55ème anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée

Il y a 55 ans, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer signaient le Traité sur la coopération franco-allemande (Traité de l’Élysée). Ce traité, événement majeur dans l’histoire de l’amitié franco-allemande, demeure la base d’une coopération vaste et fondée sur la confiance entre nos pays et nos concitoyens. Depuis lors, l’amitié franco-allemande est un pilier de l’intégration européenne.

Le Traité de l’Elysée célèbre ses 55 ans

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La France et l’Allemagne sont l’une pour l’autre des partenaires politiques majeurs et des voisins de confiance. Les citoyens français et allemands sont étroitement liés. Les gouvernements français et allemand partagent une même responsabilité face aux nombreux défis auxquels sont confrontés l’Europe et le monde.

A l’occasion du 55e anniversaire du Traité de l’Élysée, le Président de la République française et la Chancelière de la République fédérale d’Allemagne réaffirment leur détermination à approfondir encore la coopération entre la France et l’Allemagne, conformément à l’esprit fondateur de coopération concrète et de rapprochement des citoyens du Traité de l’Élysée.

Le Président et la Chancelière saluent la résolution commune des Parlements français et allemand et leur volonté de renforcer l’institutionnalisation de la coopération grâce à un accord parlementaire bilatéral officiel.

La France et l’Allemagne s’efforcent d’élargir encore la coopération franco-allemande, afin de relever les défis politiques, économiques, sociaux et technologiques des prochaines décennies. Il s’agit notamment de consolider et de rénover notre coopération, dans le but d’aller de l’avant sur la voie d’une Europe prospère et compétitive, plus souveraine, unie et démocratique. Notre ambition est de définir des positions communes sur toutes les questions européennes et internationales importantes.

Déclaration du Président de la République lors de la conférence de presse conjointe avec la Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Mme Angela Merkel (Paris, 19 janvier 2018)

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"Madame la Chancelière, chère Angela,

Je suis très heureux de vous accueillir une nouvelle fois à Paris aujourd’hui.

Dans trois jours, le 22 janvier, Français et Allemands célèbreront le 55ème anniversaire du Traité de l’Elysée, le pacte fondateur de notre amitié, à la fois témoignage de notre réconciliation et engagement résolu dans la construction d’un avenir européen partagé.

Le 22 janvier, nous adopterons ensemble une déclaration commune pour poursuivre l’élan de notre relation bilatérale et lancer les travaux pour la conclusion d’un nouveau traité pour définir une réponse commune aux défis de notre temps.

De leur côté, l’Assemblée nationale et le Bundestag adopteront également une déclaration commune pour apporter leur contribution au cadre de ce nouveau traité et renforcer encore leur coopération.

Mais cette amitié, nous n’en sommes que quelques acteurs parmi d’autres, si je puis dire, tant les relations franco-allemandes dépassent les relations institutionnelles et diplomatiques et se forgent au quotidien dans les innombrables initiatives qui visent à rapprocher nos citoyens.

De nombreuses manifestations viseront à célébrer, lundi prochain, cet anniversaire sur le thème cette année de l’apprentissage. Je souhaite que les citoyens français et allemands puissent y participer en nombre.

Nous allons, dans quelques instants, nous entretenir avec la Chancelière de tous ces sujets, pour la relation bilatérale et bien évidemment nous aborderons également les échéances européennes à venir, car les enjeux qui appellent une réponse immédiate sont nombreux, en attendant la constitution d’un nouveau gouvernement allemand.
Nous avons tenu ensemble en décembre dernier une conférence de presse commune à l’issue du dernier Conseil européen et nous avons, je crois, déjà dessiné quelques jalons sur les décisions à prendre et nous nous emploierons donc dans les prochains mois à agir en conséquence.

Le Congrès du SPD se prononcera dimanche sur le résultat des discussions exploratoires et sur l’ouverture de négociations de coalition. Il ne m’appartient pas ici de commenter la politique intérieure d’un pays ami et partenaire, aussi proche soit-il.
Je me bornerai simplement à constater que les discussions exploratoires dessinent une ambition véritable pour le projet européen. Je m’en réjouis et je sais quel a été l’investissement de la Chancelière sur ce sujet.

