"La France et l’UE sont aux côtés des Chypriotes pour défendre notre souveraineté"

M. Clément Beaune, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé des affaires européennes, s’est rendu à Chypre et en Grèce les 18 et 19 septembre 2020 afin de témoigner de l’importance pour la France et l’Union européenne des enjeux de sécurité et de stabilité en Méditerranée orientale.

À Nicosie, le secrétaire d’État a été reçu par le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, et s’est entretenu avec le ministre chypriote des Affaires étrangères, Nikos Christodoulides. Il a rencontré également le ministre de la Défense, Charalambos Petrides, lors d’une présentation de la situation dans les espaces maritimes chypriotes, à Larnaca.

Clément Beaune s’est rendu ensuite à Athènes, où il a été reçu par Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre de la République hellénique, et s’est entretenu avec son homologue, Miltiadis Varvitsiotis, ministre délégué chargé des affaires européennes.

Conférence de presse de M. Clément Beaune, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, et de M. Nikos Christodoulides, ministre chypriote des affaires étrangères (Nicosie, 18 septembre 2020)

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M. Clément Beaune, M. Nikos Christodoulides, ministre chypriote des Affaires étrangères

Clément Beaune : "Monsieur le Ministre, cher Nikos,

Je suis très heureux de vous retrouver aujourd’hui à Nicosie, pour l’une de mes premières visites européennes depuis que j’ai pris mes fonctions il y a à peine quelques semaines. Nous avons eu l’occasion déjà de travailler ensemble dans le passé, et donc c’est un plaisir, au-delà des sujets graves qui nous occupent, que de vous retrouver aujourd’hui et de marquer une nouvelle fois les liens extrêmement forts qui unissent Chypre et la France.

Et vous l’avez rappelé, ces liens ne sont évidemment pas nouveaux, ils ont lieu aussi au plus haut niveau. Et le président de la République avait reçu à Paris le président Anastasiades à la fin du mois de juillet ; et encore récemment lors d’un sommet des pays du sud de l’Union européenne, ils ont pu s’entretenir à Ajaccio il y a quelques jours. Je crois que cela marque notre lien extrêmement dense, extrêmement étroit.

Avec Nikos Christodoulides, nous avons eu à l’instant donc des échanges riches, convergents, qui ont avant tout porté sur les actions inacceptables de la Turquie, et la situation préoccupante en Méditerranée orientale, sur d’autres sujets européens d’importance que vous avez rappelés, comme les questions migratoires, la pandémie du Covid-19 qui se poursuit et l’avenir de l’Europe à travers le plan de relance ou la conférence sur l’avenir de notre Union européenne.

Nous avons sur tous ces sujets, je crois, constaté - vous l’avez rappelé, Monsieur le Ministre, cher Nikos - de profondes convergences et je veux également les souligner. Car c’est sur l’ensemble des dossiers que Chypre et la France avancent main dans la main avec une proximité de vues qui ne se dément jamais.

Sur la question de la Turquie et de la Méditerranée orientale, je veux rappeler la ligne qui est la nôtre et que nous partageons, qui a été rappelée au sommet des pays du Sud de l’Union européenne il y a donc quelques jours : nous souhaitons la paix et la stabilité en Méditerranée orientale. Il y a quelques jours, la Turquie a retiré un navire d’exploration sismique qui remettait en cause la souveraineté grecque sur ces espaces maritimes. Ce fut un premier geste mais comme nous en avons discuté avec Nikos Christodoulides, ce n’est évidemment pas suffisant et les provocations notamment à l’égard de Chypre ne sont toujours pas acceptables. D’autres forages turcs contestés ont cours dans les eaux de Chypre et j’irai d’ailleurs m’en rendre compte avec votre ministre de la défense au plus près cet après-midi. L’Europe doit affirmer plus clairement sa position sur ces enjeux de souveraineté et de solidarité européenne.

Je l’ai dit, le sommet du MED7 à Ajaccio a permis de faire progresser cette unité européenne sur une approche alliant fermeté et dialogue. Nous préparons désormais activement le Conseil européen des 24 et 25 septembre et d’ailleurs je me réjouis qu’au nom du Conseil européen, Charles Michel ait été présent il y a quelques jours, avant-hier, à Chypre. Et je crois que cela est un signal fort, également, de solidarité européenne. Mais je tiens ici à être à nouveau extrêmement clair, vous connaissez la position de la France : la solidarité de la France avec Chypre est totale. C’est une question de principe qui doit rassembler les Européens. L’Union européenne doit d’abord protéger ses Etats membres, c’est le sens que nous donnons à l’Europe, à ce projet politique. Il convient évidemment de respecter le droit international qui pose des principes largement reconnus concernant des espaces maritimes. L’ordre international, ce n’est pas la loi du plus fort, et on ne peut pas accepter une politique de fait accompli.

Cette solidarité vis-à-vis de Chypre, comme vis-à-vis de la Grèce d’ailleurs, doit être concrète. La France l’a signifié en renforçant cet été sa présence militaire à vos côtés en Méditerranée orientale pour soutenir ses partenaires européens, en se gardant bien sûr de procéder à toute escalade que nous ne souhaitons pas, mais en marquant à la fois, je le disais, notre solidarité, notre unité et notre fermeté.

