Conférence de lancement pour une initiative mondiale sur les diagnostics, traitements et vaccins

La pandémie de COVID-19 est une crise mondiale sans précédent et appelle une réponse internationale d’ampleur pour lutter contre ses conséquences sanitaires, économiques et sociales, partout dans le monde.

Le 4 mai 2020, la Commission européenne a organisé une grande conférence en ligne d’appel aux dons pour rechercher un vaccin et des traitements contre le Covid-19. A l’issue de cet évènement, la Commission a enregistré 7,4 milliards d’euros, soit plus de 8 milliards de dollars, de promesses de dons de la part de donateurs du monde entier. La France s’est engagée à contribuer à hauteur de 500 millions d’euros.

Conférence de lancement pour une initiative mondiale de lutte contre le coronavirus

Depuis plusieurs semaines, la France a pris, avec ses partenaires, l’initiative de construire une réponse multilatérale efficace et rapide. Cette action se traduit par :

  • Le renforcement de la coordination sur le plan sanitaire et économique au G7 et au G20.
  • L’initiative sur le soutien aux systèmes de santé et aux économies africaines. L’initiative du Conseil de sécurité des Nations unies pour permettre une trêve humanitaire face à la pandémie.
  • L’initiative sur les diagnostics, les traitements et les vaccins en coordination étroite avec l’OMS, l’Union européenne et l’ensemble des acteurs internationaux.

Un immense travail est d’ores et déjà engagé, partout dans le monde, pour développer des moyens efficaces de lutter contre le COVID-19. Pour aller plus vite, le Président de la République a insisté sur la nécessité d’agir tous ensemble et a appelé à la mobilisation d’un partenariat inédit entre l’ensemble des acteurs (Etats, organisations régionales et internationales, acteurs publics et privés, recherche, banques de développement, société civile).

L’initiative

Le 16 avril, le Président de la République a réuni, lors d’une conférence téléphonique, les responsables des principales organisations internationales en santé mondiale, actives dans la riposte contre le Covid-19 (OMS, Fonds mondial, Unitaid, Gavi, CEPI, Wellcome Trust, Fondation Gates, Banque mondiale, Medecines Patent Pool, ainsi que Françoise BARRE-SINOUSSI, Présidente du Comité analyse recherche et expertise) pour renforcer la coordination internationale autour de l’OMS et construire une initiative multilatérale. Les participants sont convenus de la nécessité de porter une initiative coordonnée, globale, visant l’efficacité et l’équité.

Cet échange a permis de définir un appel à l’action commun dont l’objectif est d’accélérer le développement et l’accès aux traitements, diagnostics et vaccins, y compris dans les pays les plus défavorisés.

Cet appel repose sur 4 piliers :

  • Les diagnostics ;
  • Les traitements ;
  • Les vaccins ;
  • Le soutien aux systèmes de santé dans les pays les plus fragiles.

Cette initiative inclut la recherche, la production et la distribution de ces produits de santé. Elle est inclusive et ouverte aux autres partenaires compétents impliqués dans la réponse au Covid-19 (industrie pharmaceutique, secteur privé en général, recherche, banques de développement nationales et régionales, organisations de la société civile).

Afin de lancer officiellement cette initiative, une visio-conférence publique s’est tenue le vendredi 24 avril en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement et des grands acteurs de la santé mondiale. Le Secrétaire Général des Nations unies, Antonio GUTERRES, le directeur général de l’OMS, le Dr TEDROS et le Président de la République française, Emmanuel MACRON, porteront l’initiative, aux côtés de partenaires européens et internationaux.

Objectifs

1. Accélérer la conception et la production des moyens de diagnostics, de traitement et des vaccins. L’enjeu est d’autant plus fort qu’un nombre croissant de pays et de territoires s’efforcent de lever progressivement les mesures de confinement prises pour endiguer l’avancée du virus.

2. Garantir un accès sûr, équitable et universel aux diagnostics, aux traitements et aux vaccins. Nous devons construire dès maintenant une approche globale pour nous assurer que personne n’est laissé de côté et acter une réponse internationale juste, transparente, équitable, efficace et rapide.

