Hommage au Président Jacques Chirac

Le Président Jacques Chirac est décédé le 26 septembre 2019.

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S’exprimant devant le Parlement européen le 14 décembre 1999, il avait déclaré : "L’Europe est un projet, elle est aussi un processus. Même les plus audacieux des pères fondateurs n’avaient pas imaginé l’Euro. Mesurons avec fierté le chemin accompli. Réfléchissons ensemble à nos ambitions pour demain. Le 21e siècle verra, j’en suis sûr, l’affirmation d’une Europe humaniste et prospère, puissante et pacifique au premier rang des acteurs de la scène mondiale".

Allocution du Président de la République en hommage au Président Jacques Chirac, 26 septembre 2019

Seul le prononcé fait foi

"Mes chers compatriotes,

C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que je m’adresse à vous ce soir.

Le Président Jacques Chirac nous a quittés ce matin.

Nous, Français, perdons un homme d’Etat que nous aimions autant qu’il nous aimait.

Plus de quarante années de vie politique avaient fait de Jacques Chirac un visage familier.

Et que nous partagions ou non ses idées, ses combats, nous nous reconnaissions tous en cet homme qui nous ressemblait et nous rassemblait.

En ce petit fils d’instituteur qui, haut fonctionnaire, parlementaire, ministre, Président de Conseil général de Corrèze, Premier ministre, maire de Paris et Président de la République, occupa les plus hautes fonctions dans notre pays sans jamais oublier ses racines.

En ce chef, qui sut représenter la Nation dans sa diversité et sa complexité.

En cet enfant de Corrèze qui était heureux en France, à Paris comme en province, dans l’hexagone comme dans les Outre-Mer.

Le Président Chirac incarna une certaine idée de la France.

Une France dont il a constamment veillé à l’unité, à la cohésion et qu’il a protégé courageusement contre les extrêmes et la haine.

Une France qui regarde son Histoire en face et dont il sut reconnaître, lors du discours du Vel d’Hiv, les responsabilités dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale. Comme il sut élever douze ans plus tard les Justes en exemple.

Une France indépendante et fière, capable de s’élever contre une intervention militaire injustifiée lorsqu’il refusa en 2003 l’invasion de l’Irak sans mandat des Nations Unies, lorsqu’il s’engagea pour mettre un terme aux guerres dans l’ex Yougoslavie, ou en lorsqu’il œuvra pour rétablir la paix et la sécurité au Liban.

Une France qui assume son rôle historique de conscience universelle.

Le Président Chirac incarna une certaine idée du monde.

En s’engageant pour une Europe des hommes plutôt qu’une Europe du marché, une Europe plus forte et plus protectrice, assise sur une amitié franco-allemande indéfectible.

En s’engageant pour le climat tôt. Car Jacques Chirac était habité par la conscience du temps long, cette conscience qui enseigne l’infinie fragilité de la vie. « Notre maison brûle » : ce cri d’alerte qu’il poussa pour inviter les dirigeants à agir pour la protection de l’environnement et contre le réchauffement climatique, ne fut pas seulement celui d’un chef d’Etat se hissant à la hauteur de l’Histoire. Mais celui d’un homme parmi les hommes, refusant de tout son être que soit menacée la pérennité de notre planète.

Le combat de sa vie, fut celui du respect des différences et du dialogue des cultures. A ses yeux, nul art supérieur aux autres. Mais des arts, des expressions sensibles de l’homme et de l’âme, qu’il faut également considérer, également promouvoir. C’est ce qu’il fit en initiant la création du musée qui porte aujourd’hui son nom, où des trésors des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques dialoguent par-delà les siècles.

Oui, une certaine idée de la France, une certaine idée du Monde, des échanges, des coopérations. Ce soir, le Président Chirac n’est pas seulement pleuré en France. Il l’est à travers l’Europe, je le sais aussi dans le beau continent d’Afrique qu’il aimait tant et dans le reste du monde.

Jacques Chirac était un grand Français.

Libre, épris de notre terre, pétri de notre histoire et amoureux taiseux de notre culture.

