"La résolution de la crise du Proche-Orient passe par une négociation et une stratégie permettant d’aboutir à la reconnaissance de deux Etats autonomes"

M. Jean-Yves Le Drian a participé au conseil Affaires étrangères qui s’est déroulé à Bruxelles le 11 décembre.

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian à son arrivée au conseil Affaires étrangères (Bruxelles, 11 décembre 2017)

Vous avez reçu hier M. Netanyahou, vous allez le revoir aujourd’hui. Dans ce retrait des Américains, ce vide laissé par Mr Trump avec sa décision, est-ce que l’Europe peut engager une initiative ?

M. Jean-Yves Le Drian :
"La position de la France à l’égard de la décision du Président Trump est connue, nous avons marqué notre désaccord. C’est aussi la position de l’Union européenne. Chacun sait que l’Union européenne souhaite, depuis très longtemps, que la résolution de la crise du Proche-Orient se fasse dans la négociation pour aboutir à deux Etats assurant l’un et l’autre leur propre sécurité, avec des frontières reconnues, et ayant Jérusalem comme capitale des deux Etats. C’est cela la réalité de la situation. On nous a annoncé une initiative américaine, que nous attendons depuis plusieurs mois déjà. Si ce n’était pas le cas, sans doute faudrait-il que l’Union européenne prenne des initiatives, mais c’est encore trop tôt pour le dire. Par ailleurs, cette réunion d’aujourd’hui sera marquée par la question du Moyen-Orient, singulièrement la question syrienne. Nous sommes très favorables à ce que l’on puisse faire pression pour que le processus de Genève puisse réunir l’ensemble des acteurs pour aboutir à une solution politique. Ce sera aussi pour moi l’occasion de parler du Liban, puisque s’est réunie vendredi à Paris une conférence sur le Liban, qui a permis d’avoir une position très forte de soutien à l’intégrité et la souveraineté du Liban, et de faire en sorte que les moyens pour aider le Liban à garantir cette souveraineté puissent être embrayés et engagés, à la fois dans le domaine humanitaire, le domaine économique et le domaine sécuritaire. Ce sera l’occasion de refaire le point sur la place de l’Union européenne dans ce dispositif. Et puis nous parlerons également du G5 Sahel, puisque c’est la première mise en œuvre de la force conjointe pour que les Africains assurent eux-mêmes leur propre sécurité ».

Etes-vous satisfait des efforts accomplis par les uns et les autres pour soutenir le G5 Sahel ?

M. Jean-Yves Le Drian :
Pour l’instant, cela a évolué dans le bon sens.

Si je comprends bien, tous les Européens ont regretté la décision de M. Trump. Quelle est la prochaine étape ?

M. Jean-Yves Le Drian :
Nous savons très bien que la résolution de la crise du Proche-Orient passe par une négociation et une stratégie permettant d’aboutir à la reconnaissance de deux Etats autonomes, sécurisés dans leurs frontières et ayant pour capitale Jérusalem. C’est la position de l’Union européenne, et c’est la position qui sera constatée ce matin. A partir de là, quelles initiatives prendre ? Tout le monde attend une initiative américaine, nous attendons de la voir"./.

Coopération en matière de défense : Le Conseil établit une coopération structurée permanente (CSP), avec 25 États membres participants

Le 11 décembre 2017, le Conseil a adopté une décision établissant la coopération structurée permanente (CSP), moins d’un mois après avoir reçu des États membres une notification conjointe quant à leur intention de participer.

Les 25 États membres participant à la CSP sont les suivants : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. Le 13 novembre 2017, les ministres de 23 États membres ont signé une notification conjointe sur la coopération structurée permanente (CSP) et l’ont remise à la haute représentante et au Conseil. Le 7 décembre 2017, l’Irlande et le Portugal ont également notifié leur décision de participer à la CSP.

La décision du Conseil établissant la CSP présente :

  • la liste des États membres participants
  • la liste des engagements communs ambitieux et plus contraignants pris par les États membres participants, y compris "l’augmentation régulière, en valeur réelle, des budgets de la défense afin d’atteindre les objectifs convenus"
  • la gouvernance de la CSP, avec un niveau global permettant de maintenir la cohérence et l’ambition de la CSP, complétées par des procédures de gouvernance spécifiques au niveau des projets
  • des arrangements administratifs, y compris en ce qui concerne les fonctions de secrétariat de la CSP au niveau des projets et le financement.

Concomitamment à l’adoption de la décision établissant la CSP, les États membres participants ont également adopté une déclaration dans laquelle ils se félicitent de l’accord politique dressant une liste initiale de 17 projets devant être entrepris au titre de la CSP. Ces projets initiaux portent sur des domaines tels que la formation, le développement des capacités et l’état de préparation opérationnelle en matière de défense. Ils devraient être formellement adoptés par le Conseil début 2018.

Prochaines étapes

La décision établissant la CSP prévoit que le Conseil, à l’unanimité des représentants des États participant à la CSP, adoptera de nouvelles décisions et recommandations dans un certain nombre de domaines, notamment pour établir :

  • la liste des projets qui seront mis sur pied dans le cadre de la CSP (attendue pour le début de 2018)
  • un ensemble commun de règles de gouvernance pour des projets qui, pour des projets donnés, pourraient être adaptées
  • les conditions générales selon lesquelles des États tiers pourraient être invités à participer à des projets donnés.

Dernière modification : 12/12/2017

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