Je remercie une nouvelle fois la Chancelière, dans une période que je sais éminemment chargée, d’être venue à Paris aujourd’hui. Après nos entretiens, nous nous rendrons ensemble à la Philharmonie pour un concert donné par le maestro BARENBOIM, qui permettra aussi à Paris d’inaugurer le cycle DEBUSSY pour l’anniversaire de ce grand compositeur français.

Je crois que c’est aussi une illustration, au-delà de notre goût partagé pour la musique, de ce que la relation qui est la nôtre se traduit, s’incarne aussi par ces échanges permanents, culturels, musicaux ce soir, mais également philosophiques, artistique, littéraires à tous égards qui nourrissent cette relation, cet imaginaire que nous avons en commun et ces talents que nous partageons.

Merci, une nouvelle fois, chère Angela, Madame la Chancelière, d’être ce soir à Paris"./.

Déclaration conjointe à l’occasion du 55ᵉ anniversaire de la signature du Traité sur la coopération franco-allemande du 22 janvier 1963 (Traité de l’Élysée)

Il y a 55 ans, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer signaient le Traité sur la coopération franco-allemande (Traité de l’Élysée). Ce traité, événement majeur dans l’histoire de l’amitié franco-allemande, demeure la base d’une coopération vaste et fondée sur la confiance entre nos pays et nos concitoyens. Depuis lors, l’amitié franco-allemande est un pilier de l’intégration européenne.

La France et l’Allemagne sont l’une pour l’autre des partenaires politiques majeurs et des voisins de confiance. Les citoyens français et allemands sont étroitement liés. Nos gouvernements partagent une même responsabilité face aux nombreux défis auxquels sont confrontés l’Europe et le monde.

À l’occasion du 55e anniversaire du Traité de l’Élysée, le Président de la République française et la Chancelière de la République fédérale d’Allemagne réaffirment leur détermination à approfondir encore la coopération entre la France et l’Allemagne, conformément à l’esprit fondateur de coopération concrète et de rapprochement des citoyens du Traité de l’Élysée. Le Président et la Chancelière saluent la résolution commune de nos deux Parlements et leur volonté de renforcer l’institutionnalisation de la coopération grâce à un accord parlementaire bilatéral officiel.

La France et l’Allemagne s’efforcent d’élargir encore la coopération franco-allemande, afin de relever les défis politiques, économiques, sociaux et technologiques des prochaines décennies. Il s’agit notamment de consolider et de rénover notre coopération, dans le but d’aller de l’avant sur la voie d’une Europe prospère et compétitive, plus souveraine, unie et démocratique. Notre ambition est de définir des positions communes sur toutes les questions européennes et internationales importantes.

Dans cet esprit, le Président et la Chancelière sont convenus le 19 janvier à Paris d’élaborer au cours de cette année un nouveau Traité de l’Élysée, qui fera progresser la coopération, notamment pour :

Préparer nos économies aux défis de demain

Nous approfondirons l’intégration de nos économies, tout en respectant les compétences des différents niveaux institutionnels de chaque État, en encourageant notamment une harmonisation bilatérale de nos législations et l’application coordonnée du droit communautaire dans nos pays ; nous élaborerons des politiques et des instruments communs pour le développement durable, le passage au numérique et l’innovation de rupture ; nous renforcerons notre compétitivité et favoriserons la convergence économique, fiscale et sociale.

Rapprocher nos sociétés et nos citoyens

Afin de moderniser le Traité de l’Élysée et de le faire progresser, nous aspirons à renforcer les liens entre nos sociétés civiles, notamment entre les jeunes. Soulignant l’action significative accomplie par l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ/DFJW) et par l’Université franco-allemande (UFA/DFH), nous nous emploierons à promouvoir notre coopération bilatérale dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de l’innovation et de la culture. Nous adopterons des mesures ambitieuses dans le but de promouvoir l’enseignement réciproque des langues. Nous développerons les jumelages entre établissements d’enseignement et les programmes d’échanges (d’élèves, d’étudiants, d’apprentis, de fonctionnaires…) ainsi que la mobilité. Nous continuerons à promouvoir les échanges et les projets culturels communs dans nos deux pays et, conjointement, dans des pays tiers. À cette fin, nous établirons de nouveaux cadres de coopération. Cette action comprend le domaine de la coopération régionale transfrontalière.

