Déplacement de Michel Sapin à Bruxelles (7 mai 2015)

M. Michel SAPIN, Ministre des Finances et des Comptes publics, s’est rendu au Parlement européen à Bruxelles le 7 mai. Il y a rencontré des parlementaires européens et est intervenu devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

Il s’est ensuite entretenu avec Andrus ANSIP, Vice-président de la commission européenne, chargé du Marché numérique unique. Ces rendez-vous ont permis d’évoquer notamment la stratégie européenne de croissance, le fonctionnement de la zone euro, ainsi que les sujets liés à la lutte contre l’optimisation fiscale et au financement de l’économie (union des marchés des capitaux, union bancaire) dans un contexte marqué par une reprise économique à consolider en Europe.

Déclaration introductive de M. Sapin lors de sa conférence de presse à l’issue de son déplacement (Bruxelles, 7 mai 2015)

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Conférence de presse du Ministre, M. Sapin
crédit photo : RP de la France auprès de l’UE

« Je voudrais d’abord souligner l’objet de ma visite ce matin et les sujets abordés. Je venais principalement pour répondre à une invitation de la Commission du Parlement européen en charge des questions économiques, la commission ECON.

Cela a été souligné par les députés européens, c’est la première fois qu’un ministre français participe à cette forme-là de dialogue économique, et je pense que c’est important. Je n’avais pas souhaité le faire immédiatement parce que je pense qu’il est plus facile pour les uns et pour les autres de juger une action et éventuellement de poser des questions à partir de quelques mois d’action, que ce soit la mienne au sein de ce gouvernement ou celle de la Commission, puisque la Commission elle-même était nouvelle et que ce soit sur certains sujets comme l’investissement ou la lutte contre les abus fiscaux de toute nature, il était aussi nécessaire qu’un peu de temps passe, que les positions soient connues et qu’à partir de là, je puisse faire les commentaires nécessaires.

J’ai trouvé l’ambiance extrêmement constructive et la rencontre utile - à une exception près, à laquelle on pouvait s’attendre- mais ça ne correspondait pas du tout à la description parfois extrêmement inquiétante que l’on m’avait faite de ce genre de rencontre. Les députés qui peuvent être de partis différents, peuvent avoir des questions critiques sur la France et c’est parfaitement légitime dans le débat politique ; ça m’a permis, en tous les cas, d’y répondre.

Ces questions portaient sur les questions budgétaires en France, les réformes, mais il y avait aussi beaucoup de questions intéressantes sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, sur les modalités, sur le rythme. La position de la France est la suivante : « faisons le plus possible avec les traités d’aujourd’hui, ne commençons pas par poser la question des traités », sinon dans le contexte économique et social que nous connaissons, et politique, on risquerait de bloquer les choses avant même d’avoir commencé. Voilà le sujet principal de ce déplacement et je serai bien sûr à la disposition, aussi longtemps que mes responsabilités me le permettront, de la Commission ECON pour continuer ce type de discussions.
J’ai également souhaité rencontrer M. Manfred Weber, qui n’est pas un social-démocrate, comme chacun le sait, mais qui joue un rôle important au sein du Parlement européen et qui, par ailleurs, est président du groupe PPE mais qui est très engagé pour un meilleur fonctionnement possible de ce Parlement européen, en particulier dans la recherche de majorités nécessaires pour prendre des décisions de manière à peu près constructive. C’est par ailleurs un Allemand, vous le savez, et donc ce dialogue que j’ai l’habitude d’avoir y compris avec des responsables politiques allemands issus ou rattachés au PPE est extrêmement utile, là aussi.
Et c’était utile de lutter contre tous ces clichés qui perdurent d’années en années ; certaines questions auraient pu être posées il y a deux ou trois ans, ces clichés sont profonds, et c’est à nous de porter la parole, d’expliquer les reproches que l’on nous fait ; si la situation française, si l’évolution des réformes en France ne sont pas suffisamment connues, c’est que nous ne les portons pas assez. Donc, je le fais ici, comme je le fais dans chacun des pays membres de l’Eurogroupe ou de l’Union européenne.

J’ai aussi voulu continuer mon dialogue avec les membres de la Commission, donc j’ai rencontré M. Andrus Ansip, vice-président de la Commission. Je l’avais dit, je cherche à voir tous les membres de la Commission, même si leur responsabilité n’est pas directement en lien avec la mienne aujourd’hui. Tous les membres de la Commission font partie du Collège et le Collège délibère sur des sujets importants qui peuvent concerner directement la France, il est donc important que chacun soit informé le mieux possible. J’ai eu le sentiment que M. Ansip était quelqu’un très informé de la situation française, et qu’il accueillait mes arguments avec beaucoup d’ouverture et d’amitié.

Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions à propos de ce matin ou sur d’autres sujets concernant l’Europe
(… ) »./.

Retrouvez la vidéo complète de la conférence de presse ici.

Dernière modification : 07/05/2015

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