"Ici se construit une politique de sécurisation des frontières extérieures de l’UE"

Le ministre de l’Intérieur, M. Matthias FEKL, a participé le 27 mars au Conseil Justice et Affaires intérieures.

Déclaration de M. Matthias FEKL, ministre de l’Intérieur, à l’issue du Conseil Justice et Affaires intérieures (Bruxelles, 27 mars 2017)

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Matthias FEKL : "Bonjour, merci de votre présence. Je vais vous dire quelques mots à l’issue du Conseil Justice et Affaires intérieures, mon premier Conseil de l’UE ici à Bruxelles au titre de mes nouvelles responsabilités, qui m’ont été confiées par le Président de la République et le Premier Ministre la semaine dernière. J’ai d’abord rencontré Sir Julian King pour échanger avec lui sur l’ensemble des sujets de sécurité. Nous nous connaissons bien, de par ses responsabilités d’Ambassadeur à Paris auparavant, et nous avons décidé ensemble d’être en contact extrêmement étroit sur l’ensemble des sujets d’intérêt commun.

J’ai eu aussi des échanges avec mon homologue britannique et avec mon homologue allemand. Mon homologue britannique pour lui réitérer les condoléances de la France. Je les avais exprimées la semaine dernière. Egalement pour lui dire que, bien sûr, nous allions ensemble renforcer toujours plus nos coopérations en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme. Londres, Paris, deux grandes villes européennes, deux magnifiques capitales européennes, qui ont été frappées par la barbarie terroriste, mais qui font face. A Londres, c’est le cœur de la démocratie qui a été attaqué avec le Parlement. Ce sont aussi les forces de l’ordre, qui sont les gardiens de la démocratie. Et ce sont des citoyens. Ainsi, je souhaitais, puisque nous comptons aussi des français parmi les blessés, avoir cet échange avec elle.

Je me rends maintenant avec Thomas de Maizière au Parlement européen, à la Commission LIBE pour échanger sur tous les sujets d’intérêt commun. Il faut y voir plusieurs raisons. D’abord, un attachement commun au Parlement européen, à son rôle essentiel dans la construction communautaire, dans l’avenir de l’Europe, qui passe aussi par un renforcement de la démocratie et du contrôle démocratique sur l’ensemble des sujets. Et puis une volonté d’œuvrer en franco-allemand. Je l’ai toujours fait sur mes sujets au titre du commerce extérieur. C’est de cette manière que nous avons fait bouger beaucoup de choses. Et mes prédécesseurs l’ont toujours fait aussi, sur les questions relevant du Conseil Justice et Affaires intérieures. C’est absolument indispensable. Dans une démarche bien sûr ouverte à l’ensemble de nos partenaires européens. Mais, le couple franco-allemand, le moteur franco-allemand, reste absolument indispensable et déterminant pour faire avancer les choses.

Nous avons eu ensuite des travaux en Conseil, très approfondis sur toute une série de sujets. Je souhaite ici m’attarder surtout sur la question du système d’enregistrement des entrées et sorties, qui est indispensable. Puisque vous savez que l’Union européenne, l’espace européen, ne restera un espace de sécurité et de liberté qu’à une seule condition : que nous parvenions ensemble à sécuriser nos frontières et à assurer qu’elles puissent être contrôlées, que nous puissions accueillir dignement les réfugiés qui ont vocation à rester en Europe, conformément à notre tradition d’asile. Mais en même temps, nous devons savoir qui entre, et qui sort. Nous sommes donc attachés au mécanisme tel qu’il est proposé aujourd’hui, mais qui doit inclure aussi le recensement des ressortissants communautaires. Beaucoup d’attentats ont été commis par des citoyens originaires de l’Union européenne. Donc la France est extrêmement attachée à cela.

Nous avons eu des échanges sur ce sujet, sur beaucoup d’autres aussi. La question de l’entrée dans l’espace européen, la question des politiques migratoires. Il s’agissait d’échanges extrêmement constructifs.