Agir conjointement en faveur de la sécurité, de la paix et du développement

La France et l’Allemagne développeront leur coopération basée sur la confiance dans les domaines des politiques étrangère, de défense, de sécurité et de développement, que ce soit en matière de lutte contre le terrorisme international, de gestion des crises ou d’aide au développement. Nous étudierons les moyens de faire valoir plus efficacement les intérêts et valeurs communs franco-allemands, en particulier dans le cadre de mécanismes administratifs et diplomatiques communs, dans les institutions multilatérales et dans nos relations avec nos partenaires, tant au sein qu’à l’extérieur de l’Union européenne. Nous rapprocherons également nos cultures stratégiques en matière de défense, de sécurité et de renseignement, notamment en développant la coopération entre nos forces de police et nos services de renseignement. Ensemble, nous pouvons unir nos forces pour que nos partenaires soient mieux en mesure de gérer les crises de manière autonome et pour favoriser le développement, en particulier en Afrique. Ensemble, nous nous engagerons résolument à trouver des réponses européennes aux défis des migrations incontrôlées, en respectant nos responsabilités et nos valeurs en matière d’asile.

Répondre aux défis de la mondialisation

La rapidité des progrès technologiques du monde actuel et les défis énoncés dans l’Agenda 2030 et dans l’Accord de Paris constituent de toute évidence une raison de plus de moderniser et d’élargir le Traité de l’Élysée, base de notre coopération bilatérale, pour les décennies à venir. Ensemble, nous aspirons à un développement durable et à la transition vers une économie sobre en carbone dans nos pays, dans l’Union européenne et dans le monde. Nous étudierons et proposerons conjointement des politiques efficaces et de nouvelles approches technologiques, notamment dans les domaines de la protection du climat, de l’énergie, de la mobilité, des biotechnologies et de l’intelligence artificielle./.

Déclaration du Président de la République et de la Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Mme Angela Merkel : "L’amitié franco-allemande est l’affaire de tous !"

Déclaration de la ministre en charge des Affaires européennes, Mme Nathalie Loiseau : "Rénover le Traité de l’Elysée pour un nouveau partenariat entre la France et l’Allemagne"

55 ans du Traité de l’Elysée - Portraits croisés de diplomates d’échange

Tribune du Président de l’Assemblée nationale, M. François de Rugy et du Président du Bundestag, M. Wolfgang Schäuble, publiée dans le quotidien "le Figaro" : "L’amitié franco-allemande bat au cœur de la démocratie : dans nos Parlements" (22 janvier 2018)

"Ce lundi 22 janvier est un jour important pour l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand. Nos deux Assemblées célébreront le cinquante-cinquième anniversaire du traité de l’Élysée en discutant, le matin à Berlin et l’après-midi à Paris, d’une résolution parlementaire commune. Ce qui est en jeu, c’est l’élaboration en 2018 d’un nouveau traité de coopération franco-allemand.

Charles de Gaulle et Konrad Adenauer avaient fait preuve d’audace, de courage et de vision en scellant, moins de deux décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la réconciliation entre nos deux pays, tournant ainsi le dos à près d’un siècle de conflits. Ils ont réussi là où Aristide Briand et Gustav Stresemann, artisan d’une sécurité collective fondée sur le rapprochement franco-allemand, n’avaient pu bâtir une œuvre durable.

Ce passé éclaire le chemin à emprunter et nous oblige. Nous sommes dépositaires de ce legs, et investis du devoir de le protéger et le développer, pour nos deux pays et pour l’Europe.

Lundi matin à Berlin, lundi après-midi à Paris, le cœur de l’amitié franco-allemande battra là où bat le cœur de la démocratie : au Parlement.

La résolution en discussion a été rédigée par un groupe de parlementaires français et allemands impliqué de longue date dans les relations entre nos deux nations. Elle implique un grand nombre de groupes politiques de nos deux Parlements.
Faciliter la vie des habitants

Le partenariat franco-allemand renforcé que préconisent les parlementaires qui ont rédigé la résolution doit se traduire tant dans l’amélioration de la vie quotidienne de nos concitoyens que dans le renforcement de la place de l’Europe sur la scène internationale.