3. Consolider les systèmes de santé pour lutter contre le COVID-19 et poursuivre le combat contre les autres maladies. La pandémie de COVID-19 a un impact très lourd sur les plus vulnérables partout dans le monde. Le renforcement des systèmes de santé à l’échelle mondiale est indispensable pour aider les pays à lutter contre la pandémie, éviter que les systèmes de santé ne soient submergés par la crise, et ne pas mettre en péril les avancées réalisées dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

L’action engagée pour remplir ces objectifs repose sur trois grands principes :

  • Coordination des acteurs autour de principes d’action communs contenus dans l’appel.
  • Soutien de la communauté internationale à cette coordination historique.
  • Echéance fixée pour les financements au 4 mai prochain.

La France, acteur engagé en matière de santé mondiale

La France engage depuis plusieurs années une action forte en santé mondiale. Elle a été à l’origine de la création, dans les années 2000, des grandes organisations multilatérales qui ont amélioré l’accès des pays du Sud à la santé publique : lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial) vaccination (Alliance pour le Vaccin – Gavi) et innovation pour tous (Unitaid).

Le Président de la République a renforcé les engagements français en faveur de cette vision solidaire, globale et coopérative de la santé vis-à-vis des organisations multilatérales, notamment en organisant la conférence de reconstitution du Fonds mondial à Lyon en octobre 2019, et en augmentant à cette occasion sa contribution de 20%.

La France a, par ailleurs, annoncé le 9 avril dernier le lancement de l’initiative « Covid-19 – santé en commun » pour répondre à la crise sanitaire provoquée par la pandémie dans les pays les plus vulnérables d’Afrique, de l’océan Indien, des Caraïbes et du proche Orient. Dotée de 1,2 milliards d’euros, elle permettra d’appuyer rapidement les systèmes de santé, les réseaux régionaux de surveillance épidémiologique et les ONG engagées sur le terrain.

Acteurs engagés aux côtés de l’OMS :

  • UNITAID a été créé en 2006 sur initiative franco-brésilienne pour catalyser l’accès aux innovations en santé et faciliter leurs mises à l’échelle.
  • GAVI, alliance mondiale créée en 2000 joue depuis 20 ans un rôle déterminant pour faciliter l’accès et la distribution des vaccins dans les pays en développement.
  • Le Fonds Mondial créé en 2002 agit pour mettre fin aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme. Il agit pour le renforcement des systèmes de santé dans la lutte contre le COVID-19.
  • CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) est un partenariat public privé lancé lors du forum économique mondial de 2017, dont la finalité est de lutter contre les épidémies et les maladies pour lesquelles il n’existe pas encore de vaccin.
  • La fondation Bill & Melinda Gates a été créée en 1994 et est une organisation philanthropique engagée dans le financement du développement et de la santé mondiale
  • La Wellcome Trust est une fondation dont le but est d’améliorer la santé en soutenant la science et la recherche pour relever les grands défis en santé.
  • La Banque mondiale a mis en place un plan d’urgence pour les aider à faire face aux conséquence sanitaires et économiques de la pandémie./.

Des efforts internationaux sont complémentaires et cohérents avec le renforcement de la stratégie française au plan national et européen sur les moyens de lutte contre le COVID-19

Les mesures de santé publique s’appuyant sur des données scientifiques sont vitales face au COVID-19. Des moyens de diagnostics, des traitements et des vaccins contre le COVID-19 sont nécessaires. Ils doivent être développés en un temps record, à une échelle et à une portée sans précédent, pour sauver des millions de vies.

Un immense travail est engagé, partout dans le monde, pour développer des moyens efficaces de lutter contre le COVID-19. Pour aller plus vite, nous devons agir tous ensemble.

Cela implique la mise en place d’un partenariat inédit entre l’ensemble des acteurs (Etats, organisations régionales et internationales, acteurs publics et privés, recherche, banques de développement, société civile).

