Aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région

M. Jean-Baptiste Lemoyne a participé le 30 juin 2020 à la quatrième conférence de Bruxelles sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région, co-présidée par l’UE et les Nations unies.

Participation de M. Jean-Baptiste Lemoyne à la quatrième conférence de Bruxelles sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région ( 30 juin 2020)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a participé à la conférence ministérielle de Bruxelles IV, coprésidée par l’Union européenne et les Nations unies.

Le secrétaire d’État a réitéré l’appel de la France, porté avec constance par M. Jean-Yves Le Drian, à ce qu’un accès humanitaire sûr, complet et sans entraves puisse être garanti afin que les douze millions de Syriens vulnérables puissent bénéficier de l’aide dont ils ont absolument besoin pour vivre. À ce titre, M. Jean-Baptiste Lemoyne a rappelé le caractère vital du mécanisme d’assistance transfrontalière à la Syrie. Il a appelé à ce que les membres du Conseil de sécurité des Nations unies fassent preuve d’unité et de responsabilité pour qu’il soit renouvelé pour le Nord-ouest syrien et rétabli pour le Nord-est syrien.

Il a indiqué que la France, pour sa part, maintiendrait sa contribution à la réponse humanitaire. Entre 2020 et 2022, 845 millions d’euros seront engagés pour soutenir le peuple syrien et les pays qui se mobilisent pour l’accueil des réfugiés, notamment le Liban et la Jordanie. Cet effort financier comporte 208 millions d’euros en dons et 637 millions d’euros en prêts. Il a souligné que l’Union européenne était le principal contributeur à l’aide humanitaire pour la Syrie. Depuis 2011, près de 20 milliards d’euros ont été mobilisés par les Européens.

En marge de la conférence, la France a coorganisé un événement sur la lutte contre l’impunité des crimes commis en Syrie, qui est l’une des priorités de notre action diplomatique sur le conflit syrien et une condition d’une paix durable en Syrie. Les sanctions de l’Union européenne contre les auteurs de la répression en Syrie constituent à ce titre un des instruments essentiels de lutte contre les violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire./.

Conférence Bruxelles IV sur le soutien à l’avenir de la Syrie et de la région (30 juin 2020) : Intervention du Secrétaire d’Etat M. Jean-Baptiste Lemoyne.

"Monsieur le Haut représentant, Monsieur le Secrétaire général, chers collègues,

Un an après la conférence de Bruxelles III, et près de dix ans après le début de la guerre, la situation continue de se détériorer en Syrie et le pays s’enfonce dans un cycle d’instabilité durable qui affecte fortement la région. Par l’assistance que nous déployons en faveur du peuple syrien et des réfugiés, par notre action déterminée contre le terrorisme au sein de la Coalition internationale contre Daech, nous contribuons à atténuer les effets de cette tragédie. Face à la pure logique de reconquête militaire du régime, notre objectif demeure celui d’une relance du processus politique, d’un accès humanitaire sans entrave pour les 12 millions de syriens dans le besoin, et de la mise en place des conditions d’un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés.

Dans ce contexte, la France porte quatre messages :

Premier message : l’accès humanitaire transfrontalier est prioritaire.

L’aggravation de la crise sanitaire en Syrie provoquée par la pandémie du Covid-19 est venue rappeler l’impérieuse nécessité du renouvellement de la résolution 2504 du Conseil de sécurité relative à l’aide transfrontalière. Plusieurs millions de personnes au Nord-Ouest et au Nord-Est syrien sont entièrement dépendantes de l’aide humanitaire transfrontalière. Malgré les efforts des acteurs humanitaires basés à Damas, l’accès depuis les zones régime reste largement insuffisant pour couvrir les besoins jusqu’ici pris en charge par les ONG transfrontalières. Les deux rapports du Secrétaire général des Nations Unies l’ont rappelé : le vide laissé par la fermeture du point de passage de Yaroubiah en janvier n’est toujours pas comblé. Nous devons œuvrer collectivement pour permettre le renouvellement le mois prochain de la résolution 2504 qui constitue une ligne de vie pour des millions de Syriens.

La France réitère son appel à ce qu’un accès humanitaire sûr, complet et sans entraves puisse être garanti afin que les 12 millions de Syriens vulnérables puissent bénéficier de l’aide dont ils ont désespérément besoin pour vivre.

Deuxième message : la solution à la crise syrienne demeure politique.

La recherche d’une solution politique négociée sous l’égide des Nations unies est la seule issue possible à la crise syrienne. Elle seule permettra le retour de la paix et de la stabilité en Syrie, cruciale pour la région comme pour l’Europe, et elle seule pourra garantir le retour des réfugiés.

