"La priorité aujourd’hui est de faire de la zone euro une vraie puissance économique"

Le ministre de l’Economie, M. Bruno Le Maire, a participé à la réunion de l’Eurogroupe et au Conseil ECOFIN les 22 et 23 mai à Bruxelles.

Déclaration du ministre de l’Economie, M. Bruno Le Maire à son arrivée à l’Eurogroupe (Bruxelles, 22 mai 2017)

Monsieur le ministre, pour vos premiers pas en tant que ministre de l’Economie sur cette réunion de l’Eurogroupe, peut-on s’attendre à un accord global sur la Grèce ce soir ?

LE MINISTRE : "En tout cas je l’espère. J’espère que nous parviendrons à un accord. Moi je suis très heureux évidemment de participer à ce premier Eurogroupe. J’ai déjà eu l’occasion d’avoir un certain nombre d’échanges avec mes homologues. J’étais ce matin à Berlin, nous avons eu une longue discussion avec Wolfgang Schäuble sur la réunion de l’Eurogroupe. J’ai eu le président de l’Eurogroupe au téléphone hier. Un certain nombre d’homologues également, comme mon homologue grec longuement hier soir et ce matin au téléphone. J’ai eu un échange aussi avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Pour être tout à fait honnête, les positions de départ sont assez éloignées. Donc il y a beaucoup de travail à faire pour rapprocher les positions. Mais c’est justement le travail des ministres de l’Economie et des Finances. C’est le travail de l’Eurogroupe de rapprocher les positions. Donc j’espère que nous allons faire du bon travail aujourd’hui pour parvenir à un accord.

Qu’est-ce que vous a dit votre homologue Monsieur Schaüble sur la Grèce ? Puisqu’il disait ce matin qu’il n’y avait pas de mandat du Bundestag pour procéder à un allègement voire à une restructuration de la dette.

LE MINISTRE : Nous pouvons trouver des solutions qui conviennent à Wolfgang Schäuble dans sa responsabilité vis à vis du Bundestag. Il faut faire preuve d’inventivité, tout comme il faut faire preuve d’imagination, pour parvenir à un accord. L’objectif de cet accord est de permettre à la Grèce de voir son avenir de manière plus positive, de mettre derrière nous cette question de la dette. Je crois que cela est dans l’intérêt de la Grèce mais aussi de la zone euro. Parce que la priorité aujourd’hui c’est de faire de la zone euro une vraie puissance économique, qui puisse faire jeu égal avec la Chine, avec les Etats-Unis, avec les grandes puissances économiques mondiales. C’est ce que nous avons dit ce matin avec Wolfgang Schäuble. Nous avons mis en place un groupe de travail, qui doit nous permettre d’accélérer l’intégration de la zone euro. Cela a trop tardé. Des déclarations ont été faites, des propositions, mais concrètement les choses n’ont pas avancé en matière d’intégration de la zone euro. Nous nous voulons que les choses avancent parce que cela nous donnera de la puissance économique. Cela nous permettra de créer des emplois, cela nous permettra de faire des investissements, au service de la croissance en Europe. C’est cela aujourd’hui la priorité.

C’est la septième année de sacrifice pour les grecs : on coupe une nouvelle fois dans les retraites, dans les pensions. Qu’est-ce que vous pourriez dire au peuple grec  ?

LE MINISTRE : Je veux saluer les décisions qui ont été prises par le gouvernement grec ces derniers jours. Parce que ce sont des décisions difficiles. Ce sont des décisions difficiles, d’abord pour le peuple grec lui-même. Ce sont des efforts importants qui leur sont demandés. Et je crois que cela rend d’autant plus nécessaire pour nous d’arriver à trouver un accord aujourd’hui dans le cadre de l’Eurogroupe. C’est parce que les Grecs, le peuple grec, font des efforts, que nous, dans le cadre de l’Eurogroupe, nous devons trouver un accord pour permettre à la Grèce d’envisager son avenir de manière plus positive. Merci à tous"./.

Déclaration du ministre de l’Economie, M. Bruno Le Maire à l’issue de l’Eurogroupe (Bruxelles, 22 mai 2017)

Déclaration du ministre de l’Economie, M. Bruno Le Maire à son arrivée au Conseil ECOFIN (Bruxelles, 23 mai 2017)


Quelle est votre première réaction sur Manchester et est-ce que les mesures de sécurité en France sont renforcées ? Est-ce qu’il y a des risques particuliers pour la France qui ont émergé suite à cela ?

LE MINISTRE : First if you allow me to say a few words in English, I would just like to express my deep solidarity with the British people after the awful terrorist attack in Manchester. I think that we are all aware that it will take time to get rid of the terrorist threat. But together, unified, I think that we shall fight and that we shall win.

Je voudrais donc exprimer ma solidarité totale avec le peuple britannique après cette attaque terroriste à Manchester qui nous a tous profondément bouleversés. Je crois que nous savons tous que la lutte contre le terrorisme prendra du temps, que c’est un combat qui nous engage tous, les pays européens en particulier. Des mesures ont été prises partout en Europe, en Allemagne, en Grande Bretagne, en France bien entendu et je pense que cette réponse forte, coordonnée, nous permettra de mettre fin au terrorisme. Nous vaincrons quoi qu’il arrive.

Y-a-t-il eu une information sur un risque plus spécifique en France suite à ce qui s’est passé à Manchester ?

LE MINISTRE : Je suis Ministre de l’économie et nous allons instaurer une méthode de travail qui est surement nouvelle en France qui s’appelle le respect du champ des compétences des ministres. Il y a un très bon ministre de l’Intérieur ; il pourra répondre à votre question. Il y a une très bonne ministre de la défense, elle pourra répondre à votre question mais je ne suis pas chargé d’évaluation de la menace terroriste.

Concernant le « euro clearing », M. Sapin quand il était en poste disait qu’il voulait absolument que cela reste dans la zone européenne, est-ce que vous allez vous battre de la même manière pour cela et avez-vous eu une discussion avec vos collègues à ce sujet ?

LE MINISTRE : Non mais nous allons avoir une discussion donc je vous répondrai après notre réunion.

Au sujet de la taxe sur les transactions financières, la réunion d’hier a été reportée, je pense aussi à la demande de la France. Que se passe-t-il ? La France ne souhaite plus entrer dans ces discussions ou ça va arriver un peu plus tard ?

LE MINISTRE : Il y a deux raisons à cela. La première raison c’est que nous avions hier un euro groupe qui était très lourd sur la question de la dette grecque ; je crois que c’est important de concentrer nos efforts sur cette question-là et nous avons eu une discussion très constructive. La deuxième chose qui est essentielle c’est qu’il y a eu un Brexit et que le Brexit, il faut d’abord en mesurer toutes les conséquences avant de prendre des décisions sur cette taxe sur les transactions financières. Voilà les deux raisons pour lesquelles nous avons décidé de reporter la réunion mais la réunion sur la taxe sur les transactions financières aura lieu au bon moment"./

Dernière modification : 22/02/2019

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