Huit Etats membres rejoignent la France dans l’Initiative européenne d’intervention

En marge du Conseil Affaires étrangères / Défense qui s’est déroulé à Luxembourg le 25 juin, Mme Florence Parly, ministre des Armées, a signé une lettre d’intention lançant officiellement l’Initiative européenne d’intervention.

"L’objectif est que nos forces armées apprennent à se connaître et agir ensemble. Grâce à des échanges entre les états-majors et des exercices communs, nous allons créer une culture stratégique européenne. Nous serons prêts à anticiper les crises et à y répondre vite et utilement" a déclaré Mme Florence Parly.

Communiqué de presse du ministère des Armées : Huit pays rejoignent la France dans l’Initiative européenne d’intervention au service de la défense de l’Europe (25 juin 2018)

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Mme Florence Parly, ministre des Armées, signe une lettre d’intention lançant officiellement l’Initiative européenne d’intervention.

Florence Parly, ministre des Armées, a signé le 25 juin à Luxembourg une lettre d’intention lançant officiellement l’Initiative européenne d’intervention (IEI). En plus de la France, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni ont signé cette lettre afin de renforcer leur coopération de défense au service d’une Europe qui protège, plus forte face aux défis sécuritaires et mieux à même de protéger ses citoyens.

Lancée par le président de la République française, l’Initiative européenne d’intervention part d’un constat simple : face à des menaces vives et communes, l’Europe doit développer une culture stratégique commune : les forces armées européennes doivent se connaître, se comprendre et être capables d’agir vite et efficacement ensemble.

Florence Parly, ministre des Armées, a signé le 25 juin à Luxembourg une lettre d’intention lançant officiellement l’Initiative européenne d’intervention (IEI).

Fondée dans un cadre pragmatique, orientée vers les opérations, l’IEI rassemble neuf pays européens capables militairement et ayant une volonté politique d’agir autour d’un objectif commun : assurer la sécurité et la liberté de l’Europe et de ses citoyens. Elle renforcera les liens entre les forces armées des pays membres par l’échange d’officiers et par des exercices conjoints d’anticipation et de planification, de partage de doctrine, de rédaction de scénarios d’intervention. Ce sont ces échanges et ces exercices qui permettront de bâtir la culture stratégique européenne.

In fine, l’IEI permettra de mieux anticiper les crises, d’y être préparés et d’y apporter des réponses rapides, utiles et coordonnées pouvant aller, si cela est nécessaire, jusqu’aux interventions militaires.

Renforçant la défense de l’Europe, l’IEI contribuera à l’OTAN par un meilleur partage des efforts de défense. L’IEI s’inscrit en pleine complémentarité avec l’action de l’Union européenne, en particulier la coopération structurée permanente (CSP), principalement orientée vers le domaine capacitaire. Distincts, ces deux dispositifs vont ainsi s’entretenir et se consolider mutuellement.

Le lancement de l’IEI témoigne d’une volonté partagée des Européens de renforcer leur coopération de défense et de s’engager plus activement encore au service de la sécurité de leurs citoyens. Désireux qu’une action concrète s’engage rapidement, une réunion d’orientation ministérielle se tiendra prochainement et sera suivie de la première rencontre stratégique européenne militaire, qui rassemblera les états-majors des pays participants.

D’autres pays européens, capables, volontaires et partageant les objectifs de l’IEI, pourront rejoindre l’Initiative européenne d’intervention./.

Conseil Affaires étrangères / défense (Luxembourg, 25 juin 2018)

Le Conseil conjoint affaires étrangères / défense s’est tenu à Luxembourg le 25 juin 2018.

Il a porté sur les points suivants :

Sécurité et défense : Les discussions ont permis de faire le bilan des progrès accomplis et en cours dans le domaine de l’Europe de la défense au cours des derniers mois : développement de l’autonomie stratégique de l’Union, opérationnalisation de la coopération structurée permanente, adoption proche du règlement sur le fonds européen de défense, revue annuelle coordonnée de défense/ CARD, lutte contre les menaces hybrides, réforme des partenariats, PSDC civile. Ce fut également l’occasion de tracer de nouvelles perspectives, quelques jours avant le Conseil européen qui traitera également de ces questions. Les échanges ont aussi porté sur les propositions de la Commission pour le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027 avec une nouvelle rubrique sécurité/défense et l’augmentation significative du fonds européen de défense. Les ministres auront ensuite un échange de vues avec le Secrétaire général de l’OTAN sur la coopération entre l’Union européenne et l’OTAN, notamment dans le domaine de la mobilité militaire, en amont du prochain Sommet de l’Alliance en juillet à Bruxelles, en soulignant l’absence de duplication inutile et la contribution incontestable de l’UE au partage du fardeau.

Yémen  : La situation au Yémen a été abordée, en présence de l’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Martin Griffiths qui a présenté son plan d’action, comme il l’a fait devant le Conseil de sécurité le 18 juin à New York. Cette discussion a permis de marquer le soutien européen aux efforts de l’envoyé spécial pour trouver une solution politique au conflit yéménite et de souligner l’importance de prendre toutes les mesures pour remédier à la situation humanitaire alarmante, ce qui sera un des objectifs de la réunion d’experts du 27 juin à Paris.

Corne de l’Afrique et mer Rouge : Le Conseil a évoqué les enjeux communs entre la Corne de l’Afrique et la mer Rouge, dans un contexte marqué par l’impact de la crise du Golfe et de la Guerre au Yémen sur la sécurité et la stabilité à long terme de la région, et en particulier les conséquences sur la situation humanitaire et les déplacements de population. Ce point a donné lieu à l’adoption de conclusions afin d’encourager notamment le dialogue avec tous les pays riverains de la mer Rouge et les acteurs régionaux et internationaux concernés pour prévenir les conflits, renforcer la sécurité maritime, lutter contre le terrorisme et la traite des êtres humains, et renforcer la coopération sur les enjeux globaux (économie, investissements, développement durable) dans cette région. Une attention particulière devra être portée à la stabilité et la sécurité de la Somalie et à la transition progressive des responsabilités sécuritaires de la mission AMISOM aux forces de sécurité somaliennes.

Stratégie globale de l’Union européenne  : Comme chaque année depuis l’adoption en 2016 de cette stratégie, la Haute-Représentante a fait un point sur sa mise en œuvre. La stratégie globale fixe les grandes priorités et intérêts stratégiques de l’UE en matière de politique étrangère et de sécurité et s’appuie sur le concept clé d’autonomie stratégique dans lequel nous inscrivons l’ensemble de notre action. La France a rappelé qu’une attention particulière doit être portée sur les questions de sécurité et défense et le renforcement du continuum entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure.

Jordanie  : Le Conseil a réaffirmé le soutien politique et économique de l’Union européenne à la Jordanie, partenaire stratégique et essentiel pour la stabilité de la région, notamment par le biais de nouvelles mesures commerciales pour favoriser l’intégration des réfugiés syriens sur le marché du travail jordanien.

La France est également intervenue pour présenter les résultats de la Conférence internationale du 29 mai à Paris sur la Libye et informer nos partenaires de l’état de mise en œuvre des engagements pris par les parties libyennes à cette occasion./.

Dernière modification : 27/06/2018

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