Grèce - Réunion de l’Eurogroupe (Bruxelles, 20 février 2015)

Déclarations du Ministre des finances et des comptes publics, M. Michel Sapin, à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe (Bruxelles, 20 février 2015)

"La France -le Président l’a dit, le Premier ministre l’a dit, je vous l’ai dit- la France voulait un accord, et nous avons aujourd’hui un accord, et un bon accord. La Grèce et les institutions européennes avaient besoin de stabilité, de calme, de visibilité, pour pouvoir travailler plus en détail, construire en profondeur le programme du côté grec, et bien sûr la collaboration du côté européen, du côté du FMI, du côté de la BCE. Nous avons aujourd’hui cette visibilité, cette stabilité. Nous allons pouvoir continuer à travailler, et à travailler avec une sécurité qui était indispensable pour que l’économie grecque puisse reprendre sa croissance, pour que les institutions puissent travailler dans de bonnes conditions. Donc c’est un bon accord. Un accord qui nous donne encore du travail. Un accord qui nous permet de travailler dans de bonnes conditions. Un accord qui permet à la Grèce de conserver toute sa place en Europe et toute sa place dans l’Euro.

On ne dit plus troïka, c’est fini ?

Les mots ont une valeur. Changer les mots est parfois indispensable, et je comprends tout à fait que du côté grec, certaines méthodes, certaines manières de faire, soient devenues le symbole de quelque chose qui était insupportable. C’est une forme de confiance retrouvée. Je dis confiance retrouvée parce que la Grèce avait perdu confiance dans les institutions européennes, et la Grèce est en train de retrouver confiance dans les institutions européennes. Et de notre côté, nous faisions confiance au gouvernement grec. Aujourd’hui tout le monde fait confiance au gouvernement grec pour avancer dans le respect de ses engagements par rapport au peuple grec et dans le respect des règles de fonctionnement de l’Union européenne.

Qu’est ce qui va changer dans la façon de faire des institutions ?

Il y aura un travail d’une autre nature. Il y aura sûrement un travail politique. Ces questions doivent être mises en œuvre par des techniciens, mais les questions sont avant toute chose politiques. Je crois que ce qui a beaucoup gêné les Grecs par le passé, c’est d’avoir le sentiment qu’ils n’étaient pas en dialogue avec les politiques, mais en dialogue avec les techniciens. Et avec tout le respect que je dois aux techniciens –qui m’entourent, qui m’aident- je sais que c’est avant toute chose le dialogue politique qui compte. Et c’est ce que nous aurons à l’avenir avec la Grèce.

Est-ce une solution dans la durée ?

C’est une solution qui est faite pour donner de la sécurité, qui est faite pour donner du temps, pour durer. C’est une solution durable qui a été trouvée ce soir.

D’ici lundi, qu’est-ce que vous attendez ? Puisqu’ils doivent déposer un programme d’ici lundi.

On leur demande, c’est tout à fait normal, de préciser la liste des sujets qu’ils souhaitent voir abordés ensuite. Ce sont des étapes. Première étape lundi. Deuxième étape fin avril. Troisième étape fin juin. C’est cela qui permet progressivement de construire la seule chose qui compte au bout du compte : le nouveau programme, le nouveau contrat que la Grèce devra avoir avec les institutions de l’UE. Nouveau contrat qui sera pour des mois, et je l’espère des années, jusqu’à ce que la Grèce n’ait absolument plus besoin de cette aide parce qu’elle aura su reconstruire de la croissance, de la sécurité, et une vraie capacité à se développer dans l’Europe. Merci beaucoup".

Déclaration de l’Eurogroupe sur la Grèce

Dernière modification : 25/02/2016

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