Intelligence artificielle : "Nous avons besoin d’une vision européenne"

La représentation permanente de la France auprès de l’UE a organisé le 19 novembre une conférence portant sur le thème : "L’intelligence artificielle : stratégies nationales et plan d’action européen".

Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes, M. Alexander de Croo, Vice-Premier ministre belge et ministre du Numérique, M. Cédric Villani, parlementaire et mathématicien, M. Khalil Rouhana, Directeur général adjoint de la Direction générale CONNECT (Commission européenne) et Mme Eva Kaili, eurodéputée, ont échangé sur les stratégies nationales et le plan d’action européen.

Cette conférence s’est tenue le jour de la signature d’une lettre d’intention par l’institut belge de microélectronique et composants (Imec) et l’institut de recherche français CEA-Leti. L’Imec et Leti ont annoncé qu’ils allaient unir leurs forces pour poursuivre le développement de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique.

Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes, M. Alexander de Croo, Vice-Premier ministre belge et ministre du Numérique
Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes, M. Alexander de Croo, Vice-Premier ministre belge et ministre du Numérique

M. Khalil Rouhana, Directeur général adjoint de la Direction générale CONNECT (Commission européenne), M. Alexander de Croo, Vice-Premier ministre belge et ministre du Numérique, Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes, M. Paul Adamson, modérateur du débat.
Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes
Mme Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes
M. Cédric Villani, parlementaire et mathématicien
M. Cédric Villani, parlementaire et mathématicien

M. Emmanuel Sabonnadiere (CEA/Leti), M. Ludo Deferm (IMEC).

Mme Eva Kaili, eurodéputée

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Pour Mme Nathalie Loiseau, "les débats relatifs à l’intelligence artificielle dépassent largement les frontières. Nous devons poser les premières briques d’une gouvernance mondiale". Rappelant que l’intelligence artificielle sera l’une des priorités de la France pendant le G7, la ministre en charge des Affaires européennes a insisté sur le fait que "la stratégie numérique européenne doit nous permettre d’être compétitifs et autonomes". "Nous avons besoin d’une vision européenne commune, d’une plus grande coopération mais aussi de règles". Pour M. Cédric Vlllani, auteur du rapport "Donner un sens à l’intelligence artificielle : pour une stratégie nationale et européenne, "un comité éthique indépendant doit être mis en place et complété par le RGDP et par un organisme de contrôle des algorithmes". "L’intelligence artificielle ne peut se penser dans un cadre seulement national" a souligné M. Villani. "Mais, pour que la France et l’Europe puissent faire entendre leur voix, il est nécessaire de tout faire pour rester indépendants. Or la concurrence est rude : les États-Unis et la Chine sont à la pointe de ces technologies et leurs investissements dépassent largement ceux consentis en Europe".

M. Alexander De Croo, Vice-Premier ministre belge et ministre du Numérique, a rappelé que la Belgique avait mis en place un groupe d’experts indépendants pour préparer le pays à relever les défis de la révolution de l’intelligence artificielle. Pour le Vice-Premier ministre, dans le monde de l’intelligence artificielle, les capacités purement humaines feront la différence.

M. Khalil Rouhana, Directeur général adjoint de la Direction générale CONNECT (Commission européenne) a par ailleurs rappelé que le plan d’action européen pour l’intelligence artificielle sera publié le 5 décembre 2018 et abordera des thèmes tels que les centres d’excellence, l’expérimentation, l’innovation, les bases de données ou la formation. « Nous sommes en train d’étudier avec les États membres l’ensemble des législations qui peuvent être affectées par l’intelligence artificielle et de voir s’il est nécessaire de les modifier ou si nous avons besoin de nouvelles législations. Nous ne sommes pas très pressés de modifier, mais nous voudrions, à travers l’expérimentation, le test, avoir plus de précisions sur ce qu’il convient de faire » a souligné M. Rouhana.

Pour Mme Eva Kaili, eurodéputée, l’intelligence artificielle apporte d’énormes progrès dans la vie des citoyens. Cependant, les dangers ne peuvent être ignorés. Chacun devrait avoir conscience des risques de manipulation, de fausses nouvelles, et devrait pouvoir bénéficier d’options concernant les informations auxquelles les citoyens sont confrontés.

Dernière modification : 20/11/2018

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