28/02 Intervention de Gaël Veyssière, Porte-parole de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE

Le 28 février 2012, l’Ifri a présenté le dernier numéro de sa revue trimestrielle Politique étrangère, intitulée « La déconstruction européenne ? ».

Cécile Leconte, maître de conférences à l’IEP de Lille et Gaël Veyssière, Porte-parole de la Représentation Permanente de la France auprès de l’UE ont commenté la publication.

Vivien Pertusot, responsable du bureau de l’Ifri Bruxelles, a présenté les différents articles de l’ouvrage : deux articles globaux et quatre articles thématiques sur la crise des dettes souveraines, la gouvernance économique, l’espace Schengen et l’euroscepticisme.

Cécile Leconte, auteur de l’article « Opinions et partis européens face à la crise de l’Union monétaire », a expliqué pourquoi, selon elle, la crise, même si elle avait généré une baisse de la popularité du projet européen, illustrait l’échec d’une certaine forme d’euroscepticisme.
Elle a également évoqué la politisation des questions européennes sur les scènes nationales ainsi que le déficit démocratique dont souffraient les institutions européennes.

Gaël Veyssière, qui s’exprimait en son nom propre, a décrit le passage de la crise « en Europe », mélange de crise grecque et de la crise mondiale des dettes souveraines, à une véritable crise « de l’Europe » résultant des déséquilibres institutionnels et des faiblesses de la gouvernance de la zone euro.

Il a cependant souligné que les articles de l’ouvrage revenaient sur les acquis considérables des derniers mois : consolidation et assainissement des banques européennes, mise au point d’outils efficaces contre la contagion, efforts en termes de gouvernance de la zone euro, nouveau traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance... Il a rappelé que ce traité avait été rejoint par la quasi-unanimité des Etats membres, 25 l’avaient signé, avec des mécanismes pour que les 27 soient pleinement informés et des dispositifs prévoyant un retour au cadre à 27 dès que possible.

Deux questions se posaient désormais. La première était de savoir si le dispositif actuel, qui obtenait pour l’instant de bons résultats économiques, allait effectivement suffire à rassurer les marchés et à relancer la croissance. La seconde était de savoir si l’équilibre institutionnel trouvé en décembre 2011 pourrait s’ancrer dans la durée ou s’il faudrait envisager soit une Europe à deux vitesses plus marquée, suivant certains des modèles examinés par Jean-Claude Piris dans son dernier ouvrage par exemple, soit un « saut fédéral ».
Les travaux de Céline Leconte, conduisait pour l’instant plutôt à penser que « plus d’Europe » n’était pas forcément la solution car les opinions publiques se tournaient en temps de crise d’abord vers les autorités nationales.

En tout état de cause, la construction européenne jouissait d’un double atout considérable avec le soutien de principe des opinions publiques à l’idée européenne elle-même d’une part et la volonté marquée quasi unanimement par les Etats membres de rester dans le même ensemble. Il fallait prendre garde à utiliser pleinement ce potentiel.

Dernière modification : 27/02/2019

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