Conseil européen sur les réfugiés (Bruxelles, 23 septembre 2015)

I. Déclaration du Président de la République à son arrivée au Conseil européen sur les réfugiés

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François Hollande : "Hier une décision importante a été prise. Elle était attendue. C’est le mécanisme de répartition de 120 000 réfugiés, et la France prend sa part, je l’avais annoncé déjà il y a plusieurs semaines, et c’est maintenant confirmé.

Ce que nous voulons, c’est que la décision d’hier puisse être accompagnée d’un contrôle des frontières, d’une maîtrise des frontières extérieures de l’Europe. C’est ce qu’on appelle les « hotspots ». Ces centres d’enregistrement doivent dire si les réfugiés sont bénéficiaires du droit d’asile ou pas.

Et puis nous devons aider les pays où sont actuellement les réfugiés. Et là aussi des aides très importantes doivent être dégagées par l’Europe mais aussi par les pays membres, et la France prendra sa part. C’est en Turquie, c’est en Jordanie, c’est au Liban, que les aides doivent être apportées le plus vite possible pour que les réfugiés puissent être accueillis, comme ils le sont, et surtout ne soient pas tentés de venir jusqu’en Europe en risquant leur vie.

Donc j’annonce ici qu’il y aura des aides supplémentaires de la France et de l’Europe pour assurer ce devoir de solidarité, mais aussi de responsabilité, parce que les réfugiés doivent être au plus près de leur lieu de vie, plutôt que d’être obligés de venir jusqu’en Europe.

Que pensez-vous des propos de Viktor Orban ? Allez-vous lui parler tout à l’heure ? Pour lui dire quoi ?

L’Europe, c’est un ensemble de valeurs. Ce sont des principes. Ceux qui ne partagent pas ces valeurs, ceux qui ne veulent pas respecter ces principes doivent se poser la question de leur présence au sein de l’Union européenne.

Pourriez-vous expliquer la décision de la France de vendre les Mistrals à l’Egypte ?

Depuis plusieurs semaines, j’ai entamé des discussions avec le président égyptien pour que nous puissions vendre les mistrals, puisque nous ne les avons pas livrés- c’était aussi une décision que j’avais prise- à la Russie. Nous avions dénoué le contrat avec la Russie dans de bonnes conditions, en respectant la Russie et sans aucune pénalité pour la France. Les pourparlers se sont poursuivis et hier j’ai arrêté avec le Président Sissi les modalités et le prix de la vente de ces mistrals. Et la France assurera la livraison de ces bateaux sans rien perdre, tout en faisant en sorte de protéger l’Egypte.

Sur l’application militaire sur le terrain, y-a-t-il une coordination européenne ?

Hier, j’étais à Londres avec David Cameron. Pour ce qui concerne la Syrie, nous avons encore renforcé notre coopération, nos échanges d’informations et j’attends que la Grande-Bretagne prenne des décisions concernant la Syrie. Elle a commencé déjà à agir mais nous aurons sans doute encore à accentuer notre pression, de façon à ce que les vols de reconnaissance que nos avions font en ce moment puissent, si nous avons des cibles, si nous avons des objectifs, être traduits le moment venu par des frappes.

Est-ce que Poutine peut jouer un rôle en Syrie ?

Tous ceux qui peuvent contribuer à trouver une solution politique en Syrie doivent être mis autour de la table. C’était le principe de ce qu’on appelle les Conférences de Genève. Il y en a eu deux. Et j’appelle à ce qu’une nouvelle conférence puisse permettre à tous les pays qui veulent que la paix revienne en Syrie d’y contribuer.

Il n’y a pas d’embargo, certes, avec l’Egypte. Est-ce pour autant l’acheteur idéal ?

En tout cas, c’est l’acheteur que j’avais considéré comme celui qui devait être préféré parce que nous avons une coopération militaire avec l’Egypte. Je rappelle que nous avons déjà vendu des rafales, qu’ensuite l’Egypte joue un rôle important au Moyen-Orient et l’Egypte veut par ailleurs aller vers une transition. Ce n’est pas facile sur le plan démocratique et nous devons appuyer ces efforts. Pour le reste, j’avais été à l’inauguration du Canal de Suez. Le Président Sissi m’avait dit combien il était important pour l’Europe, pour le Moyen-Orient, pour les échanges commerciaux, que le Canal de Suez puisse être protégé, éventuellement par des bateaux français. C’est le cas. Il a acheté ces bateaux"


II. Vidéo de la déclaration du Président de la République lors de la Conférence de Presse à l’issue de la réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement



III. Déclaration des chefs d’Etats ou de gouvernement (Bruxelles, 23 septembre 2015)


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Dernière modification : 03/11/2015

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