Entretien de M. Douste-Blazy avec "Le Figaro" - 13 juillet 2006

Entretien de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères avec le quotidien "Le Figaro" du 13 juillet 2006.

Quel était l’enjeu de la rencontre des Six sur l’Iran ?

Les six pays (*) particulièrement impliqués dans la négociation du nucléaire iranien se sont mis d’accord début juin sur une offre destinée à permettre la reprise des négociations avec l’Iran. Cette offre a été présentée le 6 juin à Téhéran par le secrétaire général de l’Union européenne, Javier Solana. Celui-ci s’est entretenu avant-hier à Bruxelles avec le chef des négociateurs iraniens, Ali Laridjani. L’attitude iranienne a été décevante, Téhéran n’ayant pas apporté de réponse positive à notre offre. Hier, nous avons redit notre déception. Il est nécessaire que les Iraniens examinent attentivement l’offre des Six. Il est normal que cet examen demande un certain temps. Mais nous avions marqué qu’il devrait s’agir d’une question de semaines et pas de mois.

Quel est le scénario qui se profile ?

Nous avons trois messages. D’abord, un message d’unité pour dire à l’Iran que nous sommes unis pour lui demander de répondre aux demandes de l’AIEA et du Conseil de sécurité. Ensuite, un message d’ouverture, pour rappeler notre offre ambitieuse qui permettrait de nouer avec l’Iran une relation de coopération. Enfin, un message de fermeté, pour réaffirmer la préoccupation de la communauté internationale. Des travaux ont été engagés au Conseil de sécurité il y a deux mois. Nous avons décidé la reprise de ces travaux.

Comment, concrètement, va se dérouler ce retour du dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité ?

Nous sommes convenus d’une approche en deux temps. Première étape, le vote d’une résolution rendant obligatoire la suspension de l’enrichissement et le retraitement de l’uranium demandée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette première étape doit être franchie rapidement. C’est, à notre sens, une affaire de quelques jours. C’est au Conseil de sécurité de décider la base juridique sur laquelle doit être approuvée cette résolution. Il est nécessaire de donner ce signal montrant que la communauté internationale est unie et que les Iraniens doivent nous donner une réponse positive. Faute de quoi, nous envisagerons une deuxième étape prévoyant une résolution sous chapitre 7 des Nations unies. Nous souhaitons que ce processus soit rapide en cas de non-réponse des Iraniens. La deuxième étape évoquera des mesures contraignantes.

Comment, à ce stade, pensez-vous pouvoir surmonter les réticences russes et chinoises ?

Les Russes et les Chinois ont donné leur accord pour ce système d’approche en deux étapes. L’objectif, hier, était de trouver un accord politique sur ce que nous voulons maintenant mettre en oeuvre.

(*) Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie.

- rencontre des Six et du Haut représentant de l’Union européenne : voir le point de presse de M. Douste-Blazy du 12 juillet 2006

Dernière modification : 13/07/2006

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