Le Président de la République reçoit le Premier ministre estonien

Le Président de la République a reçu M. Jüri Ratas, le Premier ministre estonien, dont le pays assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne à partir du 1er juillet 2017.

Déclaration conjointe du Président de la République et du Premier ministre estonien (Paris, 16 juin 2017)

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"Mesdames et messieurs,

Je suis très heureux d’avoir pu accueillir en cette fin de matinée le Premier ministre estonien Jüri RATAS ici à Paris, quelques jours avant que l’Estonie ne s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne pour la première fois.

Et monsieur le Premier ministre, vous pouvez bénéficier du soleil parisien avant d’aller voir la technologie parisienne dans quelques instants, européenne et mondiale d’ailleurs, au Salon VIVATECH et je vous en félicite.

Je pense que cet entretien que nous avons eu est important parce qu’il intervient avant cette présidence qui, elle-même, survient à un moment important et critique pour l’Union européenne. Je sais que vous l’abordez avec ambition et détermination et je partage cet esprit et je voulais vous redire combien vous pourrez trouver dans la France un partenaire ambitieux et constructif.

Parce que d’abord cette présidence intervient dans le contexte de début de négociation pour le Brexit, ensuite dans un moment où nous avons à assumer ensemble des vrais défis européens et mondiaux. Le défi de la lutte contre le terrorisme, le défi des grandes migrations que l’Europe a connues il y a un peu plus d’un an et qu’elle aura à connaître à nouveau compte tenu de ce que notre monde aujourd’hui traverse, aussi bien en Afrique qu’aux Proche et Moyen Orients ; et le défi climatique et les grands changements qu’il suppose.

Nous évoquerons dès la semaine prochaine au Conseil européen nombre de ces sujets, la manière de réguler plus efficacement ces derniers, mais durant votre présidence, vous aurez à connaître de l’ensemble de ces défis.

Et nous l’avons évoqué durant notre entretien, la France sera à vos côtés pour un agenda ambitieux, constructif, d’abord visant à véritablement avoir une Europe qui protège, avec une vraie ambition en matière de réformes sociales visant à revenir sur la directive des travailleurs détachés, à trouver les compromis qui permettront à l’ensemble des pays européens d’aller vers un modèle plus exigeant en terme social sans rien perdre de leur compétitivité.

Ensuite, une Europe qui protège contre le terrorisme, en allant plus loin dans la lutte contre le terrorisme y compris sur Internet, en coordonnant encore davantage nos services de renseignement. Une Europe qui protège à ses frontières par une réforme ambitieuse de la politique d’asile et d’immigration. Et une Europe qui protège avec une vraie ambition en terme de défense, et je sais combien ce sujet vous importe et combien vous savez pouvoir compter sur la France en la matière.

Mais c’est aussi un agenda d’ambition européenne que vous aurez à conduire et dont nous avons longuement parlé aujourd’hui, avec une volonté de porter un agenda en matières climatique et d’énergie. Nous aurons une feuille de route à porter pour être au rendez-vous de nos engagements climatiques et de l’accord de Paris, avec une réforme du prix du CO² et avec une vraie ambition en termes climatique et énergétique en Europe.

Vous aurez là-aussi à porter ces travaux, à les accompagner avec une Europe qui investisse davantage et qui porte les réformes indispensables sur plusieurs marchés, en particulier celui du numérique.

Lorsqu’on parle de l’Estonie, on parle d’un modèle en termes de développement numérique, de transformation à la fois de l’Etat et de la société. Nous avons besoin d’accélérer l’agenda numérique qui est le nôtre ; et vous saurez trouver en ma personne un défenseur d’une ambition numérique européenne pour construire un vrai marché unique du numérique, c’est-à-dire non seulement supprimer les barrières qui existent entre nos deux pays, mais avoir aussi une régulation en termes de protection des données individuelles, en termes de protection de nos intérêts économiques, en termes d’investissement dans le domaine du numérique. C’est cette double ambition en quelque sorte de protection, de croissance et de développement de nouveaux marchés que vous aurez à conduire sous votre présidence.

Au-delà de ces sujets, nous avons évoqué également nos intérêts communs et je vous ai redit combien la France serait toujours au côté de votre pays. Dans le cadre de l’OTAN, un contingent français de 300 soldats est basé en Estonie, à Tapa, avec 4 chars Leclerc. Et vous avez toujours répondu présent lorsque la France s’est engagée à l’international pour protéger l’Europe et nos intérêts. Et donc nous continuerons cet engagement commun et vous savez pouvoir compter sur la France en termes de protection et de sécurité.

Nous continuerons ces échanges et je veux que le lien entre nos deux pays – et en particulier compte tenu de votre présidence – prenne tout son sens. C’est pourquoi, le Premier ministre se rendra dès la fin du mois de juin, donc avant votre présidence, avec plusieurs membres du gouvernement pour pouvoir expliquer le sens des réformes que nous sommes en train de conduire, échanger sur votre politique numérique et rentrer dans le détail de cet agenda européen que nous aurons à conduire pour le prochain semestre sous votre présidence.

Je me rendrai moi-même à Tallinn pour le Sommet ad hoc lié au numérique que vous organiserez fin septembre. Merci monsieur le Premier ministre en tout cas d’être si rapidement venu à Paris, et vous avez compris que vous aurez ici un partenaire ambitieux et volontaire pour l’Europe. Merci à vous"./.

Dernière modification : 19/06/2017

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