Si vous me le permettez, avant de répondre à vos questions, je veux évidemment faire le point sur la situation en Guyane. Le Premier Ministre Bernard Cazeneuve s’est exprimé à midi. Nous sommes en contact permanent, en temps réel, et sous son autorité avec la Ministre de l’Outre-Mer Ericka Bareigts. Nous suivons de très près la situation.

Je vais d’abord réitérer un appel au calme. Nous savons que la situation est dure en Guyane. Et nous savons que beaucoup de crises se conjuguent et qu’il y a donc beaucoup de souffrances. Mais une délégation interministérielle est sur place, conduite par un grand Préfet, le Préfet Cordet, grand serviteur de l’Etat, avec des membres de différents ministères, pour avancer sur le diagnostic et surtout sur les propositions qui pourront être faites. Il est absolument fondamental que cette mission puisse avancer dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire avec un retour au calme, avec un respect de l’ordre, et nous sommes totalement mobilisés pour cela.

Nous avons renforcé de manière considérable les moyens dont disposent les forces de l’ordre sur place, suite à des suppressions de postes très importantes sous le précédent quinquennat, d’ailleurs sur l’ensemble du territoire français, métropolitain comme d’outre-mer. Nous avons déployé 75 policiers et gendarmes supplémentaires en Guyane au cours de ce quinquennat. 25 policiers et 23 gendarmes supplémentaires vont encore y être affectés et un escadron de gendarmes mobiles sera fidélisé sur place pour pouvoir faire face à ces missions. Nous allons construire à partir de 2017 un Hôtel de Police qui permettra aussi de renforcer la situation sécuritaire. Ainsi, à la fois sur les réponses de court terme à la situation d’aujourd’hui, et sur une réponse de fond en matière de sécurité, il y a une mobilisation totale du gouvernement sous l’autorité du Premier ministre et du Président de la République.

On entend des voix sur le territoire qui réclament symboliquement des visites de plus haut niveau qu’une délégation interministérielle. Ça n’est pas prévu pour le moment ?

Le Premier ministre a été très clair là-dessus. Il est parfaitement possible qu’une présence gouvernementale ait lieu en Guyane, mais à condition que l’ordre soit respecté. La République, c’est aussi des règles, un cadre précis, y compris pour dialoguer. On ne dialogue pas en cagoule. On dialogue le visage découvert. Il faut que la confiance soit présente. Il faut que l’ordre soit assuré et que chacun puisse discuter avec le minimum de respect et de confiance qui s’impose.

Je veux par ailleurs saluer les forces de l’ordre, saluer leur courage, saluer leur détermination et saluer leur sang-froid. Leur rôle est absolument indispensable dans la crise que traverse la Guyane aujourd’hui. Des moyens supplémentaires ont été affectés. Les forces de l’ordre ont été augmentées de 10% sous ce quinquennat. Elles accomplissent un travail remarquable, et elles auront, y compris dans cette semaine, un rôle déterminant pour que le calme revienne, que la délégation interministérielle puisse travailler, puisse avancer sur les différents dossiers et que, à ces conditions-là, une présence gouvernementale puisse être présente le plus vite possible.

Est-ce que de nouveaux engagements ont été pris aujourd’hui avec vos homologues lors de ce Conseil de l’UE, que ce soit en termes de relocalisation ou en termes de politique de retour ?

Il n’y avait pas de point décisionnel aujourd’hui. C’était un tour de table, mais très important en ce que l’Europe ne peut avancer qu’ensemble sur ces sujets. Tous ceux qui veulent faire croire, aux quatre coins de l’UE, qu’un pays seul peut répondre à des défis globaux et de long terme, sont des menteurs, purement et simplement.

Ici se construit, à 28, avec toutes les difficultés que cela implique, mais avec la volonté d’avancer, une politique de sécurisation des frontières extérieures de l’UE, et une politique qui permettra de rétablir le grand espace de liberté et de sécurité en Europe. C’est la volonté de tous, avec des difficultés bien sûr qui existent dans chaque pays./.

Dernière modification : 27/03/2017

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