Analyse de Mme Elisabeth Borne : "Indispensable COP"

Mme Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire a publié une analyse dans le quotidien "Les Echos", le 1er décembre 2019.

Analyse de Mme Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire : "Indispensable COP", Les Echos, 1er décembre 2019

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La COP 25 reste un moment incontournable d’échanges et qui pose une triple responsabilité pour un objectif commun.

COP technique, COP de trop, COP pour rien ? Face à l’urgence climatique, la mode est à railler ces sommets qui seraient pour certains devenus emblématiques de l’incapacité à agir. C’est non seulement une mauvaise caricature, c’est aussi un piège.

Le climat constitue le plus grand défi depuis que le multilatéralisme existe. Cette action commune des Etats est d’autant plus nécessaire que le monde est devenu le terrain de jeu de très grandes entreprises. Dans ce contexte, que tous les pays se réunissent pour se dire la vérité sur la situation et le chemin à parcourir, est bien plus important qu’il n’y paraît. C’est faire le pari, le seul possible, que nous n’y parviendrons que collectivement. La COP25 nous place tout particulièrement face à une triple responsabilité .

Echec du repli sur soi

La première, c’est de montrer l’échec du repli sur soi. La décision américaine de sortir de l’Accord de Paris promettait d’entraîner d’autres pays dans son sillage . Il n’en fut rien. Ce qui devait lancer un mouvement s’est avéré être une impasse. Les Etats-Unis se sont placés à contresens de l’Histoire. Depuis, jamais autant de pays n’ont ratifié l’Accord, parmi lesquels la Russie cet été. Et le président américain est à rebours de tant d’Etats, de villes, d’entreprises et de citoyens américains qui s’engagent dans la transition écologique.

Le monde n’est pas sur la bonne trajectoire

La deuxième responsabilité, c’est le constat implacable que le monde n’est pas sur la bonne trajectoire. L’ONU vient de le rappeler. Rien ne laisse espérer une inflexion de la hausse des émissions de CO2, et chaque retard supplémentaire pris rend l’effort à accomplir toujours plus grand. Si la France est pour sa part sur la bonne voie, avec une baisse de 4 % des émissions l’an dernier, ce n’est pas suffisant. Nous devons chacun rehausser nos objectifs de réduction des émissions, ce sera le défi de l’année 2020. Cette COP25 doit lancer la dynamique.

La France et l’Europe

La troisième responsabilité concerne la France et l’Europe. Notre petit continent pèse bien plus que les 10 % des émissions mondiales dont il est responsable. Il a un leadership climatique à assumer. A l’heure où les émergents bouleversent les équilibres, le climat est une opportunité historique pour l’Europe d’affirmer un rôle moteur sur le plus grand défi qui s’impose à nous. L’Europe a la possibilité de devenir le premier continent à s’engager dans l’objectif de neutralité carbone en 2050. Il y a moins d’un an, nous n’étions que deux pays à le proposer, nous sommes aujourd’hui 25 sur 28. Nous pouvons trouver un consensus lors du prochain Conseil européen. L’urgence est là mais je suis convaincue qu’il y a un chemin et que les COP sont un moment indispensable pour le bâtir ensemble./.

L’analyse de Mme Elisabeth Borne est disponible sur le site du quotidien "Les Echos" ici

Dernière modification : 04/12/2019

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