Lui qui attirait la sympathie de l’agriculteur et du capitaine d’industrie, lui qui prenait le temps d’échanger longuement avec l’ouvrier d’usine comme avec les plus grands artistes, aimait profondément les gens, dans toute leur diversité, quelques soient leurs convictions, leurs professions, leurs conditions.

Il aimait les Français pour les saluer, leur parler, leur sourire…les embrasser.

Les plus humbles, les plus fragiles, les plus faibles furent sa grande cause. Il ne cessa d’agir pour ceux qui, frappés par le SIDA, malades du cancer, touchés par le handicap, avaient été bousculés par la vie.

Pour Jacques Chirac, nulle hiérarchie entre les parcours, entre les histoires. Simplement des femmes et des hommes, des vies qui toutes méritent une attention égale, une affection égale.

Jacques Chirac était un destin français. S’engageant sur les terres familiales de Corrèze, porté par une ambition qui le conduisit à conquérir Paris, il a durant plusieurs décennies tout connu de la vie politique de notre pays. Ce furent des années de conquêtes, d’énergie, d’appétit et d’enthousiasme. Ce furent des succès et quelques échecs. Des fidélités et des déceptions. Si longtemps, nous n’avons osé l’aimer pour finalement concevoir pour lui un attachement affectueux, quasi filial.

Jacques Chirac eut aussi des drames intimes que sa pudeur toujours entoura de silence. Ce silence, dans lequel ces derniers mois il s’était réfugié. Aussi parce qu’il est des blessures dont un homme ne peut se remettre.

Son regard, les traits de son visage disaient encore un peu de lui à la famille et aux amis qui le visitaient. Mais, toujours, et je veux ici vous en porter témoignage de manière très personnelle, il portait en lui l’amour de la France et des Français.

Il y a près d’un quart de siècle, par votre choix, vous avez inscrit le destin de Jacques Chirac dans la lignée de ceux qui ont dirigé notre Pays. Il mit ses pas dans ceux du Général de Gaulle et du Président Pompidou qu’il aimait tant ; dans le respect de chacun de ses prédécesseurs ; le Président Valéry Giscard d’Estaing et le Président François Mitterrand pour lequel il sut trouver des mots lumineux lors de sa disparition.

Notre pays est fait de ces transmissions qui portent leur mystère et nous dépassent.

Nous avons pour Jacques Chirac ce soir de la reconnaissance. Il fit tant pour notre Nation, nos valeurs, la fraternité et la tolérance.

Il eut notre République chevillée au corps tout au long de sa vie.

Nous nous souvenons avec émotion et affection de sa liberté et de sa personnalité, de ce talent qu’il eut de réconcilier simplicité et grandeur, proximité et dignité, amour de la patrie et ouverture à l’universel.

Je veux en votre nom dire à Madame Chirac, notre amitié et notre respect, dire nos condoléances à sa fille, son petit-fils, sa famille et à tous ses amis et ses proches. Ils ont accompagné tant de ses combats et l’ont tant protégé.

Dès ce soir, l’Elysée restera ouvert afin que chacun puisse venir y écrire ses condoléances et témoigner son respect.

Lundi 30 septembre sera jour de deuil national et une cérémonie en l’honneur du Président Jacques Chirac se tiendra à midi.

Mes chers compatriotes,

Portons en nous désormais cette part de notre histoire qui l’accompagne, conscients de notre dette à son égard, forts de ce qu’il nous a légué.

Il entre dans l’Histoire et manquera à chacun d’entre nous désormais.

Merci"./.

La biographie de Jacques Chirac

Né le 29 novembre 1932 à Paris 5ème. Fils de François Chirac, administrateur de sociétés, et de Madame née Marie-Louise Valette. Marié le 16 mars 1956 à Melle Bernadette Chodron de Courcel (deux enfants : Laurence et Claude). Décédé à Paris, entouré des siens, le 26 septembre 2019.