Il devra faciliter la vie des habitants des régions frontalières, en permettant à des eurodistricts transfrontaliers investis de compétences accrues d’apporter des solutions novatrices dans les domaines de l’éducation, des prestations sociales, de l’emploi et de la sécurité.

Il devra permettre d’enrayer le recul de l’apprentissage de l’allemand en France et du français en Allemagne, en multipliant les possibilités d’échanges entre élèves, étudiants et apprentis et en renforçant le soutien aux établissements et filières bilingues.

Il devra accentuer le rapprochementde nos politiques de sécurité et de défense, en faisant naître une culture diplomatique et stratégique commune. Cela permettra à nos deux pays et peut-être un jour à l’Europe de parler d’une seule voix sur la scène internationale et d’être audible face aux défis mondiaux. Notre partenariat doit permettre de compléter l’approfondissement et le renforcement de l’union économique et monétaire et d’en garantir la stabilité.

Il doit renforcer la convergence de nos modèles sociaux.

Permettons à notre continent de devenir un acteur mondial des innovations de rupture, comme l’intelligence artificielle, et du numérique, en faisant naître les Airbus et les Ariane de demain.

Oui, le partenariat franco-allemand peut montrer la voie à une Europe toujours contestée de l’intérieur par les courants populistes.

L’Assemblée nationale et le Bundestag vont, par la volonté de leurs députés, explorer de nouvelles modalités de travail en commun. Ils permettront aux députés de prendre part aux réunionsde l’assemblée partenaire, notamment dans le cadre du travail en commission. Les majorités de nos Parlements harmoniseront leurs procédures et leurs positions.

En faisant progresser le partenariat parlementaire franco-allemand, c’est aussi l’Europe qu’on fait avancer.

Il appartient donc à nos deux pays d’être à la hauteur de leurs responsabilités historiques et donner à l’Union européenne l’élan dont elle a aujourd’hui tant besoin. Tel aussi est le sens du message qu’adresseront, au nom de nos peuples, l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand"./.

  • La tribune de MM. François de Rugy et Wolfgang Schäuble est publiée sur le site du quotidien "le Figaro", ici

55ème anniversaire du Traité de l’Élysée : Adoption d’une résolution par l’Assemblée nationale et le Bundestag (22 janvier 2018)

Le 22 janvier, à l’occasion du 55ème anniversaire du Traité de l’Elysée, l’Assemblée nationale et le Bundestag ont débattu successivement et adopté une résolution parlementaire appelant à un nouveau Traité franco-allemand. Les débats se sont déroulés le matin à Berlin et l’après-midi à Paris.

Débat au Bundestag

Le débat qui s’est déroulé au Bundestag est disponible ici

Débat à l’Assemblée nationale

Le débat qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale est disponible ici

Accord de coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag

Un groupe de travail franco-allemand, comprenant des députés des deux parlements, est institué et prépare une proposition d’« Accord parlementaire franco-allemand ». Ce groupe de travail se réunira régulièrement durant l’année 2018 et terminera ses travaux en temps utile avant le 22 janvier 2019 (56e anniversaire du Traité de l’Élysée). Il se composera de neuf députés de chacun des deux parlements. D’autres députés ainsi que des membres du Parlement européen pourront participer à ses réunions, à titre consultatif. Ce groupe de travail, institué par les deux parlements, devra être associé aux négociations intergouvernementales sur la mise à jour du Traité de l’Élysée.

Plus d’informations sur le site de l’Assemblée nationale ici

Proposition de résolution commune de l’Assemblée nationale et du Bundestag allemand à l’occasion du 55e anniversaire du Traité de l’Élysée (22 janvier 2018)

La proposition de résolution est disponible ici

Logo de l’article : Le 22 janvier 1963, dix-huit ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer signaient, au Palais de l’Elysée, un traité de coopération destiné à sceller la réconciliation entre la France et l’Allemagne.

Dernière modification : 22/01/2018

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