Brexit : "La demande d’extension britannique n’est ni acquise, ni automatique"

Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes, a participé le 9 avril 2019 au Conseil Affaires générales à Luxembourg.

Déclaration d’Amélie de Montchalin à son arrivée au Conseil Affaires générales (Luxembourg, 9 avril 2019)

Mme Amélie de Montchalin : "Le Royaume-Uni a demandé une extension, le Conseil européen demain devra se prononcer sur cette demande ; la position de la France n’a pas changé. Nous considérons que cette demande n’est ni acquise ni automatique et qu’il est extrêmement important que cette demande soit assortie d’un plan politique crédible qui explique ce qui se passera pendant cette extension demandée. Se pose aussi la question du rôle que le Royaume Uni veut jouer pendant cette période dans les institutions européennes. Se pose aussi la question de la date du 30 juin : on ne comprend pas très bien quel serait le devenir des députés qui sortiraient de ces élections britanniques si elles sont organisées, s’ils ne vont pas siéger. En tout cas, ce qui est clair, c’est qu’il n’y aura pas d’autre accord de retrait que celui qui a été négocié entre les Européens et le Royaume Uni. Nous cherchons par dessus-tout à sortir demain avec une décision qui nous permette d’avancer sur le projet européen, de préserver son contenu et son ambition. Nous savons, avec nos partenaires, que l’ambition du projet européen, c’est bien d’avancer : c’est sur tout cela que nous allons bientôt échanger.

Est-ce que les 27 parlent d’une seule voix ?

Mme Amélie de Montchalin : Les 27 parlent d’une seule voix ; ils ont parlé d’une seule voix lors du dernier Conseil du 21 et 22 mars et nous devons demain continuer à porter une voix qui soit une voix collective. Il faut aussi qu’elle soit celle de la préservation de l’ambition du projet européen et de son bon fonctionnement, dans le souci de protéger les citoyens européens.

What do you want to have Britain saying ? Theresa May said that she would have sincere cooperation with the EU if they are given this extension. What specific conditions does France wat Britain to agree to in order to have this extension ?

Mme Amélie de Montchalin : There are 2 levels of discussion : the first is on the sense : what is the political and credible backing of this extension demand ? We understand there is a law voted yesterday night, we want to understand what the UK needs this extension for and what is the political surroundings around Theresa May to have this extension. And then comes the question of the conditions : what role wants the UK to play during this extension time, how does it wants to decide and on what type of decisions it wants to play a role. And we have to understand how we can, on our side, on the European side, continue to have an European project that is ambitious, that has reforms undergoing and how we keep going on serving the interest of the European citizens.

Is Chancelor Merkel good cop and President Macron bad cop ?

Mme Amélie de Montchalin : I am not sure we can describe the European Union in such terms. Theresa May is going to Berlin, she is going to Paris and we are going now to have a long discussion./.

Communiqué du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 8 avril 2019

Le Conseil se réunira d’abord en format dit de l’article 50, c’est-à-dire à vingt-sept, pour discuter du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Michel Barnier présentera aux ministres son analyse de la situation depuis le Conseil européen du 21 mars et en amont du Conseil européen extraordinaire du 10 avril. La Première ministre britannique a adressé au président du Conseil européen, le 5 avril, une nouvelle demande de prolongation de la période de négociation jusqu’au 30 juin 2019. La secrétaire d’Etat rappellera qu’une nouvelle prolongation n’est ni acquise ni automatique et qu’elle devra être examinée par les chefs d’Etat ou de gouvernement à l’aune de deux principaux critères : d’une part la présentation par le Royaume-Uni d’un plan alternatif crédible et d’autre part la préservation des intérêts de l’Union. La secrétaire d’Etat rappellera également que la France s’est préparée à l’éventualité d’une sortie du Royaume-Uni sans accord.

A vingt-huit, les travaux des ministres porteront sur les principaux points suivants :

  • cadre financier pluriannuel 2021-2027 : Mme Amélie de Montchalin rappellera notre attachement à la politique agricole commune, et notamment notre détermination à voir maintenu le budget de cette dernière à son niveau actuel à 27. Elle soulignera l’importance de la politique de cohésion.
  • objectifs de développement durable : la France soutiendra des conclusions reflétant le haut degré d’ambition de l’Union pour intégrer les objectifs de développement durable (ODD) dans les politiques européennes et nationales.
  • État de droit : le Conseil fera un état des lieux de la situation en Hongrie et en Pologne au titre de la procédure prévue à l’article 7, paragraphe 1, du traité de l’Union européenne. La France et l’Allemagne rappelleront conjointement leur préoccupation sur l’État de droit et le respect des valeurs fondamentales de l’Union dans ces deux pays. La secrétaire d’État demandera que le dialogue sur ces deux pays puisse se poursuivre au sein du Conseil, y compris sous la forme d’une première audition de la Hongrie et d’une quatrième session d’audition de la Pologne./.

Dernière modification : 10/04/2019

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