Libye : Déclaration conjointe du HR/VP et des ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni

Communiqué du ministre de l’Europe et des affaires étrangères:Consultations européennes à Bruxelles (7 janvier 2020)

Jean-Yves Le Drian s’est rendu à Bruxelles le lundi 7 janvier 2020 pour des consultations sur la situation de crise au Moyen-Orient et en Libye avec le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et les ministres des affaires étrangères du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Italie.

Sur le dossier libyen, nous avons souligné dans un communiqué conjoint la nécessité d’une cessation immédiate des hostilités. Nous sommes convenus du besoin d’une mobilisation accrue des Européens pour un règlement politique de cette crise, compte tenu de la gravité de la situation en Libye et des enjeux de sécurité majeurs qui en découlent pour l’Europe. Nous sommes également convenus de la nécessité que les parties libyennes agissent concrètement en vue d’une désescalade et d’un cessez-le-feu et créent les conditions d’une relance du processus politique dans le cadre du processus de Berlin et du dialogue inter-libyen, sous l’égide des nations Unies et en lien avec l’Union africaine. Nous avons enfin souligné les risques graves liés aux ingérences étrangères que nous constatons dans le conflit libyen et qui exacerbent encore ce conflit. Comme l’a dit le Président de la république, c’est particulièrement vrai de l’ingérence et des accords signés récemment avec la Turquie et qui alimentent l’escalade.

Lors d’une réunion séparée, nous avons réitéré avec mes homologues britannique et allemand notre engagement déterminé à préserver l’accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, en dépit des violations répétées par l’Iran de ses engagements au titre de cet accord. Dans le contexte des dernières annonces iraniennes du 5 janvier, nous sommes convenus de maintenir une très étroite coordination entre Européens, ainsi qu’avec les autres Etats parties à l’accord, la Russie et la Chine. Nous avons enfin évoqué les mécanismes à notre disposition dans le cadre de l’accord pour parvenir au plein retour de l’Iran en conformité avec ses dispositions.

S’agissant des tensions actuelles au Moyen-Orient, nous sommes convenus de la nécessité d’agir ensemble pour engager une désescalade et éviter une nouvelle aggravation de la crise actuelle. Nous avons également évoqué la priorité de conserver les moyens de notre lutte conjointe contre Daech en Irak, dans le plein respect de la souveraineté irakienne.

Le ministre s’est enfin entretenu de ces différents dossiers lors d’un entretien bilatéral avec Dominic Raab, le ministre des affaires étrangères britannique, constatant la grande proximité de nos approches sur ces crises qui affectent notre sécurité et sur la nécessité d’y apporter des réponses communes./.

Déclaration conjointe du Haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune et des ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni

Bruxelles, le 7 janvier 2020

Face à l’escalade militaire récente en Libye, qui est préoccupante, et dans la perspective du Conseil Affaires étrangères du 10 janvier prochain, nous nous sommes réunis à Bruxelles aujourd’hui pour réaffirmer notre volonté de mettre fin immédiatement aux combats autour de Tripoli et ailleurs dans le pays et pour discuter de la manière dont l’UE peut continuer à contribuer à la médiation des Nations unies et à un retour rapide aux négociations politiques.

L’UE est fermement convaincue qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise libyenne et qu’un conflit qui dure ne fera qu’apporter davantage de souffrances au peuple libyen, exacerber les divisions, augmenter le risque de la partition du pays, propager l’instabilité dans toute la région et aggraver la menace du terrorisme. Une cessation immédiate des hostilités est donc cruciale.

Tous les membres de la communauté internationale doivent respecter et faire appliquer strictement l’embargo des Nations unies sur les armes. La persistance des ingérences extérieures alimente la crise. Plus les parties libyennes belligérantes s’appuient sur une aide militaire étrangère, plus elles accordent à des acteurs extérieurs une influence exagérée sur les décisions que la Libye devrait prendre souverainement, au détriment des intérêts nationaux libyens et de la stabilité régionale.

Nous avons en particulier souligné la nécessité d’éviter toutes les actions unilatérales telles que la signature d’accords qui exacerbent encore le conflit ou les mesures qui créent des prétextes pour une ingérence extérieure et qui sont contraires aux intérêts du peuple libyen, ainsi qu’aux intérêts européens, comme le soulignent les conclusions du Conseil européen du 12 décembre 2019.

Au contraire, le processus de Berlin et les efforts de médiation des Nations unies accordent la priorité aux besoins de tous les Libyens en proposant des solutions durables aux problèmes essentiels tels que l’unification des institutions, la répartition équitable des richesses du pays et l’élaboration d’une feuille de route réaliste en vue d’un règlement politique.

Nous demandons instamment à toutes les parties libyennes d’adhérer en toute sincérité aux efforts menés par l’ONU et de revenir à la table des négociations. L’UE continuera de soutenir la médiation des Nations unies et contribuera à la mise en œuvre des décisions qui pourraient être prises à Berlin./.

Joint statement by the High Representative of the European Union for Common Foreign and Security Policy and the Ministers of Foreign Affairs of France, Germany, Italy and the United Kingdom

Brussels, 7th January 2020

Confronted with the worrying recent military escalation in Libya and also in view of the Foreign Affairs Council scheduled for Friday 10th January, we met in Brussels today to reaffirm our commitment to immediately halt the fighting around Tripoli and elsewhere and to discuss on how the EU can further contribute to the UN mediation and to a swift return to political negotiations.

The EU is of the firm conviction that there is no military solution to the Libyan crisis and that a protracted conflict will only bring more misery to ordinary people, exacerbate divisions, increase the risk of partition, spread instability across the region and aggravate the threat of terrorism. An immediate cessation of hostilities is therefore crucial.

All the members of the international community need to strictly respect and enforce the UN arms embargo. Continuing outside interference is fuelling the crisis. The more the Libyan warrying parties rely on foreign military assistance, the more they give external actors undue influence on sovereign Libyan decisions, to the detriment of the country’s national interests and of regional stability.

In particular, we stressed the necessity to avoid unilateral actions such as the signing of agreements which further exacerbate the conflict or actions which create a pretext for external interference that are contrary to the interests of the Libyan people, as well as to European interests, as underlined by the European Council conclusions of 12th December 2019.

On the contrary, the Berlin process and UN mediation efforts put the needs of all Libyans to the forefront and suggest sustainable solutions to core issues such as unifying institutions, distributing the country’s wealth equitably, and outlining a realistic roadmap towards a political settlement.

We urge all Libyan parties to sincerely embrace these UN-led efforts and to return to negotiations. The EU will continue to support the UN mediation and will help implementing any decisions that may be taken in Berlin./.

Dernière modification : 08/01/2020

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