La solidarité européenne

Source : ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Face au Covid-19, l’union doit faire la force. Nous ne surmonterons pas cette crise sans une solidarité européenne forte, au niveau sanitaire et économique.

Des mesures ont déjà été prises par l’Union européenne et les efforts se poursuivent tant au niveau européen qu’entre les pays eux-mêmes. L’Europe fait la preuve de sa solidarité dans ces moments difficiles.

Une réponse européenne commune

La France a joué un rôle moteur pour inciter l’Union européenne à prendre la mesure de la crise, en demandant la réunion dès le 10 mars 2020 d’un Conseil européen extraordinaire et en appelant à des mesures coordonnées aux frontières pour éviter le chacun pour soi.

L’Initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus

Le 18 mai, la France et l’Allemagne ont proposé une initiative commune pour la relance européenne face à la crise en 19 mesures pour que l’Europe puisse surmonter la crise actuelle et en sortir plus forte. Parmi ces mesures, nos deux pays proposent de créer un fonds de relance européen pour la solidarité et la croissance.

Cette idée a été reprise par la Commission européenne le 27 mai dans sa proposition de budget pluriannuel sous le nom de Next generation EU.

Le fonds s’élèverait à 750 milliards d’euros et permettrait de :

  • Soutenir les États membres dans leurs efforts de réformes et d’investissement pour la relance,
  • Soutenir l’investissement privé,
  • Tirer les leçons de la crise dans les domaines de la santé, du social et de l’aide humanitaire.

Les chefs d’État et gouvernement européens débattront de cette proposition le 19 juin lors d’une conférence téléphonique.

Pour en savoir plus sur l’initiative franco-allemande

Les chefs d’État et de gouvernement ont pris sept mesures pour coordonner nos efforts en matière de santé publique, protéger les Européens et atténuer les effets socio-économiques de l’épidémie :

  1. Disposer de matériel médical en commun (équipements de protection, ventilateurs et kits de laboratoire) avec la création de la première réserve commune de matériel médical et la passation de marchés publics communs pour l’achat d’équipements de protection individuelle. Cela passe également par un effort coordonné pour accroître les capacités de production… Parallèlement, une autorisation d’exportation a été imposée pour les exportations hors d’Europe.
  2. Soutenir la recherche d’un vaccin contre le Covid-19 avec la mobilisation d’un budget de 140 M€.
  3. Mutualiser les efforts pour permettre aux citoyens européens en déplacement bloqués hors de l’Union de rentrer chez eux.
  4. Faciliter la circulation au sein de l’Europe, non seulement des biens et des marchandises, grâce à des couloirs prioritaires aux frontières intérieures pour l’approvisionnement notamment des hôpitaux, magasins et usines, mais aussi des personnes lorsque cela est nécessaire, en particulier les travailleurs frontaliers oui les citoyens européens qui rentrent chez eux.
  5. Répondre à la crise en réaffectant 37 Md€ du budget de l’UE au titre de la politique de cohésion.
  6. Soutenir les entreprises et les travailleurs en assouplissant les règles en matière d’aides d’État.
  7. Suspendre le Pacte de stabilité pour permettre aux États membres de déroger aux règles budgétaires face à la pandémie.

La Commission européenne est chargée de la bonne mise en œuvre de ces mesures. Des mesures complémentaires sont actuellement en cours de discussion au niveau européen pour répondre à cette crise sans précédent.

La lutte contre le Covid-19 en quelques chiffres :
40 milliards € de la Banque européenne d’investissement pour soutenir les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et PME (petites ou moyennes entreprises).
37 milliards € du budget de l’UE au titre de la politique de cohésion soit 650 millions € pour la France.
140 millions pour la recherche d’un vaccin.
179 millions € pourront être mobilisés pour soutenir les travailleurs licenciés et les indépendants.
+ 125 millions € pour le « mécanisme européen de protection civile » (cofinancement des vols de rapatriement et achats de matériel).
+ 3,6 millions € pour le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

A ces mesures s’ajoute l’exceptionnel « programme d’achat urgence pandémique » (ou PEPP) de la Banque centrale européenne qui va racheter à hauteur de 750 milliards € la dette des Etats et d’entreprises de la zone euro sur les marchés.

Un Conseil européen se tiendra autour de la mi-avril 2020 afin de considérer les actions déjà engagées et pour imaginer solidairement les moyens de sortie de cette crise. Il faut un signal clair d’action coordonnée et solidaire. Les moyens et les modalités sont à inventer et décider ensemble. Aucun pays ne peut surmonter la crise seul et la solidarité doit continuer d’être notre fil conducteur, maintenant et après l’épidémie.

Une solidarité concrète

Des mécanismes européens de coordination, de partage d’informations, de bonnes pratiques et de gestion de crise ont été activés. C’est le cas des ministres en charge des secteurs impactés par la crise ainsi que de comités d’experts en particulier de santé (notamment le comité de sécurité sanitaire où la France est représentée par le ministère des solidarités et de la santé).

Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont déjà tenu trois téléconférences au mois de mars et sont convenus d’un nouvel échange en avril.

Enfin, la solidarité entre pays européens s’exprime tous les jours de manière concrète, par l’accueil de patients pour soulager les pays les plus touchés, par les dons de matériel médical (plus de 3 millions de masques offerts à l’Italie par ses voisins par exemple), par la mise en commun des efforts pour permettre le retour chez eux des Européens en déplacement bloqués à l’étranger.

Que fait la France pour aider ses partenaires européens ?

Matériel médical et équipements de protection

  • Pour venir en aide à l’Italie, premier pays européen touché par la crise, la France a donné 1 million de masques, 20 000 blouses et 2 400 sur-chemises.
  • La France, bien que faisant face à un besoin croissant en raison de l’accélération de l’épidémie sur son sol, a déjà autorisé, au nom de la solidarité européenne, l’exportation de plus de 2,2 millions de masques produits en France vers d’autres pays européens.

Permettre le retour chez eux des Européens bloqués hors de l’UE
La France a participé activement à l’effort collectif notamment :

  • Dès fin janvier, avec 3 vols qui ont permis le retour de 150 Européens de Wuhan (en plus de 200 Français).
  • La France a ouvert aux Européens des dizaines de vols commerciaux et opérations de retour mis en place pour le retour des Français bloqués à l’étranger, contribuant ainsi à l’effort qui a permis à ce jour à 250 000 Européens dont plus de 100 000 Français de regagner l’Europe.

Consciente que certains pays voisins dépendent de travailleurs frontaliers français pour leurs services essentiels, notamment le système de santé, la France a pris d’emblée des mesures pour permettre à ces frontaliers de continuer leur travail (facilitation du passage de frontières, maintien des garanties en matière de droit du travail, protection sociale et fiscalité).

Que font les autres pays européens pour aider la France ?

L’Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche ont proposé d’accueillir dans leurs hôpitaux des patients en soins intensifs hospitalisés notamment dans la région du Grand Est, durement touchée par l’épidémie.
Au total, plus de 120 offres d’accueil ont été reçues et tout a été mis en œuvre pour transférer rapidement les patients.

Depuis ce message d’Amélie de Montchalin enregistré le 31 mars 2020, de nouvelles solidarités se sont manifestées notamment celle de l’Autriche qui accueille 3 patients français et que nous remercions de son aide.

Fact sheet : La solidarité européenne à l’oeuvre

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Covid 19 : La solidarité européenne à l’oeuvre
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Dernière modification : 23/07/2020

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