Ces derniers ont avant tout fui les exactions commises par le régime syrien, les arrestations arbitraires et les persécutions brutales. Il s’agit là d’obstacles politiques. Il n’y aura donc pas de retour des réfugiés, réel et durable, sans qu’un processus politique crédible ne soit engagé, et sans qu’une solution inclusive permette au peuple syrien de décider de son avenir dans des conditions crédibles. Dans ce contexte, il est urgent de s’atteler dès à présent à la préparation de futures élections libres, transparentes et sous supervision internationale, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité. L’ensemble des Syriens, y compris les réfugiés et les déplacés, devront pouvoir y participer. Cette question est cruciale, et seule à même de reconnecter le processus politique avec les aspirations de la population syrienne.
Dans cet esprit, et alors que le régime syrien poursuit son obstruction à tout changement politique, la France et l’Union européenne continueront de conditionner le financement de la reconstruction de la Syrie et la normalisation des relations avec Damas à la mise en œuvre une solution politique crédible et durable.

Troisième message : la France et l’Union européenne continueront à prendre leurs responsabilités politiques et financières en soutien aux populations syriennes sacrifiées par cette guerre et aux Etats hôtes.

La mobilisation exceptionnelle du Liban, de la Turquie, de la Jordanie, mais aussi de l’Irak et de l’Egypte pour l’accueil des réfugiés syriens force notre admiration. L’avenir des réfugiés syriens est en Syrie. C’est ce qu’ils souhaitent et c’est ce que nous souhaitons également. Mais force est de constater qu’actuellement, les conditions pour un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés ne sont pas réunies. En l’absence de garanties sur leur sécurité et la protection de leurs intérêts, il n’y aura pas de retour durable des réfugiés en Syrie. C’est pour cette raison que nous demeurons mobilisés pour soutenir les pays et communautés hôtes de réfugiés. Notre attention se porte particulièrement sur le Liban, confronté à une grave crise économique qui rend encore plus remarquable l’effort consenti et plus nécessaire notre soutien. L’Union européenne a déjà pris ses responsabilités et elle continuera à le faire. Ensemble, les Européens ont mobilisé près de 20 milliards d’euros depuis 2011 en réponse à la crise syrienne.

Aujourd’hui, j’ai l’honneur de confirmer, au nom du gouvernement français, un nouvel engagement de 845 millions d’euros pour la période 2020-2022 : comprenant 208 millions de dons et 637 millions de prêts pour soutenir le peuple syrien et les pays qui se mobilisent pour l’accueil des réfugiés, afin que la Syrie et la région retrouvent enfin la paix et la stabilité.

Quatrième message : la lutte contre l’impunité constitue une garantie pour le retour sûr et volontaire des réfugiés.

En Syrie, il n’y aura pas de réconciliation nationale sans justice, il n’y aura pas de retour des réfugiés sans justice, il n’y aura donc pas de paix durable sans justice. La lutte contre l’impunité est un élément clé de la résolution politique du conflit et de la stabilisation de la Syrie et de la région. La conférence de Bruxelles IV constitue un moment privilégié pour confirmer notre mobilisation collective contre l’impunité. La France participe aux côtés de plusieurs partenaires européens au lancement, ce-jour, d’une campagne de communication dédiée à la lutte contre l’impunité sur les réseaux sociaux. Je vous invite à la rejoindre et à témoigner de votre solidarité avec les personnes victimes de crimes en violation du droit international"./.

Quatrième conférence de Bruxelles sur l’Aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région (30 juin 2020)

L’Union européenne et les Nations unies ont co-présidé la quatrième conférence de Bruxelles sur l’"Aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région", le 30 juin 2020. Compte tenu des nécessaires mesures de distanciation sociale, la conférence s’est tenue dans un format virtuel.

Alors que le conflit entre dans sa dixième année, la situation en Syrie et dans les pays de la région reste très critique : la situation humanitaire déjà catastrophique, avec des millions de Syriens déplacés à l’intérieur du pays et ayant cherché refuge dans les pays voisins de la Syrie, est, aujourd’hui, encore aggravée par les conséquences de la pandémie de COVID-19.

Dans ce contexte, la quatrième conférence de Bruxelles était l’occasion de rassembler tous les acteurs concernés afin d’apporter une réponse efficace à la situation actuelle, de continuer à soutenir les efforts déployés par les Nations unies en vue de trouver une solution politique globale au conflit syrien et de mobiliser le soutien financier nécessaire en faveur de la Syrie et des pays voisins qui accueillent des réfugiés syriens, et elle permettra la poursuite et l’approfondissement de notre dialogue avec la société civile.

La conférence a également mis en lumière l’importance de la solidarité manifestée par les pays et communautés d’accueil au Liban, en Jordanie et en Turquie, ainsi que par d’autres pays d’accueil de la région, tels que l’Égypte et l’Iraq, tout en soulignant les défis auxquels ils sont confrontés à moyen et long terme.

La lutte contre l’impunité, une condition de la paix en Syrie

La France est engagée pour que les crimes commis en Syrie ne restent pas impunis. C’est une question de conscience, par considération pour les victimes innombrables des violences. Et c’est aussi une question de justice et de responsabilité, pour que la Syrie puisse se reconstruire socialement et politiquement.

La France soutient les différents organes mis en place pour que les auteurs des violations des droits de l’homme et du droit international en Syrie soient traduits en justice.

Plus d’informations sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

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Dernière modification : 30/06/2020

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