Le 16 avril, le Président de la République a réuni lors d’une conférence téléphonique, les responsables des principales organisations internationales en santé mondiale actives dans la riposte contre le Covid-19 (OMS, Fonds mondial, Unitaid, Gavi, CEPI, Wellcome Trust, Fondation Gates, Banque mondiale, Medecines Patent Pool, ainsi que Françoise Barré-Sinoussi, Présidente du Comité analyse recherche et expertise) pour renforcer la coordination internationale autour de l’OMS et construire une initiative multilatérale. Les participants sont convenus de la nécessité de porter une initiative coordonnée, globale et visant l’efficacité et l’équité.

Le 24 avril, avec ses partenaires européens et internationaux, l’OMS et l’ensemble des acteurs de la santé mondiale, la France a lancé l’accélérateur « ACT (Access to Covid Tools) avec trois objectifs : 1) accélérer la conception et la production des tests, des traitements et des vaccins ; 2) garantir un accès sûr, équitable et universel à ces solutions ; 3) consolider les systèmes de santé pour lutter contre le COVID-19 et poursuivre le combat contre les autres maladies.

Le 4 mai, la Commission européenne lance un appel aux contributions mondiales pour consolider l’action internationale sur ces trois objectifs. La France, qui co-parraine cette conférence, se mobilise massivement sur ces différents volets et comptera parmi les premiers financeurs d’ACT, à hauteur de 500 millions d’euros :

  • Pour soutenir l’OMS dont nous avons besoin pour faire face à l’urgence, en consolidant son rôle essentiel d’alerte, de détection, de coordination.
  • Pour accélérer sur la recherche et le développement d’un vaccin qui devra être accessible à tous, en partenariat avec CEPI et GAVI.
  • Pour conduire un travail essentiel et nécessaire sur l’accès équitable aux moyens de lutte contre le COVID-19 notamment sur le plan des brevets, comme le fait UNITAID.
  • Pour consolider le soutien aux systèmes de santé des pays les plus vulnérables en lien notamment avec le fonds mondial.

Ces efforts dans le cadre multilatéral viendront en complément de notre plan de réponse bilatéral « Covid 19 Santé en commun » de 1,2Mds€ piloté par l’Agence française de développement pour appuyer les systèmes hospitaliers en Afrique, les réseaux régionaux de surveillance épidémiologique et tous les acteurs de terrain engagés dans la réponse au Covid-19 (ONG, fondations, réseaux, organismes de recherche, etc.).

A ce stade, près de 43M€ de subventions ont d’ores et déjà été engagées, pour des projets en lien avec des opérateurs (Institut Pasteur, IRD) et des ONG.

Ces efforts internationaux sont complémentaires et cohérents avec le renforcement de la stratégie française au plan national et européen sur les moyens de lutte contre le COVID-19. Face à une pandémie sans précédent, nous ne réussirons qu’ensemble./.

Conférence de financement de l’initiative ACT-A : Déclaration du Président de la République (4 mai 2020)

"Merci beaucoup chère Ursula, merci beaucoup madame la présidente de la Commission européenne,

Monsieur le Président du Conseil,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations unies,

Chers collègues, Mesdames et Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,

Monsieur le directeur général de l’OMS, cher Tedros,

Mesdames et Messieurs,

Le 26 mars dernier, les leaders du G20 se sont engagés pour que la réponse internationale à la pandémie du Covid-19 soit à la fois massive, coordonnée et solidaire. Ce qu’elle doit être et vous l’avez parfaitement rappelé à l’instant.

Le 24 avril, avec l’OMS, avec tous les acteurs de la santé mondiale réunis pour la première fois en un temps record autour de principes communs, qu’il s’agisse de fonds verticaux, d’Etats, de fondations privées, nous avons lancé l’initiative ACT-A pour :

1. Accélérer la conception et la production des moyens de diagnostics, de traitement et des vaccins ;
2. Garantir un accès sûr, équitable et universel à ces moyens vitaux de lutte contre la pandémie ;
3. Consolider les systèmes de santé pour lutter contre le Covid-19 dans les pays les plus fragiles et poursuivre le combat contre les autres maladies. Je pense en particulier à tous nos partenaires africains. Ce troisième pilier est essentiel car renforcer les besoins en santé primaire est indispensable si nous voulons aussi gagner contre le Covid-19.

