Grèce - Réunion de l’Eurogroupe (Bruxelles, 11 et 12 juillet 2015)

Déclarations à la presse du Ministre des finances et des comptes publics, M. Michel Sapin, avant la réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce (Bruxelles, 11 juillet 2015)

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M. le Ministre, est ce que vous estimez que les propositions de réformes grecques sont suffisantes pour que commencent les négociations ?

Il y a deux éléments nouveaux qui sont positifs. Le premier élément c’est que le gouvernement grec a eu le courage d’aller devant son Parlement et de faire adopter un mandat de négociation, qui lui a permis de constater qu’il avait une large majorité au Parlement, quand bien même il pouvait y avoir des débats au sein de sa propre majorité. Donc le gouvernement grec a fait preuve de détermination politique, et cette détermination politique, c’est un élément très important de la confiance qu’il faut retrouver entre les institutions, les pays d’Europe et le gouvernement grec.

Le deuxième élément très positif, c’est le jugement qu’ont porté les trois institutions : le FMI, la BCE et la Commission européenne, sur ces propositions grecques, considérant que c’est une bonne base pour engager des discussions et des négociations. Ce sont d’ailleurs les mêmes termes qui ont été utilisés du côté du Parlement grec et du côté des institutions. Une bonne base pour engager des négociations. C’est donc à partir de cette bonne base que nous allons rentrer dans une discussion qui sera une discussion exigeante, parce que la confiance est un élément déterminant de l’accord.

Si nous voulons un accord global et un accord durable, ce que depuis le début la France, le Président de la République, souhaite, il faut que les Grecs, que le ministre des finances grec apporte des réponses : quand vous allez vous décider ? Comment vous allez vous le faire ? A quel moment vous allez le faire, à quel rythme vous allez le faire ? Parce que c’est ça aussi qui va redonner de la confiance.

Et puis du côté des institutions européennes, de l’Eurogroupe, il faut que l’on montre aussi que si cette confiance est là, si la détermination politique des Grecs est là, alors nous avons la capacité d’apporter des soutiens, qui sont des soutiens indispensables pour réussir ces réformes.

Vous avez déjà rencontré votre homologue allemand, dans quel état d’esprit est-il ?

Moi je rencontre tous ceux avec lesquels il est utile et même indispensable de parler. J’étais il y a quelques jours à Varsovie avec Wolfgang Schäuble, j’étais il y a 48 heures avec Wolfgang Schäuble à Francfort. Nous avons débattu ensemble. J’ai rencontré il y a quelques instants, mon homologue grec. C’est la moindre des choses que de discuter avec lui. Je discute bien sûr aussi avec Jeroen Dijsselbloem, qui est le Président de l’Eurogroupe, et qui joue un rôle déterminant pour réussir cette négociation.

La France, je l’ai dit dès la première semaine de l’élection du nouveau gouvernement grec, est un trait d’union. Et nous jouerons ce rôle de trait d’union jusqu’au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable. D’abord indispensable à la Grèce, mais aussi indispensable à l’Europe.

Certains des pays veulent des garanties -les réformes sur le marché du travail ou les privatisations ne sont pas assez claires- et voudraient aussi des votes rapides au parlement grec ?

Je disais que la confiance, elle passait par des décisions rapides. Moi j’ai entendu ou lu ce que disait le Premier ministre grec qui a dit que dès la semaine prochaine il était prêt à ce que des réformes importantes puissent être adoptées par le gouvernement. C’est la bonne manière de faire. Il faut que cela soit dit ici, que cela convainque l’ensemble des collègues ministres des finances. Et qu’il y ait des précisions à apporter, oui évidemment il y a encore des précisions à apporter. C’est au gouvernement grec d’apporter ces précisions, là encore pour créer cette confiance, qui n’est pas une confiance abimée par rapport à ce gouvernement, mais par rapport à tous les gouvernements grecs depuis des années et des années, qui ont parfois fait des promesses sans pour autant les honorer. Aujourd’hui nous avons besoin de retrouver cette confiance, cette certitude que les décisions qui seront annoncées seront des décisions qui seront prises par le gouvernement grec.

Quelles recommandations pour demain et le sommet des chefs d’Etat ?

Ecoutez nous allons faire notre travail à l’Eurogroupe. Je pense que c’est une institution importante. Je souhaite que nous allions le plus loin possible au sein de l’Eurogroupe pour trouver les éléments d’un accord. C’est notre responsabilité de ministres des finances et institutions de savoir prendre nos responsabilités par rapport a notre collègue grec.

Allez-vous parler de la dette aussi ? C’est une question importante pour les Grecs.

Evidemment la question de la dette, elle est importante pour tout le monde Est-ce que la dette est soutenable comme on dit, et si oui dans quelles conditions ? Ca fait partie des sujets qui sont sur la table. Depuis le début, la France dit deux choses :

Premièrement il n’y a pas de tabou de la dette. On a le droit de parler de la dette. Mais la deuxième chose : nous ne voulons pas qu’il y ait de diminution nominale de la dette, car c’est une ligne rouge pour beaucoup des Etats membres de l’Eurogroupe. L’important aujourd’hui est d’engager les négociations.

Donc voilà, on parlera de la dette. Peut être pas tout ce soir. Il y a encore beaucoup de choses à discuter dans les jours et les semaines qui viennent. L’important pour ce soir est d’engager les discussions dans les meilleures conditions possibles./.

Déclaration du sommet de la zone euro (12 juillet 2015)

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Dernière modification : 07/11/2018

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