Nous continuons à souhaiter un dialogue entre les différentes parties. Le président de la République l’a à nouveau clairement souligné la semaine dernière en présence du président Anastasiades. Ce dialogue, Monsieur le Ministre, je sais vous le soutenez, la République de Chypre a toujours été prête à l’engager pour aboutir à un accord sur une délimitation conforme au droit international des zones économiques exclusives.

Chypre a également fait état de sa disposition à en référer à la Cour internationale de justice et s’est montrée ouverte à la prise en compte spécifique des droits de l’ensemble des Chypriotes.

Mais nous considérons que l’Union doit se tenir prête à activer, vous l’avez rappelé, cela à la suite des débats de cet été, des décisions de cet été, tous les instruments à sa disposition, dont celui des sanctions, si la situation ne venait pas à évoluer très vite positivement.

Nous avons évoqué aussi d’autres questions européennes qui, d’ailleurs, tiennent une place particulière dans ce contexte. Avec le ministre Christodoulides, nous avons évoqué la pression migratoire croissante à laquelle, je sais que Chypre fait face, qui compte d’ailleurs sur son territoire la plus forte proportion de demandeurs d’asile par rapport à sa population dans toute l’Union. Là aussi, la solidarité européenne doit s’exprimer bien plus sans faille.

Les flux sont multiples, vous le savez. Je salue les efforts entrepris par les autorités chypriotes pour répondre à cette situation, qui n’a pas été facilitée par la crise sanitaire. Et nous avons, je le redis, besoin de cette solidarité européenne permanente.

C’est pourquoi, la semaine prochaine, les propositions que fera la Commission européenne sur de nouvelles actions législatives en matière d’asile et d’émigration sont si importantes. Nous en avons discuté, je crois que Chypre et la France sont, sur ce point aussi - plus de solidarité européenne et une responsabilité européenne partagée - sur la même ligne. Et nous souhaitons pouvoir trouver un accord dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois tout au plus.

Je ne reviens pas sur l’ensemble des autres dossiers européens, Monsieur le Ministre, que vous avez évoqués, car, je l’ai dit, nos convergences sont immenses, très fortes, et, sur l’ensemble des dossiers, je crois pouvoir le dire ou le redire.

C’est vrai sur la gestion de la crise sanitaire, nous nous retrouverons à Bruxelles mardi, pour évoquer une meilleure coordination et une harmonisation de nos critères en matière sanitaire. Je crois que c’est très important pour les déplacements, pour le tourisme, pour la libre-circulation au sein de notre Union européenne et la cohérence de notre réponse à cette pandémie, qui doit donner l’image d’une Europe unie et non d’une Europe désunie face à cette crise inédite.

Nous avons évoqué aussi d’autres sujets, Monsieur le Ministre. La question du Brexit, je l’évoquais ; la conférence sur l’avenir de l’Europe. Et je crois que nous devons approfondir encore nos coopérations sur ce sujet. Je serai ravi d’en discuter à nouveau dans quelques jours à Bruxelles. Je serai ravi de vous inviter à Paris dans les prochaines semaines dès que nous le pourrons pour approfondir l’ensemble de ces coopérations essentielles, sur la Méditerranée orientale, sur la situation migratoire, sur le Brexit, sur le plan de relance que vous avez évoqué où nos deux présidents et nos deux pays ont joué un rôle considérable pour amener à une solidarité européenne concrète sur l’Etat de droit et les valeurs où je sais également votre engagement.

Voilà en somme, cher Nikos, les grandes lignes des sujets qui ont animé nos échanges, ont enrichi nos discussions que je vais avoir l’honneur de poursuivre avec le président Anastasiades dans quelques instants, avant de rejoindre, je le disais et je m’en réjouis, votre ministre de la défense à Larnaca.

Notre solidarité avec Chypre, je le redis, est complète, permanente, sans faille. Je tenais par ma présence à le souligner à nouveau aujourd’hui et je vous remercie encore, cher Nikos, Monsieur le Ministre, de votre accueil amical et extrêmement important dans cette période. Merci."/.

"Heureux d’avoir rencontré le Président de la République de Chypre. La France et l’Union européenne sont aux côtés des Chypriotes pour défendre notre souveraineté. Nous resterons fermes, unis et solidaires"

Clément Beaune, 18 septembre 2020

"Avec le ministre Nikos Christodulides : convergence et solidarité sur les tensions en Méditerranée, les difficultés migratoires et la nécessaire coordination européenne des mesures liées à la Covid-19"

Clément Beaune, 18 septembre 2020


M. Clément Beaune, M. Nikos Christodoulides, ministre chypriote des Affaires étrangères

M. Clément Beaune survole avec Charalambos Petrides, le ministre chypriote de la Défense, les espaces maritimes chypriotes.

M. Clément Beaune, M. Nicos Anastasiades, Président de la République de Chypre

M. Clément Beaune, M. Nicos Anastasiades, Président de la République de Chypre

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Dernière modification : 23/09/2020

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