Avancées dans la coopération capacitaire franco-allemande

==Communiqué du ministère des Armées, 25 avril 2018==

À l’occasion du Salon aéronautique de Berlin, ILA 2018, qui s’est déroulé du 25 au 29 avril, Français et Allemands verront leurs principaux projets de coopération se concrétiser. Le High Level Common OperationalRequirement Document (HL CORD), qui constitue la première étape significative pour le Système de combat aérien futur (SCAF), a notamment été signé. La maquette à l’échelle du drone MALE européen a également été présentée, concrétisant ainsi les travaux conjoints. Une déclaration d’intention ministérielle pour la réalisation d’un programme de remplacement des capacités de patrouille maritime a été signée. La ministre des armées, Florence Parly, s’est rendue sur le salon le 26 avril en compagnie de son homologue Ursula von der Leyen, afin de marquer l’importance de ces jalons dont le franchissement est le fruit d’intenses travaux entre les deux pays.

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Mme Forence Parly, ministre des Armées et son homologue allemande, Mme Ursula von der Leyen.

La France et l’Allemagne définissent et développent des projets communs dont certains, à forte dimension européenne, sont structurants pour l’Europe de la Défense. Portés par une politique en matière d’armement et industrielle dynamique, ces projets permettent de renforcer la coopération bilatérale et de contribuer au regroupement des industries. Rendez-vous majeur dans le domaine de l’aéronautique, le salon ILA 2018 a permis à la France et l’Allemagne de concrétiser des avancées décisives concernant le Système de combat aérien futur (SCAF), l’EURODRONE MALE, et la patrouille maritime.

Identifié comme une priorité par le Président de la République lors du conseil de défense du 22 novembre dernier, le SCAF, projet ambitieux qui structurera les forces aériennes allemande et française à long terme, a franchi une étape majeure. Le chef d’état major de l’armée de l’Air française, le général d’armée aérienne André Lanata, et le Director General for Planning allemand, le Lieutenant Général Bühler, ont signé, jeudi 26 avril, le High Level Common OperationalRequirement Document (HL CORD). Ce document formalise le besoin militaire franco-allemand en matière de combat aérien à l’horizon 2040. Ce programme est le successeur, pour la partie « avion de combat », du Rafale et de l’Eurofighter.

Le SCAF s’articulera autour de plusieurs composantes, dont un chasseur piloté polyvalent, qui pourront agir en autonomie ou en synergie au sein d’un système de systèmes. Il répondra aux exigences liées à l’ensemble des missions, qu’elles soient conduites en milieu permissif ou en milieu fortement contesté. Il disposera de grandes capacités de survivabilité et présentera des capacités de combat collaboratif pour faire face aux menaces émergentes.

La France et l’Allemagne étaient convenues de travailler ensemble sur un système de combat aérien en vue de développer ensemble le remplacement de leurs flottes actuelles d’avions de combat lors du conseil franco-allemand de défense de juillet 2017. Moins d’un an après cette décision, les nombreux échanges portés notamment par la ministre des Armées, Florence Parly, et son homologue allemande, Ursula von der Leyen, ont permis de définir une vision commune du projet, étape indispensable qui permet maintenant la définition d’un projet industriel. Ce projet associera étroitement les industries aéronautiques française et allemande.

La maquette de l’EURODRONE MALE a été dévoilée lors du salon ILA. Les travaux de conception lancés en commun en septembre 2016 dans le cadre de l’Organisme conjoint de coopération en matière d’armement (OCCAr) doivent conduire à un contrat de réalisation dont la notification est planifiée en 2019 pour des livraisons à partir de 2025. Pour la France, cette composante viendra remplacer le système de drone Reaper acquis actuellement aux Etats-Unis. La France acquèrera six systèmes composés chacun de trois vecteurs aériens et deux stations sol. Elle permettra de disposer d’une capacité de renseignement souveraine à l’échelle européenne en équipant les systèmes de chaînes de mission conçues et produites en Europe sans aucune contrainte de pays tiers. Ce programme sera un des premiers projets proposés dans le cadre du Fonds européen de défense (FED) créé en juin 2017. Il regroupe l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie, la Belgique ayant un statut d’observateur. Il a vocation à accueillir d’autres partenaires européens.

La coopération dans le domaine de la patrouille maritime s’inscrit également dans la feuille de route fixée par les gouvernements en juillet dernier lors du CFADS. La France et l’Allemagne doivent remplacer l’une comme l’autre leurs systèmes de patrouille maritime à l’horizon 2030. Une lettre d’intention entre les ministres, ainsi qu’un besoin militaire commun, seront signés le 26 avril. Ils viennent matérialiser et confirmer la volonté des deux ministères de s’engager dans cette coopération. L’objectif est d’étudier les conditions d’un développement d’une solution européenne permettant de disposer d’une capacité de patrouille maritime autonome, performante et souveraine en Europe. La signature de la lettre d’intention va permettre de préparer un arrangement technique couvrant la phase de conception, d’ici mi-2019./.

Dernière modification : 02/05/2018

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