à travailler. Il y a d’autres rencontres que nous allons avoir. J’ai eu l’occasion aujourd’hui d’ailleurs de rencontrer mon nouvel homologue espagnol et c’était important de bien travailler avec lui et de constater que le gouvernement espagnol était toujours sur cette même ligne. J’ai eu l’occasion de saluer mon nouveau collègue italien aussi. Et donc nous cheminons, nous travaillons et j’espère que nous aurons suffisamment de force et de poids pour inverser la situation.

Pourquoi le ministre italien n’a pas apporté son soutien à ce stade ?

M. Stéphane Travert : C’est sa première réunion. Il nous a dit que sur la PAC, il défendait bien évidemment un budget fort, ambitieux parce que eux aussi sont soumis à des contraintes fortes. Mais il faut lui laisser aussi le temps de pouvoir travailler et de regarder les choses plus en avant. Mais là aussi, nous allons continuer à travailler. Nous avons du temps, un peu, devant nous pour nous permettre d’arrimer à nous un maximum d’Etats-membres. En tout cas c’est le travail que je mène et que je souhaite porter, porte depuis plusieurs semaines, et que je vais continuer à porter durant tout l’été.

Sur la pêche électrique, le sujet a été évoqué aujourd’hui, quel est le message que vous avez fait passer ?

M. Stéphane Travert : J’ai rappelé la position française qui est très simple, qui est de dire que nous n’étions pas favorables à la pêche électrique. Je m’appuie d’abord sur le vote du Parlement européen. Et puis j’ai quelque part un mandat aussi du parlement français, l’Assemblée nationale qui avait voté une PPRE, une proposition de résolution européenne, qui tend à interdire la pêche électrique et qui avait été votée à l’unanimité. Il y a un trilogue qui est en cours. Les discussions continuent mais j’ai rappelé de manière claire et simple quelle était la position française.

Vous avez des soutiens au sein du Conseil ?

M. Stéphane Travert : Des soutiens, oui, il peut y en avoir quelques-uns, mais ce n’est pas aujourd’hui que les choses sont apparues de cette manière-là. En tout cas, il était important que la France puisse dire ce qu’il en était concernant la pêche électrique et effectivement, il y avait quelques mouvement sur quelques ports français, quelques ports belges, pour rappeler leur détermination à ce sujet. Donc j’ai rappelé quelle était la position française sur ce sujet. C’était normal que je le fasse"./.

Communiqué de presse du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation : Conseil des ministres européens de l’agriculture et de la pêche du 18 juin 2018 - 20 Etats membres demandent un budget plus ambitieux pour la PAC

Les ministres de l’agriculture de l’Union européenne étaient réunis ce 18 juin à Luxembourg pour un Conseil consacré notamment à l’examen des propositions législatives de la Commission européenne sur la future politique agricole commune.

Il s’agissait du premier conseil des ministres de l’agriculture depuis la publication des propositions sur la PAC le 1er juin ainsi que sur le cadre financier pluriannuel présenté par la Commission le 2 mai dernier.

Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, a présenté le mémorandum, acté à Madrid le 31 mai dernier par l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande et la Finlande, par lequel ces 6 Etats membres ont appelé à une augmentation du budget pour la PAC proposé par la Commission.

Le Conseil a permis d’acter le soutien de 14 nouveaux Etats membres au-delà des 6 du « groupe de Madrid », portant ainsi à 20 les Etats se retrouvant sur cette position. Il s’agit donc d’une très large majorité de membres de l’Union européenne qui ne se satisfont pas de la proposition initiale de la Commission.

Au-delà de la question budgétaire, Stéphane Travert a rappelé les positions de la France sur la future PAC : une PAC simplifiée pour les bénéficiaires et pour l’administration, une PAC qui protège en assurant des filets de sécurité efficaces pour les agriculteurs, une PAC qui transforme en modernisant ses outils pour que les filières gagnent en compétitivité et répondent mieux aux attentes des citoyens, une PAC à l’ambition environnementale renforcée.

Stéphane Travert a ainsi salué la proposition de la Commission d’un « ecoscheme » permettant d’introduire le paiement pour service environnemental dans les outils de la future PAC.

La France a salué la proposition de la Commission tout en rappelant qu’elle restera particulièrement vigilante dans les travaux qui s’ouvrent. Pour la France, la modernisation de la PAC ne doit pas se traduire par une perte de son ambition européenne mais au contraire doit assurer le développement de notre agriculture, en phase avec les attentes sociétales, tout en garantissant un niveau d’exigence commun aux différents Etats membres de l’Union européenne./.

Dernière modification : 20/11/2018

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