Cette initiative est historique, nécessaire, structurante. Je pense que la conférence de financement aujourd’hui organisée par l’Union Européenne est extrêmement importante et je vous en remercie, Madame la Présidente. Nous tirons, ce faisant, toutes les leçons des expériences passées sur les grandes pandémies et leur gestion, de ce qui a fonctionné comme de ce qui n’a pas fonctionné. Face au COVID-19, le chacun pour soi serait une erreur majeure. Il est légitime, comme nous l’avons tous fait, que les Etats veillent à protéger évidemment leurs populations et apportent leurs propres réponses. Mais nous ne pourrons en sortir définitivement qu’ensemble. Par la coopération, c’est que l’initiative ACT-A a conduit à faire, par la coopération au sein de l’Union Européenne, par la coopération dans cette action, par la coopération des Etats, des organisations verticales, des fondations mais aussi des acteurs privés du monde de la pharma.

En accélérant notamment sur la recherche de traitements et de vaccins, même si nous savons que cela prendra du temps. Et c’est pour cela qu’au cœur de cette initiative, il y a la décision aussi que nous devons collectivement porter, que ce vaccin, le jour où il sera mis au point, sera un bien public mondial. C’est-à-dire qu’il n’appartiendra à personne, mais il nous appartiendra à tous.
Ceux qui l’inventeront, auront leur juste rémunération, mais l’accès sera donné à l’ensemble de la planète par l’organisation que nous aurons choisie, les bons financements, la bonne organisation publique et privée, que nous mettrons derrière.

Cette initiative implique des financements et nous sommes là aujourd’hui pour que chacun y prenne sa part. Je remercie la présidente de la Commission de ce rôle qui témoigne aussi de la volonté de l’Europe d’être au cœur de cette réponse internationale.

Une course contre la montre est engagée. Il nous faut encore accélérer pour épargner des vies, sortir des incertitudes de la crise et engager l’immense travail de reconstruction sociale et économique qui sera nécessaire.

Notre réunion aujourd’hui est nécessaire à cet égard, pour nous donner les moyens d’agir à la bonne échelle. La France y prendra toute sa part, comme elle l’a fait depuis le début de la crise que nous traversons.

  • Parce que, d’abord, nous avons besoin de l’OMS pour faire face à l’urgence, et pour consolider son rôle essentiel d’alerte, de détection, de coordination, nous allons renforcer substantiellement le soutien que nous lui apportons pour les deux années à venir.
  • Parce que nous avons besoin d’accélérer sur la recherche et le développement d’un vaccin qui devra être accessible à tous.
  • Parce que nous avons un travail essentiel à conduire sur l’accès équitable à des diagnostics et traitements efficaces, notamment sur le plan des brevets.
  • Parce qu’enfin, rien ne sera possible sur les diagnostics, les traitements et les vaccins si nous ne soutenons pas les systèmes de santé.

Pour cela, la France engagera 500 millions d’euros supplémentaires dans le cadre de l’initiative ACT-A. Cette somme s’ajoutera en parfaite cohérence aux financements engagés, par ailleurs, dans le cadre de l’initiative « COVID-19 – santé en commun » pour laquelle nous mobilisons, au travers de l’Agence française de développement, 1,2 milliards d’euros pour le renforcement des réseaux régionaux de surveillance épidémiologique, la mise en place de plans nationaux de réponse, l’appui aux ONG, aux organismes de recherche pour répondre à l’urgence et renforcer durablement les systèmes de santé de nos partenaires africains.

Vous l’avez dit, Madame la présidente de la Commission européenne, la route sera longue. Une fois le vaccin découvert, une fois les traitements éprouvés, il faudra les produire en masse et les distribuer à tous. C’est pourquoi j’appelle chacun à contribuer à cet appel aux dons que nous lançons. Vous pourrez, demain comme aujourd’hui, compter sur mon engagement"./.

Dernière modification : 05/05/2020

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