Etudes

Carnot et Louis-le-Grand à Paris

Diplômes

Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de la Summer School de l’Université de Harvard (USA)

Décorations

  • Grand-Croix de la Légion d’Honneur
  • Grand-Croix de l’Ordre National du Mérite
  • Croix de la Valeur Militaire
  • Médaille de l’Aéronautique
  • Chevalier du Mérite Agricole, des Arts et des Lettres, de l’Etoile Noire, du Mérite Sportif, Grand-Croix du Mérite de l’Ordre Souverain de Malte

1957-1959

  • Elève de l’Ecole Nationale d’Administration
  • Auditeur à la Cour des Comptes 1962
  • Chargé de mission au Secrétariat Général du Gouvernement
  • Chargé de mission au cabinet de M. Georges Pompidou, Premier ministre

1965-1993

  • Conseiller référendaire à la Cour des Comptes

De mars 1965 à mars 1977

  • Conseiller municipal de Sainte-Féréole (Corrèze)

De mars 1965 à mars 1977

  • Député de la Corrèze

1967-1968

  • Secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales, chargé des problèmes de l’emploi (Gouvernement de Georges Pompidou)

1968

  • Conseiller Général du canton de Meymac, réélu en 1970, en 1976 et 1982

1968-1971

  • Secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances (Gouvernements de Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville, Jacques Chaban-Delmas)

De juin à août 1968

  • Député UDR de la Corrèze

Depuis 1969

  • Trésorier de la Fondation Claude Pompidou (Association venant en aide notamment aux personnes âgées et aux enfants handicapés)

De 1970 à mars 1979

  • Président du Conseil Général de Corrèze

1971-1972

  • Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement (Gouvernement de Jacques Chaban-Delmas)

1972-1973

  • Ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Gouvernement de Pierre Messmer)

Du 4 mars au 5 mai 1973

  • Réélu Député de la Corrèze

1973-1974

  • Ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Gouvernement de Pierre Messmer)

1974

  • Ministre de l’Intérieur (Gouvernement de Pierre Messmer)

27 mai 1974

  • Premier ministre

De décembre 1974 à juin 1975

  • Secrétaire Général de l’Union des Démocrates Républicains (UDR)

Juin 1975

  • Secrétaire Général d’Honneur de l’UDR

25 août 1976

  • Présente la démission de son Gouvernement

De 1976 au 15 mai 1995

  • Réélu Député de la Corrèze (3ème circonscription)

Du 5 décembre 1976 au 12 novembre 1994

  • Elu Président du Rassemblement Pour la République (RPR)

Du 20 mars 1977 au 16 mai 1995

  • Elu Maire de Paris

1er mai 1979

  • Elu président de l’Association Internationale des Maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement Francophones (AIMF)

10 juin 1979

  • Elu au Parlement Européen (liste défense des intérêts de la France en Europe), démissionne de son mandat en 1980

Du 20 mars 1986 au 10 mai 1988

  • Premier ministre (Cohabitation)

7 mai 1995

  • Elu Président de la République Française

17 mai 1995

  • Installation comme Président de la République

5 mai 2002

  • Réélu Président de la République française

16 mai 2007

  • Quitte l’Elysée après la cérémonie d’investiture de Nicolas Sarkozy

9 juin 2008

  • Lance la "fondation Chirac" pour le développement durable et le dialogue des cultures

Oeuvres

  • "Thèse à l’Institut d’Etudes Politiques sur le Développement du Port de la Nouvelle-Orléans (1954)
  • "Discours pour la France à l’Heure du Choix" Editions Stock (1978)
  • "La lueur de l’espérance : réflexion du soir pour le matin" Editions La Table Ronde (1978)
  • "Une nouvelle France, Réflexions 1 " Nil Editions (1994)
  • "La France pour Tous" Nil Editions (1995)
  • "Mon combat pour la France, T1" Editions Odile Jacob (2007)
  • "Mon combat pour la paix, T2" Editions Odile Jacob (2007)

L’investiture de Jacques Chirac

Les informations et les vidéos de l’investiture du Président Chirac le 17 mai 1995 et le 16 mai 2002 sont disponibles ici

Dernière modification : 27/09/2019

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