Agenda sur les migrations : position française (27 mai 2015)

Le Commissaire européen Dimitris Avramopoulos, chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté, a présenté hier les premiers textes législatifs pour la mise en œuvre de l’agenda sur les migrations de la Commission européenne.

Le ministère de l’Intérieur a diffusé dans ce contexte le communiqué de presse suivant :

La situation de crise exceptionnelle en Méditerranée et ses conséquences appellent la mise en place d’une réponse européenne globale, équilibrée et adaptée aux circonstances.

La Commission européenne a présenté aujourd’hui ses propositions relatives au mécanisme temporaire de relocalisation des demandeurs d’asile en besoin manifeste de protection entre les Etats membres de l’UE. La France est ouverte à l’examen d’un mécanisme de répartition solidaire, au niveau européen, des demandeurs d’asile en besoin manifeste de protection. Cinq Etats membres sont en effet en charge de 75% des demandeurs d’asile aujourd’hui dans l’Union européenne : cette situation n’est pas soutenable.

Une solidarité accrue entre Etats membres de l’Union n’est possible que si chacun assume pleinement ses responsabilités au regard de l’ensemble des règles essentielles au bon fonctionnement de l’espace Schengen, en particulier celles relatives aux contrôles aux frontières extérieures. Cette responsabilité engage les pays de première entrée.

L’équilibre entre responsabilité et solidarité devra donc être pleinement respecté pour parvenir à un mécanisme de répartition solidaire au niveau européen. Les mesures présentées aujourd’hui par la Commission doivent être complétées à cette aune. Il est ainsi indispensable de mettre en place, dans les pays les plus touchés et avec le soutien de l’Union européenne, des dispositifs incontestables permettant d’identifier rapidement, selon des critères solides et partagés, les migrants en besoin manifeste de protection. Les migrants irréguliers devront, pour leur part, faire l’objet de mesures de retour et d’éloignement depuis le premier pays d’entrée, avec le soutien de Frontex. De plus, la clé de répartition devra mieux prendre en compte les efforts déjà effectués par les Etats membres dans le cadre de la protection internationale, ainsi que d’autres formes d’assistance telles que les admissions humanitaires.

Tels sont les principes que la France défendra dans le cadre des discussions approfondies qui vont s’ouvrir sur les propositions de la Commission et qui devront être pris en considération dans leur ensemble. Ils constituent les conditions de l’aboutissement rapide d’un dispositif plus solidaire en Europe, qui permette de faire face au défi posé par la situation en Méditerranée, dans le plein respect de nos valeurs.

Dernière modification : 23/02/2019

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